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ISBN : 2742736417
Éditeur : Actes Sud (30/10/2001)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Cinq épisodes de la vie d'un homme, Anton Steenwijk qui, un soir de janvier 1945 à Haarlem, alors qu'il a douze ans et que les Pays-Bas sont encore occupés, voit s'effondrer son univers : le cadavre d'un policier collaborateur exécuté par un groupe de résistants est, en effet, trouvé devant la porte de la maison familiale et sans que les Steenwijk puissent se poser la moindre question les Allemands surgissent, la maison est brûlée, les parents et le frère aîné abatt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
luocine
  04 mai 2019
Cette partie de petits chevaux ne sera jamais terminée puisque ce soir de janvier en 1945, à Haarlem en Hollande, la famille Steenwick entendra six coups de feu dans leur rue. La famille voit alors avec horreur que leurs voisins déplacent un cadavre au seuil de leur porte. C'est celui de Ploeg un milicien de la pire espèce qui vient d'être abattu par la résistance. Peter Steenwick un jeune adolescent sort de chez lui sans réfléchir et tout s'enchaîne très vite. Les Allemands réagissent avec la violence coutumière des Nazis, exacerbée par l'imminence de la défaite, ils embarquent tout le monde et incendient la maison. Anton âgé de 12 ans survivra à ce drame affreux . Après une nuit au poste de police dans une cellule qu'il partage avec une femme dont il ne voit pas le visage mais qui lui apportera un peu de douceur, il sera confié à son oncle et sa tante à Amsterdam et comprendra très vite que toute sa famille a été fusillée. C'est la première partie du roman, que Patrice et Goran m'ont donné envie de découvrir. Un grand merci car je ne suis pas prête d'oublier ce livre.
Anton devient médecin anesthésiste et en quatre épisodes très différents, il fera bien malgré lui la lumière sur ce qui s'est passé ce jour là. Il avait en lui ce trou béant de la disparition de sa famille mais il ne voulait pas s'y confronter. Il a été aimé par son oncle et sa tante mais ceux-ci n'ont pas réussi à entrouvrir sa carapace de défense, il faudra différents événements et des rencontres dues au hasard pour que, peu à peu , Anton trouve la force de se confronter à son passé. Cela permet au lecteur de vivre différents moments de la vie politique en Hollande. La lutte anti-communiste et une manifestation lui permettra de retrouver le fils de Ploeg qui est devenu un militant anti-communiste acharné. Puis, nous voyons la montée de la sociale démocratie et la libération du pire des nazis hollandais et enfin il découvrira pourquoi son voisin a déplacé le cadavre du milicien. Il y a un petit côté enquête policière mais ce n'est pas le plus important, on est confronté avec Anton aux méandres de la mémoire et de la culpabilité des uns et des autres. Aux transformations des faits face à l'usure du temps. Et à une compréhension très fine de la Hollande on ne peut pas dire que ce soit un peuple très joyeux ni très optimiste. Les personnalités semblent aussi réservées que dignes, et on découvre que la collaboration fut aussi terrible qu'en France. La fin du roman réserve une surprise que je vous laisse découvrir.
PS je viens de me rendre compte en remplissant mon Abécédaire d'écrivain que j'avais lu un autre roman de cet auteur que je n'avais pas apprécié : » La découverte du ciel »
Lien : http://luocine.fr/?p=10349
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ay_guadalquivir
  10 juillet 2013
Le grand auteur néerlandais Harry Mulisch, récemment disparu, est l'écrivain qui creuse sans cesse le passé pour apaiser le présent. Son oeuvre est traversée par la seconde guerre mondiale, la shoah, et l'incessante exploration des culpabilités, des attitudes de chacun face aux situations. Souvent dans l'attentat, il revient sur l'idée que chacun a fait ce qu'il a fait et que les choses sont ainsi. Mais sans cesse il cherche à comprendre. Cette histoire de l'assassinat d'un fasciste qui entraîne des représailles sanglantes sous les yeux des voisins, et forgera la vie d'Anton, expose les culpabilités de chaque personnage et l'enchainement des évènements, dévoilé au fil des ans et des circonstances. Anton sait que cet attentat fut décisif, il vit avec, comme sans doute Mulisch jusqu'à ses derniers jours vécut avec le questionnament de la shoah.
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Etsionbouquinait
  12 février 2019
Janvier 1945, Haarlem, Pays-Bas. Peu avant le couvre feu, tandis que la famille Steenwijk va se coucher, « retentissent soudain dans la rue six détonations sèches ». La victime s'appelle Fake Ploeg, un « inspecteur principal de la police, le pire traître, le plus sinistre criminel de Haarlem et des environs ». Ce même soir, leur voisin déplace le corps de Ploeg devant la maison des Steenwijk. Lorsque les Allemands arrivent, ils arrêtent toute la famille ; la vie d'Anton, âgé alors de 12 ans, bascule. L'attentat de Harry Mulisch est l'histoire de ce crime et de la trace qui accompagnera la vie d'Anton.
Avant de parler plus en détail du livre en lui-même, arrêtons-nous sur l'auteur Harry Mulisch. Considéré comme l'une des plumes les plus talentueuses des Pays-Bas, son oeuvre abondante porte essentiellement le sceau de la Seconde Guerre Mondiale. Sa mère était juive et son père, ancien officier austro-hongrois, occupait le rôle controversé d'administrateur des biens juifs confisqués aux Pays-Bas. Les néerlandais élurent en 2007 le livre de Mulisch La découverte du ciel comme le meilleur roman néerlandais de tous les temps. Quant à L'attentat, son adaptation cinématographique en 1986 fut couronnée par un Golden Globe Award et par l'Oscar du meilleur film étranger.
L'Attentat est découpé en 5 épisodes de la vie du plus jeune fils des Steenwijk, Anton, et disons-le tout de suite, le seul survivant de la rafle opérée par les Allemands. En représailles, on apprend en effet que les Allemands exécutèrent son frère aîné et ses parents…
Si l'étudiant et le médecin qu'il deviendra ne souhaite pas particulièrement creuser ce passé, ce dernier s'impose à lui à différents moments de sa vie, que ce soit lors d'une visite à Haarlem, ou de rencontres fortuites avec les personnages ayant joué un rôle dans cette sombre affaire :
"Anton regardait dans le vide avec lassitude. Il pensait à Takes et se disait que, dans la vie, tout apparemment effleure töt ou tard au grand jour, pour être réglé et définitivement classé."
Ce roman est aussi un portrait des différentes manifestations ou des affrontements de la seconde partie du siècle, vécus depuis les Pays-Bas (comme l'écrasement de la révolte de Budapest en 1956 ou la guerre du Vietnam). Certains combats ne cessent d'ailleurs jamais, comme celui du résistant qui tira sur Ploeg en 1945, l'occasion pour Mulisch de nous livrer un très beau portrait d'homme.
J'ai beaucoup apprécié « L'attentat » qui offre une belle réflexion sur la mémoire, la place des événements passés dans la vie d'un homme, mais aussi sur le temps qui passe tout simplement, ou encore les dilemmes qui peuvent se présenter dans la vie des gens : en tant que résistant, faut-il tuer un collaborateur en sachant que les représailles peuvent coûter la vie à de nombreux innocents ? Ou encore, que faire quand le cadavre de ce même collaborateur est devant votre maison ? Les héros d'un jour ne le sont plus le lendemain (on oublie les résistants), les blâmés d'un jour, comme le fils de Ploeg, réussissent à réécrire leur vie. de plus, le lecteur est tenu par le suspense des révélations, jusqu'en 1981, le dernier épisode du récit, qui révèle enfin pourquoi le voisin a déplacé le corps devant la maison des Steenwijk.
Lien : https://evabouquine.wordpres..
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MarianneL
  26 avril 2013
En 1945, le cadavre d'un collabo assassiné par les résistants est retrouvé à Haarlem devant la maison d'Anton, alors âgé de douze ans. En représailles, les soldats allemands abattent ses parents et son frère ainé, et brûlent leur maison.
Entre 1952 et 1981, de loin en loin, à l'occasion de rencontres fortuites avec les protagonistes ou les témoins de ce drame, des morceaux de l'histoire sont révélés et des blocs de mémoire reviennent à la conscience d'Anton, comme des séracs se détachant d'un glacier.
Les affrontements ou manifestations aux Pays-Bas issus notamment de la guerre froide et de la guerre du Vietnam fournissent une toile de fond au récit, comme un écho au magnifique portrait de ce résistant, celui justement qui a tiré en 1945, et dont le combat ne finit jamais.
Histoire de résistance et de mémoire inspirée par sa propre histoire, Harry Mulisch, enfant d'une mère juive et d'un homme ayant collaboré avec les nazis, a publié ce court roman en 1982. Tout simplement émouvant.
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DA1OS24
  17 novembre 2012
WOW ... QUEL LIVRE J'AI ÉTÉ CONSCIENTISER PAR IMPACT QUE LA GEURRE PRODUIT SUR UN ÊTRE MALGRÉ QU'IL SENT SORS ... DANS CE MERVEILLEUX ROMAN HARRY MULISH NOUS FAIT VIVRE HISTOIRE DE ANTON JEUNE GARCON PERDANT TOUTE CA FAMIILLE A CAUSE D'UN MEUTRE D'UN AILIER NAZI NOUS DECROUVONS JUSQU'À OU LES SÉQUELLE DE CE MOMENT MÈNERONT ANTON DANS SA VIE PERSONNELLE
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   10 juillet 2013
INCIPIT :
"Loin, bien loin, au fond de la Deuxième Guerre mondiale ,un certain Anton Steenwijk habitait avec son frère et ses parents en lisière de Haarlem. Le long d'un quai qui bordait un canal sur une centaine de mètres puis décrivait une faible courbe pour redevenir une route ordinaire, quatre maisons se dressaient, assez rapprochées."
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luocineluocine   04 mai 2019
Tu peux dire que ta famille vivrait encore si nous n’avions pas liquidé Ploeg : c’est vrai. C’est la pure vérité, mais ce n’est rien de plus. On peut dire aussi que ta famille vivrait encore si ton père avait loué autrefois une autre maison dans une autre rue, c’est encore vrai. Dans ce cas je serai peut-être ici avec quelqu’un d’autre. A moins que l’attentat n’ai eu lieu dans cette autre rue, car alors Ploeg aussi aurait pu habiter ailleurs. C’est un genre de vérité qui ne nous avance à rien. La seule vérité qui nous avance à quelque chose, c’est de dire, chacun a été abattu par qui l’a abattu, et par personne d’autre. Ploeg par nous, ta famille par les Chleuhs. Tu as le droit d’estimer que nous n’aurions pas dû le faire, mais alors tu dois penser aussi qu’il aurait mieux valu que l’humanité n’existe pas, étant donné son histoire. Dans ce cas tout l’amour, tout le bonheur et toute la beauté du monde ne serait même pas compensé la mort d’un seul enfant.
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luocineluocine   04 mai 2019
Peut-être s’était-on vivement affronté, au sein de la commission provinciale des monuments commémoratifs, sur le point de savoir si leurs noms avaient bien leur place ici. Peut-être certains fonctionnaires avaient-il observé qu’ils ne faisaient pas partie des otages à proprement parler et n’avaient d’ailleurs pas été fusillés, mais « achevés comme des bêtes » ; à quoi les représentants de la Commission nationale avaient répliqué en demandant si cela ne méritait pas tout autant un monument ; enfin les fonctionnaires provinciaux avaient réussi à obtenir à titre de concession au moins le nom de Peter fût écarté. Ce dernier -avec beaucoup de bonne volonté du moins -comptait parmi les héros de la résistance armée, qui avaient droit à d’autres monuments. Otages, résistants, Juifs, gitans, homosexuels, pas question de mélanger tous ces gens-là, sinon c’était la pétaudière !
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luocineluocine   04 mai 2019
l n’y a rien dans l’avenir, il est vide, la seconde qui vient peut-être celle de ma mort -si bien que l’homme qui regarde l’avenir a le visage tourné vers le néant, alors que c’est justement derrière lui qu’il y a quelque chose à voir : le passé conservé par la mémoire.
Ainsi les Grecs disent-ils, quand il parle de l’avenir : » Quelle vie avons-nous encore derrière nous ?»
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luocineluocine   04 mai 2019
Voilà ce qui reste de la Résistance, un homme mal soigné, malheureux, à moitié ivre , qui se terre dans un sous-sol dont il ne sort peut-être plus que pour enterrer ses amis, alors qu’on remet en liberté des criminels de guerre et que l’histoire suit son cours sans plus s’occuper de lui …
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