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Geneviève Doze (Traducteur)
EAN : 9782743615932
392 pages
Éditeur : Payot et Rivages (05/10/2006)
3.34/5   31 notes
Résumé :
Une méchante farce d’adolescentes permet à une gouvernante sans charme de vivre son conte de fées. Une cancéreuse reprend goût à la vie parmi les joncs et les nénuphars qu’un jeune homme, une nuit, lui fait découvrir. Un écrivain vampirise sa famille d’Américains moyens au profit de son œuvre. Un professeur de biologie est acculé au suicide par des fanatiques religieux….

Souvent drôles, parfois tragiques, toujours poétiques, ces neuf nouvelles ont cha... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  12 octobre 2014
'Un peu, beaucoup... pas du tout' ? Pour moi, ça serait plutôt passionnément ou à la folie. Alors même que j'apprécie d'habitude assez peu les nouvelles, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce recueil tout en finesse et en émotions contenues.
Il y est question de femmes et d'amour, et aussi un peu des hommes et des enfants qu'elles aiment... Ce qui m'a touchée dans ces histoires, c'est qu'elles ressemblent à la vie, ni toutes blanches, ni toutes noires, plutôt dans la palette des gris, avec parfois des sentiments doux-amers, des bonheurs tristes ou des incompréhensions apaisées... Certes, il y a des instants tragiques dans ce recueil, la mort, la maladie,Lea souffrance y rôdent, mais il y a aussi des instants magiques, remplis de compassion, de sérénité ou de complicité.
Des neuf histoires, j'ai particulièrement apprécié le quiproquo amoureux avec Johanna, le coup de foudre bizarre de la maison de retraite et l'escapade sensuelle de Meriel. L'une ou l'autre m'ont parfois semblé obscures ou un peu absurdes, mais aucune ne m'a lassée ou ennuyée, aucune ne m'a paru être une redite de la précédente, toutes m'ont semblé justes et beaucoup m'ont donné envie de mieux connaître leurs héroïnes et de m'en faire des amies. Je pense d'ailleurs que ces nouvelles ne s'epuisent pas à la première lecture et que j'y reviendrai.
Livre lu dans le cadre du challenge Nobel de Gwen21.
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AmyFarrah
  15 août 2020
J'ai fait connaissance avec l'univers romanesque d'Alice Munro il y a quelques mois en lisant "Trop de bonheur" et ce fut une agréable découverte. J'ai eu un peu plus de mal avec ce recueil, et les nouvelles que j'ai préférées dans "Un peu, beaucoup... pas du tout" ont été les plus courtes, les plus intimistes : "Le pont flottant" - surtout celle-là - "les orties" et "Queenie". L'écriture m'a déconcertée par ses phrases parfois un poil trop alambiquées ou mystérieuses, et certains dialogues, livrés sèchement, sans les petits mots qui précisent l'interlocuteur, étaient inconfortables à lire. L'inconfort est l'impression d'ensemble des nouvelles : celui des non-dits, des conventions, des habitudes familiales, du qu'en dira-t-on et des interactions sociales forcées, de la maladie mortelle, du vieillissement, du mariage malheureux. Certains y échappent ou tentent de le faire et c'est alors une oasis au milieu d'un désert étouffant comme dans "le pont flottant". Pour revenir à l'écriture ou plutôt à la manière de dire les choses - souvent sans les dire - j'ai apprécié le talent d'Alice Munro pour parler de l'intimité de la famille ou du couple, avec les détails les plus triviaux. Elle a les mots justes, et la manière originale de parler crument sous une apparence pudique, dans des phrases très évocatrices. Queenie, par exemple, s'adresse à la narratrice, avec ces quelques mots : "C'est étonnant comme les crampes disparaissent une fois qu'on est mariée". Cette phrase parlant de sexualité, et venant après qu'on se soit fait une idée du mari de Queenie, fait particulièrement froid dans le dos. Alice Munro a ses petits trucs d'écriture pour exprimer les émotions et les atmosphères, en particulier l'aliénation aux conventions et au passé est projetée sur les meubles de famille. Soit on les garde, et ils marquent l'immobilisme et la soumission, soit on les déplace à grand frais, changeant ainsi de joug, soit on s'en débarrasse, montrant qu'on est libre et qu'on fait ses choix. Ces fameux meubles sont présents dans les histoires de Johanna, Alfrida et Queenie. La mort est également très présente dans les nouvelles, soit la mort récente, soit des deuils ayant éprouvé les protagonistes par le passé : morts accidentelles, suicides, morts naturelles... Au final, c'est un recueil de nouvelles très intéressant et bien écrit mais il est assez intello à certains égards, et un peu anxiogène, ou morbide. Beaucoup de qualité, mais peut-être moins de charme que dans "Trop de bonheur".
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Torapatapomme
  28 novembre 2019
Autant je suis un grand amateur de recueil de nouvelles, autant ceux d'Alice Munro me semblent dépourvus d'intérêt. J'ai essayé tant et encore avec plusieurs de ses livres. C'est d'un ennui mortel. Est-ce parce que je suis un homme? Je ne crois pas. Le fait que cette auteure ait remporté plusieurs prix prestigieux dans sa carrière est pour moi aussi injustifié qu'inexplicable. À moins que les traductions françaises ne lui rendent pas du tout justice?
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Floccus
  03 décembre 2015
Je n'ai pas tout à fait retrouvé l'Alice Munro qui m'est familière. L'écriture dense, travaillée, incisive. Il faut dire, et je crois que c'est la première fois que je note cet argument dans une critique, ce n'est pas une habitude de ma part pour excuser les auteurs, que la traduction semble quelque peu négligée. Il suffit de lire :
"Il avait refusé, sans donner d'explication, mais elle l'avait compris qu'il pensait que le temps manquait pour s'en servir." (66)
"Paul Gibbings ne s'était pas attendu que Nina lui fît des ennuis." (159)
"Ce que Mike se rappelait était différent de ce que je me rappelais." (185)
pour se dire que la précision de la langue n'a pas été une priorité. Plus brouillon, plus fouillis que d'habitude. Une construction confuse par endroits. Des mots qui ne sonnent pas juste. Mais aussi, et là il s'agit bien des choix de l'auteur, des histoires plus complexes et des conclusions optimistes, tendres, auxquelles je n'étais pas habituées. L'atmosphère est douce-amère, apaisée.
"Il y avait un danger chaque fois que je me trouvais à la maison. C'était le danger de voir ma vie par d'autres yeux que les miens." (123)
Alice Munro semble n'avoir peur d'aucun sujet. Elle sait tirer toute la substance d'une situation psychologique donnée. Audacieuse, elle tisse des histoires fortes et originales. Les limites à ne pas franchir dans les conversations de famille, sous peine de voir tomber "la gêne, ce drap mortuaire tendu au-dessus de la table". Les manipulations conscientes de nos fantasmes, de la perduration des émotions au-delà des faits. Un angle atypique sur la maladie d’Alzheimer où la moralité est dépassée par la réalité humaine.
Le fait curieux dans mes relations avec ces nouvelles (et celles des autres recueils), c'est que j'en oublie très vite les tenants et les aboutissants une fois le livre refermé. Seul perdure cet esprit lucide qui incite à être plus présent et attentif au déroulement des interactions humaines...

Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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LecturesdeVoyage
  29 mai 2017
J'ai une attirance particulière pour les hydravions. Est-ce un souvenir de mes lectures de Tintin ? Est-ce parce que je n'en ai pas vu souvent ? Ou bien le sentiment de liberté que donne cet avion qui, pour peu que l'environnement soit suffisamment aquatique, semble pouvoir décoller et se poser à peu près partout ?
Lors de ma visite à Vancouver, une semaine pluvieuse de novembre, les hydravions étaient omniprésents. Malgré la pluie toujours menaçante, je fis plusieurs promenades, notamment vers Stanley Park et ses vues sur la mer, la ville et les montagnes. A plusieurs reprises, je levai la tête pour suivre un hydravion qui décollait ou descendait. Comme une ouverture vers les montagnes et les îles de la côte du Nord-Ouest de la Côte Pacifique.
Le docteur Asher est un des personnages de la nouvelle « Ce dont on se souvient (What is Remembered) d'Alice Munro, publiée dans le recueil « Un peu, beaucoup …pas du tout (Hateship, friendship, courtship, loveship, marriage) ». C'est un médecin de campagne qui se déplace en avion. On ne dit pas s'il s'agit d'un hydravion.
Ce récit est un superbe exemple de l'art de la nouvelle tel qu'il est pratiqué par Alice Munro. Lorsqu'elle fut consacrée par le Prix Nobel en 2013, l'octogénaire canadienne fut comparée à Tchekhov et célébrée comme la « reine de la nouvelle ». La plupart de ses histoires se déroulent dans les villes provinciales de son Ontario natal, mais dans les années 50, elle vécut avec son premier mari à Vancouver. C'était une époque de sa vie, écrit-elle dans « Ce dont on se souvient », où les maris entamaient leurs vies sérieuses et résolues (travail, prêt hypothécaire), tandis que leurs femmes pouvaient retomber dans une sorte de seconde adolescence.

Lien : http://www.lecturesdevoyage...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
gavarneurgavarneur   02 juillet 2019
Alors elle resta à regarder l'écume remuée dans le sillage du bateau et il lui vint à l'esprit que dans un certain type de nouvelle – du genre que l'on n'écrivait plus – ce qui lui restait à faire était de se jeter à l'eau. Telle qu'elle était, pleine à craquer de bonheur, comblée comme elle ne le serait sûrement jamais plus, chaque cellule de son corps gonflée d'une douce estime de soi. Un acte romantique qui pouvait se voir – d'un point de vue interdit – comme suprêmement rationnel.
Fût-elle tentée ? Elle se permettait probablement juste d'imaginer avoir été tentée. Probablement loin de s'abandonner, bien que l'abandon eût été à l'ordre du jour.
Page 294. Ce dont on se souvient
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gavarneurgavarneur   27 juin 2019
Les hommes n'étaient pas comme ça, d'après mon expérience. Les hommes détournaient le regard des événements effroyables dès qu'ils le pouvaient et se conduisaient comme si cela ne servait à rien, une fois que les choses s'étaient passées, d'en parler ou d'y repenser jamais. Ils ne voulaient pas s'émouvoir, ou émouvoir les autres.
Page 139
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gavarneurgavarneur   03 juillet 2019
Il n'y eut plus de flirts trépidants. Pas d'orteil féminin se glissant dans une jambe de pantalon masculin au cours d'un dîner. Plus d'épouses dévergondées.
Page 350 L'ours traversa la montagne
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gavarneurgavarneur   29 juin 2019
Il y avait une odeur d'hommes : vêtements de travail, outils, tabac, bottes crottées et fromage rance de leurs chaussettes.
Page 195
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gavarneurgavarneur   26 juin 2019
Edith et Sabitha employaient les mots "merde" et "putain" et "nom de Dieu" quand elles étaient ensemble seules.
Page 45
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Videos de Alice Munro (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Munro
Agnès Desarthe lit « Nevermore » de Cécile Wajsbrot.
Lecture suivie d'un dialogue sur la re-traduction avec Élise Lépine.
Elle-même traductrice et auteur de trois re-traductions – La chambre de Jacob de Virginia Woolf, Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, d'Alice Munro et Des souris et des hommes, de John Steinbeck (à paraître), Agnès Desarthe donnera une lecture de Nevermore, le roman de Cécile Wajsbrot qui met en scène une traductrice aux prises avec une nouvelle version de To the Lighthouse. Dans ce texte, la narratrice/personnage/traductrice remet sans cesse sur le métier le roman de Virginia Woolf qu'elle connaît par coeur et qui génère, outre un éventail de phrases et d'interprétations qui se déploient à partir de l'original dans une quête éperdue de l'exactitude, une réflexion vivante et multiforme autour de la disparition.

À l'occasion de la 6e édition du Printemps de la traduction – Les traducteurs parlent aux lecteurs.
À lire – Agnès Desarthe, Ce coeur changeant, éd. Points, réédition 2021 – 2015.
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