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EAN : 9782714479570
304 pages
Éditeur : Belfond (07/11/2019)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 840 notes)
Résumé :
A Tokyo, un jeune cadre publicitaire mène une existence tranquille. Il est amoureux d’une jeune fille par fascination pour ses oreilles, est l’ami d’un correspondant qui refuse de lui donner son adresse pour de confuses raisons..., jusqu’au jour où cette routine confortable se brise. Pour avoir utilisé une photographie apparemment banale où figure un mouton, sa vie bascule. Menacé par une organisation d'extrême droite, il va se mettre en quête de cet animal particul... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
Malivriotheque
  13 septembre 2015
le narrateur, jeune trentenaire entrepreneur, se voit un jour menacé par une organisation puissante qui lui demande de partir à la recherche d'un mouton dont il a publié la photo dans un magazine. La demande peut paraître loufoque, mais il n'a pas le choix et il se voit donc embarqué dans une aventure surréaliste...
A l'ère où "le tabac, c'est tabou, on en viendra tous à bout", des paquets de clope standardisés offrant aux plus accros de magnifiques images de poumons calcinés qui visiblement ne refrènent pas les plus intoxiqués, de l'interdiction de fumer à l'intérieur et dans les endroits publics, ce roman qui montre un personnage (voire plusieurs) des années 70 qui fume à toutes les pages fait presque anachronique. Et quand finalement la clope tire sa révérence dans le récit, c'est pour laisser place à la bière, bue en quantité non négligeable, avec un soupçon de brandy (cognac) tant qu'on y est. Ce livre traiterait-il en fait de l'addiction ??
Passé ce constat tout à fait inutile (quoique...), nous avons-là un roman qui met un temps fou à démarrer. Mais Murakami écrit à l'occidentale, donc ça passe, les pages se tournent sans trop forcer jusqu'à ce que la patience du lecteur soit enfin récompensée grâce à l'arrivée de l'énigme du mouton. Après ça, l'intérêt va en grandissant, jusqu'à la révélation finale, inattendue, surprenante mais un brin inaboutie.
Le caractère irréel et surréaliste de toute la partie dans la maison perdue dans la montagne a un charme fou complètement onirique qui efface presque les impressions de perdition éprouvées au début de la lecture. La fin, et surtout le personnage du mouton, font furieusement penser au lapin apocalyptique de Donnie Darko. L'absence de noms et d'identités précises renforce le caractère nébuleux de l'histoire, mais également son côté presque prophétique. Quant à l'épilogue, il laisse place à l'interprétation personnelle du lecteur, lequel se retrouvera sans doute un peu pantois face au manque de précisions.
Ce n'est, au final, peut-être pas le roman du siècle mais il sait faire mouche. Embarquez-vous pour un voyage hors du commun, aux personnages mystérieux et aux virages fantastiques. Pourquoi rester sur terre quand l'imaginaire existe ?

Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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Glaneurdelivres
  28 mai 2020
Ce roman de Haruki Murakami est la suite de ses deux tout premiers récits intitulés « Écoute le chant du vent » et « Flipper, 1973 ».

On est en 1978. le narrateur a maintenant la trentaine. Il travaille toujours avec son ami d'enfance (son associé). Mais désormais, leurs affaires ont bien évolué (leur petit bureau de traductions s'étant transformé en agence publicitaire performante).
Le héros a divorcé, mais il est resté ce même « bon vivant » (amateur de bières et grand fumeur).
Il a toujours du mal à s'engager et à donner du sens à sa vie banale. Il est nonchalant.
Il vit seul, avec son vieux chat, dans un petit appart tokyoïte. Il fait la rencontre d'une jeune fille (occasionnellement mannequin), dont il tombe littéralement sous le charme. Il est absolument fasciné par la grande beauté de ses oreilles ! (« le galbe du lobe dépassait en douceur toutes les courbes de la terre, le volume de sa chair potelée transcendait la vie. »)
Tout à l'air de se passer pour le mieux, quand un jour, se présente à l'agence un mystérieux homme en noir (« Un homme étrange aux propos étranges »). Il s'avère que cet homme mystérieux est le n°2 d'une organisation mafieuse de l'extrême droite japonaise (organisation qui a une emprise totale sur la politique et l'économie du pays et dont la puissance ne semble pas avoir de limites !).
Et l'intrigue commence ici : en fait, l'agence a fait paraître une photo de moutons pour illustrer la campagne publicitaire d'une société d'assurances sur la vie, et l'homme en noir demande qu'on lui explique pourquoi, sur cette photo, figure un mouton de race inconnue, qui porte sur le dos un dessin en forme d'étoile !
Mais, le héros est incapable d'expliquer cette étrangeté, et il refuse de lui révéler la provenance de la photo originale. Alors l'homme en noir le menace, lui disant qu'il a toutes capacités pour porter un grave préjudice à leur agence. Ainsi, n'ayant pas d'autre choix, le héros va devoir impérativement retrouver au plus vite le mouton sauvage en question…
Au passage, on apprend qu'il y a beaucoup d'espèces de moutons, mais cet animal qui nous semble gentil, a des moeurs rudes : le bélier dominant élimine toute concurrence et se renouvelle à chaque saison, épuisé par le labeur intense qu'il a dû fournir auprès des brebis.
On fera le parallèle avec ce qui se passe dans le récit, et ce qui se passe en politique ! Une jolie métaphore !
En effet, les hommes ont des partisans qui les font durer aux plus hautes fonctions, ce qui aboutit à des oligarchies. Très conservateurs, ils s'accrochent à leurs privilèges et n'acceptent que les idées qui les servent !
S'en suivent beaucoup de péripéties où interviennent de curieux personnages : le Maître, le chauffeur de limousine, un Docteur- es moutons, un homme-mouton, …
Quelques notions d'histoire du Japon et de l'Asie s'insèrent aussi dans le récit (évocation de la guerre russo-japonaise, du panasiatisme : idéologie qui promeut l'unité des peuples asiatiques contre l'impérialisme occidental).
Et tout s'enchaîne parfaitement dans cette histoire. Tous les plus petits détails se mettent progressivement et tout doucement en place pour former un grand ensemble très cohérent à la fin !
Murakami nous fait naviguer dans un récit où on ne sait pas toujours vraiment distinguer ce qui est réel de ce qui est imaginaire. On se retrouve comme embué dans le fantastique, et ça fait du bien !

J'ai trouvé que l'écriture de Murakami était plus riche dans ce roman que dans les 2 récits précédents.
Il sait choisir habilement quelques petites phrases pour préparer le passage vers une atmosphère pesante et inquiétante : « Les cigales se limaient désespérément le corps comme pour rappeler une saison approchant de sa fin », « Un silence habité par le pressentiment d'une mort inévitable » …
Et quand l'atmosphère est pesante, Murakami glisse une phrase d'humour dans le récit, comme pour détendre et peut-être aussi pour rendre le lecteur plus attentif à ce qui va suivre ensuite…
« - Alors à plus tard » dit l'homme. Et il raccrocha, d'une façon qui me laissa un arrière-goût désagréable. Pour m'en débarrasser, je fis une trentaine de pompes, une vingtaine d'abdos, la vaisselle et une lessive de trois jours ».
La description de son vieux matou m'a particulièrement amusé ! « Ses coussinets ressemblaient à des pois chiches tout racornis, ses oreilles étaient définitivement infestées par la vermine et, l'âge aidant, il pétait une bonne vingtaine de fois par jour », et aussi « Trois pigeons bien dodus perchés sur un poteau électrique poussaient des roucoulements dénués de sens. A moins que ces roucoulements ne voulussent au contraire dire bien des choses. Que leurs cors au pieds leurs faisait mal, qui sait ? »
Et quand le récit vire à l'enquête policière, Murakami met dans les mains de son héros « Les aventures de Sherlock Holmes » ! Et parfois le héros regarde un « Hitchcock » !
Des thèmes reviennent souvent dans ses récits, tels que le temps qui passe et le sens à donner à sa vie : « Ainsi ai-je vécu ce mois, un peu comme d'autres noircissent les unes après les autres les dates sur un calendrier » ; « Il y a des choses qui s'en vont avec l'oubli, d'autres en se volatilisant, d'autres encore dans la mort ».
Il y a aussi beaucoup de sensualité et de lyrisme – attiré par les corps, les oreilles : « Elle était irréellement belle. D'une beauté que je n'avais jamais vue ni imaginée jusqu'alors… Tout y était exagéré jusqu'à l'arrogance… » et « Elle avait vingt et un ans, un corps splendide, tout élancé, et deux oreilles d'une perfection ensorcelante ».
De temps en temps apparaissent de délicates images poétiques, comme :
« le silence était posé là-dessus telle une fine poussière ».
Au fil de la lecture de ce roman, mon intérêt n'a fait que croître, et j'étais pressé de connaître la fin de l'histoire ! J'y ai davantage découvert l'univers de Murakami. C'était différent de ce que j'avais pu lire auparavant et j'ai adoré l'intrigue, ce côté surréaliste et l'atmosphère qui s'en dégage.
Et d'ailleurs, pour saisir l'histoire dans sa globalité et sa continuité, je suis satisfait d'avoir lu « Écoute le chant du vent » et « Flipper, 1973 », avant.
J'ai été tellement emballé par ce roman, que j'ai décidé de lire « Danse, danse, danse », qui est une suite de « La course au mouton sauvage » et qui, avec les récits précédents forme une tétralogie !
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Woland
  24 décembre 2007
Hitsuji wo meguru bōken
Traduction : Patrick de Voos
Terminé aujourd'hui "La course au mouton sauvage" dont on peut se demander, par une réflexion de l'Homme en Noir un peu avant l'épilogue, s'il ne serait pas plus exact de l'appeler : "La sauvage course au mouton."
Et c'est un livre pas-sion-nant ! Une petite merveille de récit à la fois insolite et initiatique qui, à partir du début de la "course", flirte carrément avec le fantastique. Mais un fantastique diffus, fidèle à une certaine tradition japonaise, un fantastique poétique et doux, avec des pointes de cruauté mélancolique.
Tout bien sûr débute de façon banale avec un narrateur de 36 ans qui vient de divorcer et qui traîne à Tôkyô une existence de publicitaire aisé mais désabusé. On peut croire longtemps à une histoire d'amour un peu semblable à celle de "La Ballade ..." jusqu'au moment où notre narrateur se voit convoqué par l'Homme en Noir, mi-conseiller politique, mi-yakusa, dévoué secrétaire du Maître, ponte moribond de l'Extrême-droite japonaise.
Avant de prendre son envol vers les hautes sphères du pouvoir, à la fin des années 30, le Maître n'était qu'un jeune homme tout à fait banal. Mais, à partir de l'an 1937, il s'est mué en un leader incontesté et incontestable. Pourquoi ? La réponse est toute simple : parce qu'un mouton - pas n'importe quel mouton, bien sûr - s'est emparé de son esprit. Mais le corps du Maître étant arrivé sur la fin, le mouton-parasite vient de le quitter, en quête d'un nouvel hôte. Et ce que l'Homme en Noir exige du narrateur - pour certaines raisons que je vous laisse découvrir - c'est qu'il déniche ce fameux mouton - et éventuellement le nouveau corps qu'il a choisi.
Comme le fait lui-même remarquer le narrateur lors de son entretien avec l'Homme en Noir, l'histoire est complètement absurde et pourtant, quelque chose fait qu'on la sent authentique ...
Autant parce qu'on lui force la main que parce qu'il est lui-même taraudé par la curiosité, notre héros accepte donc la "mission" dont on veut à tous prix le charger. Et il part en quête, accompagné par sa girl friend, une jeune femme aux oreilles d'une beauté délicate qui, en parallèle de ses activités de correctrice pour une obscure maison d'édition et pour une agence de mannequins spécialisée dans les photos ... d'oreilles, travaille aussi comme escort-girl.
En sortiront-ils indemmes ? Physiquement, oui. Moralement, c'est autre chose.
Quoi qu'il en soit, à l'image d'une bonbonnière japonaise dont on se demande en vain pourquoi on n'accepterait sous aucun prétexte de se séparer d'elle, ce livre a quelque chose d'exquis et même d'envoûtant. Aux antipodes de "La Ballade ..." (qui m'avait laissée un peu sur ma faim ...), il laisse présager chez son auteur une grande faculté de renouvellement, qualité à mon avis trop rare dans le roman actuel. N'hésitez donc pas à vous faire votre propre idée sur la question : lisez "La Course au mouton sauvage" ! ;o)
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nounours36
  06 mars 2014
Murakami n'a de cesse d'immerger le lecteur que je suis, dans un univers mêlant poésie, fantastique et onirisme, à travers ces histoires étranges, fantastiques. On est plongé dans du quotidien, bercé de poésie surréaliste : "de la libération des oreilles", « d'une neige qui ressemble à la cervelle des gens », de rêve emprunt de symbolisme (« vache et la tenaille »).
Nous sommes souvent plongé entre deux mondes : celui du réel mêlant errements et désoeuvrements puis des moments de folies poétique. On se demande si l'écriture n'est pas faites sous substances hallucinogènes ? Pour le réel, on est tout au long de ce récit guidé musicalement par les musiques américaines : Rolling Stones et les Beach boys, puis le Jazz. Musique que l'on se doit d'écouter en lisant afin de rythmer cette course harassante au mouton.
Le narrateur lit les nouvelles aventures de Sherlock Holmes, peut-être un guide de lecture pour le lecteur dans cette enquête au mouton. Un mouton spécial, d'une race inconnue : « Un mouton d'un blanc pur, avec sur le dos une touffe de poils bruns décrivant la forme d'une étoile “, plutôt une race qui n'existe pas, un genre de mouton extra-terrestre qui …. Je vous laisse découvrir.
Dès Lors que j'eu finit la dernière page de "La course au mouton sauvage", il m'a semblé tomber dans un état de "manque-mouton", j'ai regardé par la fenêtre et "Le ciel était d'une pureté à vous donner mal au coeur", on m'a alors demandé : "-Tu peux me résumer ?", "-Si je résume, ça n'aurait plus aucun sens.".
Bon, je vous laisse je vais allé nourrir ma "Sardine", et écouter un disque de Bill Withers par exemple.
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MissLeo
  09 février 2013
L'histoire :
Un jeune cadre publicitaire de Tokyo en instance de divorce... Une jeune femme extralucide, aux oreilles bouleversantes de perfection et de sensualité... Une mystérieuse organisation d'extrême droite... Un vieil homme à l'article de la mort depuis plus de cinquante ans... La lettre d'un ami disparu... Un Docteur ès Moutons confiné dans une petite chambre d'hôtel de Sapporo... La course au mouton sauvage est lancée !

L'opinion de Miss Léo :
Vous noterez l'aspect sibyllin et énigmatique du résumé ci-dessus. Et pour cause : Haruki Murakami nous a concocté pour son troisième roman une histoire indescriptible et abracadabrantesque, dont il serait vain de vouloir raconter les péripéties. Mieux vaut se laisser porter par la superbe plume de l'auteur japonais, qui nous captive encore une fois par son style si particulier, et nous entraîne vers des horizons totalement inattendus. J'aime énormément cette écriture originale et envoûtante, qui ne ressemble à aucune autre, même si je conçois que certains lecteurs puissent être déroutés (voire rebutés) par l'étrange spécificité des univers créés par ce formidable conteur qu'est Murakami. Je suis pour ma part totalement séduite.
Moins poétique que Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (qui avait été pour moi un véritable coup de coeur), La course au mouton sauvage n'en demeure pas moins brillant par bien des aspects. Tour à tour chronique du quotidien ou fable métaphysique, mêlant une once de fantastique et quelques situations délicieusement burlesques à un petit fond d'analyse socio-économique, le roman provoque une légère sensation de malaise, que vient renforcer l'errance du narrateur, confronté avec sa petite amie à une aventure qui le dépasse. La quête du mouton sauvage s'apparente à une plongée dans l'inconnu, et les deux personnages principaux, privés de tout repère et contraints de renoncer à leurs certitudes, se retrouvent bien souvent dans une position d'attente interminable, ne sachant pas où débusquer l'objet de leurs recherches. Ce rythme lancinant aurait pu se traduire par quelques longueurs. Il n'en est rien, et le roman demeure fascinant d'un bout à l'autre, tandis que la banalité du quotidien se pare progressivement d'atours fantastico-oniriques. Certaines images sont saisissantes, et plutôt bien rendues par la traduction, par ailleurs excellente.
"Elle était irréellement belle. D'une beauté que je n'avais jamais vue ni imaginée jusqu'alors.Tout s'y dilatait comme l'univers, et tout s'y condensait comme dans un profond glacier. Tout y était exagéré jusqu'à l'arrogance, tout n'y était en même temps que dépouillement. Cela transcendait tous les concepts que pouvait formuler mon entendement." (page 50)
Le récit se décompose en courts chapitres aux titres énigmatiques (Le pénis de la baleine, de l'univers du lombric...), qui donnent évidemment envie d'en savoir plus. Les personnages n'ont pas de nom, mais sont pourtant très bien caractérisés, et se distinguent tous par un trait original (j'ai beaucoup aimé le personnage de la petite amie, qui utilise ses oreilles pour séduire les hommes). L'animalité est ici un thème récurrent, et c'est tout un bestiaire que Murakami nous propose de découvrir (le fameux mouton sauvage, bien entendu, mais aussi un vieux chat malade, un rat, des poissons ou encore une reproduction de pénis de baleine). On notera également l'importance du ciel, décrit à de multiples reprises et à l'aide de nombreuses métaphores ("le ciel était d'une pureté à vous donner mal au coeur", "c'était un ciel sans le moindre nuage, comme un oeil gigantesque dont on aurait arraché les paupières").
La lecture de cet ouvrage m'a parfois celle du Pingouin d'Andreï Kourkov. On ne peut pas vraiment les comparer, mais tous deux possèdent ce petit côté absurde et décalé que j'avais tant apprécié dans le roman de l'auteur ukrainien. Dans les deux cas, le héros (banal) est approché par de mystérieux individus aux motivations plutôt louches, et se retrouve embarqué bien malgré lui dans une histoire aux multiples rebondissements.
Bref, je suis plus que jamais convaincue du talent de Murakami, et c'est avec grand plaisir que je continuerai à découvrir son oeuvre foisonnante, qui me réserve à n'en pas douter encore bien des surprises.

Un superbe OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), dont j'ai adoré l'intrigue tortueuse et la plume si particulière. Murakami rules !
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
clarinetteclarinette   30 juin 2008
"L'un après l'autre, j'ouvris ses tiroirs dans la chambre à coucher : ils étaient vides. Une vieille écharpe rongée par les insectes, trois cintres et un sachet d'antimite, c'est tout ce qui restait. Elle était partie en faisant place nette. Les petits pots et autre produits de beauté qui traînaient pêle-mêle dans l'exigu cabinet de toilette, les bigoudis, la brosse à dents, le sèche-cheveux, les médicaments pour Dieu sait quoi, les protections hygiéniques, toutes les espèces de chaussures, des botillons aux pantoufles en passant par les sandales, la boîte à chapeaux, les accessoires de fantaisie dont on aurait pu remplir un tiroir entier, les sacs à main, sacs à bandoulière et pochettes, les sous-vêtements et chaussettes qu'elle rangeait toujours avec tant de soin, sa correspondance, rien, absolument rien de ce qui pouvait garder encore son odeur n'avait été épargné. A croire qu'elle avait elle-même essuyé les empreintes digitales avant de s'en aller. Un tiers de la discothèque s'était volatilisé. C'étaient les livres ou les disques qu'elle s'était achetés ou que je lui avait offerts.
En ouvrant les albums photos, je constatai que les clichés sur lesquels elle figurait avaient été arrachés. Ceux-là où nous étions ensemble avaient été soigneusement amputés de la partie où elle apparaissait. Les photos où j'étais seul de même que les photos de paysages et d'animaux, étaient intactes. Les trois albums ne renfermaient plus qu'un passé corrigé, sans la moindre bavure. Je m'y retrouvais tout seul, abandonné au milieu de photos de montagnes, de rivières, de daims et de chats. J'eus l'impression d'être né seul, d'avoir grandi seul et de devoir encore continuer mon chemin tout seul."
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andmanandman   12 août 2013
Elle dormait, les bras croisés, en face de moi. Le soleil de ce matin d’automne jetait à travers la fenêtre un léger voile sur ses genoux. Un papillon de nuit venu dont ne sait où voltigeait aux alentours comme un bout de papier tremblant dans le vent. Le papillon se posa bientôt sur son sein, s’y reposa quelques instants avant de repartir comme il était venu. Le papillon disparu, j’eus l’impression qu’elle avait imperceptiblement vieilli.
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MalivriothequeMalivriotheque   10 septembre 2015
Cependant, entre parler avec franchise et dire la vérité il y a un monde - comme la distance entre la proue et la poupe d'un bateau. La franchise apparaît d'abord, la vérité vient en dernier. L'écart temporel entre les deux est directement proportionnel à la dimension du navire. La vérité d'un fait gigantesque advient difficilement. De même, il arrive parfois qu'elle advienne seulement après que l'on a touché au terme de ses jours. C'est pourquoi ce ne sera ni ma faute ni la tienne, si d'aventure je ne t'ai pas dit toute la vérité.
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AustralAustral   24 septembre 2016
- Avec un ciel si clair, on doit pouvoir recevoir sans difficulté les messages de Dieu, dis-je.
- Vous n'y êtes pas, fit-il en souriant. Ses messages sont déjà là, en toutes choses, dans les fleurs, les pierres...
- Et... dans les automobiles ?
- Dans les automobiles aussi.
- Mais on les fabrique dans des usines, les autos, dis-je.
- Peut-être, mais la volonté divine est en toutes choses.
- Un peu comme la vermine dans les oreilles, dit-elle.
- Ou comme l'air, rectifia-t-il.
- On peut donc supposer qu'Allah est dans chaque automobile fabriquée en Arabie Saoudite.
- On ne fabrique pas d'automobiles en Arabie Saoudite.
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Mais, dites-moi, quel Dieu alors se trouve dans les voitures américaines exportées vers l'Arabie Saoudite... demanda mon amie.
Question difficile.
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MalivriothequeMalivriotheque   12 septembre 2015
Les fauteuils étaient d'un âge semblable à celui de l'hôtel. Le tissu qui les recouvrait était d'une curieuse teinte orange. Du genre : bien délavée au soleil, exposée ensuite aux intempéries durant une semaine, avant d'être passée à la cave pour que la moisissure s'en empare. Une couleur digne des premières heures du technicolor.
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