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EAN : 9782070119837
160 pages
Éditeur : Gallimard (28/02/2008)
4.09/5   81 notes
Résumé :

Cette femme aux pieds nus qui donne le titre à mon livre, c'est ma mère, Stefania.

Lorsque nous étions enfants, au Rwanda, mes sœurs et moi, maman nous répétait souvent : Quand je mourrai, surtout recouvrez mon corps avec mon pagne, personne ne doit voir le corps d'une mère.

Ma mère a été assassinée, comme tous les Tutsi de Nyamata, en avril 1994 ; je n'ai pu recouvrir son corps, ses restes ont disparu.

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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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Nuageuse
  07 avril 2016
Un roman coup de coeur.
La femme aux Pieds Nus me rappelle Le Livre de ma mère d'Albert Cohen.
Scholastique Mukasonga rend hommage à sa mère Stéfania, tuée à coups de machette lors du début du génocide rwandais.
Stéfania est une mère qui ne pensait qu'en premier à la sécurité de ses enfants, elle leur préparait de la nourriture dans des cachettes quand ils devraient fuir au Burundi, pays voisin.
Son mari et elle ne voulaient pas fuir car ils voulaient mourir au Rwanda. Malheureusement, Scholastique n'a pas pu honorer la promesse faite à sa mère : la recouvrir immédiatement d'un pagne au moment de sa mort. C'est pour cela qu'elle lui dédie ce livre.
Un livre poignant d'une telle force où les mots sont simples et ne tombent pas dans le pathos. Un livre sur l'horreur du génocide rwandais qu'il ne faut pas oublier (quel dommage que cette atrocité ne soit pas enseignée à l'école au même titre que la Shoah...)
L'auteur est indubitablement une conteuse et j'ai envie de me plonger dans Notre-Dame du Nil.
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sylvaine
  10 septembre 2021
" Maman, je n'étais pas là pour recouvrir ton
corps et je n'ai plus que des mots — des mots
d'une langue que tu ne comprenais pas — pour
accomplir ce que tu avais demandé. Et je suis
seule avec mes pauvres mots et mes phrases, sur
la page du cahier, tissent et retissent le linceul de
ton corps absent."
Ces mots sont pour Stefania, la mère de Scholastique Mukasonga disparue avec toute sa famille lors du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Scholastique vivait en France depuis peu après avoir fui au Burundi. Il lui aura fallu attendre 2004 pour avoir le courage de revenir au Rwanda , pour retourner dans le Bugesera cette région inhospitalière où les Tutsi avaient été "déplacés"....
Sonnée, je suis sonnée. Des pages inoubliables où l'amour d'une fille pour sa Mère, la Mère nourricière, la femme aux pieds nus , transcende chaque mot en cri d'amour. Ce roman inoubliable a été récompensé en 2008 par le Prix Seligmann contre le racisme et l'intolérance.
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Renatan
  24 mars 2016
« Ce livre est le linceul dont je n'ai pu parer ma mère. C'est aussi le bonheur déchirant de la faire revivre, elle qui, jusqu'au bout traquée, voulut nous sauver en déjouant pour nous la sanglante terreur du quotidien. C'est, au seuil de l'horrible génocide, son histoire, c'est notre histoire. »

***************************

« Quand je mourrai, quand vous me verrez morte, il faudra recouvrir mon corps. Personne ne doit voir, il ne faut pas laisser voir le corps d'une mère. C'est vous mes filles qui devez le recouvrir, c'est à vous seules que cela revient… »

Scholastique Mukasonga n'a pas pu recouvrir le corps de sa mère, ses restes ont disparus. On l'a froidement assassinée, démembrée à coup de machettes en avril 1994, lors du génocide des Tutsis au Rwanda. En faisant revivre ses secrets, elle nous livre ici le témoignage touchant de la femme aux pieds nus, Stefania, cette femme courageuse dont la mission première fut de protéger ses enfants. Sachant que le seul asile était de franchir la frontière du Burundi, elle élaborait pour eux des plans d'évasion, des cachettes où se dissimuler, explorant chaque jour le chemin de brousse menant à la frontière. Quelques provisions étaient soigneusement préparées pour la fuite, lorsqu'il serait temps de partir et que la menace serait si grande qu'ils n'auraient pas même le temps de se dire adieu. Car ils partiraient seuls, ses parents ayant choisi de mourir au Rwanda, sur la terre de leur enfance…

Ce récit extrêmement émouvant est marqué au fer rouge par cette période sombre de l'histoire d'un génocide qui a tué plus de 800 000 innocents au nom d'une guerre civile opposant le gouvernement rwandais. Les soldats ont pris les armes, ils ont saccagé, pillé et terrorisé. Ils ont violé des milliers de femmes et laissé derrière elles des images de terreur qui hanteront à jamais le cauchemar des survivantes. Stefania et sa famille ont été déportées à Nyamata, où 50 000 Tutsis ont été assassinés sur la commune. Les « maisons de Tripoli » (cases des déplacés) étaient alignées, Stefania rêvait encore d'y construire l'inzu (sa maison). Les militaires du camp de Gako, établis aux frontières du Burundi, y faisaient irruption à tout moment de la nuit. Sous mes yeux de femme occidentalisée, et au regard de ma sensibilité face aux injustices planétaires et à toutes formes de mépris et de haine, qu'elles passent par les guerres, les génocides, les famines ou les exodes, je n'arriverai jamais à comprendre toute cette violence humaine…

« Et je suis seule avec mes pauvres mots et mes phrases, sur la page du cahier, tissant et retissant le linceul de ton corps absent. »

Dans ce tableau noir de la déportation, des persécutions et de l'exil, Mukasonka a aussi tenu à nous peindre l'Afrique de son enfance, celui des odeurs, des saveurs et des richesses de la savane. Comme une manière de tamiser l'horreur de souvenirs tendres, une sorte de rappel qui s'éveille à la mémoire d'une enfant blessée dans ce qu'elle a de plus fondamental, l'amour à sa mère disparue. Elle partage avec nous les rites et traditions, les vertus des plantes médicinales, l'heure des contes, à la nuit tombée, la moisson, les rires, les chants et les danses. Sous les caféiers, les femmes s'adonnaient à ce précieux rituel du lavage de pieds dans l'herbe fraîche de rosée, goûtant le jus sucré et doux comme le miel du sorgho. Si ce récit est triste, les pages sont parfumées de l'odeur du manioc, des haricots fraîchement cueillis, des patates douces, des bananiers et des calebasses de bière. Au village, les mères venaient chaque jour rendre visite à Stefania, une marieuse réputée qui trouvait un homme à leurs filles. Elle était respectée de tous.

Ce récit est un vibrant hommage à cette mère, Stefania, et à toutes les femmes du Rwanda. Dans la brousse hostile, aucune guerre ne sera jamais arrivée à détruire en elles leur courage, leur instinct de survie, leur fierté, l'entraide et la solidarité. Ces femmes sont un modèle. Je n'oublierai jamais leur histoire…

«Le Rwanda aujourd'hui, c'est le pays des Mères-Courage»

Je dédie cette lecture à A-M Habyalimana, femme-courage et amie de toujours. À son père et son frère Jean-Luc qui ont trouvé la mort durant le génocide.
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
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Moan
  25 novembre 2012
Dans ce livre, Scholastique Mukasonga rend hommage à sa mère, courageuse et exceptionnelle.
C'est un témoignage très fort sur la vie des Tutsis déportés après avoir tout perdu, toujours à la merci de militaires agressifs.
le courage de Stéfania, la mère de Scholastique, est exceptionnel pour protéger ses enfants, rebâtir un lieu protecteur, cultiver la terre, soigner avec les plantes, organiser les mariages, transmettre leur histoire...
Ce livre émouvant est un beau témoignage sur ce village avant la génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.
Scholastique Mukasonga a reçu pour ce livre le prix Seligmann 2008 "contre le racisme, l'injustice et l'intolérance".
Un livre à garder comme un témoignage précieux que je conseille à tous de lire!!
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thedoc
  30 mars 2015
« La femme aux pieds nus », c'est la mère de Scholastique Mukasonga, Stefania, morte sous la lame des Hutus lors du génocide de 1994 au Rwanda. L'auteur revient sur ses souvenirs d'enfance et rend hommage à sa mère à travers la description de leur vie quotidienne.
Leur vie, à l'époque décrite, c'est celle dans le Bugesera, cette région insalubre où les Tutsis, rescapés des massacres ethniques qui avaient déferlé en vagues successives sur le pays depuis 1959, ont été déportés au début des années 1960, lorsque les Hutus ont pris le pouvoir. A Gitagata, la vie n'est pas facile. La terre n'est guère propice à la culture, les habitants sont privés d'élevage faute de posséder une vache et les jeunes miliciens hutus sont toujours à l'affût pour les persécuter, voire pire. La première préoccupation de Stefania est d'ailleurs de protéger ses enfants. Toujours aux aguets, elle imagine toutes sortes de stratagèmes pour les cacher, que ce soit dans la maison ou dans la brousse. Sauver les enfants, rien n'est plus important. Les brimades, les arrestations et les saccages sont monnaie courante. Mais il faut survivre quoiqu'il arrive.
Stefania, c'est cette mère qui ne s'est jamais avouée vaincue. Relogée dans la maison de Tripolo, ce logis des Blancs fait de tôles et d'angles droits, elle décide de rebâtir son inzu, cette hutte de chaume et de bambou toute en rondeurs. Au coeur de sa maison, elle veille sur sa famille en effectuant chaque jour les mêmes gestes : souffler sur les braises avant l'aube pour raviver le feu, balayer la maison et la cour avec un faisceau d'herbes fines, surveiller la potée de haricots qui cuit lentement sur les trois pierres du foyer. C'est également dans ce lieu qu'elle raconte et transmet à ses enfants tout son savoir ancestral. Ainsi, en mémoire de sa mère, Scholastique Mukasonga nous fait partager cette vie traditionnelle à la campagne, celle des femmes rwandaises : la longue culture du sorgho et la fabrication de sa bière, ou encore le soin apporté aux plantes médicinales, tâche réservée aux femmes dans leur petit potager. le dimanche, à l'heure des réunions entre femmes, dans l'ikigo, l'arrière-cour qui est le domaine des femmes, les discussions vont bon train. Stefania, marieuse réputée, apporte son avis sur les qualités et défauts des jeunes filles bonnes à marier, sur les grossesses qui tardent à venir chez les jeunes couples. C'est le moment aussi où l'on commente les signes du progrès qui arrivent jusqu'à Gitagata : les toilettes de Félicité, le port des caleçons chez les jeunes filles ou encore le kanta qui garde les cheveux bien noirs. Si la modernité se répand, il reste cependant des rites traditionnels qui eux seuls peuvent effacer les atrocités commises sur les jeunes filles tutsies. le viol, utilisé systématiquement lors du génocide par les hutus, était déjà la menace qui planait sur les jeunes filles tutsies dans les années 1960. Mais là aussi, en invoquant les Esprits, les femmes savent conjurer le mauvais sort.
Stefania et les autres femmes, ce sont ces « gardiennes de la vie », pour qui solidarité et entraide ne sont pas de vains mots.
Dans cette société rwandaise traditionnelle, tout repose sur les relations entre les voisins, sur des usages de politesse, de respect et de solidarité. Tout le monde se connaît, du plus jeune au plus vieux. On travaille ensemble dans les champs, on partage les repas de famille, on célèbre en communauté les événements heureux et malheureux. Et c'est toujours dans cette proximité quotidienne que le génocide de 1994 s'est produit. Les politiques et les militaires se sont appuyés sur ces relations de voisinage pour trouver les tueurs idéaux. Galvanisé par des discours de haine, le voisin est devenu le bourreau. Et c'est également de ce fait que de nombreux tribunaux populaires, les gacacas, ont vu le jour au lendemain du génocide. Tu as tué ton voisin, alors ton juge sera ton voisin. Ton avocat sera ton voisin. le procureur sera ton voisin.
Stefania, son mari et ses enfants sont ainsi morts assassinés chez eux. Scholastique Mukasonga n'était pas là. Ses mots servent aujourd'hui à faire son deuil. Ils servent également à faire revivre sa mère, ces femmes, ces hommes et ces enfants qui partageaient autrefois des pratiques et des histoires. Que Madame Mukasonga se rassure. Comme sa mère, elle a réussi à transmettre à son lecteur une autre vision du Rwanda que celle du génocide. Un Rwanda rempli des couleurs des pagnes des jeunes filles, des rires des enfants au milieu du sorgho, de l'odeur des pipes et du bruit des femmes qui discutent, discutent, discutent…
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   03 juin 2019
Mais il y avait d'autres histoires. Des histoires qui n'étaient pas les nôtres, qu'on ne racontait pas autour du feu. Des histoires qui étaient comme les mauvaises drogues que préparent les empoisonneurs, des histoires porteuses de haine, porteuses de mort. Les histoires que racontaient les blancs...Ils nous tendaient les miroirs déformants de leurs impostures et, au nom de leur science et de leur religion, nous n'avions plus qu'à nous reconnaitre dans le double maléfique surgi de leurs fantasmes…..
D'ailleurs ces mêmes savants avaient retrouvé les traces des Tutsi dans le monde entier : avec leurs immenses troupeaux, ces pasteurs invétérés avaient dévalé des hauts plateaux du Tibet, ils ne s'étaient pas attardés dans les plaines du Gange ou de l'Indus, mais avaient croisé au passage l'Exode des Hébreux et s'étaient, dans la pagaille des campements, quelque peu mêlés à eux. Ils avaient fréquenté l'entourage des pharaons, puis s'étaient retrouvés en Ethiopie, celle du Prêtre Jean, où ils avaient manqué de peu de devenir chrétiens. Finalement (et sans doute fallait--il-y-voir le doigt de la Providence) ils étaient arrivés au Rwanda, sur les montagnes de la lune, promus gardiens des sources du Nil, attendant que l'eau du baptême coule sur le front d'un Constantin hamite.
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santorinsantorin   28 mai 2019
Longtemps les déplacés avaient espéré qu'ils rentreraient chez eux, "au Rwanda" comme ils disaient. Mais après les sanglantes représailles des premiers mois de 1963, ils perdirent toutes leurs illusions. Ils avaient enfin compris - et les militaires de Gako étaient là au besoin pour le leur rappeler : jamais ils ne retraverseraient la Nyabarongo, jamais ils ne retrouveraient les collines d'où on les avait chassés. Ils étaient condamnés à une relégation perpétuelle, et pour eux et pour leurs enfants, dans ce pays de disgrâce et d'exil qu'avait toujours été le Bugesera dans l'histoire du Rwanda. Une contrée que l'on situait dans les contes tout au bout de la terre habitée par les hommes, où, s'il faut en croire les traditions, on égarait, afin qu'ils ne puissent retrouver le chemin du Rwanda, les guerriers fêlons, les filles déshonorées et les épouses adultères. Au bord des grands marais où erraient sans fin les Esprits des morts et où, pour beaucoup, en effet, les attendait la mort.
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santorinsantorin   03 juin 2019
En 1994, le viol fut l'une des armes des génocidaires. Ils étaient pour la plupart porteurs du sida. Et toute l'eau de Rwakibirizi et l'eau de toutes les sources du Rwanda n'auraient pas suffi à "laver" les victimes de la honte des perversions qu'elles avaient subies et de la rumeur de porteuses de mort qui les faisaient rejeter par beaucoup. Cependant, c'est en elles, en elles et dans l'enfant du viol, qu'elles trouvèrent la source vive du courage, la force de survivre, de défier le projet de leurs assassins. Le Rwanda aujourd'hui, c'est le pays des Mères-Courage.
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santorinsantorin   03 juin 2019
Mais sans miroir, comment être sûre qu'au moins quelques traits de votre visage correspondaient bien aux critères de beauté que vantaient les marieuses et que célébraient les chansons, les proverbes et les contes : une chevelure abondante mais qui laisse le front dégagé, un nez droit (ce petit nez qui décida de la mort de tant de Rwandais), des gencives noires comme en avait Stefania, signe de bon lignage, des dents écartées… Quand le soleil donnait un éclairage favorable, vous vous penchiez sur une flaque pour essayer de fixer votre reflet. Mais le portrait fluide dansait sous vos yeux impuissants. Votre visage se ridait, se fripait, se fragmentait en pellicules de lumière. Votre visage ne serait jamais à vous comme quand il était pris au piège du miroir, il était toujours pour les autres.
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santorinsantorin   28 mai 2019
Peut-être les autorité hutu, placées par les Belges et l'Eglise à la tête du Rwanda nouvellement indépendant, espéraient-elles que les Tutsi de Nyamata seraient peu à peu décimés par la maladie du sommeil et la famine. La région où on avait choisi de les déplacer, le Bugesera, paraissait en tout cas assez inhospitalière pour rendre plus qu'incertaine la survie des "exilés de l'intérieur". Ils survécurent pourtant pour la plupart. Leur courage, leur solidarité leur permirent d'affronter la brousse hostile, de mettre en culture un premier lopin de terre qui, s'il ne leur épargnait pas tout à fait la disette, suffisait au moins pour ne pas mourir de faim. Et peu à peu, les cases de fortune des déplacés devinrent des villages - Gitwe, Gitagata, Cyohoha - où l'on s'efforçait de rejouer un faux-semblant de quotidien qui ne parvenait guère à atténuer la souffrance lancinante de l'exil.
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