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Critique de manU17


manU17
  19 janvier 2014
Un village où personne ne s'arrête jamais, « sauf si l'on tombe en panne ». Un village perdu dans une campagne isolée, sauvage, revêche, entouré de marécages hostiles, une terre infertile où rien ne pousse, dont rien jamais ne sort, sauf la mort…

Un gamin qui s'est construit, ou déconstruit, persuadé d'être responsable de la mort de sa mère morte en couches en le mettant au monde. Une vie brisée avant même que d'être arrivée.

Des adultes plus effrayants et répugnants les uns que les autres, entre consanguins et tarés congénitaux. Bienvenue dans la misère morale et sociale la plus noire. Aucun espoir, aucun ressort, sauf la mort…

Un gamin menteur, raciste, manipulateur, fourbe, menteur, un gamin qui a ses propres codes, faussement naïf, un tueur.
"Je suis un enfant qui tue les gens"

Son premier meurtre effectif sera celui de son demi-frère. Il se saisit de sa tête à deux mains et va lui fracasser le crâne à grands coups contre le sol. Il déteste tout le monde, il fallait bien commencer par quelqu'un.

D'autres suivront, beaucoup, des meurtres prémédités pour la plupart, toujours plus violents, toujours plus sanguinolents. Une raison, une explication ? Parfois évidente, parfois moins. Mais y-a-t-il toujours une explication à la haine ?

"Moi, j'ai un peu décidé d'arrêter de tuer, histoire de de ne pas affoler tous les survivants.
J'empoisonne quand même le chat de Mme Frolignac, pour ne pas perdre la main.
Amen."

Un album adapté du roman éponyme de Jean-Luc Luciani, lauréat du Prix SNCF du Polar bande dessinée 2013, à la noirceur totale. Noirceur du sujet, noirceur du graphisme de Jonathan Munoz, on oscille entre des bruns sombres et du bleu nuit, noirceur du milieu dépeint, noirceur du cadre, la nuit, la pluie, la boue, le sang, la mort…

Le malaise et l'horreur sont amplifiés par la narration qui est faite par l'enfant, avec son regard et son langage, ses mots d'enfant. Regard sans concession sur un monde d'adultes ignares et décadents, issus de ces horribles petits villages reculés, vivant en autarcie, comme on en voit parfois dans certains films d'horreur américains.

Et bien sûr, comment ne pas penser à l'excellent roman d'Agota Kristof, le Grand cahier, et à ses deux terribles jumeaux.

Une lecture que je vous conseille un soir de violents orages, dans une maison vide, à la lueur de la flamme vacillante d'une bougie, pour en savourer encore plus la terreur à sa juste valeur…

Un léger bruit dans le moteur, où comment sombrer dans l'horreur, où comment tenter d'échapper à son destin de la pire manière qui soit…


Un grand merci à Babelio et aux Éditions Physalis pour cet aussi effrayant que surprenant coup de (poignard dans le) coeur !


Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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