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EAN : 9782264074195
336 pages
Éditeur : 10-18 (03/10/2019)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Amateur de jazz et de musique classique, Murakami livre six entretiens réalisés avec son ami de longue date, le chef d'orchestre Ozawa. L'occasion de découvrir la vie et le travail du maestro, en résonnance avec celle de l'écrivain, qui, au fil des pages, se dévoile. Une œuvre de non-fiction captivante, pour tout curieux, musicien averti, ou lecteur inconditionnel de Murakami.On connaissait la passion d'Haruki Murakami pour le jazz, mais il en est une autre qui, dan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  11 décembre 2019
L' écrivain Murakami veut nous parler ici de musique par le biais de ses conversations avec le grand chef d'orchestre japonais Seiji Ozawa.
« Je pense que la musique existe pour rendre les gens heureux. Pour y parvenir, ceux qui font de la musique déploient tout un éventail de techniques et de méthodes qui, dans toute leur complexité, me fascinent de la plus simple des manières. C'est cette attitude que j'ai essayé de conserver en écoutant les mots du maestro Ozawa. En d'autres termes, je me suis efforcé de rester un auditeur amateur plein d'honnêteté et de curiosité, puisque j'ai supposé que la plupart de mes lecteurs seraient eux aussi de simples amateurs de musique. » nous explique-t-il comme but de son livre.
Cet entretien, d'après ses propos, a été pour lui, non seulement un moyen de connaître Ozawa mais aussi lui-même.
Murakami à mon avis est loin d'être un auditeur amateur, comme il le prétend. Il semble au contraire très éclairé vu l'ampleur de ses connaissances et la précision technique avec laquelle il pose ses questions sur le langage musicale complexe et son interprétation encore plus complexe. Ozawa y répond au même niveau technique, donc un dialogue difficile à suivre pour des «  simples amateurs de musique ». Une connaissance plus que le basique, aussi bien au niveau du langage, que des oeuvres et de ses interprètes y est nécessaire.
À part certaines anecdotes intéressantes d'Ozawa ( comme l'avantage de ne pas savoir de langues étrangères 😀 ou les différences de mentalité entre musiciens japonais et occidentaux ), j'ai trouvé le fond du livre sec, bien qu'on parle de musique. Les propos restent à un niveau très technique, où ils comparent dans une bonne partie du livre, les divers interprétations ou enregistrements de différents oeuvres de Beethoven, Mahler, Brahms,...de la musique germanique pour l'essentiel. La discussion de deux japonais, l'écrivain qui a vécu aux Etats-Unis et le chef d'orchestre, vécu et travaillé en Europe mais surtout aux Etats-Unis, parlant d'oeuvres de compositeurs germaniques , donc trois cultures musicales très différentes à mon avis auraient pu engendrer un discours beaucoup plus intéressant, plus coloré. Surtout que beaucoup de propos restent très abstraits, comme l'exemple de Murakami qui dit « la plupart des musiciens japonais ont beau posséder une maîtrise technique d'un très haut niveau, qui leur permet de donner des interprétations d'une virtuosité impeccable, ils expriment rarement une vision du monde bien distincte » , c'est quoi “une vision du monde bien distincte” ? Un japonais qui joue du Mahler, quel vision du monde distincte doit-il donner ? Je comprends qu'il veut dire, que l'interprétation reste très technique sans personnalité, mais à moi ça ne m'apporte rien d'éclairant comme propos. Intellectualiser la musique hors de son cadre technique est chose difficile, et à mon avis vaine, même si on est Murakami. Ozawa reste beaucoup plus humble à ce propos, bien que le musicien ici, soit lui, et souvent aux propos très affirmatifs de Murakami il répond avec des “c'est sans doute juste”, “Peut-être bien”, “Humm”...
De la combinaison des deux grands noms de la littérature et de la musique classique , j'espérais me retrouver dans une sphère moins défrichée, plus éclairée.

« La musique n'est pas un son mais une idée. » Arnold Schonberg
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lafilledepassage
  16 septembre 2020
J'ai acheté ce livre pour deux raisons : j'aime beaucoup l'écriture de Murakami et je m'intéresse à la bonne musique, qu'il s'agisse de la musique classique ou du jazz ou d'autres genres. Mais je suis au regret de dire que ces conversations entre Murakami et le grand chef d'orchestre Seiji Ozawa m'ont laissée assez indifférente.
La raison en est simple : il faut avoir un certain bagage musical et culturel, je pense, pour apprécier ce livre. Il faut connaitre les oeuvres discutées, les différentes interprétations que les grands ensembles et les grands chefs en ont données, et être à même de pouvoir comparer ces différentes versions et de jongler avec le vocabulaire de la musique classique.
On y discute de la mesure à battre en fonction de l'oeuvre, de la liberté de prendre une respiration à tel ou tel endroit, d'un accent posé par un interprète absent de la partition originale, et j'en passe. Bon j'ai très vite été larguée, il faut bien modestement le reconnaitre.
Le seul moment qui m'a intéressé est le stage organisé chaque année par Ozawa sur les bords du lac Léman et qui rassemble les meilleurs jeunes violonistes, altistes, violoncellistes d'Europe pendant une dizaine de jours. Murakami décrit comment la cacophonie des premiers jours se transforme peu à peu en véritable musique pour finalement aboutir au concert final d'un très bon niveau musical. Ce passage est très émouvant car on a l'impression d'assister à la création d'une oeuvre d'art sous nos yeux.
Mais dans l'ensemble je crois qu'il faut réserver la lecture de ces conversations aux grands amateurs de musique classique. Personnellement je n'en ai rien retiré, si ce n'est une longue liste de disque à écouter…
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Jacopo
  08 mars 2019
Un très beau livre sur l'art, celui de l'écoute, celui du rythme, des mots comme des notes de musiques. Une rencontre de deux maîtres (Haruki Murakami, romancier et Seiji Ozawa chef d'orchestre) qui maîtrise leur art. Un échange sincère, curieux et honnête. Pour tous ceux qui aime écouter la musique, c'est une belle occasion de découvrir le volet mystérieux de la direction d'orchestre à travers le parcours et les expériences acquises durant une longue route musicale. Un bel échange d'impression et d'émotion qui unifie les deux hommes par le rythme qui les font vibrés. Comme la plupart des livres de Murakami je suggère fortement et surtout celui-ci d'écouter la musique dont ils parlent. Je trouve que cela amplifie la compréhension du propos.
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Lune
  22 janvier 2020
Entre novembre 2010 et juillet 2011, Haruki Murakami réalisa six interviews du chef d'orchestre Seiji Ozawa.
Ce livre en est la compilation, presque le verbatim.
Il ne s'agit pas d'interview classique qui viserait à donner une esquisse de la biographie d'Ozawa, mais de conversations dont le sujet central est la musique.
Le contenu est pointu; ce qui pourrait décourager les non musiciens mais il est très riche.
La richesse vient non seulement des thèmes abordés, mais également de la confrontation fructueuse de deux univers artistiques : celui du romancier et celui du musicien.
Bien que s'étant trouvé des similitudes dans leur manière de travailler (le plaisir que leur procure leur travail, la « flamme » qui les habite depuis leur plus jeune âge, la persévérance, la rigueur et l'obstination à obtenir ce qu'ils ont décidé), deux visions de la perception de la musique apparaissent clairement.
Murakami n'est pas musicien. Il confesse d'ailleurs humblement un manque sur le plan technique et regrette de ne pas toujours posséder le vocabulaire adéquat,mais il est un passionné de musique qu'il écoute quotidiennement, classique comme jazz.
Insatiable donc, il est intarisable pour faire comprendre ce qu'il a perçu des différentes versions enregistrées de mêmes oeuvres.
Il possède « le verbe ».
Ozawa n'est pas romancier et se heurte parfois au « mur des mots » selon la jolie expression de Murakami.
Il s'exprime donc - on le voit, on l'entend presque - par gestes, ou onomatopées tantôt pour faire comprendre une phrase musicale, tantôt un rythme…
En bref, Murakami parle DE musique et Ozawa parle LA musique.
Au fil des conversations apparaissent certains sujets récurrents.
Tout d'abord, se dégagent des précisions sur le travail du chef d'orchestre.
Ozawa ne fait pas de véritable discours sur le sujet, mais, à travers les réponses qu'il apporte aux questions de Murakami, il fait percevoir la différence de travail entre celui du chef permanent, directeur musical de son orchestre dont il est chargé de construire la programmation, et celui du chef invité, du chef à l'opéra ou du chef qui dirige un orchestre saisonnier réunissant des musiciens parmi les meilleurs du monde pendant leur temps libre, en été, et qui viennent justement pour le chef.
C'est le cas d'Ozawa avec le Saito Kinen Orchestra qu'il dirige chaque année à Matsumoto au Japon, à l'instar du Malher Chamber Orchestra fondé par Claudio Abbado à Lucerne.
Apparaissent aussi les amitiés professionnelles qui se nouent entre Ozawa et certains musiciens des orchestres qu'il a dirigés.
On sent de sa part une certaine admiration et un profond respect pour leur talent.
Ensuite, deuxième sujet récurrent, celui de la transmission.
C'est une tradition dans le monde musical professionnel de haut niveau et que l'on retrouve avec Ozawa.
L'élite se construit par transmission du savoir de maître à élève doué, admis ensuite parmi ses pairs dans le cercle des « grands », par une sorte de cooptation.
L'élève devenu maître à son tour est amené lui aussi à transmettre.
Ainsi, Seiji Ozawa cite et se réfère sans cesse à son professeur au Japon : Hideo Saito.
D'où le nom que porte l'orchestre saisonnier qu'il dirige : le Saito Kinen Orchestra, Kinen voulant dire commémoration en japonais.
Ainsi explique-t-il ce qu'il doit à Herbert von Karajan et à Léonard Bernstein.
Il fut leur assistant à ses débuts. Très différents dans leur conception de la musique et du rôle du chef, ils lui ont tous deux fait confiance et contribué à ses premières réussites.
Ainsi, aujourd'hui, Ozawa organise, chaque année, deux sessions consacrées spécialement au quatuor à cordes : l'une au Japon à Okushiga, l'autre à Rolle près de Montreux, sur les bords du lac Léman.
S'entourant des meilleurs spécialistes de la discipline, il apporte toute son attention et son immense expérience à de jeunes prodiges promis à un bel avenir.
En fait, et pour conclure les impressions sur ce livre magnifique par sa sincérité et son humilité, les leçons à tirer de ces conversations admirablement menées par Murakami pourraient être celles-ci : passion, transmission, écoute, qualités que possède Seigi Ozawa pour nourrir son travail inlassable et tenter de parvenir à la perfection, toujours inatteignable, particulièrement au niveau du son auquel il accorde la plus extrême importance.
Un livre pointu certes, mais capital pour comprendre l'univers musical du grand chef d'orchestre qu'est Seiji Ozawa.
Cantus
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belcantoeu
  17 décembre 2018
C'est un livre d'entretiens entre l'auteur, plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, et le célèbre chef d'orchestre Seiji Ozawa. A défaut du Nobel, l'auteur a eu de nombreux autres prix. Seiji Ozawa, formé par Léonard Bernstein, longtemps directeur du prestigieux orchestre de Boston, y discute de mille choses, musique et anecdotes impossibles à résumer. Un exemple au hasard (pp. 126-128): Il doit diriger une version corrigée (et simplifiée) du Sacre du Printemps de Stravinski avec d'autres rythmes, rempalcer les rythmes irréguliers par des mesures à deux temps, "un véritable choc… je savais que ce n'était pas bon… une approche tout à fait différente"... et qui a finalement été abandonnée. Deux explications: 1) "Stravinski avait procédé à ces changements pour prolonger la durée de ses droits d'auteur", mais 2) la raison principale tenait à ce que Stravinski "avait les pires difficultés du monde à diriger les parties aux mesures irrégulières". Merci à Babounette pour m'avoir offert ce livre pour mon anniversaire. Un vrai trésor, mais pour spécialistes.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
lafilledepassagelafilledepassage   16 septembre 2020
En fait, je pense que la musique existe pour rendre les gens heureux.
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BookycookyBookycooky   10 décembre 2019
MURAKAMI : Personne ne m’a appris à écrire et je n’ai jamais étudié les techniques d’écriture. Alors comment ai-je appris à écrire ? En écoutant de la musique. Et qu’est-ce qui compte le plus dans l’écriture ? Le rythme. Sans rythme, pas de lecteur. Sans cela, la lecture devient laborieuse. C’est par exemple le cas pour les modes d’emploi, et ceux qui en ont déjà lu savent à quel point l’expérience est désagréable.
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BookycookyBookycooky   09 décembre 2019
MURAKAMI : Même les quelques musiciens qui mettent beaucoup d’inventivité dans leurs interprétations semblent le faire sans pour autant posséder un sens authentique de la nécessité et de la substance de l’œuvre.
OZAWA : Mitsuko Uchida a beaucoup de courage. Et Martha Argerich n’en manque pas non plus.
MURAKAMI : Pensez-vous que les pianistes femmes en aient davantage que les hommes ?
OZAWA : Oui, les femmes sont plus audacieuses.
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JacopoJacopo   08 mars 2019
Murakami : Personne ne m'a appris à écrire et je n'ai jamais étudié les techniques d'écriture. Alors comment ai-je appris à écrire ? En écoutant la musique. Et qu'est-ce qui compte le plus dans l'écriture ? Le rythme. Sans rythme, pas de lecteur. Sans cela, la lecture devient laborieuse. C'est par exemple le cas pour le monde de l'emploi, et ceux qui en ont déjà lu savent à quel point c'est désagréable.
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BookycookyBookycooky   10 décembre 2019
OZAWA : Parfois, l’insouciance est le meilleur moyen d’aller de l’avant.
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