AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 275784119X
Éditeur : Points (28/11/2013)

Note moyenne : 3.14/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Parcourant avec un talent inimitable le territoire familier des relations entre hommes et femmes, mettant à nu les ressorts intimes de personnages qui nous ressemblent, les récits d'Alice Munro portent à la perfection l'art de la nouvelle dont elle est aujourd'hui l'une des plus grandes stylistes.

Dans ce recueil, l'écrivain canadien évoque avec une rare sensibilité et une écriture proche des minimalistes américains, le destin d'êtres troublés par u... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
AgatheDumaurier
  28 juillet 2018
J'ai été un peu décontenancée par ces textes-effet de la chaleur ? J'ai lu les nouvelles dans une sorte de moiteur de l'esprit, qui me les a rendues non pas fumeuses, mais un peu inaccessibles et nimbées de mystère. Néanmoins j'ai toujours été emportée par leur poésie et leur profondeur, même si celles-ci me demeuraient parfois inaccessibles. Ou peut-être est-ce encore le côté peste de madame Munro, qui aiguise notre curiosité pour finir en queue de poisson.
J'en ai adoré certaines : l'histoire de la femme poétesse un peu fleur bleue, d'éducation désuète, qui perd la tête quand la véritable violence du monde lui saute à la gorge. L'histoire des deux amies d'enfance, Margot et Anita, qui se retrouvent après bien des années pour rire des hommes qui les ont trahies -car il vaut mieux en rire. D'autres m'ont laissée perplexe, assoiffée de comprendre, alors que la peste d'auteure clôturait son histoire sur bien des questions non résolues : voyage en mer d'une mère mourante et d'une fille, sur fond de récit oblique du capitaine du navire ; un pasteur qui prend sa retraite à Hawaï, ou pas, et sa dame de compagnie -qu'est-ce qu'elle fiche, celle-là ? Des questions, mais pas de certitudes, et j'ai trop chaud pour réfléchir, madame.
Tout tourne autour des femmes, et c'est une bonne chose, dévoiler enfin leur intériorité non fantasmée par un auteur masculin. Femmes des années soixante et soixante-dix qui se libèrent, enfants, mariage, amants, amour, routine conjugale, rêveries, égoïsme, ras-le-bol, tout y passe, dans le brouillard des volontés personnelles. Que veulent ces femmes ? Sont-elles satisfaites de leurs vies, de leurs choix ? Peuvent-elles répondre à cette question ? La question se pose-t-elle ? Amies de ma jeunesse : elles sont là pour montrer les ruptures, les évolutions, les trahisons, les blessures, les réussites peut-être.
Pour moi qui apprécie énormément les nouvelles, la frustration qu'elles apportent à la lectrice par leurs ellipses, et les zones d'ombre où elles nous interrogent, ce recueil est une mine d'or, que je relirai sans doute cet hiver.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          334
Herve-Lionel
  28 février 2014
N°723 – Février 2014.
AMIE DE MA JEUNESSEAlice Munro – Albin Michel. [1990]
Traduit de l'américain par Marie-Odile Fortier-Masek.
L'auteure, écrivain canadien née en 1931 est essentiellement connue pour ses nouvelles. Elle a reçu le Prix Nobel de littérature en 2013.
Ce livre rassemble dix nouvelles qui semblent se dérouler dans les années 60 soit dans l'Ontario, soit sur un bateau ou en Europe. Pour la plupart ce sont des histoires de femmes ordinaires que l'auteure évoque et dont elle analyse les états d'âme ou les névroses. Celle de Fora (« Amie de ma jeunesse ») nous montre une femme qui a choisi d'accepter son sort sans se plaindre avec pour seul secour une religion puritaine et rigoriste. Dans« Five points », Brenda entretient une passion adultère avec Neil, son jeune amant à l'insu de Cornelius son mari. C'est une femme libérée qui, à l'invite de Neil qui a voyagé sur la côte ouest, use de la drogue. II lui raconte l'histoire de cette jeune croate du quartier de « Five points », Maria, peu avantagée par la nature, à qui ses parents font confiance pour la tenue de l'épicerie familiale mais qui n'hésite pas à puiser dans la caisse de la boutique et payer ses copains pour lui faire l'amour. Jusqu'au jour où c'est la faillite ! Dans cette nouvelle elle évoque les relations entre les êtres toujours un peu difficiles, faites de moments d'inconscience, de risques pris inutilement au mépris des plus élémentaires précautions, du mépris des autres, d'agressivités, d'indifférence, comme dans la vie courante ! « Maneseteung », c'est le nom d'un recueil de poèmes éponyme, le nom d'un fleuve. La nouvelle met en scène une femme solitaire qui en est l'auteure, une poétesse comme le dit la gazette locale qui espère qu'un notable va s'intéresser à elle. Malheureusement elle meurt avant. Dans « serre-moi contre toi, ne me laisse pas aller » Hazel, une veuve canadienne d'une cinquantaines d'années cherche à revoir les lieux et les gens que son mari décédé depuis a connu pendant la guerre, en Écosse, alors qu'il était encore célibataire. Se sentant exclue de cette partie de la vie de Jack, elle se pose des questions sur le bonheur des hommes. Avec « Oranges et pommes », qui tire son titre d'un jeu pour enfants, l'auteure aborde un thème récurrent dans son oeuvre qu'est la relation hommes-femmes notamment au sein du mariage avec le spectre de l'adultère né de rencontres de passage, de pulsions sexuelles et de la destruction d'une union apparemment solide. Barbara est une jeune fille courageuse et belle qui épouse le fils d'un commerçant dont les affaires périclitent. Pour autant et malgré ses deux enfants elle se laisse séduire par un amant de passage. Cette passade laisse un goût de trahison inacceptable dans l'esprit de son mari. « Image de glace » évoque la seconde vie d'un septuagénaire qui, après avoir pris sa retraite de pasteur, envisage de nouveau le mariage avec une jeune femme à Hawaï. Cette nouvelle m'a un peu déconcerté. Son successeur qu'il a sauvé tourne au fanatisme. Voilà pour le décor mais la réalité est toute autre et la femme de ménage, ex-épouse du successeur, a compris le fin mot de tout cela.
Ave « Grace et bonheur » il est aussi question d'un dernier voyage, effectué par bateau vers l'Europe, d'une chanteuse qui a connu son heure de gloire il y a bien longtemps. Elle est accompagnée de sa fille et flanquée d'un vieux professeur et d'une galerie d'autres personnages dont le capitaine qui évoque comment il s'est débarrassé un jour d'une défunte en la jetant par dessus bord. Dans «  A quoi bon? » on peut lire tout le fatalisme que la vie impose à ceux qui la vivent, à cause des deuils, des séparations, des divorces. C'est une de ces comédies qu'on aime se jouer pour faire semblant de croire à l'amour. Dans « Différemment » c'est la communauté des anciens hippies rattrapés par la vie bourgeoise qui est évoquée. C'est à la fois la fuite du temps, la remise en cause et l'adaptation des gens qui voulaient que leur vie soit différente de celle des autres et en faisaient une règle. Ayant vieilli, ils rentrent dans le rang, montent éventuellement dans l'échelle sociale avec parfois des états d'âme, mais pas toujours. « Perruque, perruque » nous donne à voir deux jeunes filles, Anita et Margot, différentes malgré leur origine sociale rurale et leurs déboires sentimentaux.
C'est un narrateur extérieur qui explique au lecteur les situations de chaque nouvelle qui se déroule au Canada ou en Écosse. L'ambiance générale de ces textes me semble être baignée par une religion puritaine ce qui n'exclut cependant pas le mensonge, la luxure, l'adultère ou l'avortement et tout cela dans une atmosphère d'hypocrisie parfaitement humaine. C'est une réflexion un peu désabusée sur la condition humaine et plus précisément sur la classe moyenne canadienne dans ce qu'elle a d'ordinaire, de banal dans ces années d'après-guerre qui correspondent à une émancipation économique et sexuelle. Elle parle des rêves enfouis au fond des mémoires, des regrets et des remords que chacun porte en soi. A l'occasion d'histoires différentes les unes des autres, Alice Munro est une observatrice attentive de la vie des gens, spécialement des couples et des dangers qui les guettent non seulement du point de vue sociologique mis aussi psychologique. Elle explore les rapports compliqués qui existent entre hommes et femmes en s'arrêtant plus spécialement sur elles, leurs névroses, leurs rêveries. Ces relations sont faites de contradictions et de fantasmes, d'amour et de haine, de passions et de patience, de volonté de construction et de destruction, de domination, de rapports charnels et de conflits d'intérêts, de fatalisme et de désespoir, d'hypocrisies et de fuites, de passades et de velléités de liberté ou d'échecs à la solitude, de plaisirs sexuels ou d'envies d'enfants... La mort reste présente en filigranes un peu comme si Eros était suivi en permanence par Thanatos parce que la vie est une recherche déprimante et vaine du bonheur. Chaque texte paraît être une sorte de variation sur un même thème, parfois assez longue mais toujours agréable à lire avec une réelle profondeur dans l'analyse des personnages et de leurs sentiments et une grande précision dans les descriptions, ce qui encourage le lecteur à poursuivre jusqu'à l'épilogue. L'écriture est concise, faite d'images poétiques, ce qui m'a incité à pousser ma lecture jusqu'à la fin malgré une attitude un peu réticente au début.
Je ne connaissais pas cette auteur avant l'attribution de son Prix Nobel. Je n'ai pas été déçu par cette première approche.

©Hervé GAUTIER – Février 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
5Arabella
  07 août 2016
Si Alice Munro était un peintre, ce serait sans l'ombre d'un doute un portraitiste. Qui plus, qui ne ferait que des portraits de femmes. Les hommes ne seraient là qu'au second plan, mélangés au décor, même si certaines absences ou présences diffuses semblent parfois avoir un grand poids dans une composition d'ensemble. Et puis, il s'agirait souvent de portraits doubles, ou même multiples, dans lequel une juxtapositions permettrait de révéler d'autant plus les traits propres à chacun par opposition avec une autre, différente et par cela révélatrice de ce qui est propre à son complémentaire. Un univers de femmes, complices plus que rivales, même si parfois la rivalité ou l'antagonisme existent, de façon explicite ou non, parfois juste comme une potentialité. Comme si des véritables relations et attachements ne pouvaient se nouer qu'entre semblables. Les hommes apparaissant comme des êtres d'une autre espèce en quelque sorte. Même si on ne peut pas s'en passer.
Comme pour tout bon portraitiste, il s'agit de tirer la quintessence d'un être à partir de quelques éléments, d'une unique pose. Pas besoin de raconter une histoire, des péripéties. La vérité d'un être, comme si l'histoire d'une vie pouvait en être inférer, tout ce qui arrive à telle ou telle tient en quelque sorte de sa nature intime, qui fait qu'elle va réagir de telle ou telle façon, et que le cours de sa vie sera d'une certaine façon la conséquence de ce qu'elle est au plus profond. Capter des instants, des moments particuliers, est en fait de compte aussi révélateur que de raconter une vie avec tous ces détails.
L'écriture précise, dépouillée, dépassionnée, alors qu'elle aborde souvent le thème de la passion donne une consistance et une étrange harmonie à l'ensemble et contribue en grande partie au charme, à l'obsédante mélodie, de ces vies ordinaires, qui deviennent un instant exemplaire par la grâce d'un regard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
luis1952
  18 octobre 2019
Je ne connaissais pas cette auteur avant l'attribution de son Prix Nobel. Je n'ai pas été déçu par cette première approche.
Ce livre est un recueil de dix nouvelles, d'une trentaine de pages chacune.
Dans les nouvelles d'Alice Munro, il suffit d'un rien pour que, soudain, l'existence bascule.
Commenter  J’apprécie          50
corally4
  01 mai 2016
Des nouvelles, bien écrites qui mettent en avant les souvenirs des personnages principaux vivant soit en Ontario, soit des personnes immigrées d'Écosse. La religion est omniprésente mais cela n'empêche pas les adultères ou les avortements. Mais, avec les nouvelles, qui disent l'essentiel en peu de pages, il me manque toujours un petit quelque chose…. Pour être entièrement satisfaite de ma lecture, et pourtant encore un PRIX et de plus NOBEL DE LITTERATURE . Ai-je un a priori quand il s'agit de PRIX, je le crois volontiers
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Alice_Alice_   14 février 2016
La beauté de Matilda, à l'origine de ces élucubrations, était typique du genre princesse captive. Cheveux longs châtains aux reflets mordorés, ondulés, flottant sur ses épaules, on les aurait qualifiés de blonds à l'époque qui précéda le règne des blondes artificielles les plus osées. Peau rose et blanche, grands yeux bleus tendre. "Le lait de l'humaine tendresse" était l'expression qui venait mystérieusement à l'esprit de Joan dès qu'elle pensait à Matilda, sa peau, sa beauté, bref tout en elle avait bien quelque chose de laiteux. de laiteux, de frais, de tendre. Et aussi quelque chose de stupide, peut-être. Un nuage de tendresse, un voile de stupidité n'estompent-ils pas les blonds attraits de ces princesses de conte de fées? Ne retrouve-t-on pas en elles un air de sacrifice involontaire, de bienveillance impuissante? Tout cela apparut chez Matilda vers douze ou treize ans. L'âge de Morris. Dans la salle de classe de Morris. Mais elle se débrouillait très bien là-bas, ce qui tendait à prouver qu'elle n'était pas du tout stupide. Elle avait la réputation d'être une championne en orthographe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Alice_Alice_   28 juillet 2015
Je me rappelle avoir vu une lettre qui commençait par : Amie de ma jeunesse. J'ignore à qui elle était destinée: elles étaient toutes des amies de sa jeunesse. Je ne me souviens pas d'une seule commençant par Ma chère Flora, que j'admire tant. Je les regardais toujours, essayant de deviner à qui étaient adressées les quelques phrases qu'elle avait écrites. Démunie devant la tristesse, je m'impatientais devant le langage fleuri, cette sollicitation ouverte à l'amour et à la pitié. Elle en aurait davantage (de mon côté, je veux dire) si elle se savait se retirer avec dignité au lieu de chercher sans cesse à projeter son ombre blessée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
crapahutevidacrapahutevida   03 juin 2017
Que lisait Flora ? Des récits sur la vie en Écosse – pas des classiques. Des récits dans lesquels on parlait de bambins et de grands-mères loufoques. Le seul titre dont ma mère se souvenait était Le Petit Macgregor. Elle avait du mal à suivre, à rire quand Flora gloussait ou quand Ellie poussait ses petits cris, car presque tout le récit était en dialecte écossais ou, sinon, il était lu avec cet accent à couper au couteau. Ma mère était étonnée que Flora y arrive, car ce n’était pas sa façon de parler habituelle.
(Mais n’était-ce pas ainsi que Robert parlait ? Sans doute est-ce pour cette raison que ma mère ne rapporta jamais ce qu’aurait pu dire Robert, ne le fit jamais entrer en scène. Il doit avoir été là, il doit avoir été assis dans un coin de la pièce. On ne chauffait que la pièce principale de la maison. Je le vois, toison noire, épaules carrées, fort comme un cheval de trait et doté de ce même genre de beauté ténébreuse, entravée.) Alors Flora disait : « Assez de ça pour ce soir. » Elle prenait un autre livre, un vieux bouquin écrit par un de leurs pasteurs. Il y était question de choses dont ma mère n’avait jamais entendu parler. Quelles choses ? Elle n’aurait su le dire. De tout ce qu’il pouvait y avoir dans leur religion désuète et effarante. Deux pages suffisaient à aider Ellie à s’endormir, ou, du moins, à faire semblant de dormir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
AdrienneAdrienne   05 octobre 2014
Georgia avait suivi jadis un atelier d'écriture, et ce que le professeur lui avait dit c'était: Trop de choses. Trop de choses en même temps. Trop de gens. Réfléchissez, lui avait-il dit. Qu'est-ce qui est important? A quoi souhaitez-vous que nous fassions attention? Réfléchissez.
Elle finit par écrire une histoire sur son grand-père qui tuait des poulets. Le professeur en parut satisfait.
Commenter  J’apprécie          70
AdrienneAdrienne   05 octobre 2014
Trois semaines avant sa mort - il se noya dans un accident de bateau sur un lac dont personne n'avait jamais entendu parler - Austin Cobbett s'admirait dans une chemise sport bordeaux et un pantalon écossais, crème, marron et bordeaux, au fin fond d'un miroir à trois faces du rayon Hommes de chez Crawford, à Logan. Ni la chemise ni le pantalon ne se repassaient.
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Alice Munro (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Munro
Margaret Atwood Talks About Alice Munro. When Margaret Atwood was in the red chair talking to George Stroumboulopoulos recently, she talked about her admiration for Alice Munro as both a writer and a person.
autres livres classés : canadaVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Petit Pays

Comment s'appelle le père de Gabriel ?

Martin
Mathieu
Michel
Mohammed

50 questions
1152 lecteurs ont répondu
Thème : Petit pays de Gaël FayeCréer un quiz sur ce livre