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ISBN : 287929729X
Éditeur : Editions de l'Olivier (11/04/2013)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.38/5 (sur 184 notes)
Résumé :
Livre audio

Dans ce recueil, les personnages courent après le bonheur et tentent de surmonter un deuil, une crise conjugale, une humiliation. L’histoire qui clôt le livre évoque Sofia Kovaleskaïa, mathématicienne russe qui vécut à la fin du XIXe siècle et qui fut l’une des premières femmes à enseigner dans une université européenne. Mais les faits bruts, ceux qui nourrissent les biographies, ne constituent pour Alice Munro qu’un arrière-plan : elle pa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  30 janvier 2015
Trop de bonheur ? Si vraiment il y a trop de bonheur dans ce livre, alors je veux bien écrire une théorie sur les dérivées complexes ou empoisonner mes invités avec des tiges de rhubarbe !
J'ai découvert les nouvelles d'Alice Munro avec 'Un peu, beaucoup, pas du tout' qui m'avait séduite par sa justesse et sa douceur. 'Trop de bonheur' est assez différent, nettement plus dérangeant dans ses thèmes et parfois bizarre. Meurtres d'enfants, meurtres d'enfants par des enfants, histoires glauques d'accidents, de maladies, d'amour tordu ou de souffrances, ces 10 nouvelles sont sombres et plutôt désespérées.
Pour autant, elles ne sont pas désespérantes, car le talent d'observation et d'écriture d'Alice Munro suffit à les éclairer. J'ai notamment beaucoup aimé l'astuce ironique de la veuve des 'Radicaux libres' et été ravie de découvrir le destin de Sofia Kovalevskaïa, mathématicienne de génie et première femme professeure d'université. Me voilà revenue à ma rhubarbe et aux dérivées, c'est qu'il est temps de m'arrêter...
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Krout
  18 août 2015
Dix nouvelles se suivent comme autant de perles pour former un collier: la première terminée je ne suis pas sûr d'en avoir pris la pleine mesure, elle s'appelait pourtant Dimensions; la seconde nommée Fiction s'évanouit au fur et à mesure que je parcours Wenlock Edge, la troisième. Quelle étrange sensation ! Il y a quelque chose d'irréel qui vient, à chaque fois, troubler des petits faits bien concrets d'un très banal quotidien apparemment sans histoire. Je m'enfonce dans cette atmosphère ouatée, marcheur égaré dans un paysage très familier dont un épais tapis de neige masquerait les repères habituels et les flocons tombant soudain plus drus effaceraient rapidement la trace des pas, rendant impossible tout retour en arrière; ou alors rentrant, un soir de brouillard après une brève promenade, chez un ami de longue date et incapable dès lors de retrouver le fil d'un itinéraire déjà cent fois parcouru.
Je décide de suivre le fil des récits d'Alice Munro, spectateur attentif, voyageur discret refusant à en emporter des morceaux à titre de souvenirs. Elle m'emmène dans un labyrinthe de pièces communes, suivre des petites histoires de tous les jours semblant pouvoir se perpétuer sans fin et pourtant soudain bouleversées par une césure du destin. Des histoires de la vie, des histoires de petits bonheurs quotidiens interrompus par un fait marquant, inattendu et singulier. de tout cela, j'ai l'impression qu'il ne reste déjà plus rien. Plus rien de ce qui a été l'irréalité d'un instant, la neige a fondu, disparu le manteau blanc et le brouillard vaincu par le soleil de ce matin. Pourtant je l'ai entraperçue cette fine dentelle, émergeant de la nuit, où des perles de rosée scintillent de mille feux à la lumière rasante du jour qui vient. Qui peut dire ce qu'il en reste ? Et du bonheur passé ? Une brume dans les yeux, un éclat dans le regard, un sourire imperceptible et mystérieux, et pour combien de temps ?
Quant au bonheur
Qui peut-être est le tien
Qui va et qui vient
N'attends pas son absence
Pour noter sa présence
Sois sans peur
Patiente les heures
Un jour il revient
Les instants de bonheur sont aussi radieux et éphémères que des gouttes de rosée magnifiées par la lumière de la vie sur le fil fragile tendu de la naissance à la mort, ils apparaissent au détour du jour et s'envolent par un revers du destin. Voilà ce que m'a murmuré entre les lignes Alice Munro, voilà ce que je retiendrai de Trop de bonheur. Elle est quand même curieuse et capricieuse, la vie.
Et par chez vous, quelle nouvelle ?
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Christw
  30 octobre 2013
Trop de bonheur ? Attention, la riante Alice est railleuse.

Aucune des nouvelles de ce recueil(1) ne conduit le personnage central (des femmes en général chez Munro) à une fin dramatique mais elles laissent toutes de l'amertume, un sentiment d'inquiétude indéfinissable, à cause de ce qui a eu lieu, parfois violent, mais aussi à cause de ce qui ne s'est pas produit. le sentiment que la vie réserve encore quelques mauvaises surprises, car l'âme est un abîme incompréhensible et les rapports humains compliqués, pas sereins malgré l'espoir obstiné. Trop de malheur, oui. Alice Munro trouve dans le quotidien matière à développer des événements bouleversants qui soulèvent des questions. de là, sans doute, l'ombre qui prolonge chaque lecture : persistance, malgré les incises psychologiques aiguisées, d'un malaise venu du silence qui infuse le récit, où tout ne saurait être dit, ce qui en fait d'ailleurs l'élégance. Ainsi, à la fin de la nouvelle éponyme consacrée à la mathématicienne Sofia Kovalevskaïa, en rendant son dernier souffle, celle-ci semble murmurer: Trop de bonheur. Nostalgie du bonheur trop espéré avec Maxim ? Soulagement de mourir ? Euphorie ? Sentiment d'accomplissement ? Comme dans toute nouvelle estimable, il appartient au lecteur, parfois troublé, de régler la belle indécision.

Alice Munro n'écrit que des récits courts et pense d'ailleurs qu'elle n'écrira jamais de roman, ce qui est compréhensible car ses nouvelles sont des romans condensés. Elle se plaît beaucoup dans le style narratif au passé, sans beaucoup de dialogues et la présence d'un narrateur extérieur qui explique le sens des événements, avec la contribution régulière de sentences lumineuses nourrissant la portée du récit. On la compare à Tchekhov. Les thèmes de ce recueil sont ceux qui habitent les histoires de la canadienne depuis ses débuts en 1968: les petites gens, l'enfermement et la séparation des couples, maris infidèles et violents, la cruauté des enfants et la recherche du bonheur avec son corollaire inévitable, l'émancipation féminine qui est au centre de la première histoire du livre, Dimensions, une manière de sublimer le sujet à travers une mère qui voit son mari tuer ses trois enfants.

Il y a chez cette écrivain envie et plaisir de raconter. Tout semble aller à l'intuition, venir aisément, le plan rigoureux semble faire défaut car il arrive que l'imagination courre et morde sur le bas côté pour donner dans le détour superflu. Ceci est sensible dans la nouvelle appelée "Fiction": une esthétique du récit court demande, à mon avis, un certain dépouillement préférable à une densité exagérée qui dessert le fil principal. Mais voilà: Munro est une conteuse généreuse.
Trop de bonheur raconte en cinq brefs fragments les derniers jours romancés de la mathématicienne Sofia Kovalevskaïa. On y éprouve l'allocentrisme de Munro qui s'immisce naturellement dans la peau d'une femme du siècle précédent, russe et surdouée pour les mathématiques. La nouvelle avait été publiée dans le Harper's Magazine en 2009.
"Bien des gens qui n'ont pas étudié les mathématiques les confondent avec l'arithmétique et les considèrent comme une science austère et aride. Alors qu'en fait, c'est une science qui requiert beaucoup d'imagination." (Sofia Kovalevskïa)
Jonathan Franzen expliquait en 2004, dans un article du New York Times, pourquoi il faut lire Alice Munro. Avec le Prix Nobel, la voici définitivement reconnue tandis que la short story gagne des lettres de noblesse.
J'ai lu ce recueil dans une version numérique (ePub) très correcte, avec une bonne table des matières. Juste un manquement, les noms des traducteurs n'y figurent pas: Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.
(1) À l'exception de "Trop de bonheur".
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AgatheDumaurier
  24 mai 2017
Oups ! Trop de bonheur pas vraiment ! Ne vous jetez pas là-dedans tout joyeux en pensant que c'est feel-good ! Ouh pas du tout ! Feel-good, mrs Munro, oh no ! Feel-pas-good !!! Feel life is a bitch (-si je puis me permettre huhuhu).
Donc dans ces quelques nouvelles tranchantes et acérées comme des lames de rasoir, nous suivons des femmes, des filles, en prise avec bien des cruautés de l'existence : mensonges, trahison, violence, silences, indifférence. le tout sans pathos, parfois à glacer le sang.
Prix spécial pour la terrifiante histoire de Verna, ou le mal absolu et ordinaire, exercé sur une enfant handicapée mentale par deux autres petites filles -et pour l'histoire -vraie- de la mathématicienne Sophia Kovalevskaïa, génie de la fin du XIXème siècle, avec laquelle on traverse l'Europe par temps de révolution et de neige. Cette nouvelle où Munro change de continent et d'époque est remarquable et originale dans son oeuvre.
Je recommande donc la lecture de ce recueil à ceux qui ne sont pas déprimés par les vicissitudes de la nature humaine, ou qui veulent se la faire confirmer, aux fans De Maupassant, dont voici la soeur de lait, version contemporaine.
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book-en-stock
  25 septembre 2017
En découvrant un auteur, j'aime commencer par le début de son oeuvre et voir l'évolution possible de son écriture. Après avoir lu « La danse des ombres heureuses » (1968), je me suis plongée dans « Trop de bonheur » (2009) où les récits sont moins mélancoliques et moins amers que dans le premier recueil. Nous ne sommes plus dans les souvenirs d'enfance ou de jeunesse mais dans des tranches de vie assez banales et quotidiennes avant que n'intervienne un événement singulier et bouleversant. L'auteur décrit des moments de bonheur (voire grand bonheur) où le drame et le tragique viennent soudain se mêler et modifier l'existence des personnages. On plonge alors dans le côté sombre de la vie.
Voilà un aperçu de quelques destins tracés et décrits dans ce recueil : une femme tente de reconstruire un quotidien tout en rendant visite à son mari interné pour avoir tué leurs trois enfants. Un enfant nait avec une tâche de naissance et sera nié par son père et couvé par sa mère. Une vieille dame malade perd son mari et se trouve confrontée à un assassin. Un jeune homme revenu de la guerre tombe gravement malade, les femmes autour de lui tentent d'agir au mieux. Et puis la dernière nouvelle, historique, sur la vie d'une femme mathématicienne et romancière russe réfugiée en Suède : Sofia Kovalevskaïa.
Si la plupart des textes sont racontés par un narrateur extérieur, deux ou trois sont rédigés à la première personne, et ce sont peut-être ceux-là qui m'ont le plus touchée.
Il est vrai qu'Alice Munro met souvent en avant des personnages féminins, mais pas seulement. Dans quelques nouvelles de ce recueil des hommes ou garçons apparaissent au centre du récit également. Par contre elle conserve ce souci du détail dans les descriptions qui transforme le texte en image bien nette. Et toujours ce goût pour la simplicité : aucune recherche de romance dans ses histoires mais la peinture de la vie et de ses possibles accidents. La psychologie des personnages y a toujours une place prépondérante même si un effort est fait pour situer davantage l'action et inscrire le drame à venir dans un lien continu avec le passé qu'elle prend le temps d'exposer au lecteur ; ce qui n'était pas le cas dans le premier recueil.
Un recueil sombre certes, de par l'évocation de ces terribles drames. Toutefois il y a aussi la beauté de petits riens du quotidien, une part heureuse à un moment donné de la vie, qui fait contre poids et équilibre le récit.
J'apprécie chez Alice Munro cette capacité à construire des histoires qui sonnent vrai, qui nous font réfléchir sur nous-même, sur la vie en général : des histoires universelles en somme !
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critiques presse (3)
Bibliobs   11 octobre 2013
Signé par l'un des plus grands écrivains en exercice, la Canadienne Alice Munro, ce recueil de nouvelles illustre comme jamais son génie subtil: celui de célébrer, dans chacune de ses histoires, le mariage de l'inattendu et de l'inexorable.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   28 juin 2013
La grande force du livre est l'écriture sans complaisance de Munro, attentive aux détails insignifiants, aux moindres contradictions de ses personnages.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   10 avril 2013
Brèves histoires de vérités cachées, de fuites improbables ou de capitulations. Elle accompagne des femmes apparemment ordinaires, les regarde vivre, avec leurs contradictions et leur solitude infinie. [...] Alice Munro évoque aussi des rendez-vous inattendus, des gestes incongrus qui bouleversent une vie.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
pyrouettepyrouette   05 mai 2014
Pendant très longtemps le passé se détache de nous facilement et, selon toute apparence, automatiquement, parfaitement. Ce n'est pas tant que les scènes du passé disparaissent mais plutôt qu'elles perdent tout intérêt. Et puis il se produit un retournement, ce qui était terminé et réglé ressurgit, réclamant l'attention, réclamant même qu'on tente d'y remédier, alors que l'absence et l'impossibilité absolues et tout remède crèvent les yeux.
+ Lire la suite
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NadaelNadael   16 septembre 2013
« Pendant très longtemps le passé se détache de nous facilement et, selon toute apparence, automatiquement, parfaitement. Ce n'est pas tant que les scènes du passé disparaissent mais plutôt qu'elles perdent tout intérêt. Et puis il se produit un retournement, ce qui était terminé et réglé ressurgit, réclamant l'attention, réclamant même qu'on tente d'y remédier, alors que l'absence et l'impossibilité absolues et tout remède crèvent les yeux. »
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KroutKrout   17 août 2015
... il devait entrer quelque chose comme de l'intuition dans l'esprit d'un mathématicien de premier plan, une espèce d'éclair qui illuminerait ce qui s'y trouverait de tout temps. Rigoureux, méticuleux, certes il fallait l'être, mais cela était vrai aussi de tout grand poète.
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michelekastnermichelekastner   09 avril 2015
Nous aurions pu lâcher prise sur la tête en caoutchouc, le bonnet en caoutchouc, s'il n'avait eu ces motifs en relief qui le rendaient moins glissant. Je me rappelle parfaitement sa couleur, ce bleu pâle insipide, mais je ne parvins pas à distinguer le motif - poisson, sirène, fleur - dont les contours poussaient contre mes paumes, Charlene et moi continuâmes de nous regarder l'une l'autre, plutôt que de baisser les yeux sur ce que nos mains étaient en train de faire. Ses yeux étaient agrandis par la joie ainsi que les miens, j'imagine. Je ne crois pas que nous avions l'impression d'être méchantes, de triompher dans notre méchanceté. Plutôt de faire exactement ce qui était - il est permis de s'en effarer - exigé de nous, comme s'il s'agissait du sommet absolu, du point culminant, de notre vie et de notre être.
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krzysvancokrzysvanco   31 décembre 2014
Elle était en train d'apprendre, bien tard, ce que tant de gens autour d'elle savaient apparemment depuis l'enfance - que la vie peut être parfaitement satisfaisante sans grands accomplissements. Qu'elle peut déborder d'activites qui ne vous épuisent pas jusqu'aux moelles. Acquérir le nécessaire pour une existence confortablement nantie puis entreprendre une vie mondaine et publique pleine de distractions vous évitait totalement l'ennui et l'inaction, tout en vous donnant le sentiment d'avoir en définitive fait plaisir â tout le monde. Toute souffrance était inutile.
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Videos de Alice Munro (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Munro
"Julieta", film espagnol réalisé par Pedro Almodóvar d'après trois nouvelles: : Hasard, Bientôt et Silence d'Alice Munro, sorti en 2016. Bande annonce VF.
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En 1996, Stephen King tente de renouer avec le roman-feuilleton et publie, en épisodes, 'La ligne verte'. Quelques années plus tard, Frank Darabont met l'histoire en images en engageant Tom Hanks et Michael Clarke Duncan. Mais, c'est quoi au juste cette ligne verte?

Une ligne verte qui barre le T-shirt des prisonniers.
C'est le surnom du bâtiment dans lequel les condamnés attendent leur mise à mort.
C'est une ligne peinte au sol là où se trouvait l'ancienne porte du pénitencier.

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