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ISBN : 2211235603
Éditeur : L'Ecole des loisirs (17/01/2018)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 125 notes)
Résumé :
Je me garde une marge de surprise dans l'écriture de mes romans. Sauveur laisse ses patients raconter des histoires qui ne sont pas celles que le lecteur attend. Ni moi non plus. En ouvrant la porte de la salle d'attente, je ne savais pas ce que contenait le gros sac en skaï que madame Naciri serre précieusement contre son coeur. Je ne me doutais pas que Jean-Jacques, l'hikikomori de 23 ans, finirait par sortir de sa chambre pour aller dans un café- philo, je ne pen... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
canel
  20 janvier 2018
Après un rappel succinct des personnages, cette quatrième saison démarre sur les chapeaux de roue. On entre dans le vif du sujet, directement rue des Murlins, et même dans le cabinet de Sauveur, en pleine consultation avec un nouveau patient. Encore un dont la pathologie est tristement d'actualité.
On retrouve aussi tout l'environnement (perso et pro), plus ou moins sympa, de ce 'grand' psy martiniquais, chaleureux, généreux, assez génial dans son genre comme thérapeute, mais parfois maladroit avec ses proches. Parce que, comme dirait l'autre, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Mais une partie, si - c'est enrichissant et gratifiant, mais il faut être solide et bien épaulé...
Avec sensibilité, tendresse et beaucoup d'humour, Marie-Aude Murail continue de nous parler de problèmes universels (famille, couple, amour) et de difficultés plus spécifiques à l'enfance et à l'adolescence : mal-être général ou lié à l'identité sexuelle, conséquences du divorce, addiction aux écrans, phobie sociale, décrochage scolaire, comportements d'auto-destruction, relations conflictuelles avec les parents et autres adultes... Bref, plein de situations qui semblent inextricables et que Sauveur parvient généralement à dénouer. On aimerait connaître quelqu'un comme lui quand ça déconne d'une manière ou d'une autre chez soi...
Il n'y a rien d'exagéré dans les problèmes des patients qui défilent chez Sauveur, je connais IRL au moins un cas de chaque pathologie ou symptôme, sans être dans le 'milieu', juste en côtoyant des parents.
Les seules invraisemblances sont : le talent de Sauveur (mais on peut rêver), les coïncidences, et le fait qu'il soigne plusieurs personnes d'une même famille.
Sinon, tout est bon à prendre dans cette série !
Je lui souhaite de bien se porter et de nous accompagner longtemps pour toutes les petites fenêtres d'espoir qu'elle ouvre :
« Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nu[ag]es. »
(Aragon, cité p. 232)
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Apikrus
  22 janvier 2018
Au numéro 12 de la rue des Murlins, il y a toujours autant d'agitation : côté cabinet de consultation du psychologue (des habitués des précédents tomes et quelques nouveaux patients), tandis que côté habitation, où l'on retrouve la famille de Sauveur un peu élargie avec en sus quelques animaux de compagnie.
Loin d’une croisière paisible en eau douce, on navigue toujours entre les mal-être des uns et des autres et leurs petits triomphes sur les obstacles de la vie. Les relations compliquées au sein des cellules familiales - entre générations, dans les couples, dans les fratries - sont au coeur du roman. Les personnages et situations sont réalistes. L'ambiance dans la famille Saint Yves rappelle un peu celle de la tribu Malaussène imaginée par un autre auteur. Daniel Pennac fut probablement une source d'inspiration (sans plagiat, Marie Aude Murail ne cherchant pas s'inscrire dans le genre polar social), comme le laisse penser le personnage de Jovo (par son profil et la consonance de son nom).
Contrairement aux romans de Pennac, il n'y a pas ici d'intrigue haletante, mais comme chez lui, de vrais moments de détente et un réel plaisir à la lecture. Et de l'émotion en prime.
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Athanase45
  17 janvier 2018
« Sauveur & Fils » : sur la page de couverture, on croit lire, au-dessus d'une drôle de boule de poils, l'enseigne d'une entreprise artisanale soudée par la filiation et on entre directement… au coeur de la consultation d'un psychologue clinicien, Sauveur Saint-Yves. Comme pour chacun des volumes de la série, l'action est précisément située dans le temps, entre le 4 janvier et le 7 février 2016 pour celui-ci, et dans l'espace puisque notre psychologue, né en Martinique, exerce à Orléans au 12 rue des Murlins. le fils, lui, se nomme Lazare et du haut de ses 8 ans, il a profité un jour d'une porte entrebâillée pour entrevoir le métier de son papa. Et c'est donc Marie-Aude Murail, l'autrice orléanaise récemment promue officier de la Légion d'honneur, qui, à nouveau, ouvre en grand la porte du cabinet pour ses lecteurs et lectrices.
Il lui aura fallu deux années et quelque 1200 pages pour boucler en quatre tomes et autant de « saisons » cette étrange aventure immobile d'espionnage. Bouclée, vraiment ? Dans la quatrième saison, publiée ce 17 janvier, la vie de chaque personnage reste en suspens, à charge pour le lecteur d'imaginer les destins que l'autrice a quand même pris le soin d'esquisser d'un trait plus ferme dans cette ultime volume.
Côté cour, les patients, jeunes et moins jeunes ont cheminé au fil des séances, apparaissant et disparaissant dans l'espace de parole qui leur était offert. Dans cette espace, les pathologies sont devenues des histoires presque comme les autres et ont trouvé une forme d'apaisement voire de résolution qui étonne autant celui qui écoute que celui qui parle. L'autrice a avoué récemment qu'elle avait des préférences parmi les jeunes patients de Sauveur, qu'elle a, pour cette raison, maintenus à flot au long des quatre saisons. Ella, celle qui aurait dû naître Elliott, est de ceux-là. Et on ne s'étonnera pas que sa vocation se précise dans la dernière saison, tant Marie-Aude Murail s'est projetée en elle.
Côté jardin, la vie privée de Sauveur, menacée dans le premier tome, s'enrichit et s'amplifie au fil des saisons, au risque de déborder l'intéressé, d'autant que celui-ci peine à maintenir étanche la frontière entre ses patients et sa vie personnelle. La transgression de Lazare écoutant aux portes les séances n'est-elle pas le plus clair symptôme de cette difficulté ? Par cette frontière poreuse s'est glissé un jour Gabin, un ado en mal d'une mère schizophrène et bientôt internée, puis Samuel que Sauveur, après quelques séances, revoit en ville autour d'une pizza, au mépris de toute déontologie. Son bon coeur n'a pas davantage résisté devant Jovo, un vieux légionnaire SDF qui s'incruste aussi chez lui.
Et quel lieu de rencontre plus riche qu'une sortie d'école ? (école où, soit dit en passant, notre autrice s'aventure parfois pour observer Mme Dumayet, la maitresse de Lazare et de Paul). Les enfants se lient, les parents se saluent, puis on s'invite, on passe se prendre, on se raccompagne. le veuf avec enfant du début n'est pas indifférent à Louise, la maman de Paul, meilleur copain de Lazare. Elle, est fraîchement divorcée, lui, est un veuf bien attirant, quelque chose se noue, lesté toutefois du passé de chacun. Pour Louise, la séparation est trop fraîche et constater chaque jour que son ex est un jeune con immature ne restaure pas ipso facto son ego ; quant à Sauveur, la première saison a révélé quel poids de culpabilité pesait tant sur ses propres origines que sur la mort de sa femme et ce poids ne semble guère s'alléger au fil des semaines.
Chaque saison de cette tétralogie peut être lue séparément. Mais bien évidemment on saisira mieux l'évolution de chaque personnage en respectant l'ordre de publication. Si vous découvrez d'abord la saison 4, ne manquez pas de remonter le cours du temps, pour mieux le redescendre. D'autant que Marie-Aude Murail a une ambition secrète mais qu'elle a déjà avouée : celle d'être lue, bien sûr, mais aussi et surtout celle d'être relue.
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orbe
  13 mai 2018
Dernier tome des tribulations d'un psychologue et de ses jeunes patients.
Il n'y a plus la surprise de l'intrigue mais l'auteur arrive à donner sens à certaines des pistes ouvertes.
C'est le cas notamment de la famille même de sauveur ou encore des "cas" Ella et Margaux.
Non pas qu'il y a une réelle fin à attendre mais plutôt des trajectoires qui redémarrent. Des décisions seront prises.
Encore un tome de plaisir pour le lecteur qui restera sous le charme des bons mots du praticien et du pouvoir du langage.
A lire !
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Luria
  25 janvier 2018
Je feuilletais déjà le prochain livre que j'allais lire, un bouquin de masse-critique (je viens de le recevoir et mue par je ne sais quelle épée de Damoclès invisible je me précipite toujours quand je reçois un livre que je dois chroniquer) qui me laisse à l'effeuillage un poil circonspecte (diantre qu'est-ce que c'est que ce bouquin-là), quand j'ai réalisé que je devais écrire quelques lignes de ce livre-là avant de pouvoir le laisser partir.
Je crois que s'il fallait lire un tome de la série ce serait le premier. Car il présente l'histoire, les personnages, il a tout des émois des premiers temps de l'amour. S'il fallait en lire un second, ce serait celui-là, parce qu'il se fait réflexion, presque philosophique.

Les personnages passent au second plan. Ils ne dessinent que les contours de différents chemins. Ceux que l'ont choisit et ceux que l'on met de côté. Des extraits soulignant le passé qui hantait jusqu'alors Sauveur (« Passons, passons, puisque tout passe ») se côtoient désormais ceux qui accompagnent le questionnement ou bien encore le futur :
Deux routes divergeaient dans un bois jaune, je suis rester longtemps à regarder l'une d'elle, aussi loin que possible, jusqu'au virage qui la rendait invisible. Et puis j'ai pris l'autre.
Voilà, Sauveur a pris l'autre route. Certains de ses patients aussi.
Et je ne sais pas si cette lecture m'a remuée par plaisir de suivre ce petit univers auquel je me suis attachée ou parce que j'ai repensé aux routes que j'ai prises, à celles qui ont été laissé infranchies, et celles qui viendront ensuite.
Encore un volume en demi teinte (en demi teinte de sentiments) car le plaisir de lecture lui est resté intact et j'espère que Marie-Aude Murail n'est pas encore arrivée au bout de la route de cette tribu là.
Finalement je ne sais pas si, comme je l'ai pensé au début, écrire ces quelques lignes vont m'aider à le laisser partir ce livre.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   31 janvier 2018
La saison 4 de "Sauveur&Fils" pourrait être la dernière. Ou pas…
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel   17 janvier 2018
A deux doigts de la retraite, madame Dumayet n'était jamais en reste d'une innovation pédagogique. Cette fois-ci, l'idée lui avait été soufflée par une de ses jeunes amies, institutrice en maternelle.
- On va faire un débat, dit-elle.
- On sera filmés ?
- Lève le doigt, Nour, avant de dire une bêtise.
Madame Dumayet expliqua à ses élèves qu'ils allaient débattre autour d'un thème. Chacun pourrait prendre la parole à tour de rôle et serait écouté respectueusement.
- On fera bien attention à laisser parler les plus petits.
Madame Dumayet avait une classe à double niveau, composée de quinze CM1 et dix CP. Jeanne leva la main.
- C'est quoi, le thème ?
- J'allais vous le dire, fit la maîtresse qui, ne doutant de rien, ajouta : Aujourd'hui, on va se demander ce qu'est l'amour. Donc, vous prenez quelques instants de réflexion et quand vous pensez avoir quelque chose d'intéressant à parta... Déjà, Mathis, tu es sûr ?
Le jeune garçon, main levée, se lança sans la moindre hésitation :
- L'amour, c'est d'aimer quelqu'un, de faire un enfant et ensuite se séparer.
(p. 34-35)
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canelcanel   18 janvier 2018
La porte se rabattit avec brusquerie et un grand Noir menaçant fit irruption. Sauveur, l'esprit préoccupé, avait oublié d'ouvrir doucement pour laisser le temps à sa nouvelle patiente de s'habituer à lui. Madame Naciri étreignit son gros sac et lança en arabe à son fils : « Appelle la police ! »
- Mais c'est le docteur, maman...
- Madame Naciri ? Excusez-moi, je vous ai fait sursauter.
Sauveur se fendit d'un large sourire, mais se vit dans les yeux paniqués de Madame Naciri en délinquant potentiel.
- Mais c'est bon, maman, insista le garçon, c'est le docteur pour tes insomnies. Il va te soigner...
- Vous avez des problèmes de sommeil ? embraya Sauveur, tout en essayant de tasser sa haute taille devant sa patiente, qui ne semblait pas disposée à quitter son fauteuil [en salle d'attente].
- Les midicalmants, ça marche pas, le docteur Guiri il m'a dit va voir le psy. Mais il m'a pas dit un Noir comme toi.
- Ma mère n'est pas raciste, intervint son fils, c'est juste qu'elle a des idées un peu... comme ça... sur les Noirs...
Sauveur ne lui fit pas remarquer que « des idées un peu comme ça sur les Noirs » était une assez bonne définition du racisme.
(p. 61-62)
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canelcanel   17 janvier 2018
- Je suis cassé, en fait.
- Cassé, répéta l'écho. [le psy]
- Je sais, [le docteur] Dubois-Machin, il dit que c'est de la dépression. Mais je me sens pas déprimé. J'ai juste pas envie de ce qui est dehors. Dehors, c'est comme un film d'horreur. J'essaie de pas y penser. C'est ça, ma vie. Il faut pas penser.
- Comment on fait pour 'pas penser' ? questionna Sauveur, comme quelqu'un qui douterait que la chose soit possible.
- C'est pas compliqué. Tu te fais un thé, tu te mets sur ta station, tu arrives dans un match qui est commencé. On s'entre-tue, il y a deux équipes. C'est le genre de truc qu'il faut connaître à fond pour savoir où frapper, et tout ça. Tu as un flingue, tu tires, c'est en caméra subjective. C'est très réaliste. Ça vide la tête. Après, t'attends d'être bien fatigué pour te coucher. Mais genre, tu tombes de sommeil.
(p. 14)
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canelcanel   18 janvier 2018
- Arrête, Paul, le rembarra sa soeur. Tu n'auras plus de larmes pour l'enterrement.
Alice avait cru qu'elle pouvait se permettre une pointe d'humour noir. Sauf que, cette fois-ci, Louise [sa mère] ne le supporta pas, et la claque partit, la première qu'Alice ait reçue. Paul courut se réfugier auprès de ses hamsters, Alice alla s'enfermer dans sa chambre, la joue brûlante et le coeur en feu. Louise resta seule dans la cuisine, persuadée qu'au fond le monstre, c'était elle.
Or, dans sa chambre, noyant ses larmes dans son oreiller, Alice en pensait autant. Elle se faisait horreur. Pourquoi avait-elle voulu blaguer alors que le pauvre vieux était en train de mourir ? Sa mère allait croire qu'elle était une psychopathe ! Mais ce n'était pas ça, pas ça du tout. En fait, elle ne savait pas pourquoi elle avait réagi de cette façon - 'odieuse' avait dit sa mère.
(p. 147-148)
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canelcanel   19 janvier 2018
[ mère séparée, à son fils de 10 ans en garde alternée ]
- Ça allait avec ton père cette semaine ?
- Il est con.
- Ça ne se dit pas !
- Mais c'est vrai ! Demande à Alice.
C'est bien ce que fit Louise dès qu'Alice fut revenue du collège. Comment s'était passée la semaine ? Nickel. Si on se marie que pour divorcer, c'est pas la peine, et si on fait des enfants pour qu'ils soient aussi chiants qu'elle et ses frères, c'est pas la peine non plus.
- Au moins, tu es lucide, commenta Louise [la mère].
- N'est-ce pas ? répliqua Alice [l'ado de 14 ans], le ton claquant.
Louise fut prise de découragement. Ses enfants avaient l'air tellement blasés. Croiraient-ils en une nouvelle vie de famille ?
(p. 145-146)
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