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EAN : 9782361650698
64 pages
Éditeur : Les petits Platons (20/11/2014)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Hannah Arendt n’est pas une penseuse de terrier, mais une penseuse de terrain. Dans son petit théâtre, monter en scène veut dire penser ; penser veut dire agir. Surtout lorsque les hommes-bureaux n’ont qu’une idée : construire un monde de papier...
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Jall
  24 avril 2016
Double réflexion apportée par Babelio : cet exemplaire des Petits Platons, le Petit théâtre de Hannah Arendt, pour la réflexion philosophique, et une réflexion docimologique :quelle note puis-je apporter à cet ouvrage ?
Car, le contenu est fort bien fait : une petite Hannah vient embêter la grande Hannah (Arendt) pour qu'elle lui raconte une histoire. Celle-ci va l'entraîner au théâtre (de la vie), sur scène, car c'est bien devant des vraies personnes que la vie est jouée. Elles rencontrent Aristote sur son agora, où chacun peut s'exprimer. le renard en peluche de la petite Hannah devient un vrai renard; Il symbolisera celui qui se terre. Or, la grande Hannah n'aura de cesse de répéter qu'elle est une penseuse de terrain et non une penseuse de terrier. le loup est en coulisses et effraie la petite Hannah. Mais celui-ci ne peut entrer dans l'espace public (Agora) et reste maintenu dans l'espace privé.
Mais les hommes ne s'entendent plus. Certains quittent l'espace public d'expression. C'est la guerre. Errant dans la forêt sombre, les 2 Hannah croisent le loup. La grande Hannah n'en a pas peur. La première règle des hommes est "tu ne tueras point".
Dans la clairière, rassurante, des hommes. Mais ces hommes sont en bois, inhumains. Passent devant eux, des milliers de petites Hannah, sur lesquelles ils apposent des étiquettes. Les étiquettes les transforment en marionnettes.
Ces hommes vont-ils nous tuer ? demande la petite Hannah. Bien pire, répond la grande Hannah, ils vont nous déshumaniser.
Mais la petite Hannah retire son étiquette, et retrouve sa vie, alors que les milliers de petites filles de bois sont conduites dans un grand charnier où elles sont brulées (illustration étonnante de ressemblance avec les charniers humains).
La grande Hannah conduit la petite Hannah à trouver le marionnettiste qui orchestre tout ce mal : c'est le loup, qui a pris l'apparence d'homme pour apaiser les méfiances, et qui a imposé sa loi "tu tueras".
Un homme de bois est arrêté pour être jugé par les hommes : l'importance d'écouter pour comprendre.
L'homme de bois n'a fait qu'obéir à la nouvelle loi.
Philosophiquement, les symboles sont forts. On est poussé à réfléchir, même sans être spécialiste : que se passe-t-il quand les hommes quittent l'agora et ne se parlent plus ? Pourquoi faut-il des règles pour pouvoir s'exprimer librement ? Pourquoi faut-il agir et ne pas se terrer ? Comment le mal, d'apparence si banal, peut-il survenir sans même qu'on le reconnaisse ? Comment la bête immonde peut-elle prendre le pouvoir et avoir des hommes à son service ? Pourquoi est-il important de juger et non pas de tuer les auteurs du mal ? Pourquoi faut-il comprendre celui-ci ?
On trouvera des réponses à ces questions dans ce petit livre de 63 pages, toutes richement illustrées.
Les phrases sont magnifiques, on a envie d'en recopier la plupart.
Quelle note lui attribuer ? La difficulté provient du public auquel il est destiné.
Le nom de la collection "Les petits platons", les illustrations, le fait de placer une petite fille qui rencontre la philosophe âgée sont des indicateurs de littérature jeunesse.
Toutefois, seul un adulte ou un lycéen connaissant un peu l'oeuvre d'Hannah Arendt peut comprendre les symboles et les questions soulevées par l'histoire.
De plus, les images sont très "seventies". Très éclairantes certes, mais pas forcément attirantes pour des enfants (j'ai demandé des avis autour de moi).
Je l'ai fait lire auprès d'un enfant de 9 ans, qui prenant l'histoire au 1er degré, n'a pas tout compris. En revanche, a apprécié que je lui explique ce que j'en comprenais.
Donc public adulte (ça fait du bien de réfléchir), lycéens (même s'il faudra faire de la médiation pour qu'ils passent outre la couverture enfantine), et collégiens et enfants à partir du CM pour des débats philo animés par des adultes. Ne pas laisser des enfants seuls avec ce livre qui pourrait les décourager. En revanche, le lire avec eux (du CM à la 3e) pourra donner lieu à des discussions intéressantes. Et apporter une humanité éclairante !
Moi qui n'aime pas les critiques "longuettes", je vous ai servis ! Je serais contente de lire d'autres avis sur ce livre qu'au final, je suis vraiment contente d'avoir lu. C'est le genre de lecture qui laisse des traces. Merci Masse critique ;)
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colimasson
  11 avril 2016
Histoire captivante, qui nous éclaire bien sur les merderies quotidiennes rencontrées dans notre vie politique –au sens platonicien : ce qui implique chacun d'entre nous à partir du moment où il fait partie de la vie civile. Dessins délicats qui accompagnent bien le texte.

Par contre, faudra m'expliquer en quoi ce livre se destine aux gosses. Y a certes des dessins et une histoire courte mais moi, je doute qu'un gamin comprenne toutes les implications de cette histoire, ne serait-ce que parce qu'on y parle du temps vécu des expériences avec une subtilité qui ne se comprend qu'à partir du moment où on a au moins deux décennies d'expériences derrière soi. Enfin, je ne sais pas, je sous-estime peut-être le potentiel de compréhension des gosses. C'est la merde, je commence déjà à oublier comment je pensais à cette époque.

Autre bémol à soulever : je n'ai jamais lu Hannah Arendt et j'espérais en apprendre un peu plus (sans me fatiguer) avec ce livre. Bon, force est de reconnaître qu'après lecture, je n'en sais toujours pas davantage sur elle, sauf qu'on lui a offert un théâtre de marionnettes lorsqu'elle a fêté ses six ans. Alors, le récit de ce livre imagine une histoire qui aurait pu être jouée sur ce théâtre par une Hannah Arendt à la fois enfant et vieille femme. Décidément, le temps nous fait bien tourner en bourrique.
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AlineMarieP
  14 avril 2016
Quel plaisir de recevoir un titre des Petits Platons dans le cadre d'une masse critique! Cette collection atypique propose aux enfants de découvrir la pensée philosophique sous forme de roman. Avec ce titre, petits (et grands, car les adultes y trouvent aussi leur compte) découvrent deux Hannah : une petite fille qui découvre le monde et l'importance de l'action pour la pensée philosophique et une vieille dame écrivant en livre, somme d'une vie.
Un petit ouvrage nécessaire pour démontrer que la philosophie ne se pense pas dans un fauteuil mais doit avoir un impact sur la société et notre manière de voir le monde. Nécessaire aussi pour voir l'évolution des mentalités et le renouveau constant qui devrait habiter l'Homme. Saluons aussi les illustrations justes et pertinentes qui souligne encore les points forts de la pensée d'Arendt.
Comme à chaque fois, je regrette l'absence d'un petit dossier documentaire "pour aller plus loin" mais c'est au final un détail.
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Abyssinia
  31 août 2018
Une petite gourmandise que j'ai adorée ! Une très belle porte d'entrée à la philosophie, et l'histoire de la merveilleuse et brillante philosophe qu'était Hannah Arendt. Les dessins sont magnifiques. Cette maison d'édition est prodigieuse et mérite que l'on dévore chacun de ses ouvrages, ce que je vais m'atteler à faire dès à présent ! Je recommande, pour les petits et les grands !
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lespetitsplatons
  18 février 2015
"Une lecture très attrayante et soutenue par des dessins à la fois délicats et explicites." Opalivres
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
colimassoncolimasson   15 avril 2016
Je ne suis jamais nostalgique du passé. Je suis nostalgique de l’infinie possibilité de commencer.
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colimassoncolimasson   11 avril 2016
Vous mélangez les coulisses privées et l’espace public de la scène ! Il n’y aura plus d’hommes libres pour penser, si tout le monde doit s’occuper des besoins quotidiens…
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colimassoncolimasson   13 avril 2016
- Regarde comme les nouvelles maisons sont belles ! dit la petite Hannah en battant des mains face à la nouvelle cité qui s’édifie sous leurs yeux.
- Elles sont différentes, commente prudemment la grande Hannah.
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Vidéo de Marion Muller-Colard
L'exil comme un roman : Marion Muller-Colard dialogue avec Christophe Fourvel @Marion Muller-Colard entremêle dans Wanted Louise @Gallimard, 2020 le destin véridique d'une famille mulhousienne d'origine polonaise durant la Seconde Guerre mondiale et l'insoutenable disparition d'une jeune mère de famille de nos jours. Quant à Christophe Fourvel, il tisse dans Ce sont des bateaux que l'on regarde partir @Médiapop Editions 2020, les récits de ceux venus plein d'espérance de tous les continents pour fonder la diversité de la France.
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