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EAN : 9782072956157
Gallimard (14/10/2021)
4.65/5   65 notes
Résumé :
Surnommé « l’homme qui répare les femmes », le gynécologue et chirurgien Denis Mukwege a consacré sa vie aux femmes victimes de sévices sexuels en République démocratique du Congo. Dans une région où le viol collectif est considéré comme une arme de guerre, le docteur Denis Mukwege est chaque jour confronté aux monstruosités des violences sexuelles, contre lesquelles il se bat sans relâche, parfois au péril de sa vie.

Dès 1999, il fonde l’hôpital de P... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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sur 65 notes
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bidule62
  24 novembre 2021
Exceptionnel.... je me sens étrangement responsable, de trouver les bons mots qui vous donneront envie d'acheter et de lire ce livre. Parce qu'il faut l'acheter et le lire.
L'auteur est Denis Mukwege, médecin congolais (dans la fameuse zone hyper violente du Congo près du Rwanda). Son nom, vous l'avez peut-être oublié mais je pense que vous le connaissez : il a eu le prix Nobel de la Paix en 2018.
.
Dans la première partie du livre, l'auteur nous raconte sa jeunesse et son envie de faire naître des enfants, surtout de permettre aux femmes congolaises d'avoir une grossesse et un accouchement plus sécurisé.
Pour ce faire il va venir en France pendant 5 ans pour se spécialiser en gynécologie et obstétrique. Alors qu'il est marié et que ses enfants sont scolarisés en France et qu'il a une proposition d'embauche chez nous, il décide néanmoins de retourner dans son pays.
Son rêve approche mais la vie ou plutôt la guerre va le rattraper. Finalement il va devenir "l'homme qui répare les femmes", femmes qui ont subi multiples viols et mutilations génitales abominables.
.
Dans la seconde partie du texte Denis Mukwege s'interroge sur ces viols, sur les hommes, sur leurs rapports aux femmes. Il met également en perspective la vie au Congo avec ce qui se passe ailleurs dans le monde et s'interroge en fait sur la vision globale de la femme. Il s'étonne du faible nombre de plaintes pour viol qui donnent lieu à condamnation dans nos pays. Il s'interroge sur ce qui peut faire d'un homme un violeur.
Il propose également des pistes pour que les violences sexuelles ne soient plus qu'un mauvais souvenir.
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Chaque femme agressée, mutilée, qu'il soigne va lui poser 3 mêmes questions : est-ce que je cesserai d'avoir mal ? est-ce que je pourrai avoir des relations sexuelles normales ? est-ce que je pourrai avoir des enfants ? A ces 3 questions, une seule et même réponse, glaçante : non....
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Il est important de lire ce livre pour se rappeler aussi que le Congo a un des sous sols les plus riches au monde et que ces violences sont liées à nos appareils électroniques : des groupes ultra violents contrôlent ces mines de terres rares, de cuivre, éléments indispensables pour nos batteries (téléphones portables notamment).
Un livre qu'il faut lire car malgré tout Denis Mukwege est optimiste, veut croire à un avenir meilleur.... et ce même si depuis 10 ans il doit vivre protégé par des casques bleus, enfermé dans son propre hôpital suite à une tentative d'assassinat très violente.
Un livre qu'il faut acheter pour permettre à une partie de cet achat d'aller financer cet hôpital qui ne vit que grâce à des donateurs....
Un livre qu'il faut lire pour rencontrer un être humain exceptionnel...
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Nastie92
  15 mai 2022
Culture, intelligence, lucidité, ouverture d'esprit, bonté, empathie, humanité, détermination, et j'en oublie certainement : Denis Mukwege est un homme exceptionnel.
Gynécologue, il a choisi de consacrer sa vie professionnelle à soigner les plus faibles, les plus vulnérables : les femmes victimes de viols et de violences sexuelles, dommages collatéraux de conflits haineux dans son pays, la République démocratique du Congo.
Des femmes meurtries physiquement et psychologiquement après les horreurs qu'elles ont subies.
Des femmes qui souffrent de blessures d'intensités telles qu'elles ne guériront sans doute jamais complètement.
Des femmes qui disent souvent : « Ils m'ont tuée. »
Denis Mukwege et son équipe pluridisciplinaire mettent tout en oeuvre pour les amener le plus loin possible sur le chemin d'une reprise de vie.
Partant du problème spécifique de son pays, l'auteur élargit son propos à d'autres, parce que malheureusement les exemples ne manquent pas dans le monde.
Il ne se contente pas d'aborder l'aspect médical, mais essaie de sensibiliser à une multitudes de problèmes que rencontrent les femmes.
Son expérience et les nombreuses rencontres qu'il a faites lui donnent une large vue d'ensemble et lui permettent de livrer une analyse d'une grande richesse.
Histoire, économie, politique, géopolitique, sociologie : il y a vraiment matière à réflexion dans cet ouvrage dont la lecture n'est pas facile tant sont nombreux les exemples bouleversants qui ne sont pas du tout édulcorés.
Une lecture difficile mais indispensable : fermer les yeux n'a jamais fait disparaître la réalité et s'informer de certaines atrocités est un devoir moral parce que c'est la connaissance qui nous permet d'agir, chacun à notre niveau, ou au moins de soutenir ceux qui agissent en première ligne.
La force des femmes est un très beau titre en hommage aux femmes qui ont été soignées par l'équipe du docteur Mukwege et plus généralement à toutes les femmes qui souffrent mais trouvent le courage de résister et d'aller de l'avant.
Oui, les femmes savent être fortes, mais, de cette lecture, je retiens surtout la force d'un homme qui s'est levé contre les injustices faites dans son pays et ailleurs à la moitié de l'humanité.
Denis Mukwege est un homme rare, un homme précieux.
Un vrai féministe qui ne gaspille pas son temps à militer en faveur de l'écriture prétendument inclusive ou autres stupidités inutiles, mais lutte concrètement pour de vraies causes, pour réellement améliorer la condition des femmes à travers le monde.
Un homme engagé, au péril de sa tranquillité, et même de sa vie.
Un homme fort justement récompensé par le prix Nobel de la paix en 2018.
Je mesure l'immense privilège que fût le mien d'avoir pu le rencontrer grâce à Babelio et aux éditions Gallimard.
Sa personnalité puissante et lumineuse fait de ce livre une magnifique lecture malgré le contenu si sombre. La justesse des combats et la détermination avec laquelle ils sont menés forcent l'admiration et offrent un rayon d'espoir au milieu des ténèbres.
Dès qu'il prend la parole, Denis Mukwege dégage à la fois une grande douceur et une force inébranlable : voilà une rencontre que je ne suis pas près d'oublier.
Merci !
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Lsky
  18 octobre 2021
Avant la fin de l'introduction qui revient sur la naissance de Denis Mukwege, j'étais déjà happée par le livre . Je ne pouvais le poser sans y penser, j'avais déjà une folle envie de me laisser dévorer par lui. L'auteur revient sur l'état catastrophique du monde, les violences faites aux femmes qui ont en commun d'être partout à la fois. La tragédie de l'accouchement dans de mauvaises conditions, arrivant encore trop souvent aujourd'hui et de part le monde entier, l'a sensibilisé. Entre destin et vocation, les conditions de sa naissance l'ont amené à se battre pour les femmes.
Si cet homme n'était pas Prix Nobel, personne ne le serait. Il risque chaque jour sa vie pour sauver les femmes victimes de violence, d'abord au Congo, puis à travers le monde. Son discours, mettant en lumière les crimes de guerre et l'ingérence dans lequel est tombé l'Etat, fait que sa vie est menacée, il est depuis plusieurs années sous la protection de l'ONU.
Les récits qu'il relate, dans son expérience de gynécologue puis d'activiste, sont des récits extrêmement difficiles à lire. Si j'avais envie de dévorer cet ouvrage, car il est sublimement écrit, hautement intéressant, et explique mille choses à travers le monde, reste extrêmement dur. Vraiment. J'ai ait été émue, plus qu'émue même, épouvantée aux larmes dans ce que des personnes affrontent. J'ai déjà parlé de nombreux romans mettant en scènes ces femmes aux destins tragiques comme Les impatientes de Djaïli Amadou Amal ou Les filles de la mer de Mary Lynn Bracht. Ici, le discours médical, politique, rend les choses peut-être pires. On ne peut plus se cacher derrière le verbiage d'un roman. C'est un destin vrai qui se déroule sous nos yeux, celui d'un homme élevé par une femme qui ne faisait pas la distinction entre ses fils et ses filles. Si à l'adolescence, il a voulu se révolter contre cela (pourquoi ses copains étaient-ils plus choyés que lui ?) il a vite compris qu'il tenait peut-être là la réponse à beaucoup de violences de par le monde.
C'est un livre, comme tous les livres féministes, que les hommes doivent lire autant, voire plus, que les femmes qui, elles, sont déjà conscientes des dangers inhérents à leur condition. Je vous assure que ce livre est incroyable, pas seulement parce qu'il dénonce des crimes de guerres affreux à travers le monde, mais qu'il ose dire, également, qu'en Occident, bien que beaucoup de chemins ont été faits, nous ne sommes pas encore à l'égalité. Il montre bien que si les lois progressent, leur application semble rester optionnelle.
Il y a une forme d'impunité dans le viol et les violences faites aux femmes, partout à travers le monde. Pas parce que tous les hommes sont dangereux, mais parce que ceux qui ne sont pas concernés, eux, ne se sentant justement pas concernés, détournent le regard, se taisent, ne se documentent pas. Beaucoup de féministes - et Denis Mukwege en a souffert - n'aiment pas qu'un homme parle des femmes, parle pour elles, peut-on être féministe en étant homme ? Je pense que oui, mais à ce moment-là, il y a beaucoup de travail à faire. Un travail que cet éminent homme a fait et fait encore, un travail contre le silence, et surtout, en faveur de l'éducation.
Sans éduquer, nous n'arriverons à rien, nous n'avancerons pas dans le combat contre la violence faite aux femmes. Et pour éduquer, rien ne sert d'arriver avec des discours préfabriqués, il faut donner la parole aux victimes et il faut prendre en compte les coutumes, les faire évoluer.
C'est un livre incroyable, à lire... Urgemment, par tous.
Je termine étrangement cet article, par le post Instagram que j'ai rédigé pendant ma lecture de cette oeuvre, qui montre d'autant plus la grandeur, non seulement du livre, mais de l'oeuvre de Denis Mukwege :
Ce n'est pas tous les jours, ce n'est même pas même dans toutes les vies, qu'on a l'occasion de rencontrer un Prix Nobel.
Rencontrer est un bien grand mot, mais j'ai eu la chance de l'écouter s'exprimer au sujet de son tout nouveau livre, qui sort cette semaine si j'ai bien compris, grâce à Babelio, ce livre m'a gentiment été envoyé en avant-première par les éditions Gallimard.
Si Denis Mukwege n'était pas Prix Nobel de la Paix, personne ne le serait. C'est un livre impossible à lâcher, et pourtant, qui nécessite de reprendre son souffle à chaque page.
Je ne suis pas la personne la plus émotive que je connaisse, et pourtant, ces mémoires, l'odeur du sang, de l'horreur, des crimes perpétrés, me demande de réguliers temps de pause.
Le féminisme est une lutte qui doit continuer d'être menée par tous, et ce livre qui raconte comment un homme est devenu si grand et pourtant si humble, mérite d'être lu par tous. Nous ne sommes pas blancs, noirs, autres, femmes, hommes, autres : nous sommes humains. Et chaque jour, ce qui se passe ici ou à travers le monde nous force à l'oublier.
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Julaye30
  21 octobre 2021
Avant de lire ce livre et d'assister à la rencontre organisée par Babelio et Gallimard, je connaissais dans les grandes lignes le parcours de cet homme exceptionnel. Pour être tout à fait honnête, j'avais un peu peur que le sujet soit émotionnellement trop difficile à supporter pour moi. Il y a en effet des scènes horribles décrites dans ce livre, qui ont lieu malheureusement quotidiennement, nous ne pouvons nous voiler la face sur leur existence. Mais l'auteur nous emmène plus loin à travers ces récits glaçants, dans une profonde réflexion sur la place de la femme dans nos sociétés, sur tous les continents, dans l'histoire et à notre époque actuelle.
La première partie du livre est consacrée à la maternité et à la naissance de sa vocation. Né en 1955 à Bukavu, Denis Mukwege est fils de pasteur. Il grandit dans une ville segreguée organisée autour d'un centre où s'érigent les villas des blancs, puis le quartier des marchands asiatiques et encore plus éloignées du lac, deux banlieues noires. Il nous dépeint les paysages de son pays, son histoire coloniale, l'indépendance en 1960 alors qu'il est âgé de 5 ans. J'ai appris beaucoup sur cette ancienne colonie belge dont j'ignorais presque tout. Lorsqu'il a huit ans, il accompagne son père visiter des malades. C'est là que naît son désir de devenir médecin.
Plus tard il prend conscience d'une réelle crise sanitaire féminine avec des accouchements difficiles et des conditions compliquées pour les mères. Il crée un lieu pour que les femmes puissent venir gratuitement deux mois avant leur accouchement. L'occasion dans ce chapitre d'évoquer le congé maternité dans le monde (loin d'être acquis dans certains pays comme les Etats-Unis).
Des évènements vont accroître son implication auprès des femmes : les conséquences de la guerre au Rwanda qui vont toucher directement le Congo et notamment des milliers de femmes violées et mutilées. L'auteur nous parle des première et deuxième guerres du Congo et de la fondation de son hôpital à Panzi en 1999. Son combat quotidien : réparer ces femmes, victimes des zones de conflit. Progressivement, il crée des lieux de soins, de prises en charge psychologique, notamment la Cité de la joie avec pour devise "Transformer la souffrance en pouvoir", la maison Dorcas... Il nous raconte les histoires de quelques-unes de ses patientes.
De nombreux sujets sont développés autour du viol dans le monde; entre autres, la force de la parole des victimes, l'importance de l'éducation des garçons mais aussi la responsabilité des gouvernements et les difficultés rencontrées pour faire changer les mentalités. Il ne se concentre pas uniquement sur la situation des femmes au Congo. Chaque thème abordé est mis en relation avec la situation dans d'autres pays en voie de développement ou occidentalisés. Il rappelle que la problématique du viol est présente partout que ce soit en temps de guerre, en temps de paix. de nombreux organismes, mouvements, militants féministes sont cités. (Je me force à résumer tant il y aurait à dire sur le contenu de cet ouvrage).
Je suis ressortie de ce moment profondément marquée. L'écriture est bien menée, entre biographie, récit de témoignages, l'auteur partage ses émotions avec nous. Il ne se met jamais en avant. C'est un livre bouleversant, émouvant, grâce auquel j'ai appris beaucoup de choses. Un livre qui devrait être lu par le plus grand nombre. Encore merci à l'équipe Babelio pour cette invitation.
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Parcequecmoi78
  12 décembre 2021
Un ouvrage nécessaire, brillant, intelligent, très documenté. L'implacable réalité des faits en République démocratique du Congo, encore de nos jours au XXIe siècle !
Didier Mukwege né au Congo belge en 1955, a beaucoup fait pour les femmes. Il est surnommé « l'homme qui répare les femmes ». Contrairement à la tradition congolaise, il est élevé comme ses soeurs, et non comme un enfant mâle roi. Tout jeune, il apprend le ménage, la cuisine, l'aide, l'entre-aide, l'égalité homme/femme au foyer. de cette éducation il gardera le respect de toute femme, au regard du courage maternelle. Il sera féministe avant l'heure, et n'hésitera pas, après des études en France et en Belgique, à revenir dans son pays d'origine en tant que gynécologue spécialisé dans les violences faites aux femmes, et victimes de sévices sexuels. Dès 1999, il ouvre un hôpital à Panzi, puis une annexe « la cité de la joie » avec la collaboration d'Eve Ensler (les monologues du vagin) pour accueillir les femmes réparées sans qu'elles soient obligées de retourner dans leur village, leur enfer. C'est également un centre de formation pour permettre aux femmes d'accéder à l'éducation, étape nécessaire pour s'en sortir. En parallèle, il ouvre la Maison Dorcas, un refuge pour les femmes qui ont des enfants nés d'un viol, ou des fistules incurables. Il ne se contente pas d'opérer et de réparer si c'est possible, les femmes violentées ; il essaie d'assurer leur remise en forme, leur éducation, leur formation. Il crée aussi un service juridique, ajout logique aux soins médicaux, un soutien psychologique, un mode de réinsertion socio-économique. Il prépare avec elles « le monde d'après ».
Au fil des années il développe des structures adaptées, puis se lance dans une grande campagne de sensibilisation pour alerter sur ce qui se passe encore de nos jours en République démocratique du Congo, et plus spécifiquement dans sa partie orientale. Il fait des discours partout dans le monde, fait voter des lois protectrices des femmes et punitives sur leurs agresseurs, écrit des livres pour dénoncer la violence. Il devient ambassadeur de la cause des femmes qui ont subi des violences sexuelles à travers le monde où il va s'apercevoir que ces faits ne sont pas réservés au Congo, qu'ils existent en Chine, au Japon, aux Etats-Unis, et même en France, en Europe. Il n'aura de cesse de faire entendre sa voix. En 2018, il obtient le prix Nobel de la paix, mais continue son combat, celui des femmes, qu'il porte en lui depuis toujours, malgré ses ennemis puissants et menaçants, malgré les exils, malgré les bombes, les saccages de son hôpital, malgré les menaces de mort à son encontre et à celle de sa famille. Sa notoriété est grandissante, il va s'en servir pour lever des fonds pour ses associations et la concrétisation de ses projets pour aider les survivantes, comme il les appelle.
Dans cet ouvrage, il nous décrit l'indicible, l'horreur, l'inhumanité, le viol considéré comme une arme de guerre, les raisons économiques au pillage des matières premières que renferme le Congo (or, diamant, lithium, uranium, cassitérite…), les liens étroits entre les viols et la localisation des gisements majeurs de minerai, l'enrichissement des pays voisins comme le Rwanda ou le Burundi qui viennent piller et s'en prendre aux femmes, les avilir, les détruire, les briser de l'intérieur. Il dénonce les dirigeants qui gouvernent et sévissent en toute impunité, la corruption, les états où les riches peuvent acheter leur liberté, où les crimes sexuels restent impunis. Il nous parle de ces femmes qui arrivent, blessées dans leur chair, si courageuses, de ces jeunes enfants abusées par des hommes sans foi ni loi, qui trouvent la force de parler, de ce jeune violeur multirécidiviste venu tout avouer, pleurant, mais se trouvant des excuses dans l'enrôlement par les militaires alors qu'il n'était qu'un gamin, sans regret ni remord pour ses crimes commis.
Nous voyons pourtant filtrer la lumière à travers les témoignages poignants. Les choses avancent lentement, mais grignotent chaque jour davantage de terrain, une lueur d'espoir se dessine. Après des années d'expériences, dont il nous fait part ici sans langue de bois, Didier Mukwege est persuadé que le changement passe par l'éducation des hommes, pas seulement les nouvelles générations plus enclines à entendre son discours, mais aussi les précédentes aux idées ancestrales ancrées, aux coutumes qu'on ne discute pas, aux rituels s'imposant comme une réalité encore en vigueur. Il reste du chemin à parcourir, rien n'est encore acquis. le combat continue, doit continuer, avec l'aide de toutes et de tous.
Merci Docteur Mukwege, vous nous ouvrez les yeux, et vous nous donnez envie de nous battre avec vous, pour une noble cause, juste, claire, évidente.
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critiques presse (2)
LaPresse   10 janvier 2022
Il pousse le questionnement sur le rôle social donné aux garçons, au Congo ou ailleurs, et sur les conséquences d’une hiérarchie entre les genres. La lecture de La force des femmes est souvent difficile, mais offre une réflexion sur la violence, la résilience et les solutions possibles.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Elle   22 novembre 2021
Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, soigne et répare les femmes victimes de masse au Congo. Avec « La force des femmes », il leur rend hommage. Un récit poignant et indispensable.
Lire la critique sur le site : Elle
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
Julaye30Julaye30   17 octobre 2021
Dans les jours qui ont suivi, alors que je repensais à son comportement, j'en ai conclu que cet individu pitoyable avait un point commun avec tous les violeurs. Il en constituait bien sûr un exemple extrême, mais son attitude était comparable à celle de l'homme d'affaires qui utilise son pouvoir sur une subalterne, de l'étudiant ivre qui s'en prend à une fille de son âge, du père de famille respectable qui viole sa femme, du producteur hollywoodien qui oblige les actrices à le rejoindre dans un lit. Chaque fois qu'un homme viole, quelle que soit la situation, quel que soit le pays, ses actes trahissent la même croyance : ses besoins et désirs sont de la plus haute importance, les femmes sont des êtres inférieurs dont on peut user et abuser. Les hommes violent parce qu'ils ne considèrent pas la vie des femmes comme aussi précieuse que la leur.
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Nastie92Nastie92   15 mai 2022
Les vies de bien des femmes de ce livre sont assombries par la violence. Mais chacune d'elles est une lumière et un exemple qui prouve que les meilleurs instincts de l'humanité − aimer, partager, protéger − sont capables de triompher, même dans les pires circonstances. Elles sont la raison pour laquelle j'ai persévéré. La raison pour laquelle je n'ai jamais perdu ma foi ni ma santé mentale, même lorsque, exposé aux conséquences de la cruauté, je me sentais submergé.
+ Lire la suite
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MadChickpeaMadChickpea   14 février 2022
Lumumba et les dirigeants de la postindépendance ont hérité d'un Etat aux coffres vides et d'un pays de quinze millions d'habitants qui ne comptait que quelques dizaines de diplômés universitaires. La Belgique laissait le Congo dans un état de cruelle impréparation pour son indépendance. Sans oublier que l'ancienne colonie ne se voyait accorder la liberté qu'en échange de l'accès à ses ressources, accompagné de la condition que ses territoires demeurent dans l'orbite occidentale. Lorsque Lumumba s'est tourné vers l'Union soviétique en quête d'aide pour faire face à une mutinerie au sein des forces armées, ainsi qu'à d'immenses problèmes économiques et à un mouvement sécessionniste dans le Sud, son sort était scellé. Il n'est resté au pouvoir que trois mois. En moins de six mois, il fut kidnappé et assassiné avec la complicité des Belges et des Américains.
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MadChickpeaMadChickpea   14 février 2022
Je vous encourage à voir le Congo, parfois encore appelé "la capitale mondiale du viol", comme une fenêtre sur les pires extrémités de ce fléau mondial que sont les violences sexuelles. Car c'est un problème universel qui se produit aussi bien à la maison, au bureau, sur les champs de bataille que dans les lieux publics partout sur la planète. [...]
La lutte contre les violences sexuelles commence par la prise de parole des femmes et des hommes. Dans le monde, une femme sur trois a fait l'expérience de violences physiques ou sexuelles à un moment donné de sa vie, selon l'ONU Femmes. Et aux Etats-Unis, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, près d'une femme sur cinq a subi une tentative de viol ou un viol au cours de sa vie. Il est impossible d'affronter le problème sans en reconnaître publiquement l'omniprésence.
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Julaye30Julaye30   15 octobre 2021
Au refuge, chaque survivante suit des cours. J'en donne un sur l'anatomie féminine et le genre. Je commence souvent par demander combien de présentes se sentent fières d'être une femme. Une faible minorité lève la main. En moyenne, 80% d'entre elles disent qu'elles auraient préféré naître garçon. "Si j'avais été un homme, j'aurais pu assurer ma protection." Nombre d'entre elles identifient leur vagin comme la source de toutes leurs souffrances. Elles l'associent à leurs malheurs. "C'est à cause de ça que j'ai été agressée", disent-elles. Le problème, selon elles, c'est leur vagin, pas leurs agresseurs ou le regard des autres. C'est aussi leur vagin qui explique l'absence d'opportunités dans leur vie ainsi que leur sentiment de rejet.
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Videos de Denis Mukwege (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Mukwege
Denis Mukwege vous présente son ouvrage "La force des femmes : puiser dans la résilience pour réparer le monde" aux éditions Gallimard.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2562241/denis-mukwege-la-force-des-femmes-puiser-dans-la-resilience-pour-reparer-le-monde
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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