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Critiques sur 1Q84, Livre 1 : Avril-Juin (443)
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fnitter
  06 août 2014
Très légèrement fantastique.


Premier tome d'une trilogie d'un auteur japonais célèbre, au point d'avoir été envisagé pour le nobel (j'aurais au moins appris quelque chose). La barre est haute.


Aomame, 29 ans, enseignante en arts martiaux, discrète, ascète et célibataire, exerce à ses heures perdues, pour le compte d'une charmante, riche et philanthrope vieille dame, le métier de tueur professionnel. Mais la morale est sauve car ses victimes (par ailleurs, très peu nombreuses) sont des monstres pervers ayant détruit la vie de leur femme. Sa vie, ses émois, ses désirs sexuels.
En parallèle nous suivons, Tengo, la trentaine, vieil ours un peu solitaire, professeur charismatique de math le jour et écrivain à ses heures perdues qui se trouve embarqué par son éditeur dans la réécriture d'un troublant premier roman d'un énigmatique jeune fille.


Non. Si l'on perçoit les fils qui sous-tendent ces deux histoires et les relient, ce n'est pas pour ce tome. Ils ne se rencontreront pas.
Classé science-fiction ? Oui très légèrement catégorie uchronie ou monde parallèle, bien qu'à mon sens on verse plus dans le fantastique très très léger. On se doute que nos mystérieux Little People vont prendre de l'importance et qu'ils sont probablement la clé de cette histoire.
Je me suis demandé au début, devant le style, si c'était une catégorie jeunesse. Mais non, vu les nombreuses scènes explicitement sexuelles (assez émoustillantes d'ailleurs, mais sans aucune vulgarité), on vise un public adulte. Un style simple donc mais qui possède une indéniable poésie, très agréable à lire. Des digressions, longueurs et quelques redites (que l'on soupçonne très fortement d'être volontaires) nuisent un peu à la fluidité du texte, mais ce n'est pas rédhibitoire.


Une lente, très lente construction. Des personnages très bien dessinés, (et j'ai eu une nette préférence pour l'histoire de Aomame) heureusement d'ailleurs, car en matière d'histoire, il faut avouer qu'il ne se passe que peu de chose.
Un roman, lent, un brin cérébral où l'on a l'impression que l'écrit est plus important que ce qu'il raconte.


Est-ce un premier tome réussi ? En tout cas, il m'a donné envie de lire (ou tout du moins connaître - et il faut avouer que ce n'est pas la même chose -) la suite.
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Laurence64
  29 avril 2013
Parfois, l'entrée en littérature fait perdre ses repères, fait perdre pied .
J'ouvre mon premier Murakami.

Dès les deux premières pages d'1q84, s'élève une musique irréelle qui m'enveloppe, s'enroule dans les airs.
Une sorte de vrombissement à la fois harmonieux et dissonant m'entraîne dans un univers littéraire déroutant. Lentement, les phrases s'enchainent, traitreusement simples, alors que Aomamé se complexifie plus rapidement qu'une formule de physique quantique sur un grand tableau noir.

Dans les interstices de la narration apparemment limpide, une douce cacophonie me déstabilise. L'affichage des marques vestimentaires si chères à un Brett Easton Ellis heurte le ridicule appuyé du prénom aux haricots de soja, lequel fait hiatus avec l'énigmatique héroïne surprise de reconnaître la Sinfonietta de Janacek.

Je viens d'entrer dans l'univers de Haruki Murakami.
Je poursuis sans encore parvenir à déterminer si l'auteur me séduit ou pas.

Lorsque Tengo apparaît, la même musicalité étonnante accompagne ma lecture si singulière. Des failles tremblent dans les interlignes, la simplicité semble miroir aux alouettes, les préjugés japonisants se noient dans la soupe au miso.

Les références littéraires se multiplient, piochent ici et ailleurs. Plus ailleurs qu'en Asie. L'air de rien, Murakami élabore un univers qui explose les codes, repousse l'attendu, englobe notre monde et ses inquiétudes, malaxe ses violences dans une narration qui ne perd jamais de sa sérénité.
J'ai poursuivi ma lecture sans frénésie comme si l'écriture étonnante de cet auteur japonais, offrant un monde à deux lunes, savait brider les ardeurs pour la jouissance des mots et des esprits qu'il évoque.

J'ai achevé le premier volume de la trilogie, étourdie et décontenancée.
Je vais débuter le deuxième tome. Je ne sais toujours pas si je suis conquise. Mais je suis charmée comme après une promenade dans la forêt de Brocéliande.



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ninosairosse
  22 août 2016
mon premier livre de MURAKAMI Haruki
mon premier livre de Littérature Japonaise
J'ai attendu la fin du Livre 1 pour me décider à mettre dans ma file d'attente le livre 2,
je ne sais quand je reprendrai cette lecture palpitante, mais je croise les doigts pour ne point rencontrer de Little People, car je pars marcher loin des routes larges, sur les chemins de Compostelle.....
Ultreya !
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lonesloane
  02 septembre 2011
Il y a deux protagonistes, Tengo et Aomamé. Il y a deux vies, différentes, mais tellement semblables en même temps. Il y a deux mondes aussi, si proches l'un de l'autre, qu'il est bien compliqué de discerner dans lequel on se trouve.

Tengo est une âme solitaire, il vit seul à Tokyo, il est professeur de mathématiques et cherche par ailleurs à devenir écrivain. Sa vie est calme, rythmée, organisée. Chaque vendredi il fréquente une femme mariée, juste le vendredi, il n'a pas ou peu d'amis, ne fréquente pas le monde, et cela lui convient bien.

Aomamé est aussi un grande solitaire à sa façon. Elle enseigne les arts martiaux dans un club de remise en forme de Tokyo, parallèlement, elle mène une vie secrète de tueuse à gage pour le compte d'un vieille dame fortunée qui souhaite éliminer de la surface de la terre les hommes violents envers les femmes, ceux pour qui elle imagine que la justice des hommes n'est pas assez sévère, n'est pas assez juste.

Ces deux univers n'ont à priori pas grand chose en commun, absolument rien qui puisse les relier l'un à l'autre, deux âmes perdues dans la mégapole nippone. L'anonyme navigue dans la foule, un monde abstrait ou le fourmillement de la vie masque un univers de solitude. Les choses sont propres et lisses, jusqu'au jour ou l'éditeur de Tengo le contacte pour un projet particulier. Il a reçu, dans le cadre d'un concours de jeunes auteurs, le manuscrit d'une adolescente de 17 ans, Fukaeri. Un texte étrange, très maladroit, mais à la puissance narrative hors du commun. Tengo a pour mission de réécrire « la chrysalide de l'air », de lui donner une forme littéraire parfaite.

C'est à partir de ce moment que le monde tel que nous le connaissons va commencer à s'effriter, se fissurer bizarrement. On entre dans un univers aux multiples ramifications, petit à petit, on comprend qu'Aomamé est liée à Tengo, d'une manière ou d'une autre, on sait qu'ils vont devoir se rencontrer, on le subodore, on l'imagine, on le souhaite aussi…

Haruki Murakami entraine le lecteur avec force dans un univers hors du commun, ou l'étrange et le surréaliste se cache au détour de chaque page. On est confronté à une galerie de personnages tous plus mystiques les uns que les autres. Fukaeri, l'auteur géniale et dyslexique, Tamaru le garde du corps homosexuel, Ayumi la jeune policière en recherche d'amitié et de partenaires sexuels, les mystérieuses petites créature appelées « Little People », le berger Allemand qui adore les épinards, le chauffeur de taxi qui connait des raccourcis surprenants…

Ces mondes étranges, ces univers qui dérangent, ces vies si calmes en apparence mais tellement bouillonnantes… On vit, on vibre avec les personnages, les intrigues qui semblent pourtant désuètes au premier abord… Que se cache-t-il derrière « les précurseurs » ? Que signifie ce monde distordu et ses deux lunes ? Dans quelle condition Tengo et Aomamé se rencontreront-ils ? On referme ce livre premier avec mille questions en tête et une seule hâte, se procurer le plus vite possible le livre deux et se replonger dans ce monde ou le réel et l'onirique n'ont pas vraiment de frontière…
Lien : http://testivore.com/1q84-li..
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cicou45
  01 janvier 2012
J'adore depuis toujours la littérature japonaise depuis longtemps car elle m'apporte un je ne sais quoi qui me transporte dans un autre monde, une sorte de sérénité et quelque chose qui me pousse à réfléchir. Je connaissais bien entendu Haruki Murakami et j'ai toujours été enthousiasmé par ses écrits. Je savais donc qu'en m'attaquant à ces deux romans, je ne pourrais pas être déçue et ce ne fut effectivement pas le cas,bien qu'il ne ressemble en rien à tout ce que j'avais lu de lui jusqu'à présent.

Dans ce premier tome, le lecteur fait la connaissance de deux personnages principaux, Aomané et Tengo à qui l'auteur consacre un chapitre à tour de rôle. Lui, est professeur de mathématiques et écrivain à ses heures perdues et elle, est enseignante d'arts martiaux et "tueuse à gages" à l'occasion (dans un but légitime cependant). On pourrait croire que ces deux personnes n'ont donc à priori rien en commun et ne devraient probablement jamais se croiser et pourtant, le lecteur sent bien, au fur et à mesure que sa lecture progresse, que les routes respectives de ces deux-là vont bien finir un jour ou l'autres par se mêler l'une à l'autre.

L'auteur nous emmène ici dans une sorte de roman à suspense, une sorte d'enquête policière qui, à un certain moment, m'a étrangement fait penser à la série des Millénium de Stieg Larsson.
En tous cas, l'écriture est plaisante et Murakami sait, comme toujours, tenir son lecteur accroché à ses pages et, dans ce cas-là, il arrive à le tenir en haleine jusqu'au bout et...ce n'est pas fini ! Je commence le tome II dès ce soir...
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Ancolie
  18 avril 2013
Envoutée dès les premières pages, j'ai été. Aomamé et Tengo vivent au Japon en 1984. Ils ne se connaissent pas (?). Ils ont en commun une solitude affichée et un non-attachement aux choses et aux êtres. Tengo est plus lumineux, Aomamé, plus froide. Chacun suit son propre parcours, sans surprises, jusqu'au jour où Aomamé semble atterrir dans une autre réalité, qu'elle surnomme 1Q84, très légèrement différente de la nôtre : «l'année 1984 que je connaissais n'existe plus nulle part. Je suis maintenant en 1Q84. L'air a changé, le paysage a changé. Il faut que je m'acclimate le mieux possible à ce monde lourd d'interrogations. Comme un animal lâché dans une forêt inconnue.»
L'histoire tourne autour de ces deux personnages mais il sera aussi question d'un roman écrit par une jeune fille étrange - La chrysalide de l'air-, d'une secte mystérieuse et de la violence du monde.
On reste dans le flou, dans le questionnement mais cela n'est pas dérangeant, à peine perturbant. J'ai eu l'impression, telle une artiste, de retrouver des petits morceaux de mosaïque éparpillés qui une fois rassemblés, formeront un dessin qui illuminera tout.
Une description de «La chrysalide de l'air», ce roman dans le roman, m'a interpellée : «Mais il est difficile de déterminer où finit la réalité et où commence ce qui relève du fantastique. On peut lire aussi ce texte comme une sorte de mythe ou encore comme une ingénieuse allégorie.» L'auteur ne serait-il pas en train de parler de son propre récit ?
Murakami réussit cette prouesse de nous égarer sur des chemins inconnus tout en nous tenant la main. Il nous donne, à travers ses personnages, des clés pour avancer dans notre cheminement et cela tout le long : «Pourtant, quand on a fini de lire l'ouvrage, même si on est déconcerté, cela vous laisse après coup comme un grand calme. Comme quand on a une impression inconfortable et étrange que l'on ne peut expliquer.» C'est exactement ce que j'ai ressenti.
J'ai hâte de lire la suite pour continuer mon périple, trouver d'autres morceaux de mosaïque et savourer, pages après pages, ce roman inclassable, exceptionnel.
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sandrine57
  18 novembre 2015
Tokyo, 1984. Tengo a 30 ans, Aomamé en a 29. Il est solitaire depuis l'enfance, elle aussi. Il est professeur de mathématiques dans une école préparatoire, elle enseigne les arts martiaux. Quand il ne travaille pas, il s'adonne à l'écriture, elle tue des hommes qui ont violenté leur femme. Il entretient une liaison avec une femme mariée de dix ans son aînée qui vient chez lui tous les vendredis, elle n'a pas de relation fixe mais, quand l'envie de sexe se fait sentir, elle va dans un bar et se trouve un homme, mûr, à la calvitie naissante de préférence, pour passer la nuit.
La tranquille routine de Tengo bascule le jour où son éditeur lui demande de récrire ''La chrysalide de l'air'', le roman d'une adolescente de 17 ans, l'énigmatique Fukaéri. Bien qu'il sache que son travail servira à une escroquerie, Tengo ne peut s'empêcher de remanier ce texte étrange qui évoque les Little People qu'il croit nés de l'imagination de la jeune fille, alors même qu'elle affirme qu'ils existent réellement.
Pour Aomamé, tout commence par des détails insignifiants mais troublants : l'uniforme des policiers qu'elle ne reconnait pas, leur arme de service qui a changé, des faits d'actualité qu'elle n'a pas vu passer dans la presse. Ces anomalies dont elle n'ose s'ouvrir à personne trouvent leur paroxysme quand elle voit deux lunes luire dans le ciel de Tokyo. Persuadée d'être saine d'esprit, Aomamé pense qu'elle a glissé dans un monde parallèle, une autre année qui ne serait pas 1984, mais 1Q84...

Le sortilège MURAKAMI frappe fort encore une fois avec cette histoire qui semble si banale a priori. Une histoire où il ne se passe pas grand chose en définitive. Roman fantastique ? Bien sûr, mais toute en nuances, avec de petites touches, très légères, une sorte de dérèglement qui montre que l'on n'est pas tout à fait dans le monde tel qu'on le connait. Science-fiction ? Sans doute, pourtant pas de grand saut vers le futur mais un voyage vers le passé et l'année 1984. Sortilège oui parce que l'on est aspiré dans ce récit sans moyen de s'en extraire. Au fil des pages, la curiosité croît. Qui sont Tengo et Aomamé ? Se connaissent-ils ? Vont-ils se rencontrer ? MARUKAMI laisse des indices, sème des coïncidences mais fait planer le doute, se tait sur l'essentiel, laisse les questions sans réponses. Son histoire, simple en apparences, bascule subtilement dans une sourde angoisse. Une secte très secrète, des enfants mutiques, les inquiétants Little People...1Q84 n'a pas fini de surprendre Tengo et Aomamé...tout comme le lecteur troublé, hypnotisé, ensorcelé et surtout pressé de lire la suite.
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latina
  08 février 2013
Je quitte enfin ce monde étrange où j'ai séjourné assez longtemps, à vrai dire, tellement le roman est épais et l'intrigue très lente. Mais je le quitte à regret, troublée par l'atmosphère qui s'en dégage, tout en retenue et en violence cachée.
Oui, la violence est bien là, latente... Dans la description de petites filles et de femmes violentées, dans des meurtres expiatoires au pic à glace, dans le chef d'une vieille dame mystérieuse prête à tout pour sauver les plus faibles, dans les grimaces monstrueuses d'une jeune femme, Aonamé, froide et déterminée, dans le compte rendu « clean » d'une secte soi-disant bucolique et pure…
Seul Tengo, un jeune prof de math passionné par l'écriture, fait figure de bloc solide et stable. Toutes les femmes ont finalement un rapport proche ou lointain avec lui. Va-t-il les sauver, d'une façon ou d'une autre ?
Et puis, il faut dire que 2 lunes veillent sur ce monde étrange. Une atmosphère lunaire, mystérieuse baigne ce roman intimiste et violent. Dans quel monde sommes-nous ? En 1984 ou en 1Q84 ? Les héros eux-mêmes, Tengo et Aonamé, atteints par moments du sentiment de « distorsion du temps », ne peuvent donner de réponse et d'ailleurs, ne se rencontrent pas...
Tout est mis en place pour créer le mystère, et Murakami s'y connait mieux que personne, avec sa feinte naïveté, ses images si denses et si légères...
N'avez-vous jamais ressenti l'ambiance étrange et un peu inquiétante qui règne lors de la pleine lune, les soirs d'été, quand les enfants se font trop calmes et les regards trop vagues, perdus dans l'immense halo argenté entourant cet astre ? Moi, si...
Alors, vivons-nous en 2013 ou en 2Q13 ? Qui peut le dire, finalement ? Murakami, peut-être, dans son second volume...
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nadiouchka
  08 mai 2018
Voici déjà quelques quelques années que j'ai lu les trois tomes de « 1Q84 » de Haruki Murakami à leur parution en livres de poche et que mes critiques étaient faites mais toujours pas publiées.
Trouvant qu'il était grand temps d'y mettre mon grain de sel après toutes les nombreuses chroniques (je pense d'ailleurs que c'est pour cela que je ne l'avais pas fait) j'ai fini par me dire : « Et pourquoi ne pas écrire quelques lignes sur mon ressenti ? ». Il en sera ce que l'on voudra mais cette fois je me lance.

Pour ce premier tome paru en 2011, douzième roman de mon cher écrivain japonais dont je suis une adepte, je vous livre donc mes impressions et ce dont je me souviens. D'ailleurs pour ce faire, j'ai pris le livre à mes côtés car je retravaille un peu ma première critique.

L'histoire se passe au Japon, en 1984. C'est celle de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant de 1Q84, deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent en alternance Aomamé et Tengo, tous deux âgés de vingt-neuf ans et qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans.
A cette époque, les autres enfants se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom (signification : « Haricot de soja ») et de l'appartenance de ses parents à la nouvelle « religion des témoins. »
Un jour, Tengo l'a défendue et Aomamé lui a serré la main. Ainsi un pacte secret avait été conclu entre les deux enfants, le signe d'un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d'une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Elle a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, de dates en rapport avec l'Histoire, une mémoire phénoménale.
Tengo lui, est un génie des mathématiques, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de ré-écrire l'autobiographie d'une jeune fille échappée de la « Secte des Précurseurs ». Il est aussi régulièrement pris de malaises au cours desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l'âge d'un an et demi.

Les deux jeunes gens, on l'a compris, sont destinés à se rencontrer, mais où et quand ? En 1984 ? En 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ? Dans ce monde ? Dans un autre ?

Ce premier tome démarre « sur les chapeaux de roues». Il est mené magistralement, l'intrigue est distillée avec finesse : Aomamé coincée dans une taxi pris dans un embouteillage tandis que la radio diffuse la « Sinfonietta » de Leoš Janáček. le chauffeur suggère alors à Aomamé de descendre et de prendre un escalier d'urgence pour rejoindre plus rapidement une gare mais plus elle descend, plus des souvenirs oubliés remontent en surface. Elle s'aperçoit rapidement qu'elle franchit le seuil d'un autre monde où tout se détraque. Mais elle reste concentrée sur sa mission : tuer un homme coupable de violences conjugales pour le compte d'une vieille femme très riche et éprise de justice.

Nous sommes prévenus dès le début : « Il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n'y a toujours qu'une réalité."

Tandis qu'Aomamé s'engage de son côté, Tengo, lui, raconte sa vie calme, bien organisée et de son rêve de devenir écrivain.
Je remarque au fur et à mesure de ma rédaction, que c'est le personnage d'Aomamé qui m'a le plus fascinée car elle est vraiment touchante (malgré son rôle de tueuse à gages) mais elle sait aussi faire preuve d'une immense patience. Elle peut sembler très froide mais au fond d'elle-même ça vibre.
Ainsi chaque chapitre correspond aux expériences de chacun, à tour de rôle.

L'auteur nous entraîne dans un roman à suspense, certainement aussi de la science-fiction (du fantastique, du surréalisme plutôt) avec ces deux mondes parallèles.

Comme d'habitude Haruki sait tenir le lecteur en haleine (pour moi vu l'année où je l'ai lu, « il a su ») et je n'avais qu'une hâte, lire la suite. Et pourtant les livres de cette trilogie fantastique sont bien épais mais je n'ai jamais été lassée. Elle prend sa source dans une réalité historique pour le romancier : l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo.

Sans toutefois dénaturer l'histoire puisque je n'en ai donné que quelques indications, on peut dire que l'on rencontre des personnages assez particuliers : par exemple Fukaeri (une auteure dyslexique) – Tamaru (un garde du corps homosexuel mais très sympathique) – Ayumi (une jeune femme policier) – et des mystérieuses créatures : des « Little People") – un chien berger allemand qui est fou d'épinards ….
Voici donc de quoi aiguiser la curiosité de ceux (il en reste) qui n'ont pas encore lu cette oeuvre de qualité (comme d'habitude).

Et la question est : Tengo et Aomamé vont-ils se rencontrer ?
A suivre...次号に続く(jigounitsuzuku : à suivre au prochain numéro)…
Il me reste donc à publier mes deux autres critiques, ce que je ne manquerai pas de faire puisque j'ai ENFIN commencé.

Par contre je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer une critique de L'Express : « On peut se demander si le virtuose Murakami ne s'est pas amusé à jouer les prophètes dans une saga aux allures de page turner. Un vertigineux roman-fleuve où il fustige le fondamentalisme, la violence faite aux femmes, tout en s'interrogeant sur la perversité de la création littéraire. »
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missmolko1
  12 février 2016
J'aime beaucoup Murakami mais j'avais une certaine crainte de me plonger dans la trilogie 1Q84. Et pourtant, j'ai beaucoup aimé ce premier tome.

On suit deux personnages : Aomamé, une jeune femme tueuse à gages et Tengo, professeur et jeune écrivain. Nos deux héros sont plutôt attachants même s'ils sont vraiment très différents. J'ai eu assez de mal à cerner où l'auteur voulait emmener ses lecteurs et puis, comme à chaque fois avec Murakami, il faut attendre les dernières pages pour vraiment que toutes les pièces du puzzles s'emboîtent. le récit est lent, certains passages répète parfois mais laisse présager une très bonne trilogie.

On évolue dans un univers quelque peu fantastique, un monde parallèle avec deux lunes, et peuplé de Little People. C'est assez déconcertant au départ mais on devient vite curieux et si avec ce premier tome, l'auteur installe son intrigue, j'ai hâte de me plonger pleinement dans ce monde curieux.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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