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Corinne Atlan (Traducteur)Karine Chesneau (Traducteur)
ISBN : 2020686252
Éditeur : Seuil (01/10/2004)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 775 notes)
Résumé :
Un beau jour, la vie de Toru Okada, jeune banlieusard sans emploi, bascule pour de bon. Tout commence avec les coups de téléphone équivoques d'une mystérieuse inconnue ; puis le chat, qui s'échappe ; et le chant hypnotisant d'un oiseau perché non loin de là.
Le rêve, l'aventure, la bifurcation soudaine d'une existence toute tracée : est-on prêt, une fois dans sa vie, à tenter l'abordage des frontières inédites ?
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Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
  14 septembre 2017
Ki Kii Kiii, vous entendez ? c'est l'oiseau à ressort, nulle ne l'a vu " il se perche sur une branche et remonte régulièrement la pendule du monde ".
La première fois que Toru Okada a entendu ce chant d'oiseau il a perdu son chat. Un chat à la queue tordue.
Toru Okada est plutôt casanier, au chômage, il s'occupe du foyer pendant que sa femme Kumiko part travailler. Tout commence par un mystérieux appel téléphonique, le genre téléphone rose ; imperturbable Toru Okada raccroche. Peu à près sa femme disparaît.
Haruki Murakami et ses "chroniques de l'oiseau à ressort" nous entraine dans un récit onirique dont il a le secret. Un chemin où le monde réel côtoie le rêve et parfois le cauchemar. Des personnages étranges comme Cannelle et Muscade, les soeurs Malta et Creta Kano, le lieutenant Mamiya...
Des rencontres, des endroits improbables comme le fond d'un puits ou la chambre 208 .
Encore plus fort que "1Q84" ou " Kafka sur le rivage ", Haruki Murakami on aime ou on déteste...
Il y a du David Lynch dans l'univers de Murakami ou du Haruki Murakami dans l'univers de Lynch.
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isabelleisapure
  18 décembre 2014
Toru Okada est un homme paisible. Depuis qu'il a quitté son emploi, il reste à la maison, fait ses courses, nage à la piscine, lit et se repose. Son épouse Kumiko, salariée dans une maison d'édition a accepté cette situation et n'y voit guère de reproches à faire.
C'est en cherchant son chat disparu depuis quelques jours que notre narrateur emprunte pour la première fois une drôle de ruelle et entend un chant étrange:
"J'entendais le cri régulier d'un oiseau, ki, kii, kiii, provenant des bosquets du voisinage, on aurait dit qu'il remontait un ressort. »
Apercevant un puits abandonné, Toru se sent attiré par ce "gouffre", ce lieu de silence opaque et noir:
"Ce puits semblait abandonné depuis pas mal de temps comme tout ce qui se trouvait dans le périmètre de cette maison. Une sorte d'engourdissement généralisé semblait régner sur ces lieux. Peut-être les objets inanimés devenaient-ils plus animés encore quand il n'y avait plus personne pour poser le regard sur eux."
Retrouver le chat devient secondaire, mais explorer le puits devient essentiel...
Dans les ténèbres, Toru voit des choses, entend des voix, traverse la paroi pour se trouver dans un autre lieu. Quand enfin, il arrive à remonter du puits, une tâche bleue indélébile apparaît sur sa joue.
"La vérité n'est pas forcément dans la réalité, et la réalité n'est peut-être pas la seule vérité."
Chroniques de l'oiseau à ressort est un roman inclassable, dense, opaque et clair à la fois. Il est le symbole de l'univers de Murakami, le va et vient constant entre le monde réel et celui fantasmé. Les personnages secondaires sont à la fois bien présents et symboliques. Ils incarnent des "clés" d'accès à une future compréhension, tout comme les personnages récurrents.

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Sachenka
  24 décembre 2015
Je suis toujours mitigé après la lecture de n'importe lequel des romans de Haruki Murakami et celle des « Chroniques de l'oiseau à ressort » ne fait pas exception. À chaque fois, l'auteur réussit à me plonger dans un Tokyo bien moderne et réaliste, un Japon que j'aime bien. Toru Okada décide de démissionner d'un travail qui ne l'intéresse plus. Il fait les course, cherche son chat qui a disparu, attend sa femme pour diner. Bref, il mène une petite vie bien normale, presque banale. le tout entrecoupé de référence à des morceaux de jazz, de musique classique, de romans, bref d'un tas de référents culturels qui permettent de croire à cet univers, de se laisser glisser rapidement dans la peau du personnage principal.
Puis, le mystère commence à apparaître, prendre racine subrepticement. Okada reçoit des appels anonymes. La recherche de son chat le met en relation avec une voisine étrange, May Kashara, avec une voyante énigmatique, Malta Kano, et la soeur de celle-ci, Creta Kano (qui, elle-même, a déjà connu le beau-frère de Okada, Noburu Wataya) puis enfin quelques distants parents qui ont séjourné en Mandchourie. Chacun a un passé, une histoire, qui semble se rattacher à un puzzle beaucoup plus grand que quiconque aurait pu imaginer. Tellement grand que, en tant que lecteur, on finit par se perdre. Rendu à ce point, c'est non seulement le chat mais l'épouse de Okada qui a disparu. En effet, Kumiko s'est enfuie sans laisser de trace, à part une lettre envoyée trois mois plus tard.
Finalement, du mystère on bascule tout bonnement dans un autre univers. Et c'est là que j'ai décroché. Quand Okada commence à entretenir une sorte d'amitié avec Muscade et Canelle puis à recevoir les visites de Ushikawa, l'homme à tout faire de Noburu Wataya. Ça a été trop pour moi. Chaque fois, l'auteur Murakami franchit cette fine ligne entre le réalisme magique et le fantastique. Dans ce genre d'univers si particulier, je suppose qu'il faut se laisser aller, y croire sans trop poser de questions. Dans tous les cas, je suis parvenu à me rendre jusqu'à la dernière page et je dépose le livre avec un léger gout amer. Mais, je dois me rendre à l'évidence : il s'en dégage un je-ne-sais-quoi qui m'attire car immanquablement je vais me procurer le suivant.
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Bruss
  19 juin 2014
Les Chroniques de l'oiseau à ressort forment un pavé élaboré dans lequel Haruki Murakami fait montre de sa palette de savoir-faire. Plus qu'un roman psychologique, il s'agit plutôt d'un thriller psychanalytique, le héros étant malmené dans un jeu permanent de miroirs entre rêve et réalité, où le symbolisme arbitre la partie. le livre laisse ainsi l'impression de partir dans tous les sens, avec pléthore d'éléments loufoques et distincts sans queue (tordue) ni tête. Puis petit à petit, des parallèles se dessinent, des coïncidences troublantes commencent à scintiller de-ci de-là, et le doute pointe son nez : ce lien timide et fragile qui prend forme dans notre intuition, ne serait-ce pas voulu par l'auteur ? Mais alors quel maître pour orchestrer toute cette intrigue, pour jouer de ces allusions, ce fil rouge-sang qui relie les personnages, ce quelque chose d'indéfini, mystérieux et ductile qui gît au fond de chacun deux. Il nous le dit, le secret en est la consistance !
Et comment se traduit cette quête ? en regardant les visages de milliers de passants à Shinjuku, ou encore en... descendant dans un puits ! Amis claustrophobes attention ! Et oui, il faut aimer les puits tant l'auteur se plaît à y situer son action, et à en patiner descriptions et ressenti...
Enfin, pour donner une appréciation un peu plus utile sur l'ouvrage, je dirais qu'il s'adresse davantage aux inconditionnels et esthètes de Murakami. Il n'a pas cette vocation universelle et cette facilité d'accès de 1Q84. La trame reste filandreuse, avec des digressions gigantesques qui nous noient dans un passé guerrier (avec une description à la limite du soutenable). Et comme dans la plupart de ses oeuvres, s'il y a bien une fin au sens strict du terme, elle peut être perçue comme simpliste, ou même décevante. Certes, elle clôture efficacement la narration en mettant un terme à l'enchaînement chronologique des événements, mais laisse cruellement le lecteur sur sa faim : des éléments restent sans explication, voire inexploités. Mais c'est aussi la signature de l'artiste !
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ericbo
  14 septembre 2018
J'ai lu ce roman, plusieurs fois, il y a maintenant plusieurs années. Je vais essayer de me souvenir en quoi, ce roman m'avait bouleversé. le seul peut-être, de Haruki Murakami a m'avoir autant ébranlé.
Histoire d'un homme qui, un matin, s'aperçoit que sa femme a disparu. Sans explication véritable. Des éléments quasi surréalistes vont venir se greffer sur sa vie comme cette jeune fille qui apparaît venant d'on ne sait trop où, cette attitude régressive de se réfugier dans un puits et d'autres dont je ne me souviens plus mais qui donneront leur tonalité au roman. Au fil des pages, le personnage s'aperçoit, et le lecteur avec, que sa femme a été enlevée par un groupe mafieux, dans des conditions de plus en plus délirantes, et improbables. Ensuite, assez rapidement, vient se greffer sur ce premier récit, un autre, beaucoup plus tragique car d'une importance collective, puisque touchant à la nation japonaise lors de la seconde guerre mondiale. Il s'agit des souvenirs de guerre d'un oncle (il me semble) ou d'un personnage de la famille, relatant le sort de prisonniers de guerre par les soldats Mongols à la frontière de la Mandchourie, alors occupée par les troupes japonaises. Cette oncle ayant réchappé comme par miracle à une mort atroce. Je ne me souviens plus du dénouement du récit. Une sorte de fin ouverte, peut-être. En tout cas, rien ne sera plus comme avant pour notre héros.
Il est toujours étonnant de noter les moments, les bribes d'une intrigue que le lecteur a retenu des années après sa lecture, un peu comme les morceaux d'un rêve. Il me semble, que pour ce récit très bien construit, pour une fois Haruki Murakami va au fond des choses, en mêlant l'enlèvement de cette femme, le désarroi de son mari et les récits atroces de la dernière guerre. Je ne saurai pas définir exactement le lien qui existe entre ces intrigues, mais j'ai ressenti un malaise terrible à la lecture de ce roman. L'ambiance particulière du roman peut-être ?
Je n'ai cependant jamais pu à nouveau me laisser tenter pour une relecture de ces 800 pages. Peut-être un jour…
Du très grand Haruki Murakami !
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Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
StiqueStique   06 décembre 2018
- J'ai peur, Toru. Une peur affreuse, insupportable : je suis entraînée par un gouffre qui va m'engloutir. Et je ne peux plus y échapper. [...]

Je ne savais pas quoi répondre. Mais l'atmosphère m'indiquait que je devais dire quelque chose.

- Je pense que tout le monde ressent plus ou moins quelque chose du même ordre au moment de se marier. [...] C'est une inquiétude parfaitement légitime. Passer sa vie avec la même personne, c'est une importante décision. Mais je ne crois pas que tu doive avoir peur de quoi que ce soit.

- C'est un peu facile de dire que c'est pareil pour tout le monde.

Je regardai ma montre : il était onze heures passées. Il fallait que je trouve un moyen habile de mettre fin à cette conversation. Mais avant que j'aie pu ouvrir la bouche, elle me demanda à brûle pourpoint de la serrer dans mes bras.

- Mais pourquoi ? demandais-je, surpris.

- Pour recharger mes batteries. Je n'ai pas assez d’électricité en moi, cela fait un moment que je n'arrive plus à dormir.
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HenriMoufettalHenriMoufettal   21 septembre 2014
Lacking any values of their own, such people can arrive at a standpoint only by adopting other people’s standards or views.

The passage of time will usually extract the venom from most things and render them harmless. Then, sooner or later, I forget about them.

“I’m only sixteen,” she said, “and I don’t know much about the world, but I do know one thing for sure. If I’m pessimistic, then the adults in this world who are not pessimistic are a bunch of idiots.”

Just go round the corner, and there it is: a world you’ve never seen. I told you you have a blind spot, didn’t I? You still don’t understand.”

But I’d rather not talk about that right now. Some things , you know, if you say them, it makes them not true? You know what I mean, Mr Wind-up Bird?”

This person, this self, this me, was made somewhere else. Everything had come from somewhere else, and it would all go somewhere else. I was nothing but a pathway for the person known as me.

I would not be able to distinguish the point at which the real ended and the unreal took over. The wall separating the two regions had begun to melt.

How wonderful it would be, he thought, if he could find the cool shade of a tree somewhere, to stretch out and sleep, if only for a little while – to stop thinking, to sink into the silent darkness of unconsciousness.

It’s always best for people to talk to each other face to face , to open themselves up. Otherwise, misunderstandings are bound to arise, and misunderstandings make people unhappy….

“Tell me, Doctor, are you afraid of death?” “I guess it depends on how you die ,” said the vet, after a moment’s thought.

a puzzle in which truth was not necessarily fact and fact not necessarily truth.

Could I have done such a thing without being aware of it? No, certainly not – unless there existed another me.

“What I’m trying to say is that it seems to me to be nothing but an explanation for explanation’s sake. It doesn’t lead anywhere.

I tried to smile, without much success. “I am afraid to die, though,” I whispered to myself.

I was dying. Like all the other people who live in this world.
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PouchouPouchou   15 octobre 2010
Dis, Oiseau-à-ressort, tu es du genre courageux ?
- Pas spécialement, je crois.
- Tu es curieux ?
- Un peu.
- Le courage et la curiosité, ça se ressemble, non ? On a du courage pour des choses qui excitent notre curiosité, et quand on est curieux, on trouve le courage nécessaire.
- Oui, tu as raison, parfois le courage et la curiosité se superposent.
- Comme quand on entre dans une maison sans demander la permission ?
- Exactement, dis-je en faisant tourner la pastille au citron sur ma langue. Le courage et la curiosité sont à l'œuvre ensemble quand on pénètre dans le jardin d'une maison inconnue. Parfois la curiosité peut révéler le courage enfoui, le stimuler. Mais je pense que la curiosité disparaît rapidement, tandis que le courage doit parcourir une longue route. La curiosité c'est comme un ami avec qui on se sent bien mais à qui on ne peut pas se fier. Elle peut t'inciter à faire des choses mais en temps voulu elle disparaît. Et alors tu es obligé de rassembler ton courage pour continuer.
Elle réfléchit un moment à ce que je venais de dire puis fit ce commentaire:
- Oui, on peut voir les choses comme ça.
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FRANGAFRANGA   19 février 2014
Tous les êtres humains naissent avec une chose différente au centre de leur existence. Puis cette chose, quelle qu'elle soit, devient source de chaleur, et remonte à la surface. J'en ai évidemment une, moi aussi, mais, de temps en temps, je ne la maîtrise plus. J'aimerais pouvoir communiquer à quelqu'un, d'une manière ou d'une autre, ma sensation quand elle enfle ou se contracte à sa guise à l'intérieur de moi, et me secoue. Mais je n'arrive pas exprimer ce que je ressens. Peut-être que je n'explique pas bien, mais les gens n'écoutent pas ce que je dis. Ils font semblant, mais, en fait, ils n'écoutent rien. Alors, par moments, je suis vraiment énervée, et je fais des bêtises.
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OlivinloveOlivinlove   31 mai 2015
Elle n'avait ni le caractère ni l'intelligence nécessaires pour prendre le contre-pied des professions de foi de son mari. D'après le peu que je connaissais d'elle, elle me semblait du genre à ne pas avoir la moindre opinion sur ce qui dépassait son champ de vision immédiat (et, pour tout dire, elle était très myope). Quand les circonstances exigeaient d'elle d'émettre une opinion sur un monde plus vaste que le sien, elle se fiait aux idées de son mari. Si elle en était resté là elle n'aurait sans doute pu faire de mal à personne. Mais elle avait pour défaut - ce qui est fréquent chez ce genre de femme - d'être incroyablement vaniteuse. Comme elle ne possédait aucun sens des valeurs personnel, elle en pouvait se situer qu'en adoptant des préjugés généralement répandus. Une seule impression occupait sa cervelle : "Quelle impression est-ce que je donne?", et c'était tout. C'est ainsi qu'elle devint une femme de tempérament nerveux aux vues étroites, uniquement préoccupée par les études de son fils et la place de son mari dans sa société. Tout ce qui sortait de ce cadre étriqué était dépourvu de toute signification à ses yeux. Elle exigea de son fils qu'il entre au meilleur lycée, puis à l'université la plus réputée. La question de savoir si son enfant, en tant qu'être humain, avait une jeunesse heureuse, et quelle vision de la vie il se constituait, dépassait de loin le cadre de son imagination. Si quiconque avait soulevé le moindre doute concernant ces points devant elle, elle se serait fâchée, prenant ça pour une insulte personnelle.
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