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ISBN : 2714456871
Éditeur : Belfond (04/09/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.9/5 (sur 920 notes)
Résumé :
Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort.
À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu , Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur.
Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés.
Un jour, ils lui ont signif... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (178) Voir plus Ajouter une critique
joedi
  11 septembre 2014
Dans L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, j'ai trouvé l'écriture de Haruki Murakami plus classique et comportant moins de magie que dans ses romans précédents. le point commun reste le style qui lui est propre et la musique toujours présente ; ici il s'agit des Années de pèlerinage de Liszt et plus particulièrement le Mal du pays qui accompagne Tsukuru depuis son appartenance au groupe de cinq étudiants formé lors de ses années de Lycée à Nagoya. Lors de sa seconde année d'université à Tokyo, alors qu'il ne voit plus ses amis qu'aux vacances, ceux-ci rompent tout contact avec lui, sans aucune explication. Cet abandon le plongera dans un état dans lequel ses pensées seront centrées sur la mort. À trente-six ans, il rencontre Sara, âgée de trente-huit ans, elle va l'encourager à revoir ses quatre amis en vue de percer le mystère de la rupture qu'ils lui ont imposée. Tsukuru retourne à Nagoya mais devra aussi se rendre en Finlande où réside Eri "Noire" ; ses quatre amis ayant des noms de "couleur" seul Tsukuru est sans "couleur".
Haruki Murakami excelle dans l'art du roman, ses histoires émaillées de références musicales, documentées par un auteur qui connaît ses sujets à fond révèle le Maître incontesté qu'il est assurément ! Point n'est besoin de préciser que je lis tous ses livres.
L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, le livre de Haruki Murakami qui pourra plaire à tous les lecteurs !
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sandrine57
  17 septembre 2014
Ils s'étaient rencontrés par hasard à l'adolescence, s'étaient rapprochés, étaient devenus les meilleurs amis du monde. Trois garçons, deux filles. Unis comme les doigts de la main, ils formaient un cercle d'amitié parfait, partageaient tout, étaient inséparables. Leurs noms représentaient chacun une couleur : Kei Akamatsu (pin rouge), Yoshio Ômi (lac bleu), Yuzuki Shirane (racine blanche), Eri Kurono (prairie noire), sauf Tsukuru, dont le nom signifie ''celui qui construit'', un nom de bâtisseur, certes, mais totalement incolore. Quand arriva le moment d'intégrer une université, tous étaient restés à Nagoya, sauf Tsukuru qui se démarqua encore une fois. Passionné depuis toujours par les gares, il était parti pour Tokyo et une filière technologique spécialisée. Mais le cercle ne s'était pas rompu, l'exilé volontaire revenant passer tous ses congés scolaires dans sa ville natale, auprès de ses amis. Jusqu'aux vacances d'été de sa première année de fac. Alors que comme d'habitude, il prenaient contact avec eux, tous refusèrent de lui parler. Trop peiné pour demander des explications à cette cruelle exclusion, Tsukuru retournait à Tokyo et flirtait avec l'idée de la mort pendant plusieurs mois. Finalement, il survécut à sa blessure et se construisit une vie, solitaire mais tranquille. Mais la blessure ne s'était jamais refermée.
Seize ans après cet épisode douloureux, alors qu'il se sent prêt à entamer une relation durable avec Sara, celle-ci l'encourage à retourner à Nagoya et à demander à ses amis une explication qui pourra enfin lui permettre d'oublier le rejet et de panser ses plaies. Elle localise les membres du groupe et prépare le voyage de Tsukuru, à Nagoya, et jusqu'en Finlande où s'est installée Eri.

Un pèlerinage dans son passé pour pouvoir envisager un avenir, tel est le voyage de Tsukuru Tazaki. Traumatisé par un abandon, il a vécu dans une solitude volontaire, et pense-t-il, propice à lui éviter d'autres peines. Mais cette façon de vivre dans le monde sans s'y mêler ne pouvait durer. Il va devoir déconstruire son passé pour se construire un futur. Quête de la vérité mais aussi quête de soi, son parcours nostalgique dans les méandres de l'amitié est aussi une analyse de la nature humaine.
Tantôt mélancolique, tantôt dur, ce roman s'inscrit dans la réalité pure, même si on y retrouve quelques touches de fantastique, très légères et qui s'intègrent bien dans un récit éthéré mais non dénué d'un certain suspense. Les sombres raisons du rejet qui hante le héros finiront par être dévoilées. Ses rencontres avec ses anciens amis l'amèneront à s'interroger sur le sens de l'amitié, la capacité d'aimer, le travail comme moyen de s'épanouir, les choix de vie et les voyages. de Nagoya à la Finlande, accompagné par la musique de Liszt, le lecteur s'immerge dans l'univers de MURAKAMI, sans jamais perdre pied comme cela a pu être parfois le cas dans certains de ses livres.
Un opus très réussi qui séduira les fans et pourra même en convertir de nouveaux.
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le_Bison
  09 juin 2019
Rarement je n'ai pu autant m'identifier aussi fortement, indélébilement, à un roman. Ce Tsukuru Tazaki me cause au plus profond de moi-même, il est simplement en moi, je le ressens à chaque étape de ma vie. Je crois qu'on se comprendrait tous les deux, à moins qu'il soit moi, que je sois lui, que nous ne sommes qu'un. Une même et unique âme dans une même et unique putain de vie.
« J'ai ressenti avec de plus en plus de force que les autres me considéraient comme quelqu'un qui ne valait rien, ou qui était tout à fait inintéressant. du moins, je me suis vu ainsi. »
Ils sont cinq, comme les doigts d'une main. Unis et inséparables. du moins, c'est ce qu'il croit, qu'il pense, jusqu'au jour où, du jour au lendemain, on lui envoie, une lettre, un mail, un coup de téléphone, peu importe, lui demandant de ne plus revenir. Il l'accepte, même si intérieurement il ne le comprend pas, mais il ne s'imposera jamais aux autres, même si une profonde communion était née entre eux. Cette séparation, brutale, signe sa mort intérieure. Il survit dans ce monde mais sent qu'il n'appartient plus à ce monde. Face à la couleur de ses amis, lui qui s'est perçu toujours comme un être incolore voir transparent dans cette société-là, il n'a plus d'existence dans ce monde, ou est-ce ce monde qui n'a plus d'existence ou de réalité dans cette vie-là. Attendre une prochaine vie…
« Lorsqu'on est profondément blessé, les mots ne vous viennent pas. »
Vivre comme un somnambule, avancer, marcher, courir, alors qu'on est déjà mort. Et écouter le silence de sa vie. Devant une bière et un disque de jazz. Un sax' qui caresse ce silence, encore trop sensuel pour lui qui le ramène à de douloureux souvenirs. Non aujourd'hui ce sera musique classique, parce qu'avec l'âge le classique me va bien, parait-il… Au programme les années de pèlerinage avec Liszt, une ode à la mélancolie et à la solitude.
Tsukuru s'enferme petit à petit dans cette solitude, un univers certes volontaire mais par moment pesant. Mais comment peut-il en être autrement quand il pense qu'il n'est rien, ou si peu, un être si incolore dans le tourbillon de la vie. Roman de gares et de spleen. Tsukuru soigne sa mélancolie en construisant et aménageant des gares. C'est un bâtisseur depuis l'enfance. Moi les gares, je les traverse, Gare Saint Lazare et sa cohue, Gare Montparnasse pour descendre quelques bières au Falstaff, Gare de Lyon, et son train bleu, le train de l'amour pour le sud… Blue Train, Blue Moon… Roman de nostalgie et de mélancolie où la tristesse de Tsukuru s'épanche sur chaque page comme je m'épanche sur les rails de la nuit étoilée, le regard porté sur la lune. Lune japonaise, lune finlandaise. Prendre un billet, traverser les nuages survoler le Mont Fuji et découvrir le silence des fjords. Là où je suis, le silence m'enveloppe.
« C'était seulement de la tristesse. La tristesse d'un homme abandonné au fond d'une fosse profonde et obscure. »
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zaphod
  25 août 2014
J'ai eu de la chance: je suis tombé malade. Une bonne vieille crève des familles qui racle bien jusqu'au fond de la gorge.
Juste au moment où je recevais le dernier roman de Murakami.

Il faut dire que j'ai une théorie que les meilleures conditions pour lire du Murakami sont à trouver au fond d'un lit avec une légère fièvre (je recommande un petit 38C°).

On vante assez la poésie, l'onirisme mystérieux et la douce nostalgie de cet auteur, et d'après moi, l'état fiévreux, en brouillant la frontière entre rêve, réalité, et littérature est particulièrement propice à pénétrer ce territoire.

Mais surtout, j'apprécie les frissons sous la couette.
S'il fallait toujours expliquer la raison de toute chose, il faudrait encore une fois faire un retour à l'enfance.

Dans la maison de mes parents, il n'y avait pas de chauffage dans les chambres (je confirme pourtant que je suis né au XXe siècle, et non au XIXe). La mienne était sous les combles, et certains matins d'hiver, il m'arrivait de me réveiller avec du givre sur la face intérieure des vitres, et un nuage blanc qui sortait de ma bouche (j'habitais au nord de votre Nord).
Il fallait parfois du courage pour sortir du lit le matin, mais plus encore pour y entrer le soir. le matelas était tellement froid que j'avais l'impression de me coucher sur la banquise, et presque peur de déranger la sièste d'un pingouin.

Je me suis d'ailleurs mis à imaginer que j'étais un explorateur polaire perdu dans une tempête de neige. Mes nombreuses couvertures étaient autant de blocs de glace qui m'avaient permis de construire un igloo de fortune. Je ne laissais que la plus petite ouverture pour permettre à l'air d'entrer, mais pas assez grande pour laisser passage aux pattes des redoutables ours blancs qui hantaient la banquise en quête de nourriture.
Comme ma chaleur corporelle réchauffait lentement l'igloo, mon corps s'arrêtait peu à peu de trembler, et je finissait par m'endormir, fier d'avoir survécu un jour de plus dans cet environnement hostile.
Quand on a combattu le froid pendant de si longues minutes, en n'étant jamais totalement sûr qu'on finira par le vaincre, le peu de chaleur dont on peut jouir ensuite en prend un goût tellement doux!

Ayant vieilli de quelques années, j'ai eu l'idée d'améliorer mon scénario. Toujours sur la banquise, perdu en pleine tempête, j'imaginais rencontrer une exploratrice tout aussi perdue et frigorifiée que moi. Nous construisions notre igloo ensemble, et décidions comme seule solution de survie d'utiliser la chaleur animale (la nôtre, si vous avez bien suivi) pour nous éviter de mourir gelés. Je vous passe les détails à cette heure de la journée, mais j'ai la certitude que l'igloo se réchauffait beaucoup plus vite à deux, et atteignait des températures suffocantes (il faut croire que j'ai une imagination puissante).

Peut-être comprenez-vous maintenant pourquoi encore aujourd'hui, j'aime bien frissonner au lit.

Encore un peu plus tard, quand j'ai eu l'occasion de faire des explorations nocturnes en compagnie d'une vraie fille, un soir d'hiver, je lui ai proposé d'ajouter des couvertures et de dormir la fenêtre ouverte. Elle n'a pas eu l'air d'apprécier l'idée. J'ai tenté d'expliquer:
- Tu vois, on serait des explorateurs polaires, perdus dans la tempête, on construirait un igloo, et...
- Non mais ça va pas? T'es déjà pas bien dans ta tête, tu veux en plus qu'on se chope une pneumonie?
- Mais qu'est-ce que tu fais, pourquoi tu te rhabilles?
- Je retourne dormir chez mes parents. T'es vraiment trop barge.

Quel manque de poésie. Elle ne me méritait pas.

Mais pourquoi est-ce que je raconte tout ça?
Oui, je parlais du Murakami, que j'ai commencé dans mon lit en frissonnant, me réchauffant lentement sous l'effet des couvertures, du paracétamol et du grog (ma recette: miel, lait chaud et whisky, mais sans miel et sans lait, avec un supplément de whisky).
J'étais donc dans les conditions idéales. En plus, je suis assez partial vis-à-vis de Murakami. Mais j'ai trouvé ce livre plein de correspondances étranges et poétiques, une parfaite réussite. Bien mieux que son prétentieux 1Q84.
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Eve-Yeshe
  05 novembre 2014

Tsukuru Tazaki vient de rencontrer Sara et leur relation devenant sérieuse, celle-ci lui demande de parler de lui et notamment de son passé car elle pressent une souffrance enfouie.
C'est ainsi qu'il va raconter l'histoire de cinq amis qui se sont rencontrés durant l'adolescence et sont devenus inséparables, ne se cachant rien, engagés à ne pas avoir d'histoire d'amour ou de sexe entre eux et avec le but d'exercer des activités bénévoles.
On a ainsi : Kei Akamatsu (pin rouge), Yoshio Ômi (lac bleu), Yuzuki Shirane (racine blanche), Eri Kurono (prairie noire), sauf Tsukuru, dont le nom signifie ''celui qui construit'', un nom de bâtisseur, mais totalement incolore, ce qui va devenir sujet de plaisanterie entre eux. Ils habitent Nagoya, où ils étudient au lycée. Désormais, on aura Rouge Bleu, Noire et Blanche et Tzukuru.
Un jour, il faut partir à l'université, et alors qu'ils s'étaient promis de rester à Nagoya, Tzukuru part à l'université de Tokyo. Fasciné depuis l'enfance par les gares il veut devenir ingénieur, et va tenter le difficile concours d'entrée qu'il réussit.
Pendant deux ans, il va rentrer souvent à Nagoya tous les week-ends jusqu'au jour où ses amis ne viennent pas le chercher à la gare. Il téléphone à chacun et l'un d'eux dit qu'il ne doit absolument jamais plus entrer en contact avec les autres car quelque chose de grave s'est produit, mais Tzukuru ne sait pas quoi et surtout il ne demande pas d'explication, acceptant le verdict.
Il entre alors dans une dépression profonde, fasciné par la mort, il maigrit énormément, et pendant six mois il devient un spectre.
Peu à peu il s'en sort, faisant énormément de sport (il nage 1km ½ tous les jours) et c'est à la piscine qu'il rencontre le seul ami qu'il aura jamais Haida (dans son nom, on retrouve le couleur grise), ils deviennent très proches.
Mais, la rupture avec ses amis va avoir des conséquences sur toute sa vie. Va-t-il les revoir ? C'est ce que le roman nous fait découvrir.

Ce que j'en pense :
Tsukuru est un personnage étrange auquel on s'attache très vite, car on voit tout de suite sa fragilité, et on a envie de le connaître davantage donc on le suit dans sa quête de vérité. Il s'est enfermé dans la solitude et un travail qu'il aime, construire ou rénover des gares après avoir flirté avec la mort quand ses amis l'ont rejeté. Pendant ces seize années de solitude, seule la musique de Liszt, une oeuvre en particulier, ainsi que le fait de se réfugier dans une gare, n'importe laquelle en fait, en regardant les trains passer, les voyageurs partir, arrivent à apaiser son angoisse, sa mélancolie même.
La partition de Liszt, « Années de pèlerinage » interprétée par Lazar Berman qu'il écoute sur des vieux trente trois tours, sert de fil rouge au livre. Liszt a composé cette oeuvre, lors d'un voyage en Suisse, Italie et l'a remodelée trente ans plus tard, comme Tsukuru est revenu sur son passé pour résoudre l'énigme de son rejet par les autres membres du groupe, seize ans plus tard. Dans les deux cas, le passé est clarifié et recomposé à la lumière de l'adulte. Il s'agit d'un pèlerinage dans les deux cas. Et aussi de la mélancolie, dans les deux cas : mal du pays évoque la nostalgie, la tristesse comme un écho à la mélancolie de Tsukuru.
C'est un livre très fort, qui fait réfléchir en même temps qu'il nous emmène dans une belle promenade, au Japon (retour vers Nagoya) et en Europe où il n'hésite pas à aller retrouver Noire pour avoir l'explication, lui qui n'est jamais sorti du Japon. Il le fait à la demande de sa copine avant de s'engager dans une relation amoureuse stable, mais il est convaincu qu'elle a raison, il ne le fait pas pour lui faire plaisir.
Vous l'aurez compris, c'est mon premier coup de coeur parmi les romans de la rentrée littéraire. J'aime profondément le style de cet auteur, ses descriptions, sa sensibilité quand il évoque la musique et les blessures de ses héros. C'est le deuxième roman que je lis de cet auteur et je suis encore plus sous le charme que pour « Kafka sur le rivage » car Murakami est allé encore plus loin dans la réflexion. Son roman est bien construit, ciselé même, chaque personnage, chaque ressenti, chaque action, tout a été sculpté.
Note : 9,5/10

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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critiques presse (8)
LaPresse   12 décembre 2014
Un roman réaliste, qui tranche avec les récits fantaisistes qui ont fait la renommée de l'auteur.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaPresse   20 octobre 2014
Murakami a écrit là un roman qui réunit pratiquement tout ce qui fait la force de son oeuvre, mais sur un mode mineur, comme pour rappeler que toute vie comporte sa part d'étrangeté.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LesEchos   10 septembre 2014
Œuvre mélodieuse, « L’Incolore Tsukuru Tazaki… » est aussi un livre de peintre. De l’Empire du Soleil Levant aux lumières du Nord de l’Europe, chaque description déroule une palette savante, étonnant assemblage de teintes et de textures.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique   09 septembre 2014
Haruki Murakami revient avec un roman-parcours désespéré et optimiste.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse   01 septembre 2014
Après le triomphe de sa trilogie onirique 1Q84, le maître japonais de l'illusion Haruki Murakami renoue avec le réalisme dans son nouveau roman, L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, balade intimiste et grave au pays de la nostalgie.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Culturebox   01 septembre 2014
Le treizième roman d'Haruki Murakami est comme ça, il laisse dans son sillage une musique, celle qu'il fabrique avec les mots. Une musique toute simple, empreinte d'un mélange de mélancolie et de joie.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeFigaro   29 août 2014
Murakami revient au réalisme lyrique: un homme, une femme, des blessures intimes et une mélancolie sous-jacente, cernant magnifiquement ces sentiments inexpliqués qui étreignent le cœur. On en sort étrangement apaisé.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   27 août 2014
Son roman est composé comme la partition de Liszt, ses phrases simples et pudiques rappellent le phrasé lent et dépouillé du piano joué à une seule main, les jeux de miroirs entre les personnages évoquent les motifs répétitifs et lancinants de la mélodie lisztienne.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (211) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   27 juin 2014
A considérer l'ensemble de leur vie, on pouvait affirmer que ces cinq amis avaient bien plus de points communs que de différences.
Pourtant, le hasard faisait que Tsukuru Tazaki se distinguait légèrement sur un point : son patronyme ne comportait pas de couleur. Les deux garçons s'appelaient Akamatsu - pin rouge -, Ômi - mer bleue -, et les deux filles, respectivement Shirane - racine blanche - et Kurono - champ noir. Mais le nom de "Tazaki" n'avait strictement aucun rapport avec une couleur. D’emblée, Tsukuru avait éprouvé a cet égard une curieuse sensation de mise a l'index. Bien entendu, que le nom dune personne contienne une couleur ou non ne disait rien de son caractère. Tsukuru le savait bien. Néanmoins, il regrettait qu'il en soit ainsi pour lui. Et, a son propre étonnement, il était plutôt blessé. D'autant que les autres, naturellement, s’étaient mis a s'appeler par leur couleur. Rouge. Bleu. Blanche. Noire. Lui seul demeurait simplement "Tsukuru". Combien de fois avait-il sérieusement pensé que ç’aurait été bien mieux si son patronyme avait eu une couleur ! Alors, tout aurait été parfait.
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le_Bisonle_Bison   07 mai 2019
Il vécut tout ce temps tel un somnambule, ou comme un mort qui n'a pas encore compris qu'il était mort. Il s'éveillait au lever du jour, se brossait les dents, enfilait des vêtements qui se trouvaient à portée de main, montait dans le train, se rendait à l'université, prenait des notes durant ses cours. A la manière d'un homme qui se cramponne à un lampadaire quand souffle un vent violent, ses mouvements étaient seulement assujettis à son emploi du temps immédiat. Sans parler à personne sauf s'il ne pouvait pas faire autrement, il s'asseyait par terre lorsqu'il revenait dans son logement où il vivait seul, et, appuyé contre le mur, il méditait sur la mort ou l'absence de vie. Devant lui béait un gouffre sombre, qui menait droit au centre de la terre. Ce qu'il voyait là, c'était un néant où des nuages solides tourbillonnaient ; ce qu'il entendait, c'était un silence abyssal qui faisait pression sur ses tympans.
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le_Bisonle_Bison   22 février 2019
Il était presque huit heures du matin lorsqu'il s'éveilla.
Dès qu'il fut debout, il vérifia que ses sous-vêtements n'étaient pas tachés. C'était le cas quand il faisait des rêves érotiques? Mais non. Tsukuru n'y comprenait rien. Il était certain d'avoir éjaculé dans son rêve - du moins dans un lieu qui n'appartenait pas au monde réel. Très puissamment. Il en gardait encore en lui la sensation. Une grande quantité de sperme réel avait forcément dû être émise. Dont il ne restait pas de trace.
Puis il se souvint de la bouche de Haida recueillant son sperme.
Il ferma les yeux, grimaça légèrement. Est-ce que tout cela est réellement arrivé ? Non, impossible. Toutes ces choses se sont passées dans la partie obscure de ma conscience, se dit-il. Mais alors, où a disparu tout ce sperme ? Également au plus profond de ma conscience ?
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AlfrAlfr   23 octobre 2014
Un plaisir sans nom de retrouver un personnage de Murakami. Nous faisons la rencontre de Tsukuru "l'incolore", dont le prénom n'évoque aucune couleur, contrairement à ses quatre amis de jeunesse. Ce Tsukuru est un garçon simple, menant une vie tout à fait réglé (comme tous les personnages de Murakami). Mais ce garçon simple n'explique pas le rejet de ses amis à son entrée à l'université. La seule raison lui venant à l'esprit est celle de la couleur : ne manque-t-il pas de personnalité ? Pourtant, comme l'évoque son prénom, Tsuku sait "construire" des choses, notamment des gares. C'est un endroit qui le passionne et qui le fascine, comment peut-on expliquer que tout soit réglé malgré le nombre incroyable de gens qui fréquentent cet endroit par jour ?
La force de Murakami est la proximité du personnage et du lecteur. C'est toute la magie de cet auteur, de rapprocher ainsi les individus malgré les différences de civilisation.
Cette œuvre est à rapprocher d'un de ses premiers romans "La course au mouton sauvage" selon les spécialistes. Ce qui expliquerait sans doute pourquoi le rêve n'est pas autant développé que d'habitude. La porte sur ce monde est en effet à peine entre-ouverte, et ce, essentiellement par l'intermédiaire des rêves de Tsukuru. Un roman idéal pour les lecteurs découvrant Murakami, ou ceux qui n'apprécient que moyennement le voyage dans l'onirisme.
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SyrinxSyrinx   26 décembre 2014
Sara dit qu'elle a de l'amitié pour moi. C'est sans doute vrai. Mais il y a tellement de choses pour lesquelles l'amitié ne suffit pas.
La vie est longue, et parfois rude. Elle a parfois besoin de victimes. Il faut bien qu'il y en ait pour tenir ce rôle. Et puis le corps humain est fragile, vulnérable, le sang coule à la moindre coupure.
Quoi qu'il arrive, si Sara ne me choisit pas demain, j'en mourrai vraiment, songea Tsukuru. Que ce soit une mort réelle ou une mort métaphorique, cela ne changera pas grand-chose. Mais peut-être que, cette fois, je rendrai pour de bon mon dernier souffle. Tsukuru Tazaki, l'homme qui n'a pas de couleur, s'estompera et se retirera discrètement de ce monde. Tout deviendra néant pour lui, et il ne restera plus qu'une poignée de terre glacée et figée.
Et après ? pensa-t-il. L'idée m'est tellement familière que je ne serais pas surpris que cela m'arrive vraiment. Ce ne sera rien de plus qu'un phénomène physique. Le mécanisme d'une montre bien remontée qui se détend peu à peu, l'impulsion qui s'affaiblit jusqu'à ce que les roues dentées s'immobilisent et que les aiguilles se figent. Puis ce sera le silence. C'est tout ce que ce sera, non ?
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Vidéo de Haruki Murakami
Roman traduit du suédois par Esther Sermage Lu par Bernard Gabay **La Fille qui devait mourir** ? le grand finale de David Lagercrantz dans la série Millénium ? est un cocktail redoutable de scandales politiques, jeux de pouvoir à l?échelle internationale, technologies génétiques, expéditions en Himalaya et incitations à la haine qui polluent l?Internet et qui trouvent leurs origines dans des usines à trolls en Russie.
L?interprète Bernard Gabay a débuté au cinéma et joué dans de nombreux films et téléfilms ainsi que dans une trentaine de pièces de théâtre, avec une prédilection pour les auteurs contemporains. Il est aussi la voix française de Robert Downey Jr, Viggo Mortensen, Daniel Day-Lewis. Il a participé à de nombreuses lectures publiques et prêté sa voix, dans de nombreux livres audio, à des auteurs tels que Serge Joncour, Tahar Ben Jelloun, Haruki Murakami, Philip K. Dick?
FORMAT : 13,7 x 18,8 / DURÉE D?ÉCOUTE : 12H / 2 CD / MEV : 22 AOÛT 2019
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