AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782070145386
160 pages
Gallimard (27/03/2014)
3.69/5   56 notes
Résumé :

'"La Maritza, c'est ma rivière..." a chanté Sylvie Vartan. Moi qui n'oserai pas chanter, je me contenterai de murmurer : "La Rukarara, c'est ma rivière..." Oui, je suis bien née au bord de la Rukarara, mais je n'en ai aucun souvenir, les souvenirs que j'en ai sont ceux de ma mère et de son inconsolable nostalgie.' Ainsi commence cette suite de nouvelles rwandaises, belles et poignantes, où coulent les tourments et les espoirs de tout un peuple.

... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
3,69

sur 56 notes
5
7 avis
4
7 avis
3
6 avis
2
1 avis
1
0 avis

Unhomosapiens
  11 mars 2018
A travers ces nouvelles, l'auteure nous fait découvrir l'Afrique coloniale. Plus précisément le Rwanda, ce petit pays enclavé entre l'Afrique centrale et orientale, d'abord occupé par l'Allemagne, puis par la Belgique après 1918. de son point de vue d'enfant, à l'écoute des récits des Anciens, elle se souvient de la vie au village, les histoires entre le roi déchu et le pouvoir colonial, les habitudes de la vie quotidienne, l'école...
On apprend beaucoup de choses dans un style simple, presque enfantin - c'est toujours le point de vue de l'enfant. le pouvoir colonial et l'acculturation qui s'en suit sont décrits avec légèreté, presque naïvement. C'est ce qui, à mon avis, donne de la force à ces récits. Mais c'est peut-être aussi le point négatif car j'aurais souhaité plus d'implication, de dénonciation. Mais ce n'était pas le propos de l'auteur.
Commenter  J’apprécie          270
ATOS
  19 octobre 2015
Le Rwanda. Le pays aux mille collines. La source du Nil. Le pays d'Afrique continentale le plus densément peuplé. Avril 1994 : plus de 800 000 humains exterminés. Le 4e génocide du 20e siècle.
L'apocalypse de c'est pas abattu tout à coup, par hasard sur ce peuple. Le mal s'est infiltré peu à peu. Un mal ancien a gangréné, infecté son équilibre social. Pays colonisé . 1885, le traité de Berlin, l'Afrique est, découpée en morceaux, mettant en charpies nombre de cultures, d'alliances, de relations communautaires. L'église catholique va « missionner » sa parole lézardant, sapant l'édifice spirituel de ces populations. Le Rwanda deviendra colonie allemande, puis belge, jusqu’à son indépendance le 1er juillet 1962.
Les colons vont inventer un concept totalement inconnu pour cette population : La notion d'ethnie, de race.
La société rwandaise était établie sur des critères sociaux économiques qui architecturaient le rapport de ses pouvoirs politiques, religieux et militaires. Le clan des éleveurs, les Hutu, le clan des cultivateurs les Ttusi, le clan des cueilleurs , les Twa ( peuple premier du Rwanda) . une répartition donc par clans, par castes. Une répartition mouvante, flexible.
Puisque les mariages permettaient à la femme originaire d'un des clans d'intégrer le clan auquel était originaire son époux. Le rattachement au clan était donc établi par naissance pour l'homme, par alliance pour la femme. Mais n'était pas pour la communauté immuable. Plusieurs clans, mais une même langue, un même dieu l'Imana.
L'administration coloniale sans aucune connaissance de cette culture, de son histoire, de ses croyances, de toutes les bases de sa spiritualité a procédé un classement pseudo ethnique ahurissant de la population en se basant sur des critères aberrants de nuances de pigmentation de la peau, de taille, de considération pseudo anthropologique, échafaudant ainsi une fausse théorie des races rwandaises aboutissant ainsi à une classification « qualitative » de la population Selon les besoins politiques , économiques , les colonisateurs ont fait évoluer leurs appuis politiques vers l'une ou l'autre de ces deux pseudo ethnies qu'ils avaient artificiellement et arbitrairement ordonnées, hiérarchisées, classifiées, établies. Et ceci durant la période coloniale mais également post coloniale. La politique « africaine » de la France venant elle même peu à peu surenchérir le désordre politique et social du pays.
S'en suivra la guerre civile de 1957, les massacres de 1963, de 1972, les livraisons régulières à partir de 1987 d’équipements militaires vers le Rwanda par la France, pour en arriver à un génocide qui débuta le 07 avril 1994 et qui prit fin en juillet 1994, provocant la mort de 800 000 à un million de personnes, Tutsi et Hutu opposants au régime gouvernemental en place.
Ce que murmurent les collines, recueil de nouvelles de l'écrivaine rwandaise, Scholastique Mukasonga, nous fait entendre l'âme rwandaise. La réalité de ses couleurs qui sont celles de sa terre, de ses collines, de son ciel, de ses légendes, de ses rivières, de ses traditions, de sa mémoire. Les couleurs incroyables de sa musique. Il nous fait comprendre la méconnaissance totale et souvent absurde d'une culture coloniale occidentale, qui a piétiné, utilisé, instrumentalisé, malmené, déformé, d' une population entière pour assouvir ses propre besoins, selon ses propres critères, ses lois, l'échelle de ses valeurs, faisant table rase de la complexité, de la pluralité d'un continent entier. Ce que murmurent les collines est un magnifique recueil.
Je ne peux que nous conseiller également de voir le film «  Quelques jours en avril » ( sometimes in April) de Raoul Peck, afin de nous apprendre ou de mieux nous faire comprendre, ou nous rappeler ce qu'une effrayante et terrifiante notion de race, et plus largement toute notion de classification identitaire ; peut engendrer comme immense péril pour toute l'humanité, et cela quelque soit la colline où elle voit le jour.
A lire également « Congo » d'Eric Vuillard qui témoigne d'un holocauste oublié qui fit 10 millions de morts en vingt ans, sous le règne de de Leopold II, «  le coupeur de mains », roi des Belges.
Astrid Shriqui Garain
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Nuageuse
  03 mai 2022
J'aime le style de Scholastique Mukasonga.
Ici, elle nous emmène dans un Rwanda colonisé avec ses légendes.
Le Rwanda est le pays aux mille collines. Il était déjà dur d'être Tutsi, la nouvelle La vache du roi Musinga le montre.
Dans sa première nouvelle, l'auteur traite des rivières ou cours d'eau de son enfance. Elle parle du génocide à demi-mot. Saviez-vous que la Rukarara avait un lien avec le Nil ? C'est celle qui m'a le plus touchée car l'auteur parle de son exil, de son visa d' "apatride" où l'employé derrière un guichet ne savait même pas écrire son prénom et avait changé le lieu de sa naissance.
J'admire Scholastique Mukasonga pour sa force. Elle rend hommage à son pays, à sa culture, à sa famille par son écriture poétique et émouvante.
Commenter  J’apprécie          190
Palmyre
  17 juillet 2015
Ce recueil de nouvelles nous permet de découvrir les légendes et les traditions rwandaises. Scholastique Mukasonga nous conte le quotidien de son enfance et quelques autres histoires.
A travers ces nouvelles, nous découvrons un pays, le Rwanda, avant le génocide et au moment où les européens avaient établis leurs colonies ce qui a entraîné une cohabitation entre les cultures païennes et la domination chrétienne.
Cela a été pour moi une excellente découverte, d'autant que j'avais apprécié moyennement son roman : "Notre Dame du Nil". A travers de courts récits, j'ai pu mieux appréhender le quotidien du peuple rwandais. L'auteur a d'ailleurs consacré à chaque fin des nouvelles un petit passage intitulé "Notes à l'attention d'un lecteur curieux".
Commenter  J’apprécie          180
Aela
  15 février 2015
De très belles nouvelles qui nous font découvrir un pays largement méconnu: le Rwanda, pays d'origine de l'auteure, Scholastique Mukasonga.
Ma préférée est la première nouvelle "La Rivière Rukarara" qui nous permet de découvrir les rivières de ce pays et la partie limitrophe avec le Burundi et le chemin emprunté par les réfugiés Tutsi.
Une rivière témoin des massacres de 1963 et qui a été franchie par les membres de la famille de l'auteure dans des conditions dramatiques.
Bien après, Scholastique se souvient de la rivière de sa jeunesse. une rivière qui prend sa source dans la forêt vierge et qui se joint à la rivière Mwogo pour devenir la Nyabarongo qui enserre le coeur du Rwanda.
Cette rivière serait la source du Nil, selon les découvertes d'explorateurs en 2006.
La source de la Rukarara a été proclamée "la source la plus lointaine du Nil".
Un Allemand, Richard Kandt, était arrivé aux mêmes conclusions en 1898.
Cette nouvelle reprend la trajectoire de ce découvreur.
C'est passionnant et cela nous donne une nouvelle approche de ce pays tellement meurtri au cours des dernières années.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160


critiques presse (1)
LaLibreBelgique   08 avril 2014
Si dans "Notre-Dame du Nil", elle racontait l’histoire d’un lycée de jeunes filles de la bonne société rwandaise au début des années 1970, ce récit annonçait surtout de manière dramatique, le génocide qui viendra vingt ans plus tard. Et comme on connaît la suite, la tension entre ces élèves n’en est que plus horrible.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
UnhomosapiensUnhomosapiens   10 mars 2018
(La vache du roi Musinga)
A cette époque les Blancs ont dit au roi :
"Sors de ton palais, va rendre visite à tes chefs et à ton peuple que l'on civilise. Va admirer tout ce que nous avons fait pour ton Rwanda : des routes, des ponts, de vraies maisons solides, des dispensaires, des prisons, tout ce qui est civilisé. Va dans les églises où grâce à nos missionnaires ton peuple prie mainteant le vrai Dieu. Va saluer et remercier les administrateurs et les bons pères qui peinent pour sortir ton pauvre peuple de l'ignorance et du paganisme, va encourager et récompenser les bons chefs, ceux que nous avons éduqués, qui n'ont qu'une femme et qui font planter le café et le manioc."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
UnhomosapiensUnhomosapiens   05 mars 2018
Pour moi, la Bible de papa, ce n'était pas tout à fait un livre, un vrai livre comme Matins d'Afrique où il y avait de belles images, de belles histoires, aussi belles que les contes de maman (...).
Oui, Matins d'Afrique, ça, c'était un vrai livre, avec des histoires qui avaient un commencement et une fin, qui se passaient dans une Afrique étrange qui n'était pas le Rwanda, dans des pays encore plus bizarres qui devaient être les pays des Blancs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
UnhomosapiensUnhomosapiens   27 février 2018
(Le bois de la croix)
La colère au Rwanda, si vous la laissez paraître, elle vous rend ridicule, vous ne pourrez plus rien contre vos ennemis puisqu'ils vous ont découvert. La colère, c'est la faiblesse.
Commenter  J’apprécie          170
AelaAela   15 février 2015
Le plus grand malheur qui soit arrivé aux Rwandais, c'est d'habiter aux sources du Nil, là où, depuis l'Antiquité, s'était déposé le mythe d'une contrée originelle, d'un paradis perdu et inaccessible.
Chercher les sources du Nil, "Caput Nili quaerere" était, paraît-il, chez les Romains, une expression qui signifiait "chercher l'impossible".
Le Rwanda fut la dernière tache blanche sur la carte d'une Afrique que les explorateurs livraient à la colonisation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2014
Aux sources du Nil, on allait, à défaut de les trouver, inventer des êtres tout juste sortis de la Fable, une race quasi primordiale qui réenchanterait l’Afrique avilie par des activités industrielles et mercantiles. Et les Tutsi, si grands, aux traits si fins, à l’allure si imposante, étaient justement là pour tenir le rôle... Là où il n’y avait que des Rwandais, on vit des Égyptiens issus en droite ligne des pharaons, des Éthiopiens descendants de la reine de Saba, des juifs égarés des dix tribus perdues d’Israël, des chrétiens coptes dont il suffirait de rafraîchir la mémoire...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30

Videos de Scholastique Mukasonga (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Scholastique Mukasonga
Comme chaque mois sur Babelio, nous vous proposons de découvrir quelques adaptations de romans qui sortiront prochainement dans les salles obscures. Au menu ce mois-ci : une aventure touchante au coeur des contrées canadiennes, le plus petit des grands héros sur grand écran, un institut catholique dans le Rwanda des années 1970, un tricheur au pull rayé de retour pour un troisième opus et le cauchemar d'une femme face à un homme invisible...
L'Appel de la forêt de Jack London : https://www.babelio.com/livres/London-Lappel-de-la-foret/491072 SamSam de Serge Bloch : https://www.babelio.com/livres/Bloch-SamSam-tome-1--Une-famille-cosmique-/1137017 Notre-Dame du Nil de Scholastique Mukasonga : https://www.babelio.com/livres/Mukasonga-Notre-Dame-du-Nil/366549 L'Elève Ducobu de Zidrou et Godi : https://www.babelio.com/livres/Zidrou-LEleve-Ducobu-tome-19--Ducobu-eleve-modele-/485509 L'Homme invisible de H.G. Wells : https://www.babelio.com/livres/Wells-LHomme-invisible/8290
Abonnez-vous à la chaîne Babelio : http://bit.ly/2S2aZcm Toutes les vidéos sur http://bit.ly/2CVP0zs Suivez-nous pour trouver les meilleurs livres à lire : Babelio, le site : https://www.babelio.com/ Babelio sur Twitter : https://twitter.com/babelio Babelio sur Facebook : https://www.facebook.com/babelio/ Babelio sur Instagram : https://www.instagram.com/babelio_/
+ Lire la suite
autres livres classés : rwandaVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura