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EAN : 9782707313836
127 pages
Éditeur : Editions de Minuit (31/05/1991)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Ciment. Russie, 1921 : rentrant de la guerre civile, en héros rouge, l’ajusteur Gleb Tchoumalov tente de relever de ses ruines l’usine de ciment où il travaillait avant la révolution. Mais la classe ouvrière moribonde, déjà prise dans les tentacules de la bureaucratie, rechigne à construire l’avenir. Et Dacha, la femme de Tchoumalov, émancipée grâce au combat politique, refuse de reprendre la vie commune avec un mari qui, pourtant, l’aime.
Du célèbre roman d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
jlvlivres
  29 août 2020
« Ciment » est adapté d'un roman réaliste de Fiodor Vassilievitch Gladkov, écrit en 1926. C'est un bel exemple de théatre prolétarien, mais daté de 1972. La pièce, en quinze tableaux, raconte la remise en route d'une cimenterie russe en 1921, le tout sur fond de guerre civile et du Xème Congrès du Parti. On y croise deux couples, Gleb Tchoumalov et Dacha, sa femme, ainsi que Ivaguine et Polia, autre couple de militants, mais qui vont être exclus du parti « comme une lèpre ». le soldat Tchoumalov revient de la guerre, mais après trois ans passés, il cet ancien militant bolchevik ne reconnaît plus sa ville en ruines. de même la cimenterie où il était ajusteur est transformée en étable. Quant à sa femme, Dacha, elle a quelque peu évoluée. « Il peut se passer bien des choses. Gleb, en trois ans. [...] Mon foyer est le comité exécutif, mon travail. Mon repas, je le mange là-bas à la cantine, de l'eau et des rutabagas. [...] Rappelle-toi, camarade, si quelqu'un ici est mon propriétaire, c'est moi». Une scène « le Lit » donne le ton, difficilement conciliable avec un retour au stade d'avant. Scène sui enchaîne avec l'affrontement entre Gleb et Kleist, un ingénieur qui l'a dénoncé aux Blancs. Gleb veut faire redémarrer l'usine. Impossible, lui répond l'ingénieur. « Nous sommes enchaînés à notre Caucase / Tous autant que nous sommes. Les aigles chient sur nous / Et leur merde ce sont nos propres entrailles / Qu'ils nous tirent du corps tout le long de la vie / Votre pouvoir soviétique ne changera pas le monde Tchoumalov. [...] Laissez-moi mourir dans mes chaînes / Je ne veux pas être libéré. [...] Je hais votre révolution, je hais / Votre pouvoir soviétique ». Suit un long épisode dans lequel Héraclès, c'est-à-dire Hercule, délivre Prométhée enchaîné. Idem, un peu plus loin, où l'on retrouve Héraclès, dans la forêt, mais cette fois confronté à l'Hydre. Mais cette fois, le monstre, la forêt et Héraclès finalement ne forment qu'un seul et même personnage. C'est finalement une version russe, ou du moins fortement collectiviste des mythes grecs. Les mythes en tant que dénonciation des abus du système. Dans ce contexte, la classe ouvrière, déjà mal en point d'un point de vue économique, est totalement aux prises avec une bureaucratie toute puissante. Donc à quoi bon, et vers quels finalités ou espoirs, construire un avenir nouveau ?
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Moglug
  15 février 2018
En piètre lectrice de théâtre, je suis très agréablement surprise par cette lecture. le style de Heiner Müller et la construction de cette pièce adaptée d'un roman de Fiodor Gladkov (1925) sont extrêmement contemporains. Ciment rapporte l'histoire d'un révolutionnaire russe de retour dans son village natal et qui s'empresse d'oeuvrer à l'instauration du mode de vie bolchevique dans son entourage et dans l'usine de ciment où il travaille. Rapidement, des grains de sable font grincer la belle organisation. Les femmes, qui se sont émancipées pendant l'absence de leurs époux, revendiquent leur liberté. Et si ces messieurs l'acceptent volontiers dans un premier temps, la question des limites au bolchevisme se pose rapidement pour un mari dont la femme - en bonne révolutionnaire - estime que son corps appartient à tous les bolcheviques, ces révolutionnaires fatigués en manque de douceur...
Le récit est entrecoupé de parallèles avec les mythologies gréco-romaines. L'ensemble invite au débat et à la réflexion avec humour et finesse. Par le personnage d'un fervent défenseur du communisme et par la démonstration pratique des couacs d'un tel régime, Heiner Müller, allemand de l'Est, montre le paradoxe que représentait ce régime politique pour ceux qui le subissait tout en le revendiquant. Cette pièce me fait l'effet d'un étau absurde se resserrant inexorablement sur les différents protagonistes et me rappelle en ce sens le livre Une trop bruyante solitude de Bohumil Hrabal.
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Videos de Heiner Müller (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Heiner Müller
Quartett d’Heiner Müller : lu par Jeanne Moreau et Sami Frey (France Culture / Festival d’Avignon). Lecture proposée par France Culture et le Festival d’Avignon, enregistrée en direct et en public dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, au Festival d’Avignon, le 9 juillet 2007 - Une production de France Culture. Photographie : Quartett - lecture © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon. « C’était il y a tout juste dix ans, le 9 juillet 2007. Jeanne Moreau lisait avec Sami Frey sur la scène de la Cour d’honneur du palais des Papes, “Quartett” de Heiner Muller. “Quartett” fut écrit en 1981 par Heiner Müller, écrivain et dramaturge allemand. C’est un palimpseste des “Liaisons dangereuses” de Choderlos de Laclos, mettant en scène la marquise de Merteuil et le comte de Valmont. Müller avait confié à Jean Jourdheuil son désir de voir interpréter la Merteuil par Jeanne Moreau. Ce désir resta secret jusqu’au jour ou France Culture confia à Jean Jourdheuil un hommage à Heiner Müller en 2005. Ainsi France Culture et le Festival d’Avignon, dirigé alors par Vincent Baudriller et Hortense Archambault, décidèrent de réaliser ensemble ce rêve de Heiner Müller. 60 ans après avoir joué le “Prince de Hombourg” avec Gérard Philipe, 18 ans après avoir interprété la “Célestine” dans la mise en scène d’Antoine Vitez, Jeanne Moreau remontait sur les planches de la Cour d’honneur, accompagnée par Sami Frey. Cette lecture de “Quartett” est vertigineuse car Sami Frey et Jeanne Moreau jouent tous les rôles, échangent leurs rôles, échangent le féminin et le masculin. Ce fut une émotion très forte pour les 2000 spectateurs de la Cour : deux immenses comédiens seuls sur le plateau, d’une beauté saisissante, chacun assis à une petite table éclairée d’une lumière bleue dans la nuit d’été. » Blandine Masson Lu par Jeanne Moreau et Sami Frey Réalisation : Blandine Masson Une proposition de Jean Jourdheuil “Quartett”, traduit de l’allemand par Jean Jourdheuil et Béatrice Perregaux est publié aux éditions de Minuit. Source : France Culture
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