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Geneviève Doze (Traducteur)
EAN : 9782743615932
392 pages
Payot et Rivages (05/10/2006)
3.35/5   39 notes
Résumé :
Une méchante farce d’adolescentes permet à une gouvernante sans charme de vivre son conte de fées. Une cancéreuse reprend goût à la vie parmi les joncs et les nénuphars qu’un jeune homme, une nuit, lui fait découvrir. Un écrivain vampirise sa famille d’Américains moyens au profit de son œuvre. Un professeur de biologie est acculé au suicide par des fanatiques religieux….

Souvent drôles, parfois tragiques, toujours poétiques, ces neuf nouvelles ont cha... >Voir plus
Que lire après Un peu, beaucoup... pas du toutVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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'Un peu, beaucoup... pas du tout' ? Pour moi, ça serait plutôt passionnément ou à la folie. Alors même que j'apprécie d'habitude assez peu les nouvelles, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce recueil tout en finesse et en émotions contenues.

Il y est question de femmes et d'amour, et aussi un peu des hommes et des enfants qu'elles aiment... Ce qui m'a touchée dans ces histoires, c'est qu'elles ressemblent à la vie, ni toutes blanches, ni toutes noires, plutôt dans la palette des gris, avec parfois des sentiments doux-amers, des bonheurs tristes ou des incompréhensions apaisées... Certes, il y a des instants tragiques dans ce recueil, la mort, la maladie,Lea souffrance y rôdent, mais il y a aussi des instants magiques, remplis de compassion, de sérénité ou de complicité.

Des neuf histoires, j'ai particulièrement apprécié le quiproquo amoureux avec Johanna, le coup de foudre bizarre de la maison de retraite et l'escapade sensuelle de Meriel. L'une ou l'autre m'ont parfois semblé obscures ou un peu absurdes, mais aucune ne m'a lassée ou ennuyée, aucune ne m'a paru être une redite de la précédente, toutes m'ont semblé justes et beaucoup m'ont donné envie de mieux connaître leurs héroïnes et de m'en faire des amies. Je pense d'ailleurs que ces nouvelles ne s'epuisent pas à la première lecture et que j'y reviendrai.

Livre lu dans le cadre du challenge Nobel de Gwen21.
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Beaucoup d'espoirs misés sur ce livre dont j'attendais une claque, un bouleversement d'opinion sur des histoires d'amour que j'espérais plurielles et grandement différentes. Or, j'ai été déçue, toutes les formes que peut revêtir l'amour (fraternel, maternel, amical,) ne sont pas évoquées, et l'on reste donc majoritairement sur des histoires d'amour « classiques », hétérosexuelles, amoureuses, décevantes, et qui enferment quasi à chaque fois la femme dans un carcan de souffrance, en place minoritaire, et dénuée de volonté et de pouvoir. Ce qui donne au final certaines nouvelles extrêmement plaisantes, et d'autres que l'on se surprend à survoler, avec un goût de « déjà vu ». Elles sont également sans réelle profondeur, bien que l'on puisse aisément entrevoir les morales qu'elles dévoilent, cela ne va pas « plus » loin, et ce livre ne bouleverse pas les codes classiques de la littérature romantique contrairement à ce que laisse penser le titre de ce recueil de nouvelles, et c'est bien dommage.
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Il y a quelque chose de, je sais pas, délicieusement anachronique dans la façon qu'Alice Munro a de raconter ses histoires. Jamais d'éclat, un cadre souvent domestique, des événements qui se suivent lentement, paresseusement. Des phrases faussement sobres qui laissent deviner quelque chose de sombre en-dessous, un courant sous-jacent de petites & de grandes angoisses ordinaires. & des vies entières racontées, circonscrites en quarante pages.

Ses personnages évoluent toujours dans les mêmes endroits, dans l'arrière-pays ontarien ou les alentours de Vancouver, & en fait je finis par avoir l'impression qu'elle écrit toujours un peu la même histoire, qu'elle la décortique & la décline de toutes les façons possibles pour mieux trouver son noyau -- & ça pourrait être redondant mais ce l'est pas, y revenir c'est apaisant, y revenir c'est juste glisser dans un monde où tout vaut la peine d'être raconté, même les choses les plus ordinaires.

J'ai aucun recul par rapport à ce livre parce que chaque fois que je lis Alice Munro je reste avec l'impression d'avoir passé trois cents pages à parler de la vie avec quelqu'un qui en sait beaucoup plus que moi. (Je dirais 'une amie', mais on tombera pas dans le quétaine.) Ce sont pas des histoires qui réchauffent le coeur, la plupart du temps faut s'attendre à des fins qui l'amochent un peu, mais. Une fois le recueil de nouvelles terminé, il me reste toujours la satisfaction d'avoir lu quelque chose qui essaie de dire la vie comme elle est, sans arrondir les angles ou mettre des gants, & l'envie de réfléchir tranquillement à toutes les choses que j'ai faites jusqu'ici, & à celles qui me restent encore à faire pour pas finir trop mal. & c'est pas rien, pour un seul livre.
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Autant je suis un grand amateur de recueil de nouvelles, autant ceux d'Alice Munro me semblent dépourvus d'intérêt. J'ai essayé tant et encore avec plusieurs de ses livres. C'est d'un ennui mortel. Est-ce parce que je suis un homme? Je ne crois pas. Le fait que cette auteure ait remporté plusieurs prix prestigieux dans sa carrière est pour moi aussi injustifié qu'inexplicable. À moins que les traductions françaises ne lui rendent pas du tout justice?
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Je n'ai pas tout à fait retrouvé l'Alice Munro qui m'est familière. L'écriture dense, travaillée, incisive. Il faut dire, et je crois que c'est la première fois que je note cet argument dans une critique, ce n'est pas une habitude de ma part pour excuser les auteurs, que la traduction semble quelque peu négligée. Il suffit de lire :

"Il avait refusé, sans donner d'explication, mais elle l'avait compris qu'il pensait que le temps manquait pour s'en servir." (66)

"Paul Gibbings ne s'était pas attendu que Nina lui fît des ennuis." (159)

"Ce que Mike se rappelait était différent de ce que je me rappelais." (185)

pour se dire que la précision de la langue n'a pas été une priorité. Plus brouillon, plus fouillis que d'habitude. Une construction confuse par endroits. Des mots qui ne sonnent pas juste. Mais aussi, et là il s'agit bien des choix de l'auteur, des histoires plus complexes et des conclusions optimistes, tendres, auxquelles je n'étais pas habituées. L'atmosphère est douce-amère, apaisée.

"Il y avait un danger chaque fois que je me trouvais à la maison. C'était le danger de voir ma vie par d'autres yeux que les miens." (123)

Alice Munro semble n'avoir peur d'aucun sujet. Elle sait tirer toute la substance d'une situation psychologique donnée. Audacieuse, elle tisse des histoires fortes et originales. Les limites à ne pas franchir dans les conversations de famille, sous peine de voir tomber "la gêne, ce drap mortuaire tendu au-dessus de la table". Les manipulations conscientes de nos fantasmes, de la perduration des émotions au-delà des faits. Un angle atypique sur la maladie d’Alzheimer où la moralité est dépassée par la réalité humaine.

Le fait curieux dans mes relations avec ces nouvelles (et celles des autres recueils), c'est que j'en oublie très vite les tenants et les aboutissants une fois le livre refermé. Seul perdure cet esprit lucide qui incite à être plus présent et attentif au déroulement des interactions humaines...


Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Alors elle resta à regarder l'écume remuée dans le sillage du bateau et il lui vint à l'esprit que dans un certain type de nouvelle – du genre que l'on n'écrivait plus – ce qui lui restait à faire était de se jeter à l'eau. Telle qu'elle était, pleine à craquer de bonheur, comblée comme elle ne le serait sûrement jamais plus, chaque cellule de son corps gonflée d'une douce estime de soi. Un acte romantique qui pouvait se voir – d'un point de vue interdit – comme suprêmement rationnel.
Fût-elle tentée ? Elle se permettait probablement juste d'imaginer avoir été tentée. Probablement loin de s'abandonner, bien que l'abandon eût été à l'ordre du jour.
Page 294. Ce dont on se souvient
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Les hommes n'étaient pas comme ça, d'après mon expérience. Les hommes détournaient le regard des événements effroyables dès qu'ils le pouvaient et se conduisaient comme si cela ne servait à rien, une fois que les choses s'étaient passées, d'en parler ou d'y repenser jamais. Ils ne voulaient pas s'émouvoir, ou émouvoir les autres.
Page 139
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Il n'y eut plus de flirts trépidants. Pas d'orteil féminin se glissant dans une jambe de pantalon masculin au cours d'un dîner. Plus d'épouses dévergondées.
Page 350 L'ours traversa la montagne
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Il y avait une odeur d'hommes : vêtements de travail, outils, tabac, bottes crottées et fromage rance de leurs chaussettes.
Page 195
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Edith et Sabitha employaient les mots "merde" et "putain" et "nom de Dieu" quand elles étaient ensemble seules.
Page 45
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Videos de Alice Munro (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alice Munro
Samedi 19 septembre 2020 / 9 h
Florence Seyvos et Anne Alvaro nous font parcourir l'univers de Sisyphe est une femme, l'essai de Geneviève Brisac, à travers l'évocation d'Alice Munro, Marguerite Duras, Rosetta Loy...
Florence Seyvos est écrivaine et scénariste. Les Apparitions, Prix Goncourt du premier roman 1995 et le prix France Télévisions 1995. L'Abandon, 2002, le Garçon incassable, 2013 (prix Renaudot poche). Elle a également publié à l'École des loisirs une dizaine de livres pour la jeunesse et coécrit avec la réalisatrice Noémie Lvovsky les scénarios de ses films, comme La vie ne me fait pas peur (prix Jean-Vigo), Les Sentiments (prix Louis-Delluc 2003) ou Camille redouble. Elle publie en septembre 2020 Une bête aux aguets, aux éditions de l'Olivier.
Anne Alvaro est actrice de théâtre et de cinéma. Elle a joué dans des pièces mises en scène par Georges Lavaudant, Claude Guerre ou Hubert Colas. Au cinéma dans le film Danton d'Andrzej Wajda en 1981, et dans quatre films de Raoul Ruiz. En 1999, elle reçoit le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son rôle dans le film d'Agnès Jaoui, le Goût des autres et une seconde fois en 2010 pour le personnage de Louisa dans le Bruit des glaçons de Bertrand Blier.
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