AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Dominique Grange (Traducteur)
EAN : 9782203008083
390 pages
Éditeur : Casterman (15/11/2007)
3.65/5   13 notes
Résumé :
Né dans un quartier pauvre de New York, Alack Sinner a quitté les flics, las de leur propension à effectuer des expéditions punitives -voir des massacres- et est devenu détective privé. Solitaire, lucide et sarcastique, il évolue dans le milieu des industriels véreux et des avocats marron. Sa bouée de sauvetage : l'amitié, dont il a fait une éthique.
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
oblo
  02 mars 2020
Ce New York là n'est qu'un simple décor : les lumières, les gratte-ciels et les bruits n'ont rien de gigantesque. Chaque personnage porte son drame et sa vilenie et la grandeur de la ville ne signifie que la multiplicité des tragédies personnelles. Dans la faune locale se glissent les auteurs eux-mêmes. En se mettant en scène, Munoz et Sampayo indiquent qu'ils ne sont pas seulement des auteurs qui prennent en main un sujet ; ils se placent comme Sud-Américains portant un regard critique sur la société américaine.
Histoire après histoire transparaît la noirceur de l'âme humaine : incestes, extorsions, chantage, vols, meurtres composent la matière de ces presque quatre cents pages de l'album. Cette malédiction se reflète dans la noirceur du dessin, dont la qualité graphique est l'un des points forts de l'oeuvre. Un trait sombre qu'il faut parfois déchiffrer, avec de grands aplats de noir ou de subtils tracés qui rappellent les pattes des maîtres argentins ou italiens. Dans Alack Sinner, la violence est omniprésente : dans la rue, dans les familles, dans les institutions (police), dans le sport (la boxe). Cette violence physique n'est que le reflet de la société, elle-même très compartimentée et racisée, d'où des épisodes humiliants et cruels pour Alack (avec les amis du jazzman, ainsi qu'avec la tante de sa fille) pendant lesquels il est renvoyé à son statut d'homme blanc, ce qui est normal puisque ses interlocuteurs sont exclusivement renvoyés à leurs statuts d'hommes ou de femmes noirs.
Alack Sinner, c'est aussi la démystification du culte des apparences : ainsi ce couple de pasteurs dont le mari aime trop la progéniture tandis que l'épouse la déteste ; ainsi Enfer, la compagne d'Alack, qui lui ouvre plutôt les portes du paradis ; ainsi la police censée protéger les citoyens mais qui les abat par folie politique ou personnelle ; ainsi le nom de Sinner dont la signification apparaît en contradiction avec les principes profonds du bonhomme. Cet agrégat d'histoires publiées indépendamment a déjà le mérite de présenter en un volume des histoires d'une grande qualité graphique. le défaut inhérent à ce type de publication est qu'au début, les enquêtes de Sinner semblent se répéter tant la noirceur humaine est présente. Autre défaut récurrent dans les histoires : le manque de clarté narrative : le point de vue du personnage principal semble mettre de côté, parfois, le lecteur.
Cependant, l'intérêt de cet album est aussi de mettre en valeur le développement en profondeur du personnage. Alack, simple détective privé au début, se révèle peu à peu. il a démissionné de la police à cause de la violence institutionnalisée, bien qu'il soit amené à collaborer avec elle dans le cadre de ses activités. Alack est aussi un homme profondément seul. Cette solitude est paradoxale tant une métropole telle que New York, mais c'est là un thème que l'on retrouve dans d'autres romans new yorkais, comme dans ceux de Paul Auster. Alack a une famille, certes : une soeur qui vit en Angleterre, un père avec qui les rapports sont impossibles, car le père ne sait pas parler à coeur ouvert. La fonction de détective devient peu à peu secondaire : on voit Alack devenir chauffeur de taxi, puis perdre sa licence. Avec Enfer, il rencontre l'amour charnel avant d'entrevoir la possibilité d'une famille.
Loin de s'attacher fermement, même aux femmes qu'il aime, Sinner possède une âme dont les sillons ont été creusés par les affaires dont il a été le témoin. Jamais en paix, Sinner est sans cesse renvoyé à celles-ci. Dans l'océan new yorkais, Sinner est un naufragé dont les bouées s'appellent Nick, Enfer et Cheryl. A la fin du premier tome de l'intégrale, il ne s'est pas encore noyé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Yvan_T
  05 novembre 2020
Apparues pour la première fois dans les pages de Charlie Hebdo en 1975, les aventures d'Alack Sinner sont maintenant publiées dans leur intégralité par les éditions Casterman. Deux tomes qui reprennent les histoires d'Alack Sinner en prenant en compte leur chronologie.
Créé par deux argentins (Carlos Sampayo et José Antonio Munoz, Grand Prix du Festival d'Angoulême en 2007), Alack Sinner est un ancien flic, dont le dégoût envers la corruption de ses collègues le poussa à se reconvertir en détective privé. Un personnage cynique, solitaire et aigri qui noie son mal de vivre dans l'alcool du Bar à Joe.
Dans l'aspiration de ce héros évoluant dans les bas-fonds newyorkais, Sampayo livre une chronique acerbe de l'Amérique des seventies. Un quartier gangréné par le racisme, la guerre des gangs, les drogues et les ripoux et une ambiance bien particulière, propice au polar noir des années 70.
Le graphisme noir et blanc de José Antonio Munoz, inspiré par le roman noir et le cinéma américain, contribue à installer cette atmosphère particulière, tout comme cette inévitable narration en voix-off. Mais, si cette dernière installe parfaitement l'ambiance, son utilisation excessive a également tendance à ralentir la lecture et à freiner le dynamisme de cet album. Si ce rythme de lecture ne dérange pas sur une histoire individuelle, dans ce format intégrale qui incite à enchaîner les histoires, cela finit par peser.
Dans la lignée de « Choucas » (l'humour, les jeux de mots subtils et les références littéraires en moins), cette première intégrale de près de 400 pages est indispensable à ceux qui savent apprécier les bons polars noirs qui reposent en grande partie sur l'ambiance créée par une narration en voix-off.
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Petit-Nuage
  04 juillet 2013
Voici un recueil d'histoires courtes mettant en scène un détective désabusé. Ce qui caractérise avant tout ce polar hors norme, c'est qu'il est vu à travers les yeux d'auteurs d'Amérique du Sud. Munoz et Sampayo dressent un portrait critique du capitalisme et de la corruption des villes d'Amérique du Nord. Il y a aussi beaucoup d'humour dans les situations de ce personnage au caractère sombre, faisant penser parfois à Humphrey Bogart dans ses rôles de détective, en marge des recherches de la police. Les dessins au pinceau de Munoz sont d'une qualité exceptionnelle qui lui a valu le prix d'Angoulême en 2007.
Commenter  J’apprécie          20
boreale
  17 juin 2020
Je n'aime pas les polars
Je ne suis pas fan des BD en noir et blanc
Qu'allais-je faire dans cette galère ? Je vous le demande.
La réponse est simple : avril 2020 c'était le confinement ... rien de neuf à me mettre sous la dent , je suis donc allée piocher sur les étagères de mon conjoint (amateur de polar, etc ).
J'ai eu énormément de mal avec les premières planches ... à mon goût très mal dessinées ( je ne reconnaissais pas qui était qui et parfois même carrément pas ce qui était dessiné tout-court). Heureusement quelques pages plus tard le style change et c'est plus "lisible".
Par ailleurs je trouve que ce livre étire sans éclat tous les poncifs des polars.
Sur l'édition que nous avons à la maison il y a une pastille "prix de la ville d' Angoulême" et franchement ça m'épate (ah oui bien joué les gars... car de mon côté : j'ai lâché l'affaire à mi-parcours ).
Commenter  J’apprécie          00
ybocquel
  22 avril 2014
Alack Sinner est un privé. Il mène ses enquêtes et sa vie comme il le peut, dans des quartiers de New-York qui ne sont généralement pas les plus reluisants... Des scénarios réalistes et noirs, un superbe dessin plus noir encore, et une évolution de l'oeuvre au fil des albums allant vers une " épaisseur " de plus en plus grande du personnage. Cette BD est un tour de force de deux auteurs argentins qui se sont attirés le respect de la plupart de leurs collègues. Quel meilleur critère ?
Commenter  J’apprécie          00


critiques presse (1)
Sceneario   09 janvier 2018
Ainsi, à mes yeux, ce premier volume de l'Intégrale Alack Sinner est bien plus la découverte d'un artiste hors du commun et d'un univers complètement atypique que le simple plaisir de me perdre dans du bon polar !
Lire la critique sur le site : Sceneario

Video de José Muñoz (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de José Muñoz
Vidéo de José Muñoz
autres livres classés : new yorkVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
4174 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre