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ISBN : 2714478395
Éditeur : Belfond (11/10/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.43/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c'est comme si j'avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation.

Une jeune fille a disparu.
Une jeune fille dont le narrateur avait entrepris de faire le portrait. Une jeune fille aux yeux comme une flamme gelée. Une jeune fille qui l'intrigue et qui pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Levant
  24 novembre 2018
Le meurtre du commandeur est un tableau qui ne voulait pas de contemplateur. Il a été conçu dans le secret de son créateur. En soulagement d'une blessure, comme la parole libère le coeur de celui que la vie a traumatisé.
Portraitiste de renom, le narrateur anonyme de cet ouvrage en deux tomes sera le profanateur involontaire du secret piégé sur la toile par le vieux peintre Tomohiko Amada. Les intentions du créateur prendront corps et ouvriront alors le peintre du figuratif à la vraie nature de ses modèles. Pas celle dont les traits du visage se figent sous son pinceau, mais bien l'intimité de tout un chacun, obscure à tout autre.
Un lien se crée alors entre la toile conçue pour rester dans l'ignorance du monde et la réalité. Les concepts se matérialisent quand les événements s'enchaînent. Idée, métaphore prennent corps, interpellent et guident le portraitiste dans la compréhension du monde qui l'entoure, des êtres qui y évoluent. En particulier ce voisin singulier, Wataru Menshiki, et la jeune fille secrète, Marié Akikawa, dont il a entrepris de faire les portraits. L'abstraction de leur personnalité sous le pinceau de l'artiste, en exploration de leur moi intérieur, pourrait-elle mettre à jour une filiation ?
Lorsque la jeune fille disparaît, le portraitiste est conduit sur ses traces par un environnement surnaturel dans lequel s'interpénètrent esprits, concepts et créatures de l'imaginaire. Les êtres humains quant à eux, prisonniers "de l'espace, du temps et de la probabilité", ressentent l'oppressante claustrophobie de leur propre condition. Les parois qui se resserrent sur eux sont celles de leurs souvenirs, préjugés et autre inhibitions.
À la fréquentation de l'irrationnel il faut s'attendre à être déstabilisé. Haruki Murakami est orfèvre en la matière. Avec un développement très maîtrisé de l'intrigue, il retient son lecteur dans un qui-vive permanent. Chaque personnage peut créer la surprise et être potentiellement celui qui détient la clé des énigmes, lesquelles s'additionnent, s'enchaînent, se superposent. Les rebondissements se glissent dans les banalités du quotidien. Il n'y a pas avec Haruki Murakami de mystère planté au début de l'ouvrage qui trouve sa solution en dernier chapitre. Il conçoit celui-ci comme un distillat de l'imaginaire, dans lequel logique n'a pas sa place. Une forme originale de traiter les questions qui nous obsèdent. Toujours les mêmes.
J'ai toutefois un regret dans cet ouvrage. Certaines de ces obsessions que j'aurais bien voulu voir reliées plus intimement à la trame générale, le rôle de l'homme à la Subaru blanche par exemple. Mais soit, Haruki Murakami nous dit-il pas page 352 qu'il y a "des choses que nous ne pouvons ni ne devons expliquer."
Le meurtre du commandeur ; du romanesque de haut vol, à recommander à qui ne craint pas l'irrationnel pour traiter de nos obsessions bien réelles.
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BrunoA
  11 décembre 2018
Ce second volume du Meurtre du Commandeur nous entraîne dans des arcanes plus sombres, dans des ténèbres plus épaisses et dans des mystères plus insondables.
Après avoir réalisé le portrait de Menshiki, le narrateur retrouve l'inspiration, notamment grâce au tableau de Tomohiko Amada, le Meurtre du Commandeur.
Il entame le portrait de l'homme à la Subaru Forester Blanche puis, sur la demande de Menshiki, celui de Marié Akikawa.
C'est alors que la jeune fille disparaît et que le narrateur, toujours par l'intermédiaire du tableau de Tomohiko Amada, se retrouve à la frontière entre le rien et l'être.
On retrouve ici des traits d'autres romans de Murakami : la fin des temps, chroniques de l'oiseau à ressort dont l'univers ressurgit ici à travers le voyage du narrateur entre le monde réel et l'irréel.
Ce roman est passionnant de bout en bout et il ouvre au lecteur des horizons illimités et des abîmes de réflexion sur le sens des choses.
Toujours à la frontière du réel et de l'irréel, Murakami signe là une oeuvre majeure.
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visages
  31 octobre 2018
Si le livre 1 m'avait un peu privée de l'univers onirique et fantastique si propre à H.Murakami, le deuxième vient combler ma frustration! Notre narrateur poursuit sa quête créatrice et bien au delà! Il se retrouve entraîné dans un monde bien particulier , guidé par les personnages du tableau trouvé dans le grenier du vieux peintre Tomohiko Amada. Pour retrouver la fillette avec laquelle une complicité singulière c'est créée, il va affronter ses démons les plus profonds, se relier à son passé de façon improbable, faire confiance à ce qui semble le plus déraisonnable...Ce personnage de Marié prend toute sa dimension dans ce second livre et permet de développer avec beaucoup de sensibilité toute une gamme d'émotions chez le narrateur qui remet en question la relation enfant/adulte, parfois symétrique parfois pas, toujours complémentaire et jamais hiérarchique.
Plus que jamais H.Murakami intérroge sur la porosité entre rêve et réalité, sur la crédibilité de la notion de temps linéaire, sur ce qui influe , in fine, le plus sur nos choix et notre être: la réalité objective ou le poid qu'on accorde à ce que l'on ressent, ce que l'on croit. " Dans ce monde, il n'y a sans doute rien de certain dis-je. Mais on peut au moins croire à quelque chose."
La création est abordée avec un grand "C" en y incluant la paternité: qu'est- ce qu'être père,, qu'est-ce qui fait père? Que se trame t-il entre l'oeuvre et l'artiste? qui appartient à qui? qui révéle t-il à l'autre l'essence de ce qu'il est?
Si l'auteur nous offre pleinement danc ce deuxième livre toute la palette des sujets qui lui sont chers entre "monde objectif" et "monde parallèle il me confirme également l'impression ressentie dans le premier d'un nouvel angle de vue. le narrateur est, en effet, conscient d'évoluer dans des sphéres dont il ne peut parler à n'importe qui sans passer pour un fou. Son questionnement est explicite et l'extra-ordinaire n'est pas posé comme une évidence contrairement aux précédents romans.
Enfin, j'ai le sentiment de quelque chose d'auto biographique dans cet écrit.Par exemple, comme les tableaux inachevés du narrateur, j'ai toujours eu le sentiment qu'H.Murakami ne peut véritablement achever ses romans.Il y a toujours des liens qui ne sont pas faits et pourtant attendus, des réponses en suspend...Quel serait le risque d'une fin structurée? L'interrogation est-t-elle nécessaire en conclusion?
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FleurDuBien
  20 octobre 2018
Ce second tome est encore meilleur que le premier.
Avis aux amateurs de Murakami, précipitez-vous pour vous procurer ces deux tomes extraordinaires, aussi bien sûr le plan littéraire, que sur le plan du fond, de l'intrigue, des intrigues.
Dans ce second opus, il est davantage question du fantastique, de l'étrange, et on est réellement plongé au coeur de la vie du narrateur, et de ce qui va lui arriver.
Je ne peux pas en dire plus c'est tellement dense, tellement fourni, que je dévoilerai trop de l'intrigue.
Ça ressemble à un thriller, mais à un thriller génial, inventif, surprenant, encore mieux que Stephen King, (d'ailleurs, rien à voir avec lui, en fait !).
Ne vous attendez surtout pas à des explications logiques ou rationnelles, il n'y en a pas, et c'est bien cela qui diffère des thrillers classiques. D'ailleurs, je m'en veux de parler de "thriller", ce serait dévaluer cette oeuvre, car on ne peut la ranger dans aucune case, c'est bien cela qui fait sa rareté, son exigence et sa valeur.
Tout le fantastique démarre lors de la découverte d'un tableau d'un grand peintre japonais, "Le meurtre du Commandeur" (oui, comme dans Dom Juan), caché dans un grenier, et de cette découverte découlera toutes les péripéties du narrateur. le pauvre...
Encore dans ce second tome, une grande réflexion sur l'Art et la Création.
Quel talent ! Quelles références ! C'est du grand art.
Je commence derechef Kafka sur le rivage, une de ces oeuvres magistrales.
Bonne lecture aux petits veinards qui n'ont pas eu encore la chance de lire ces deux tomes !
PS : Je prépare pour très bientôt un quiz concernant les deux tomes de ce roman, bien sûr il faudra les avoir lus pour y répondre.
PS 2 : J'ajoute juste que nous sommes le lendemain de la fin de ma lecture, et le plus sincèrement du monde, les personnages me manquent horriblement !
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cprevost
  25 novembre 2018
Dans la même veine que la trilogie « 1Q84 », parait le très feuilletonesque et passionnant « Meurtre du commandeur » d'Haruki Murakami (« Une Idée apparait » et « La Métaphore se déplace »). Soixante-quatre chapitres, de rebondissement en rebondissement, s'enchainent.

Le vieux et très démodé genre du récit à épisodes est ici, comme il se doit, subverti et détourné de façon très personnelle et brillante par l'écrivain nippon. Pour mieux nous séduire, les pistes se multiplient et les thèmes du livre sont variés. le récit s'engage sur de nombreux et divergents sentiers sans jamais, au grand jamais s'éparpiller, s'interrompre. le personnage central, narrateur unique, en effet relie toutes les voies ordinaires ou fantasques et ne laisse en aucun cas son lecteur se perdre ou s'abandonner dans un passage sans issue. Un écrivain plus modeste aurait pu être handicapé par cette surabondance des matériaux, Murakami, lui, fait preuve d'une absolue maitrise.

Pour notre plus grand plaisir, il raconte d'abord la surprenante histoire d'un portraitiste professionnel qui, lorsque sa femme incompréhensiblement le quitte, rompt toutes les amarres. Ce personnage « sans couleur » erre quelque temps puis s'installe, haut perché, dans la demeure d'un peintre célèbre. La douleur de ne pas se sentir au monde et de ne pas communiquer, la dissimulation du moi, le repli sur soi et l'individualisme semblent, comme toujours, bloquer ce héro murakamien dans un monde intérieur. L'écriture blanche, le langage limpide et la multiplication des menus détails de la vie quotidienne renforcent le sentiment d'étrangeté. Sans théorisation, avec simplicité Murakami explore aussi dans ce livre les ressorts de la créativité renaissante chez le peintre. Il fait confiance au récit pour saisir les tours et les détours de l'inspiration artistique et c'est passionnant. le narrateur doit renoncer au portrait de commande, faire preuve d'une attention totale, basculer dans l'imaginaire pour voir surgir « l'Idée » et créer à partir de rien. le peintre explique : « Rendre manifestes, autant que faire se peut, ses informations d'ordinaires cachées et transposer les messages qu'elles véhiculent sous une forme différente, c'est ce que je cherche dans mes propres oeuvres.» Dans les romans toujours les artistes sont les représentants des écrivains. Murakami, comme en passant, met donc en scène, avec beaucoup de bonheur, son propre travail.

Mais la fracture biographique fait basculer la morne vie du narrateur. Il est bousculé par quelques rencontres et une série d'évènements tous imprévus et bizarres. Dans ces pages le réel semble étrange et l'étrange apparait comme naturel. le narrateur fait la connaissance et les portraits d'un impeccable et étonnant voisin ainsi qu'une d'une mystérieuse et laconique jeune fille. D'abord insolites dans le premier volume, les faits deviennent absolument fantastiques dans le second. Rencontre énigmatique et muette dans un restaurant d'autoroute, découverte d'une splendide peinture traditionnelle (Nihonga), mise à jour d'une fosse mystérieuse, sons de cloche, apparitions multiples, disparition de la jeune fille, épreuve épiphanique, souterraine et surnaturelle se succèdent. La peinture trouvée dans la maison, transposition d'un drame personnel et historique (Le Commandeur), semble ouvrir un monde parallèle. Tout prend du sens, tout angoisse, les musiques, l'obscurité, les rêves, les ombres, le bruit des insectes, la pluie, le silence soudain, le confinement ; les puits communiquent avec l'en-deçà. La réalité en effet se métamorphose subrepticement et impose des épreuves qui changent profondément le personnage principal. La mise en présence avec les autres, avec les objets et avec des évènements produit, par le passage de la vie intérieur à autre chose, des effets qui sont mis en perspective. « Quand on met les émotions en mots, elles deviennent des songes » nous dit l'auteur. Il tente donc de ne pas décrire indépendamment les sentiments de ses personnages mais donne mandat aux évènements pour cela. L'écriture, comme simple et direct témoignage, nous dit-il encore, ne permet pas d'avantage de rendre compte de l'expérience aux limites, du bouleversement et de son impact sur les hommes. Seuls la fiction, le surnaturel suggèrent l'indicible. Empiler des histoires simples, des phrases simples permet finalement à Murakami de décrire une réalité infiniment complexe.

Dans les dialogues du « Meurtre du Commandeur », il est question d'amour, de paternité, de mal, de mort … Murakami est de ces romanciers qui, en racontant des histoires passionnantes, aident ses lecteurs à trouver un sens et à structurer leur esprit. L'auteur déclarait ainsi au « Monde » : « Je crois au pouvoir des bonnes histoires. Une fiction peut aider à révéler une parcelle de vérité. » Il est impossible de lâcher ce livre de près de mille page.
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critiques presse (1)
Bibliobs   21 novembre 2018
Murakami se montre, en somme, de plus en plus nippon par le style, le rythme et la couleur des âmes qu'il décrit. Simple, voire terne. Voire tiède. Voire fade. Simple et lent et silencieux – mais n'est-ce pas justement ce qui fait la beauté de cette œuvre que l'on ne saurait juger à l'aune des critères habituels ?
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AlzieAlzie   08 décembre 2018
La beauté de la nature est distribuée impartialement aux riches comme aux pauvres (p.7)
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visagesvisages   31 octobre 2018
Plutôt que de parler de rêve, je dirais même que cela faisait penser à un morceau de réalité qui s'était glissé par erreur dans mon sommeil.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   04 octobre 2018
Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c’est comme si j’avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation.
Commenter  J’apprécie          80
visagesvisages   31 octobre 2018
Mais le temps, qu'est ce que c'est au juste? Je me posai la question à moi même. Par commodité, nous mesurons le passage du temps à l'aide des aiguilles des montres ou des pendules. Est-ce vraiment approprié cependant? Le temps s'écoule-t-il bien de façon régulière, dans une direction fixe? A ce sujet, ne commettons-nous pas une énorme erreur?
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MariandreMariandre   20 novembre 2018
« La ligne d'horizon paraissait remonter vers le ciel, s'en approcher encore davantage. Je la suivis des yeux, d'un bout à l'autre. Une ligne droite aussi longue, aussi belle ne pouvait pas être tracée par l'homme, quelle que soit la règle utilisée. Et dans l'espace en dessous de cette ligne, des vies devaient proliférer à l'infini. Une foule innombrable de vivants et de morts dont ce monde était prodigue. »
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