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ISBN : 2213705542
Éditeur : Fayard (07/02/2018)

Note moyenne : 4.57/5 (sur 22 notes)
Résumé :
La vie de Nadia Murad a basculé le 15 octobre 2014, lorsque les djihadistes de Daech sont entrés dans le petit village de Kocho, en Irak. Ce jour-là, après avoir rassemblé tous les habitants de cette communauté yézidie dans l’école, les terroristes les ont méthodiquement tués ou kidnappés. L’horreur avait été programmée : les hommes qui refusaient de se convertir à l’islam devaient rejoindre dans les fosses les femmes jugées trop vieilles pour servir. Et parmi elles... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Paola93130
  14 mars 2018
MON DIEU…..
Un livre comme celui-ci ne se critique pas. Il ne se chronique pas. On n'en donne pas son avis (aussi humble soit-il). On ne le commente surtout pas. On ne le résume aucunement. On ne le développe pas non plus.
On le lit, seulement. On l'absorbe, si on y arrive. On le pleure, on le souffre et, à la rigueur, si on a suffisamment de foi et de courage, on prie pour ses intervenantes. Toutes des victimes.
Et on dit « merci ». Alors, j'y vais…
@Netgalley : merci de me permettre de poursuivre mon aventure.
@l'éditeur (Editions Fayard): merci d'avoir publié ce livre, ce cri, ce hurlement de douleur. Vous êtes l'une des armes susceptibles d'éveiller la conscience d'un monde endormi sur l'horreur et l'injustice. Merci aussi de m'avoir permis de le lire.
@ Maitre Amal Clooney : merci d'être le porte-parole des femmes yézidies. En les représentant, vous devenez une héroïne et vous cessez d'être seulement « l'épouse de… », quoi qu'en disent la presse people et autre médias du même acabit. Je vous avoue que, bien que reconnaissant le charme indéniable de votre cher et tendre, il va certainement finir par être, lui aussi, « l'époux de… ». À vous deux, engagés comme vous l'êtes, vous formez un couple digne de respect, par votre travail humanitaire, votre talent et, bien sûr, votre plastique irréprochable (juste pour faire plus léger !).
@Melle Nadia Murad : j'ai lu votre témoignage la rage au coeur. Je n'oserai jamais prétendre vous comprendre ou partager votre douleur, physique et psychologique. Je n'imagine même pas les horreurs que vous avez souffert. J'ai honte, au nom du genre humain. de savoir qu'il existe des monstres capables de commettre des atrocités pareilles me laisse bouleversée. Pendant ma lecture, j'ai voulu entendre votre voix. J'ai vu plusieurs interviews que vous avez données. Vous êtes si jeune. Vous êtes tellement fragile et forte à la fois. Votre tristesse n'a d'égale que votre courage. Une de vos phrases, lue dans le livre, m'a terriblement fait mal : pour résumer, vous affirmez que vous regrettez de ne pas vous être rebiffée, de n'avoir pas assez réagit aux agressions que vous ont fait subir vos bourreaux. Vous vous sentez quasiment coupable d'avoir enduré au lieu de vous être rebellée ….Je vous en supplie, n'y pensez même pas. Vous avez assez souffert et vous vous battez aujourd'hui et toujours. Pour témoigner, pour secourir, pour aller de l'avant malgré tout, pour vivre. Vivez, Nadia ! Ne survivez pas seulement ! Vivez et soyez heureuse : c'est votre meilleure révolution !
@l'une des journalistes de France24 qui a interviewé Melle Murad : Mme-de-qui-je-n'ai-pas-retenu-le-nom, je vous avoue que vous m'avez laissée pantoise ! Je sais que vous faites votre métier de votre mieux mais ne devenez pas un vautour. Je m'explique : le ton que vous avez employez pour interroger Melle Murad m'a semblé franchement déplacé quand vous lui avez demandé comment elle avait vécu « les QUELQUES semaines de captivités » aux mains de ses tortionnaires. QUELQUES ? Vous ne trouvez pas que ça amoindri les choses ce « QUELQUES » ? Ne serait-ce qu'une minute de ces souffrances serait de trop pour n'importe quelle femme. Et comment croyez-vous que l'on vive des semaines comme ça ? Vous avez lu le livre ? Si vous voulez des détails malsains, ne le lisez pas. Il vous faudra choisir un autre genre de littérature...
@ma Princesse : ma chérie, comme toutes les petites filles de ton âge, tu as déjà modifié tes projets d'avenir des centaines de fois. Tu me fais sourire quand tu hésites candidement entre coiffeuse ou avocate. Quand tu liras « Pour que je sois la dernière », tu n'hésiteras certainement plus. Que Dieu te vienne en aide.
@tous les Babeliotes qui ont eu la patience de me lire jusqu'au bout : pardon d'avoir été trop longue.
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frconstant
  31 mars 2018
Ce livre est un cri hurlé au monde, souvent, chuchoté parfois à l'oreille de nos ceurs ! Ce témoignage nous fait passer de l'insouciance de Nadia et des siens à sa crainte, puis à la peur, la douleur, la colère, vertige de l'abandon, la désespérance d'une descente aux enfers où elle ne peut plus compter que sur ses forces intérieures et sur ce tison de vie qui se consume en toute personne et qui, par rage de vaincre, par chance et bonheur se laisse parfois ranimer. Oui, ce récit est dur, indicible. Pourtant, Nadia MURAD nous le dit. Son histoire commence par des moments de tendresse, de bonheur, de vie simple et partagée, dans la pauvreté de Kocho, mais aussi dans la richesse de l'esprit de famille de Nadia, puis le récit se tord et nous livre ce qu'on a trop souvent envie de réléguer dans un coin de nos consciences alors qu'il se doit d'être une pierre salvatrice jetée dans la mare des pensées qui devraient nous empêcher de dormir. C'est une pierre philosophale. Composé de pépites d'or tirée de la vie de l'auteure mais de scories aussi, cet amalgame est capable de nous communiquer la vie, une vie nouvelle qui vaut d'être défendue et promue. Ou nous la rejetons, sous prétexte que nous, ici, 'nous ne pouvons tout de même rien faire, pas vrai ?' ou nous la choisissons comme 'caillou dans nos godasse', comme 'petit pois sous le matelas de nos certitudes' ... alors, cette pierre lancée vers nous deviendra pierre angulaire pour notre humanité ! Car c'est bien d'humanité qu'il s'agit. Nadia MURAD, jeune yézidie a été enlevée à 21 ans et réduite à l'état d'esclave, pire, d'objet sexuel. Ses bourreaux ? Les combattants de l'état islamique. Ce Daech aussi fou que fondamentaliste a su insuffler à ses combattants l'idée que leur devoir était de terroriser le Monde, de rayer de celui-ci la communauté yézidie sous prétexte que cette croyance était impie, n'avait pas de Livre sacré et que ses membres pouvaient être réduits à l'appellation "adorateurs du diable", donc, à ce titre pouvaient être utilisés comme esclaves sexuels, vendus, torturés, battus et abattus.
Perdu au coeur d'un conflit qui sévit par les armes et/ou par les sanctions politiques qui pèsent avant tout sur la population bien plus que sur ses dirigeants, les yézidis ont fait l'objet de tentatives de récupération aussi bien de la part des arabes que des kurdes. Jamais ils n'ont été considérés pour eux-mêmes et la dignité qu'ils pouvaient revendiquer ne leur a pas été accordée en temps voulu. Il a fallu bien des années de sévices pour qu'une résolution onusienne, enfin, reconnaisse comme génocide l'attaque de Daech contre ce peuple.
Nadia MURAD a été une de ces trop nombreuses victimes du génocide. Dignement, voulant rester debout, elle a entamé un combat pour que ce génocide soit reconnu et que les responsables soient, un jour, appelés à rendre compte de leurs actes.
Elle nous raconte ici son parcours, sa vie dans le petit village de Kocho, les petits bonheurs partagés avec sa famille, malgré la pauvreté, la dureté du quotidien. Elle nous dit, là, la force d'une vie de famille, celle du lien qui relie chacun à l'autre. Mais elle nous dit aussi les tentatives de déstabilisation de la communauté yésidie. Elle nous explique les notions de bases qui font vivre cette communauté et puis, l'aveuglement occulte de Daech, la destruction de l'homme par l'homme et ce, 'au nom de Dieu'.
Nom de Dieu ! Que cela fait du bien d'être mis en contact avec cette vérité obscure qu'on devine à peine à travers nos journaux télévisés et qui est si vite remplacée par d'autres infos, bien plus futiles souvent !
Par ce livre, Nadia MURAD se fait passeuse de mémoire ! Elle nous dit l'importance et la fragilité de toute communauté humaine. Elle nous invite à être plus attentifs à ce que requiert l'appartenance à cette espèce humaine et aux combats qu'il nous faut mener pour accéder à la dignité d'hommes et de femmes capables de vivre en bonne ordonnance et entente avec les autres. Ce livre est un cri, il va droit au coeur ! Admiration et respect, Madame Nadia MURAD!
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Meps
  19 avril 2018
Le livre "Pour que je sois la dernière" de Nadia Murad est une véritable leçon d'humanité et d'altérité. Ce témoignage poignant d'une rescapée yézidie de l'EI (plus précisément dans le village de Kocho dans le Sinjar en Irak) constitue une page malheureuse mais majeure dans l'existence d'une minorité condamnée au génocide pour ce qu'elle n'est pas. Ce que les Yézidis persécutés en 2014 à Kocho ne sont pas : des Musulmans sunnites.
Pour l'EI, cette minorité devait disparaitre du fait qu'elle n'appartient pas aux "gens du Livre". Ainsi, à la différence des Chrétiens, des juifs en Irak qui ont eu le droit de vivre en payant la djizia (impôt musulman)ou de partir, les Yézidis ont eu le choix entre se convertir ou mourir...Tous les hommes et les femmes âgées présent.e.s au village ont été tué.e.s et enterré.e.s dans des fosses communes et toutes les jeunes filles et petites filles sont devenues des esclaves sexuelles vendues au marché des "Sabaya": esclave en arabe...
Or, dans ses récits, la miraculeuse rescapée de Daech rédige l'histoire de sa religion, de son peuple et de son destin. Elle nous apprend que le Yézidisme que ces terroristes considèrent comme du paganisme"Kufr" est une religion qui a le droit à l'existence comme les autres en Irak. Les Yézidis ont un ange nommé "Tawusi Malek: l'ange Paon" qui les lient à UN seul DIEU (ce qui nous montre qu'il n'y a pas que 3 monothéistes mais 4), ils jeûnent, ils prient, ils font l'aumône, le pèlerinage, ils ont des interdits (les femmes sont obligées d'être vierges avant le mariage, d'où la culpabilité des survivantes).... Les Yézidis ont également des manières de célébrer les mariages, d'enterrer les morts ou encore de les pleurer... Bref, ils ne font rien de plus ou de moins que ceux qui croient détenir la VÉRITÉ, une vérité meurtrière qui nie l'altérité...
Je ne sais que dire d'autre de ce livre qui m'a déchiré, attristé et mis en colère à la fois. Déchiré de lire qu'en 2014 seulement, des centaines de milliers de Yézidis ont été victimes d'un aussi terrible crime contre l'humanité. Ce livre aurait pu être titré "pour que je ne sois pas la dernière" des Yézidies à exister!

Merci au site Netgalley qui m'a permis de découvrir ce poignant témoignage.
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Goewin
  23 avril 2018
Un livre que l'on devrait mettre entre toutes les mains, pour que plus jamais ça !!!
Chaque fois que je tombe sur un témoignage dénonçant un génocide, comme celui de Nadia Murad, j'essaie de le lire, non que je sois attirée par la souffrance ou poussée par une sorte de curiosité malsaine, mais je pense qu'il est primordial d'en parler. Il faut que cela se sache. Il faut le dénoncer. Plus il y aura de personnes au courant, plus il y aura de chances que cela ne se reproduise pas. Et à chaque fois, je désespère car je sais pertinemment que cela continue aujourd'hui et qu'à l'instant où j'écris ces lignes, des massacres, des viols, des enlèvements ont lieu. Et cela me révolte… Alors, achetez ce livre « Pour que je sois la dernière », lisez-le, prêtez-le ! Ce n'est peut-être qu'une goutte d'eau dans l'océan ou un grain de sable dans le désert mais ne dit-on pas que « le battement d'ailes d'un papillon peut provoquer une tornade ».
Je remercie NetGalley ainsi que Les Éditions Fayard qui m'ont envoyé ce service presse qui m'a permis de découvrir le témoignage de Nadia Murad. de tout temps, les Yézidis ont été persécutés et victimes d'exterminations à cause de leur religion. le yézidisme est une religion monothéiste très ancienne qui se transmet oralement. Nadia dans la première partie de son livre nous raconte sa vie toute simple dans le village de Kocho, au nord de l'Irak. Une vie rude mais heureuse car elle était entourée de sa famille. Elle nous explique également les grands principes de sa religion. « le mariage en dehors de notre religion n'est pas autorisé, la conversion non plus. » Avec elle, nous assistons à la montée de L'EILL (l'"État Islamique en Irak et au Levant"), ancêtre de l'EI que nous appelons Daech. le 3 août 2014, ils sont aux portes de Kocho. Dans la seconde partie, Nadia nous dévoile le calvaire de son peuple, comment des centaines d'hommes furent assassinés en quelques heures et parmi eux six de ses frères, comment sa mère ainsi que soixante-dix-neuf femmes plus âgées furent exécutées, comment toutes les jeunes femmes et jeunes filles furent enlevées pour être vendues comme esclaves sexuelles, et tout cela dans l'indifférence la plus totale de leurs voisins quand ils n'étaient pas complices. Dès lors, Nadia n'est plus qu'une sabiyya, une fille que l'on peut vendre, acheter, offrir, torturer, tuer… Elle n'a plus aucun droit sauf celui de subir et de se taire. Frappée, brûlée avec des cigarettes, fouettée, humiliée, déshumanisée, obligée de porter le niqab ou de se déguiser en prostituée, de faire semblant de se convertir pour survivre, les trois mois que Nadia a passés prisonnière de Daech ne sont que souffrance et abomination. Dans la troisième partie, Nadia échappe à l'enfer, d'abord en s'enfuyant malgré les risques qu'elle court, puis grâce à une famille sunnite qui la prend en pitié.
Nadia Murad est pour moi une jeune femme d'un courage hallucinant. Son témoignage est bouleversant et il en appelle à chacun, chacune d'entre nous. Cela ne s'est pas passé dans un autre siècle, cela se passe aujourd'hui ! Alors pour que les Yézidis ne soient plus décimés, pour que leur religion soit reconnue et ses fidèles protégés, lisez ce livre et faites-le connaître ! Pour que Nadia Murad soit la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille !
Lien : http://au-pays-de-goewin.ove..
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Sorello
  17 mars 2018
percutant et glacant
De l'EIIL on entend majoritairement les combats de territoire, des actes d'horreur, des attentats mais impossible de parler de chaque victime, de raconter chaque histoire.
Nadia murad raconte la sienne et celle de milliers de yezidis dont la voix n'est pas la plus résonnante dans les informations. la tragédie d'une famille, celle de Nadia, d'une communauté, minorité religieuse maltraitée comme tant d'autres. mais aussi le calvaire de femmes, elle et bien d'autres, relégué au rang d'objet qu'on se passe, qu'on vend ou qu'on s'offre comme si elle n'étaient rien.
Nadia Murad raconte son histoire sans sensationnalisme, d'une vie pauvre mais heureuse dans son village proche de mossoul, de sa religion (que pour ma part je connaissais peu) et de la paix dans leur croyance autant que dans leurs vies. elle commence par le début: l'avant. et le crescendo de la tragédie, des espoirs qu'on a pour repousser l'horreur qui se profile, de la confiance qu'on a dans les mots des autres pour ne pas perdre espoir jusqu'au moment où l'évidence vous frappe et ou la violence fait loi.
c'est un témoignage à la fois plein de désespoir et d'espoir, pour tout ceux et celles qui sont encore en plein conflit et pour les autres qui se battent pour que les choses changent. et par un (malheureux) hasard, les connaissances de Nadia font que ce livre montre une palette large des évènements et des gens qui peuplent le conflit en Irak. de ceux qui coopère à ceux qui se battent. de ceux qui jouent les aveugles, par lâcheté ou par nécessité de survie, de ces gamins malléable qui sont enrôlés, de ces personnes coupable d'atrocités à celles passives mais tout aussi coupable. de ces femmes battantes ou désespérée mais toujours forte.
ce livre, ce témoignage est actuel, c'est sans doute pour ça qu'il est aussi percutant. une histoire qui s'est déroulé il a peu, pas si loin de nous.
et indéniablement, on espère qu'elle soit effectivement la dernière à avoir à raconter une telle histoire.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Chahrazed11Chahrazed11   07 mai 2018
Si le poids de plusieurs siècles de méfiance pesait sur nos relations- il était difficile de ne pas se vexer quand un musulman invité à un mariage refusait, si poliment que ce fût, de partager notre nourriture-, cela n’empêchait pas une véritable amitié.
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
Quand nous avons pris la poule et les poussins, c’était pour vous avertir que nous allions prendre vos femmes et vos enfants. Quand nous avons pris le bélier, c’était comme si nous prenions vos chefs de tribu et, quand nous l’avons tué, cela voulait dire que nous avions l’intention de tuer ces chefs. Quant à l’agnelle, elle représentait vos filles.
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
Il est vrai que la guerre changeait les gens, les hommes surtout. Cela ne faisait pas si longtemps que Saeed jouait encore avec moi et avec notre nièce Kathrine dans notre cour et qu’il était encore trop petit pour savoir que les garçons n’étaient pas censés aimer les poupées. Ces derniers temps, pourtant, Saeed avait été littéralement obsédé par la violence qui balayait l’Irak et la Syrie. Récemment, je l’avais surpris en train de regarder des vidéos de décapitations de l’État islamique sur son téléphone portable, les images tremblant dans sa main, et j’avais été étonnée qu’il brandisse l’appareil pour que je puisse regarder, moi aussi.
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
Personne n’a proposé d’entraîner les hommes yézidis, personne ne les a encouragés à participer à la lutte contre les terroristes. Les peshmergas nous assuraient que, tant qu’ils seraient là, nous n’avions aucune inquiétude à avoir, et qu’ils étaient aussi résolus à protéger les Yézidis que si c’était la capitale du Kurdistan irakien. « Nous préférerions assister à la chute d’Erbil qu’à celle du Sinjar », affirmaient-ils. On nous disait d’avoir confiance en eux, et c’est ce que nous avons fait.
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rkhettaouirkhettaoui   15 mars 2018
Ma mère m’aimait, mais elle ne m’avait pas désirée. Plusieurs mois avant ma conception, elle avait commencé à mettre de côté tout l’argent qu’elle pouvait – un dinar par-ci, par-là, la monnaie des courses quand elle allait au marché ou le prix d’une livre de tomates vendue à la sauvette – pour avoir accès aux moyens de contraception qu’elle n’osait pas demander à mon père. Les Yézidis ne se marient pas avec des membres d’autres religions et la conversion au yézidisme n’est pas autorisée.
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