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EAN : 9782742736416
280 pages
Éditeur : Actes Sud (30/10/2001)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Cinq épisodes de la vie d'un homme, Anton Steenwijk qui, un soir de janvier 1945 à Haarlem, alors qu'il a douze ans et que les Pays-Bas sont encore occupés, voit s'effondrer son univers : le cadavre d'un policier collaborateur exécuté par un groupe de résistants est, en effet, trouvé devant la porte de la maison familiale et sans que les Steenwijk puissent se poser la moindre question les Allemands surgissent, la maison est brûlée, les parents et le frère aîné abatt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Malivriotheque
  11 mai 2020
En 1945 à douze ans, Anton vit le drame de sa vie : un attentat est perpétré dans sa rue et ses voisins déplacent le corps trop près de chez eux juste devant la maison des Steenwijk. Ce geste rapide va changer à jamais le cours de l'existence d'Anton. Sans qu'il le hante, il va pourtant se rappeler à son bon souvenir régulièrement au cours de sa vie, éclaircissant aussi bien les faits qu'interrogeant sur le bien, le mal et l'évolution d'une vie à partir d'un évènement unique...
Quel livre ! Oh, il n'a rien d'extraordinaire en soi mais il dégage une belle aura, questionne judicieusement et philosophiquement certains points de la guerre, analyse avec justesse les sentiments dégagés, relie intelligemment le devenir de son personnage aux faits historiques néerlandais étalés sur près de 40 ans, le tout dans une histoire captivante sans aucune fausse note ou page en trop.
On revisite les Pays-Bas, Amsterdam et ses environs, l'histoire néerlandaise avec des références à la colonisation indonésienne. On s'interroge sur le hasard, la coïncidence, la malchance ; sur leur portée, influence et impact sur la ligne d'une vie.
Le ton est juste tout du long, le propos ni dramatisant ni victimisant. C'est d'ailleurs en ça que l'écriture est belle et judicieuse, ainsi qu'intelligente.
Une belle et profonde surprise que la lecture de cet ouvrage que je n'aurais jamais pensé apprécier autant.
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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luocine
  04 mai 2019
Cette partie de petits chevaux ne sera jamais terminée puisque ce soir de janvier en 1945, à Haarlem en Hollande, la famille Steenwick entendra six coups de feu dans leur rue. La famille voit alors avec horreur que leurs voisins déplacent un cadavre au seuil de leur porte. C'est celui de Ploeg un milicien de la pire espèce qui vient d'être abattu par la résistance. Peter Steenwick un jeune adolescent sort de chez lui sans réfléchir et tout s'enchaîne très vite. Les Allemands réagissent avec la violence coutumière des Nazis, exacerbée par l'imminence de la défaite, ils embarquent tout le monde et incendient la maison. Anton âgé de 12 ans survivra à ce drame affreux . Après une nuit au poste de police dans une cellule qu'il partage avec une femme dont il ne voit pas le visage mais qui lui apportera un peu de douceur, il sera confié à son oncle et sa tante à Amsterdam et comprendra très vite que toute sa famille a été fusillée. C'est la première partie du roman, que Patrice et Goran m'ont donné envie de découvrir. Un grand merci car je ne suis pas prête d'oublier ce livre.
Anton devient médecin anesthésiste et en quatre épisodes très différents, il fera bien malgré lui la lumière sur ce qui s'est passé ce jour là. Il avait en lui ce trou béant de la disparition de sa famille mais il ne voulait pas s'y confronter. Il a été aimé par son oncle et sa tante mais ceux-ci n'ont pas réussi à entrouvrir sa carapace de défense, il faudra différents événements et des rencontres dues au hasard pour que, peu à peu , Anton trouve la force de se confronter à son passé. Cela permet au lecteur de vivre différents moments de la vie politique en Hollande. La lutte anti-communiste et une manifestation lui permettra de retrouver le fils de Ploeg qui est devenu un militant anti-communiste acharné. Puis, nous voyons la montée de la sociale démocratie et la libération du pire des nazis hollandais et enfin il découvrira pourquoi son voisin a déplacé le cadavre du milicien. Il y a un petit côté enquête policière mais ce n'est pas le plus important, on est confronté avec Anton aux méandres de la mémoire et de la culpabilité des uns et des autres. Aux transformations des faits face à l'usure du temps. Et à une compréhension très fine de la Hollande on ne peut pas dire que ce soit un peuple très joyeux ni très optimiste. Les personnalités semblent aussi réservées que dignes, et on découvre que la collaboration fut aussi terrible qu'en France. La fin du roman réserve une surprise que je vous laisse découvrir.
PS je viens de me rendre compte en remplissant mon Abécédaire d'écrivain que j'avais lu un autre roman de cet auteur que je n'avais pas apprécié : » La découverte du ciel »
Lien : http://luocine.fr/?p=10349
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Etsionbouquinait
  12 février 2019
Janvier 1945, Haarlem, Pays-Bas. Peu avant le couvre feu, tandis que la famille Steenwijk va se coucher, « retentissent soudain dans la rue six détonations sèches ». La victime s'appelle Fake Ploeg, un « inspecteur principal de la police, le pire traître, le plus sinistre criminel de Haarlem et des environs ». Ce même soir, leur voisin déplace le corps de Ploeg devant la maison des Steenwijk. Lorsque les Allemands arrivent, ils arrêtent toute la famille ; la vie d'Anton, âgé alors de 12 ans, bascule. L'attentat de Harry Mulisch est l'histoire de ce crime et de la trace qui accompagnera la vie d'Anton.
Avant de parler plus en détail du livre en lui-même, arrêtons-nous sur l'auteur Harry Mulisch. Considéré comme l'une des plumes les plus talentueuses des Pays-Bas, son oeuvre abondante porte essentiellement le sceau de la Seconde Guerre Mondiale. Sa mère était juive et son père, ancien officier austro-hongrois, occupait le rôle controversé d'administrateur des biens juifs confisqués aux Pays-Bas. Les néerlandais élurent en 2007 le livre de Mulisch La découverte du ciel comme le meilleur roman néerlandais de tous les temps. Quant à L'attentat, son adaptation cinématographique en 1986 fut couronnée par un Golden Globe Award et par l'Oscar du meilleur film étranger.
L'Attentat est découpé en 5 épisodes de la vie du plus jeune fils des Steenwijk, Anton, et disons-le tout de suite, le seul survivant de la rafle opérée par les Allemands. En représailles, on apprend en effet que les Allemands exécutèrent son frère aîné et ses parents…
Si l'étudiant et le médecin qu'il deviendra ne souhaite pas particulièrement creuser ce passé, ce dernier s'impose à lui à différents moments de sa vie, que ce soit lors d'une visite à Haarlem, ou de rencontres fortuites avec les personnages ayant joué un rôle dans cette sombre affaire :
"Anton regardait dans le vide avec lassitude. Il pensait à Takes et se disait que, dans la vie, tout apparemment effleure töt ou tard au grand jour, pour être réglé et définitivement classé."
Ce roman est aussi un portrait des différentes manifestations ou des affrontements de la seconde partie du siècle, vécus depuis les Pays-Bas (comme l'écrasement de la révolte de Budapest en 1956 ou la guerre du Vietnam). Certains combats ne cessent d'ailleurs jamais, comme celui du résistant qui tira sur Ploeg en 1945, l'occasion pour Mulisch de nous livrer un très beau portrait d'homme.
J'ai beaucoup apprécié « L'attentat » qui offre une belle réflexion sur la mémoire, la place des événements passés dans la vie d'un homme, mais aussi sur le temps qui passe tout simplement, ou encore les dilemmes qui peuvent se présenter dans la vie des gens : en tant que résistant, faut-il tuer un collaborateur en sachant que les représailles peuvent coûter la vie à de nombreux innocents ? Ou encore, que faire quand le cadavre de ce même collaborateur est devant votre maison ? Les héros d'un jour ne le sont plus le lendemain (on oublie les résistants), les blâmés d'un jour, comme le fils de Ploeg, réussissent à réécrire leur vie. de plus, le lecteur est tenu par le suspense des révélations, jusqu'en 1981, le dernier épisode du récit, qui révèle enfin pourquoi le voisin a déplacé le corps devant la maison des Steenwijk.
Lien : https://evabouquine.wordpres..
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ay_guadalquivir
  10 juillet 2013
Le grand auteur néerlandais Harry Mulisch, récemment disparu, est l'écrivain qui creuse sans cesse le passé pour apaiser le présent. Son oeuvre est traversée par la seconde guerre mondiale, la shoah, et l'incessante exploration des culpabilités, des attitudes de chacun face aux situations. Souvent dans l'attentat, il revient sur l'idée que chacun a fait ce qu'il a fait et que les choses sont ainsi. Mais sans cesse il cherche à comprendre. Cette histoire de l'assassinat d'un fasciste qui entraîne des représailles sanglantes sous les yeux des voisins, et forgera la vie d'Anton, expose les culpabilités de chaque personnage et l'enchainement des évènements, dévoilé au fil des ans et des circonstances. Anton sait que cet attentat fut décisif, il vit avec, comme sans doute Mulisch jusqu'à ses derniers jours vécut avec le questionnament de la shoah.
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Ingannmic
  13 mars 2020
En 1945, Anton Steenwijk a douze ans. Il vit à Haarlem, petite ville de la périphérie d'Amsterdam, avec ses parents et son frère aîné Peter. Un soir d'hiver, des résistants assassinent dans leur rue le représentant local de l'occupant nazi. Leurs voisins, par un égoïste et fatal réflexe de survie, traînent le cadavre devant la porte des Steenwijk. Seul Anton survit aux représailles exercées par la police allemande, qui, ne sachant que faire du jeune garçon, l'installe temporairement dans une cellule où, dans l'obscurité la plus totale, il côtoie le temps d'une courte nuit la résistante qui y est maintenue prisonnière.
Quatre épisodes, de 1952 à 1981, succéderont à celui de cet événement fondateur du récit, comme des clichés figeant certaines étapes de l'existence d'Anton, en même temps qu'ils reviendront sur le drame de janvier 45, d'une part pour témoigner de la manière dont son souvenir est perçu par Anton, d'autre part pour en préciser, au gré de rencontres avec certains de ses acteurs plus ou moins directs, les circonstances.
Recueilli par son oncle, Anton fait des études de médecine. Il songe rarement à sa famille, dont la pensée lui vient parfois à l'occasion de réminiscences inattendues provoquées par des associations d'idée, sous forme de lieux emplis de sang, de flammes et de cris, de détonations, comme s'échappant momentanément d'un cachot hermétiquement clos, enfoui quelque part au fond de lui, dont la violence est toutefois tempérée par le rai de lumière qu'y instille le souvenir de la jeune résistante. La période qui a suivi la tragédie a comme subi une distorsion du temps qui la relègue dans une dimension parallèle, et l'empêche de se l'approprier, rendant difficile toute tentative de faire comprendre à d'autres ce qu'a été la guerre. C'est pourquoi il ne l'évoque jamais.
Devenu anesthésiste, puis mari et père, il repousse de plus en plus loin le Haarlem de janvier 45, inconsciemment mais avec application, jusqu'à qu'il se rappelle à lui...
Au gré des épisodes brefs mais chargés de sens qui constituent le récit, Harry Mulisch aborde, presque mine de rien, la question de la responsabilité des actes, et de la légitimité de la violence comme rempart à une violence plus grande. le combat contre la barbarie justifie-t-il le sacrifice de vies innocentes ? Et comment composer, en tant que proches de ces victimes, avec le possible sentiment qu'elles n'aient été que des dommages collatéraux négligeables au coeur d'enjeux déterminés par d'autres ? En induisant ces questionnements, il met en évidence la relativité des notions de culpabilité et d'innocence, exhaussée par le passage du temps, qui fait parfois douter de la solidité de l'héritage laissé par les héros d'hier, notamment lorsque L Histoire se répète.
"A l'inhumanité, on ne peut opposer que l'absurdité."
La froideur de son héros, la distance qu'il semble avoir pris avec le drame, peut donner l'impression d'une approche presque clinique de ces thématiques pourtant tragiques. Mais ne nous y trompons pas, si l'analyse de l'auteur est davantage intellectuelle et morale que sentimentale, il laisse suffisamment de place à l'évocation des résonances des traumatismes sur ses personnages pour que son récit ne soit pas désincarné.
A lire...
Lien : https://bookin-ingannmic.blo..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
luocineluocine   04 mai 2019
Tu peux dire que ta famille vivrait encore si nous n’avions pas liquidé Ploeg : c’est vrai. C’est la pure vérité, mais ce n’est rien de plus. On peut dire aussi que ta famille vivrait encore si ton père avait loué autrefois une autre maison dans une autre rue, c’est encore vrai. Dans ce cas je serai peut-être ici avec quelqu’un d’autre. A moins que l’attentat n’ai eu lieu dans cette autre rue, car alors Ploeg aussi aurait pu habiter ailleurs. C’est un genre de vérité qui ne nous avance à rien. La seule vérité qui nous avance à quelque chose, c’est de dire, chacun a été abattu par qui l’a abattu, et par personne d’autre. Ploeg par nous, ta famille par les Chleuhs. Tu as le droit d’estimer que nous n’aurions pas dû le faire, mais alors tu dois penser aussi qu’il aurait mieux valu que l’humanité n’existe pas, étant donné son histoire. Dans ce cas tout l’amour, tout le bonheur et toute la beauté du monde ne serait même pas compensé la mort d’un seul enfant.
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ay_guadalquiviray_guadalquivir   10 juillet 2013
INCIPIT :
"Loin, bien loin, au fond de la Deuxième Guerre mondiale ,un certain Anton Steenwijk habitait avec son frère et ses parents en lisière de Haarlem. Le long d'un quai qui bordait un canal sur une centaine de mètres puis décrivait une faible courbe pour redevenir une route ordinaire, quatre maisons se dressaient, assez rapprochées."
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luocineluocine   04 mai 2019
Peut-être s’était-on vivement affronté, au sein de la commission provinciale des monuments commémoratifs, sur le point de savoir si leurs noms avaient bien leur place ici. Peut-être certains fonctionnaires avaient-il observé qu’ils ne faisaient pas partie des otages à proprement parler et n’avaient d’ailleurs pas été fusillés, mais « achevés comme des bêtes » ; à quoi les représentants de la Commission nationale avaient répliqué en demandant si cela ne méritait pas tout autant un monument ; enfin les fonctionnaires provinciaux avaient réussi à obtenir à titre de concession au moins le nom de Peter fût écarté. Ce dernier -avec beaucoup de bonne volonté du moins -comptait parmi les héros de la résistance armée, qui avaient droit à d’autres monuments. Otages, résistants, Juifs, gitans, homosexuels, pas question de mélanger tous ces gens-là, sinon c’était la pétaudière !
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luocineluocine   04 mai 2019
l n’y a rien dans l’avenir, il est vide, la seconde qui vient peut-être celle de ma mort -si bien que l’homme qui regarde l’avenir a le visage tourné vers le néant, alors que c’est justement derrière lui qu’il y a quelque chose à voir : le passé conservé par la mémoire.
Ainsi les Grecs disent-ils, quand il parle de l’avenir : » Quelle vie avons-nous encore derrière nous ?»
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luocineluocine   04 mai 2019
Voilà ce qui reste de la Résistance, un homme mal soigné, malheureux, à moitié ivre , qui se terre dans un sous-sol dont il ne sort peut-être plus que pour enterrer ses amis, alors qu’on remet en liberté des criminels de guerre et que l’histoire suit son cours sans plus s’occuper de lui …
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