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EAN : 9782366400076
120 pages
Physalis (01/08/2012)
3.89/5   166 notes
Résumé :
Dans une petite et sinistre communauté villageoise isolée, située en bordure d'une route qui mène à la grande ville, un gamin se prépare à commettre le pire. En effet, persuadé d'avoir tué sa mère à sa naissance et après le terrible meurtre, un peu plus tard, de son frère, ce dernier a décidé de décimer tous ceux qui l'entourent. C'est ainsi que, se référant à un plan diaboliquement simple, le gamin égraine une à une les victimes sans soulever le moindre soupçon sur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (55) Voir plus Ajouter une critique
3,89

sur 166 notes
Un village où personne ne s'arrête jamais, « sauf si l'on tombe en panne ». Un village perdu dans une campagne isolée, sauvage, revêche, entouré de marécages hostiles, une terre infertile où rien ne pousse, dont rien jamais ne sort, sauf la mort…

Un gamin qui s'est construit, ou déconstruit, persuadé d'être responsable de la mort de sa mère morte en couches en le mettant au monde. Une vie brisée avant même que d'être arrivée.

Des adultes plus effrayants et répugnants les uns que les autres, entre consanguins et tarés congénitaux. Bienvenue dans la misère morale et sociale la plus noire. Aucun espoir, aucun ressort, sauf la mort…

Un gamin menteur, raciste, manipulateur, fourbe, menteur, un gamin qui a ses propres codes, faussement naïf, un tueur.
"Je suis un enfant qui tue les gens"

Son premier meurtre effectif sera celui de son demi-frère. Il se saisit de sa tête à deux mains et va lui fracasser le crâne à grands coups contre le sol. Il déteste tout le monde, il fallait bien commencer par quelqu'un.

D'autres suivront, beaucoup, des meurtres prémédités pour la plupart, toujours plus violents, toujours plus sanguinolents. Une raison, une explication ? Parfois évidente, parfois moins. Mais y-a-t-il toujours une explication à la haine ?

"Moi, j'ai un peu décidé d'arrêter de tuer, histoire de de ne pas affoler tous les survivants.
J'empoisonne quand même le chat de Mme Frolignac, pour ne pas perdre la main.
Amen."

Un album adapté du roman éponyme de Jean-Luc Luciani, lauréat du Prix SNCF du Polar bande dessinée 2013, à la noirceur totale. Noirceur du sujet, noirceur du graphisme de Jonathan Munoz, on oscille entre des bruns sombres et du bleu nuit, noirceur du milieu dépeint, noirceur du cadre, la nuit, la pluie, la boue, le sang, la mort…

Le malaise et l'horreur sont amplifiés par la narration qui est faite par l'enfant, avec son regard et son langage, ses mots d'enfant. Regard sans concession sur un monde d'adultes ignares et décadents, issus de ces horribles petits villages reculés, vivant en autarcie, comme on en voit parfois dans certains films d'horreur américains.

Et bien sûr, comment ne pas penser à l'excellent roman d'Agota Kristof, le Grand cahier, et à ses deux terribles jumeaux.

Une lecture que je vous conseille un soir de violents orages, dans une maison vide, à la lueur de la flamme vacillante d'une bougie, pour en savourer encore plus la terreur à sa juste valeur…

Un léger bruit dans le moteur, où comment sombrer dans l'horreur, où comment tenter d'échapper à son destin de la pire manière qui soit…


Un grand merci à Babelio et aux Éditions Physalis pour cet aussi effrayant que surprenant coup de (poignard dans le) coeur !


Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Un hameau, pauvre et rural, au milieu de nulle part. Personne ne s'y arrête sauf si l'on est en panne...
Ma mère est morte à ma naissance. Je déteste mon père et sa nouvelle femme. Je détestais mon demi-frère. Mort « accidentellement » en tombant de la balançoire. du moins, c'est ce que j'ai dit, des larmes dans les yeux et des sanglots dans le corps. Je déteste tous ces gens qui m'entourent: Mme Esplonde, la vieille femme qui pue et qui nous fait l'école; l'épicière qui vend tout trois fois plus cher; le gros et bête Adrien, le fils des paysans; Laurie parce que c'est une fille; la catin qui vit dans la forêt... Je les déteste tous. Et, tous, je les tuerai...

Ne vous fiez pas à son petit sourire ou à sa coupe de cheveux improbable... Ce gamin en culottes courtes à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession est un être ce qu'il y a de plus glacial, mesquin, haineux et sans coeur. Ce petit village où les habitants semblent vivre misérablement cache un véritable tueur en série. Certes, il ne ressemble en rien à l'idée que l'on a du tueur en série mais ses desseins sont les mêmes et son mode opératoire n'a rien à envier aux autres. du curé à la catin, en passant par ses camarades, ils y passeront tous. Gaet's nous emplit d'effroi avec ce scénario, certes improbable, mais tellement jouissif au final. Car, pas un ne semble rattraper l'autre, tous sont détestables. Cet album, aussi étrange qu'effroyable, nous tient en haleine. le dessin de Jonathan Munoz est terriblement efficace: des tronches à faire peur, des décors sordides, des expressions jouissives, des couleurs évidemment sombres.

Faites attention si vous entendez Un léger bruit dans le moteur...
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Nous sommes ici dans une histoire qui démarre tout de suite très fort et où l'intrigue va crescendo jusqu'à la fin. le héros est un petit garçon qui rêve de tuer tout le monde…
C'est le quotidien d'un lieu paumé à travers les yeux d'un enfant. Une vie où le sordide et le glauque côtoient la tristesse et l'humour noir, très très noir même. On croit à chaque page qu'on vient d'être témoin de choses horribles mais la page suivante nous révèle quelque chose d'encore plus ignoble, à la limite du supportable.
Le personnage est sournois, machiavélique mais en même temps attendrissant avec ses attentes d'enfant.
Les dessins sont tout simplement sublimes, les couleurs étant en totale adéquation avec le thème de la bande dessinée.
C'est véritablement mon coup de coeur BD de l'année.
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Les amerloques diraient "oh my goood !" Moi je dis "Rhoooooo la vaaaache !!! ".
Ah mais là c'est une BD.... (c'est parti pour les adjectifs) : originale, bizarre, surprenante, flippante, noire, violente, gore, sanglante, cruelle, glauque, terrifiante, dérangeante, captivante,  bref.....vous l'aurez compris, digne d'un film d'horreur.

Le ton est donné d'entrée et pourtant je ne voulais pas y croire. En général, on peut dire d'un enfant qu'il est mignon, attachant, pénible, marrant, grognon, joueur....Ah mais là, vous oubliez tout de suite tout ça.
Le personnage principal de l'histoire, un garçonnet, est horrible. Il le dit lui même dès le 1er chapitre, c'est un enfant qui tue les gens ! Mais en plus, tout est moche, troublant, aussi bien le village paumé que les villageois.
Les dessins m'ont plutôt rebuté au début mais c'est tellement en adéquation avec l'histoire que ça en devient magistral.

Il en faut du courage pour s'aventurer dans ce genre de BD, autant du côté de l'auteur que du lecteur.
Cette histoire n'est pas un coup de coeur, loin de là, mais je ne peux pas non plus dire que je n'ai pas aimé. C'est étrange, je n'ai jamais eu ce ressenti....Je pourrais peut être la qualifier d'ovni ? ou hihoni (HIstoire HOrrible Non Identifiée) ? BDni (BD Non Identifiée) !!! ?
 En fait, je suis tellement bluffée que j'en parlerai lors de ma prochaine réunion BD de ma bibliothèque de quartier.

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Quand on commence sa vie en tuant sa mère à la naissance, est on condamné à devenir un enfant qui tue les gens ?
Qu'est ce qu'un assassin ? Quand devient on un assassin ? Quand sommes nous considérés comme un assassin ?
Des questions importantes, auxquelles nous ne savons pas répondre si facilement!
Ce qui est important : Est ce le sentiment de responsabilité qui peut nous étreindre lors d'un accident ? Ou est ce, ce que nous renvoie les autres ?
Et après, si on a déjà tué, sommes nous condamnés à reproduire le même scénario ?
Tuer l'autre, parce qu'on ne l'aime pas, parce qu'elle est moche, parce qu'il est différent, parce qu'il a les mains sales, parce que.... Peut être parce qu'on ne nous a rien appris d'autre ?
Peut on se sortir d'un sentiment de culpabilité et affronter la vie comme si de rien était ?
Cette bande dessinée inspirée du roman de Jean Luc Luciani et adaptée avec un scénario de Gaet's nous plonge dans ces questions métaphysiques, et ne nous apporte pas de réponses miracles.
L'illustration de Jonathan Munoz nous fait faire corps avec cette histoire, nous vivons dans ce village au bout du bout du bout....du monde, séparé de la vraie vie, du côté du ciel qui n'en finissait pas de pleurer, le monde où ce sont les enfants qui ont raison...
L'univers graphique est majestueux et imprime aux textes un décor et des couleurs qui rajoute encore à l'intrigue un peu de suspense, d'angoisse et de désespoir.
Merci à Babelio, aux éditions Physalis de m'avoir fait découvrir ce livre, lauréat du prix SNCF bande dessinée 2013.
J'espère garder maintenant un léger bruit dans ma tête pour ne pas oublier ces enfants nés du mauvais côté de la vie, déjà victime en venant au monde.
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critiques presse (3)
BDGest
21 avril 2021
Ce dernier annonce d'ailleurs qu'il n'en a pas tout-à-fait terminé avec cette histoire. Si vous aimez les séries noires, n'hésitez pas !
Lire la critique sur le site : BDGest
Bedeo
18 février 2021
Après la série RIP, Gaet’s nous plonge de nouveau dans une œuvre sombre et glaçante. Narré par le garçon, le récit dévoile l’horreur de son quotidien et de son environnement. Il esquisse avec candeur le portait de chacun des habitants du village, dévoilant pour tous leurs vices et perversions.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Sceneario
08 août 2012
[…] Gaet’s signe un découpage moderne, bien adapté, mêlant souvenirs et situations présentes, dans une ambiance psychotique pour le moins oppressante et noire.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Elle c'est Laurie Gandriale. C'est une jolie fille ! Mais c'est une fille.
Voilà sa mère. La mère Gandriale. Depuis qu'elle a vu Laurie sortir de ses jambes ensanglantées. Elle a perdu la boule.
Du coup le père Gandriale fait tout à la maison. Il s'occupe du ménage, des courses... du repas... ainsi que de Laurie.
Laurie a toujours les yeux dans le lointain car tout est sale autour d'elle. Elle préfère regarder ailleurs.
Je l'aime bien Laurie. Je la tuerai après tous les autres.
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(au prêtre victime d'une attaque à l'écoute de sa confession ) :

- Mais ? Vous pouvez pas mourir comme ça ! Je vous ai encore rien fait !
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Les enfants disent des trous.
Les adultes disent des tombes
Ce sont les enfants qui ont raison
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ohééé ! Y a quelqu'un ici ?

J'ai comme un léger bruit dans le moteur... et je n'aimerais pas tomber en panne sous ce déluge.

eh ! oh ! Quelqu'un m'entend ?
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Les Kallifan ... Ils sont ... Ils sont morts !
Pourquoi ?
J'aimerais lui dire. Parce que je les détestais. Parce que je voulais être libre. Parce ce que la vie d'ailleurs m'appelait trop fort .....
Parce qu'à force de tuer le temps. On finit par tuer vraiment.
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Videos de Jonathan Munoz (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jonathan Munoz
Munoz revient avec une oeuvre plus autobiographique en se replongeant avec humour dans ses souvenirs d'enfance qui résonneront en chacun d'entre nous…
1991. Nous n'utilisons alors ni les euros ni les francs, mais les billes. Une valeur stable et réglementée. Jonathan est un petit garçon, tout ce qu'il y a de plus petit garçon : il aime la bagarre, les filles, les gâteaux de sa maman et brûler des fourmis à la loupe, méthode maitrisée par une poignée d'experts. Vous aussi vous regardiez au fond de votre verre Duralex pour voir quel âge vous aviez ? Vous trichiez en ajoutant une feuille à un trèfle pour lui en donner quatre ? Vous saviez qu'en pleurant très fort, mais alors vraiment très fort, il était possible de faire flancher un parent en proie à un moment de faiblesse ?
Le regard que l'auteur porte sur ces anecdotes est à la fois drôle, décalé et poétique. Chacun peut se retrouver dans le petit journal de ce gros fragile de Jonathan !
Scénario et dessin : Jonathan Munoz Couleur : Anne-Claire Thibaut-Jouvray
En librairie depuis le 6 septembre 2023
+ Lire la suite
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