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Jean Jourdheuil (Traducteur)Heinz Schwarzinger (Traducteur)Béatrice Perregaux (Traducteur)
ISBN : 2707319937
Éditeur : Editions de Minuit (07/11/2006)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Quartett est une adaptation des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.
La Mission. Souvenir d’une révolution, qui reprend les thèmes de la nouvelle d’Anna Seghers « Lumière sur le gibet », traite d'une révolution exportée par la République à l'époque de la Révolution Française et de ce qu'il en advint lorsque la République cessa d'être révolutionnaire : de la situation quasi-kafkaïenne du révolutionnaire dont la mission devient sans objet.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bruidelo
  16 décembre 2018
Dans un salon d'avant la Révolution, à moins que ce ne soit un bunker d'après la 3ème guerre mondiale, Valmont et Merteuil se retrouvent dans un sulfureux face-à-face pervers et fascinant. Ils luttent, ils jouent - Merteuil les rôles De Valmont et de Cécile de Volanges, Valmont celui de Mme de Tourvel - et nous emportent dans un cruel et vertigineux tourbillon de fantasmes, Eros et Thanatos mêlés. On s'enfonce dans les méandres de leurs désirs et projections, c'est fort, le jeu de travestissement dévoile une réalité plus profonde, celle des pulsions, de l'imaginaire, de la violence du théâtre qui se joue en nous. Comme le dit La Merteuil:
« Quand je ferme les yeux, vous êtes beau, Valmont. Ou bossu, si je veux. le privilège des aveugles. Ils ont en amour la meilleure part. La comédie des circonstances accessoires leur est épargnée: ils voient ce qu'ils veulent. L'idéal serait aveugle et sourd-muet. »
C'est noir et brûlant, troublant, l'écriture d'Heiner Muller est d'une profondeur impressionnante.
Une pièce courte, mais dense et puissante.
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Marti94
  16 février 2016
C'est parce qu'Heiner Muller était ami avec Bernard-Marie Koltès que je me suis intéressée à cet auteur. « Quartett » est la première pièce de théâtre que je lis de l'écrivain allemand (et la seule que j'ai lu dans ce livre qui en contient plusieurs).
Ce texte, publié en 1982, peut être considéré comme une réécriture des « Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos.
Le titre de la pièce « Quartett » suggère quatre personnages. Pourtant, il n'y en a que deux. Deux qui comptent pour quatre puisqu'il s'agit des deux grands manipulateurs pervers de la littérature du 18ème siècle, le vicomte De Valmont et la marquise de Merteuil. L'âge, loin de les assagir, les a rendus plus cyniques et plus inventifs dans leur recherche de la volupté.
La marquise et le vicomte se rejouent leur scénario dramatique, convoquant leurs victimes : la présidente de Tourvel et la jeune Cécile de Volanges. Ils échangent leurs rôles et endossent ceux des autres.
Ils vont surtout tenter une ultime prise de pouvoir l'un sur l'autre.
Ce qui à l'époque De Laclos pouvait fasciner dans ces deux libertins, c'est qu'ils exprimaient une part inavouable de désirs et fantasmes dans un monde où la morale dominait.
La réécriture de Müller est très intéressante car elle transpose le mythe dans notre société, comme si la destruction qui oppose ces deux personnages était la métaphore d'une agonie.
Lu en février 2016
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sandrine68
  21 juin 2018
affrontement et jeu de rôle entre Valmont et Merteuil, personnages de liaisons dangereuses
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
SeïlaSeïla   22 septembre 2014
La révolution n'a plus de patrie, ce n'est pas nouveau sous ce soleil qui ne brillera peut-être jamais sur une nouvelle terre, l'esclavage a de multiples visages, nous n'avons pas encore vu le dernier, ni toi Sasportas, ni nous Galloudec, ce que nous avons pris pour l'aurore de la liberté n'était peut-être qu'un nouvel esclavage plus effroyable, comparé auquel le règne du fouet dans les Caraïbes et ailleurs n'est qu'un aimable avant-goût de la félicité du paradis, et ta bien-aimée inconnue, la liberté, quand ses masques seront usés, peut-être n'aura-t-elle pas d'autre visage que la trahison : ce que tu ne trahis pas aujourd'hui te tuera demain. La révolution d'un point de vue médical, est un mort-né, Sasportas : de la Bastille à la Conciergerie, le libérateur devient gardien de prison. MORT AUX LIBÉRATEURS telle est la vérité dernière de la révolution. Et en ce qui concerne le meurtre que j'ai commis pour notre cause : le médecin meurtrier n'est pas un rôle nouveau dans le théâtre de la société, la mort n'a pas une telle importance pour les sauveurs de l'humanité : un autres état chimique, jusqu'à la désertification, chaque ruine est un terrain où bâtir contre la morsure du temps.

La Mission, p.36-37
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hupomnematahupomnemata   13 décembre 2010
Pourquoi l'avenir est-il toujours au singulier dans notre langue, Galloudec. Peut-être en va-t-il autrement chez les morts, si la poussière parle. Penses-y, Sasportas, avant de risquer ton cou pour la libération des esclaves dans un abîme qui n'a plus de fond depuis cette nouvelle que je vais à présent m'incorporer afin qu'il ne reste aucune trace de notre tâche. En voulez-vous un morceau. C'était notre mission, elle n'a plus que la saveur du papier. Demain elle aura suivi le chemin de toutes chair, toutes les ascensions ne se font pas dans le même sens. Et peut-être est-elle déjà en route l'étoile qui vient du froid de l'espace, un bloc de glace ou de métal qui fera le trou définitif dans ce terrain des faits où nous replantons toujours nos fragiles espérances. Ou le froid lui-même qui gèlera notre hier et notre demain en un éternel aujourd'hui. Pourquoi ne sommes-nous pas nés arbres, Sasportas, non-concernés par tout ceci. Ou bien préfères-tu être une montagne. Ou un désert. Qu'en dis-tu, Galloudec. Pourquoi écarquillez-vous les yeux comme deux pierres. Pourquoi ne sommes-nous pas simplement là à contempler la guerre des paysages. Que me voulez-vous. Mourez votre mort, si vous n'avez plus goût à la vie. Je ne vous aiderai pas, moi non plus elle ne me plaît pas.
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hupomnematahupomnemata   16 décembre 2010
Même s'il me faut avouer que je commence à comprendre pourquoi la fidélité est le plus sauvage des déréglements. Trop tard hélas pour ce qui est de notre tendre relation, mais je me propose de m'adonner un peu à cette nouvelle expérience. Je hais les choses passées. Le changement les accumule. Considérez la croissance de nos ongles, nous continuons à germer dans notre cercueil. Et imaginez qu'il nous faille habiter avec les déchets de nos années. Des pyramides de saleté, jusqu'à ce que soit arraché le ruban de la ligne d'arrivée. Ou dans les déjections de nos corps. Seule la mort est éternelle, la vie se répète jusqu'à ce que l'abîme soit béant. Le déluge, un défaut de canalisation. Pour ce qui est de l'amoureux mari: il est à l'étranger en mission secrète. Peut-être réussira-t-il, politique comme il est, à faire éclater une nouvelle guerre. Excellent venin contre l'ennui de la dévastation. La vie va plus vite quand la mort devient un spectacle, la beauté du monde fait dans le coeur une entaille moins profonde, avons-nous un coeur, Marquise, quand on en contemple la destruction, on voit la parade des jeunes culs nous rappeler quotidiennement que nous sommes éphémères, on ne peut pas tous les avoir, n'est-ce pas, et que la vérole emporte tous ceux qui nous échappent, dans l'éclair des canonnades, devant la haie des pointes d'épée, avec un certain sang-froid. Pensez-vous parfois à la mort, Marquise. que dit votre miroir. C'est toujours l'autre qui nous regarde. C'est lui que nous cherchons quand nous creusons à travers les corps étrangers, nous quittant nous-même. Possible qu'il n'y ait ni l'un ni l'autre, seulement le néant dans notre âme qui réclame sa pâtée. Quand sera-t-il possible d'inspecter votre virginale nièce, Marquise.
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SeïlaSeïla   22 septembre 2014
Avec les dents de mes chiens je veux arracher de ta chair souillée la trace de mes larmes, ma sueur, mes cris de plaisir. Avec les lames de leurs griffes tailler dans ta peau ma robe de mariée. Ton haleine, qui a le goût des cadavres des rois, la traduire dans la langue du tourment qui est l'apanage des esclaves. Je veux manger ton sexe et engendre un tigre qui dévore le temps dont les horloges battent mon cœur vide traversé par les pluies des tropiques.

La Mission, p.20-21
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hupomnematahupomnemata   16 décembre 2010
Quavez-vous appris si ce n'est à manoeuvrer votre queue dans un trou en tous semblable à celui dont vous êtes issu, avec toujours le même résultat, plus ou moins divertissant, et toujours dans l'illusion que l'applaudissement des muqueuses d'autrui va à votre seule personne, que les cris de jouissance vous sont adressés à vous, alors que vous n'êtes que le véhicule inanimé de la jouissance de la femme qui vous utilise, indifférent et tout à fait interchangeable, bouffon dérisoire de sa création. Vous le savez bien, pour une femme tout homme est un homme qui fait défaut. Et vous savez également ceci, Valmont: bien assez tôt le destin vous enjoindra de n'être même plus cela, un homme qui fait défaut. Au fossoyeur de trouver ensuite sa satisfaction.
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Video de Heiner Müller (3) Voir plusAjouter une vidéo

Heiner Muller à propos de la fonction du théâtre
Dans le cadre du festival d'Avignon, interview de l'auteur de théâtreallemandHeiner MULLER qui s'explique longuement sur sa conception du théâtre, de l'écriture et du rôle de l'artiste.
Dans la catégorie : ThéâtreVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Théâtre (83)
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