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Claire de Oliveira (Traducteur)
ISBN : 2757820141
Éditeur : Points (07/10/2010)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Elle n'entend plus qu'un mot :Convocation. Depuis son passageà l'usine de confection où elle a glissé un SOS dans la doublure d'un vêtement de luxe qu'elle cousait pour une maison italienne, ils ne la lâchent plus. Chaque semaine, chaque jour, leur rendre des comptes, élaborer des scénarios pour répondre à leurs questions, se justifier, s'entraînerà supporter la douleur, ne pas perdre la tête  Dans le tramway qui la mène au bureau de la Securitate, où elle a de nouv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
mimifasola
  25 juillet 2013
La narratrice d'origine roumaine raconte sa vie au cours de son énième trajet pour le commissariat de police pour répondre à une énième convocation.
Un premier mariage raté et l'envie de se remarier avec un étranger pour partir à l'Ouest ; Paul l'homme qui partage aujourd'hui sa vie avec sa gueule de bois au quotidien ; son travail dans une usine de confection et les agissements de son patron ; Lilli sa copine abattue à la frontière alors qu'elle tentait de passer la frontière avec son nouvel amoureux; son enfance triste.
Un roman touchant, mais qui est assez difficile à suivre, à chaque paragraphe on se retrouve dans une partie de sa vie sans aucun ordre chronologique, s'ajoute à cela des détails descriptifs qui nous fait tomber dans l'ennui !!!!
Un prix Nobel de littérature qui ne me séduit pas trop !!!
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raton-liseur
  22 janvier 2015
La convocation, du Virgina Woolf en moins bien. Voilà ce que je pourrais dire pour résumer mon sentiment après cette lecture poussive que je me suis forcée à finir. le procédé est en effet un peu similaire à celui que Virginia Woolf inaugure dans Mrs Dalloway, le flux de conscience, par lequel l'auteur cherche à retranscrire les idées de ses personnages comme elles lui arrivent, de façon désordonnée, passant du coq à l'âne ou bien fonctionnant par association d'idées, sans intervenir en tant qu'auteur pour arranger ces pensées de façon cohérente, pour les hiérarchiser. le procédé marche plutôt bien chez Virginia Woolf : même si ma lecture de Mrs Dalloway il y a moins d'un an a été un peu difficile, je l'ai trouvée intéressante et j'ai fini par y trouver un certain plaisir. Ici je me suis ennuyée de bout en bout, je n'ai vraiment pas compris quelle pouvait être l'intention de l'auteure dans ce roman.
Certes, ça ne doit pas être drôle de vivre dans un régime communiste de l'Europe de l'Est (on appelle cela un euphémisme), certes je n'aimerais pas être à la place de cette femme convoquée et reconvoquée pour ce que l'on pourrait considérer une broutille, mais je crois que ce livre ne m'a rien appris sur ce que c'est que de vivre dans cette situation, ce que c'est que d'être à chaque instant scrutée, ce que cela veut dire que les gestes anodins puissent avoir des répercussions pendant toute une vie. J'espérais comprendre un peu, ou du moins toucher du doigt, je n'ai vu qu'une femme somme toute plutôt pathétique, sans relief, sans avenir, dont les pensées vagabondent entre le présent et un passé plus ou moins lointain, mais où il semble plutôt que ce sont ses choix personnels ou ses petites lâchetés qui soient à l'origine de sa triste situation, sans que le régime y soit pour beaucoup au fond.
Un livre décousu, mais pourquoi pas, c'est une idée de construction qui peut tenir la route. Suivre une femme pendant son trajet en bus pour se rendre à sa énième convocation par la police d'Etat, et qui laisse ses pensées errer entre l'anticipation de cet entretien à venir, les entretiens passés et des tableaux de sa vie présente ou passée. Mais ici, c'est un livre décousu qui tourne sur lui-même, voir qui s'emmêle les pinceaux, sans que j'aie pu y trouver aucun sens ni aucun intérêt. Peut-être est-ce un livre qui parle plus à une personne qui a effectivement vécu de ce côté-là du rideau de fer. Peut-être beaucoup de choses sont-elles suggérées et n'ont-elles pas besoin d'être expliquée pour ceux plus proches de cette réalité. Pour la lectrice privilégiée que je suis, ce roman manque de contexte et je n'ai malheureusement pas été touchée par ce livre.
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Satyasaibaba
  05 juillet 2012
Très beau roman que celui-là où par bribes et morceaux, la narratrice évoque sa vie dans la Roumanie de Ceausescu. Un mariage raté et l'envie de se remarier avec un étranger pour partir à l'Ouest. Et pourquoi pas un Italien ? Alors, travaillant dans une usine de confection, elle glisse dans la poche de 10 pantalons de luxe destiné à l'Italie, un petit papier avec ces mots "Ti aspetto" , son nom et son adresse. Les petits papiers n'arriveront jamais en Italie. Depuis, régulièrement, la narratrice est convoquée. "Qu'est-ce qu'il perd ce pays si je le quitte pour un autre ? demanda-t-elle un jour au commandant qui assure les interrogatoires. "Quand on n'aime pas sa patrie, on ne peut pas comprendre", répondra-t-il. Et une autre fois : "A cause de ton comportement, toutes les femmes de notre pays se font traiter de putes à l'étranger". Voilà pour le crime.
Dans le tramway qui l'emmène pour une nouvelle convocation, "à dix heures précises, lui a dit Albu", la narratrice recompose le puzzle de sa vie. L'auteure y met beaucoup de poésie. de quoi atténuer le malaise, la poussière qui salit tout, l'envie de ne plus se lever le matin, la gueule de bois de l'ivrognerie ambiante. Ne pas répondre à la convocation, la narratrice y a souvent songé. Mais, "si tu n'y va pas, lui a dit Paul, l'homme qui partage aujourd'hui sa vie, ils viendront te chercher et ils t'auront pour toujours". Comme la belle Lilli, abattue à la frontière alors qu'elle tentait de passer en Hongrie avec son nouvel amoureux. L'étau est bel et bien là, comme un garrot d'angoisse qui serre le quotidien.
Sans avoir trop l'air d'y toucher, La convocation évoque le sort d'un peuple anesthésié, tenu par la suspicion et la délation, qui fait la file devant les boutiques vides et qui essaye de grappiller quand il le peut quelques instants de bonheur arrachés au sordide du quotidien. A la fois glauque et brillant.
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cprevost
  07 février 2010
Herta Müller a reçu cette année le prix Nobel pour avoir « avec la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose, dessiné les paysages de l'abandon, de l'oppression, de la peur, de la trahison, de la répression, de l'humiliation». Dans « La convocation » l'auteur nous dit la douleur du « rester » dans la Roumanie de Ceauşescu et l'impossibilité de simplement rêver le « partir ».
La narratrice, prête à épouser n'importe quel Italien pour sortir du pays, a glissé un message dans la poche d'un pantalon qu'elle confectionnait pour une maison de couture transalpine. Depuis, dénoncée par son collègue, elle est convoquée inlassablement par la Securitate et absurdement interrogée par un officier rotor. le texte est d'une absolue noirceur avec cependant quelques éblouissements poétiques qui disent la beauté irrépressible du monde. Ainsi, au point du jour sur le chemin de l'interrogatoire, la lune ne sait où aller, le ciel doit lâcher le sol et les tramways sont autant de pièces éclairées… La technique du récit est également exemplaire. Nous sommes, tout au long du roman, dans l'espace clos du tramway en chemin vers celui qui ne manque jamais d'humilier la narratrice. L'angoisse est omni présente et trois récits s'enchâssent : le trajet, le conducteur et les autres passagers ; le retour sur les épisodes marquants de sa biographie (métaphorique de celle de l'auteur ?) ; et enfin la réalité imminente et terrible de l'interrogatoire qui s'impose par intermittence.
C'est un monde grisâtre d'enfermement que nous montre Herta Müller. Les rapports entre les êtres semblent envisager d'un point de vue uniquement matériels où le rapport à l'autre est souvent instrumenté. Peut-être les liens du personnage principal avec son mari alcoolique et avec sa meilleure amie Lilli qui meurt lors d'une tentative d'évasion, échappent à cela ? « La convocation » est manifestement un texte du ressentiment – par ailleurs parfaitement compréhensible et légitime de la part de l'auteur– qui fait cependant à mon sens peu de place à l'intelligence, la sensibilité et l'humanité incoercibles de l'Individu. Est-ce que les régimes de l'Est ont pu gommer totalement ses qualités humaines ? Il manque aussi ici, me semble-t-il, un peu de la force, de la lucidité de penser contre soi. Herta Müller, souabe du Banat, fille d'un ancien soldat de la Waffen SS, appartenant donc à une minorité allemande de Roumanie au lendemain de la terrifiante deuxième guerre mondiale, met peu de chose de cette complexe biographie et de l'Histoire contemporaine, cela nous aiderait pourtant à « surmonter l'insurmontable ».
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bdelhausse
  24 avril 2018
Herta Mueller nous livre une plongée dans l'obsession, la perte des repères, la dépossession de soi.
Obsession de la personnage principale qui se rend à une énième convocation de la police politique. Perte de repères car la réalité et l'imaginaire vont se mélanger, s'entremêler. Notamment à la fin où elle mélange les lieux, les personnages... montrant l'angoisse qui monte à mesure qu'elle se rapproche du lieu de l'interrogatoire. Dépossession de soi, car elle ne saura plus qui elle est, si elle est saine d'esprit, de corps, ce qu'elle veut.
L'interrogatoire est mené par un homme qui joue au chat et à la souris avec elle, il joue le registre de la compréhension, de la séduction, des menaces. Tout cela concourt à lui faire perdre la tête. Mais il ne faut pas perdre la tête. Herta Mueller le lui fait dire à plusieurs reprises.
Elle est obnubilée par la mort de sa meilleure amie, exécutée. Ce qui lui pend au nez, à elle aussi.
Son compagnon perd pied, renvoyé de son propre boulot pour des broutilles. Elle aussi risque cela pour avoir mis quelques messages dans des pantalons qu'elle confectionne et qui partaient vers l'Italie. Et leurs connaissances sont aussi convoquées de temps à autre... c'est le régime de la terreur, qu'Herta Mueller connaît bien et qu'elle décrit simplement, à la perfection.
Le livre prend place sur le chemin de la convocation. Certain.e.s peuvent juger le livre décousu... le lecteur suit le fil des pensées de la personnage principale. Pensées angoissées, mortifères, noires... qui dénotent la persécution permanente, le lavage de cerveau, le doute de tout, et qui mélangent le passé et le futur, les vivants et les morts... en une sorte de prière pour que tout se passe bien (comme si les choses pouvaient bien se passer dans les locaux de la police politique).
C'est lourd, à sens unique, sans espoir, sans rayon de soleil, et cela m'a -quand même- gêné à la longue. Les seules échappatoires sont des variations sur la mort, finalement: alcool, suicide, folie... Cette folie qui monte petit à petit dans le cheminement des pensées de la personnage principale.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   16 novembre 2015
Je n'aimais pas aller voir la tombe de Lilli. J'aurais supporté Lilli et moi, mais pas les fleurs rouges de sa tombe. Mon beau-père les qualifiait de tradescantias. Au marché, on les appelait des Viennoises, et pour moi c'étaient des sanguinaires. Rouges étaient les tiges, les feuilles et les fleurs, chaque plante était jusqu'aux extrémités une poignée de lambeaux de chair. Lilli les nourrissait et moi, je me plaçais à ses pieds et me fourrais les doigts dans la bouche pour ne pas claquer les dents.
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SachenkaSachenka   04 novembre 2015
Je crois que j'ai plus de secrets pour Paul qu'il n'en a pour moi. Un jour, Lilli a dit que parler des secrets ne les supprime pas, et que l'on peut en raconter non pas le noyau, mais seulement la peau. Peut-être qu'avec Lilli, si je ne dissimule rien, j'arrive tout de même au noyau.
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cprevostcprevost   06 février 2010
A l'époque, tous les jours à cinq heures précises, Paul et moi partions travailler en moto. Nous voyions les camionnettes devant les magasins, les chauffeurs, les manutentionnaires, les vendeurs et la lune. Maintenant je n'entends que le bruit et ne vais pas à la fenêtre, je ne regarde pas non plus la lune. Je me souviens qu'elle quitte la ville d'un côté du ciel, comme un oeuf d'oie, et que le soleil arrive de l'autre côté. Cela n'a pas changé, c'était ainsi même avant notre rencontre, quand j'allais à pied prendre le tramway. En chemin je trouvais inquiétant de voir quelque chose de beau tout là-haut dans le ciel sans qu'il y eût sur terre, ici-bas, de loi interdisant de regarder en l'air. Il était donc permis de soutirer quelques images à la journée avant qu'elle ne devienne pitoyable à l'usine. Si j'avais froid, c'était parce que je ne me lassais pas de ce spectacle et non parce que je n'étais pas assez chaudement habillée. La lune est toute rongée en ce moment, une fois au bout de la ville, elle ne sait plus où aller. Le ciel doit lacher le sol au point du jour. Les rues montent et descendent à pic, à même le sol. Les voitures de tramway vont et viennent comme autant de pièces éclairées.
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dahudahu   20 septembre 2012
Mes nerfs devenaient du fil de fer scintillant. Il n'y avais plus ce poids que ma chair aurait du peser, mais seulement de la peau tendue et de l'air dans les os. En ville je devais prendre garde à ne pas échapper à moi-même comme le souffle nous échappe en hiver, et à ne pas m'avaler moi-même en bâillant. J'ouvrais la bouche toute grande, mais sans jamais atteindre les proportions de ce froid que je ressentais à l'intérieur de moi. Je commençais à me sentir portée par quelque chose de plus léger que moi et à y trouver du plaisir, à mesure que je devenais sourde en mon for intérieur. J'avais pourtant peur de voir ces jeux fantomatiques gagner en beauté, peur de ne rien entreprendre pour lutter contre eux et pour revenir.
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Flodopas78Flodopas78   20 novembre 2012
L'été dernier, en rentrant du travail, Paul dut une nouvelle fois enfourcher sa moto pieds nus, torse nu et avec un pantalon emprunté à quelqu'un d'autre.Tous ses vêtements, sa chemise, son pantalon, son slip, ses chaussettes et ses sandales avaient disparu pendant qu'il avait pris sa douche. Même si le vestiaire était surveillé depuis le printemps, c'était la quatrième fois, cet été-là, que Paul se retrouvait après sa douche sans rien à se mettre sur la peau. A l'usine, voler n'est pas une mauvaise action. L'usine appartient au peuple, on en fait partie et on prend sa part de la propriété du peuple, du fer, de la tôle, du bois, des vis, du fil de fer, tout ce que l'on trouve à emporter, en disant : le jour, on prend, la nuit, on vole.
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Video de Herta Müller (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Herta Müller
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=59753&motExact=0&motcle=&mode=AND
DU TRAUMA À L'ÉCRITURE
Un point de vue sur la création littéraire de Herta Müller
Radu Clit
Études Psychanalytiques
Décelé dans la création littéraire de Herta Müller, le rapport du trauma avec l'écriture se décline différemment en fonction des quatre types de prose qui sont isolés dans la création de la lauréate du prix Nobel de littérature 2009. Dans son volume de début, le trauma est ou physique ou subi par des animaux. Les romans qui décrivent la vie quotidienne sous le régime communiste présentent des traumas infligés par les autorités de l'état. Dans le camp de travail soviétique, le trauma est intégré dans le cadre existentiel. Les essais de l'écrivaine ouvrent la perspective autobiographique et montrent que tous les traumas présentés ont été subis ou par elle, ou par sa famille.
Radu Clit a déjà publié un livre et plusieurs études sur les effets psychiques des phénomènes totalitaires. Psychologue clinicien, psychanalyste, psychothérapeute de groupe, il ajoute cette fois à l'approche interdisciplinaire la grille d'analyse littéraire, ce qui lui permet d'affiner certains points de vue avancés précédemment.
Broché - format : 13,5 x 21,5 cm ISBN : 978-2-343-14532-7 ? 16 mai 2018 ? 230 pages
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