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ISBN : 2714478395
Éditeur : Belfond (11/10/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.16/5 (sur 142 notes)
Résumé :
Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c'est comme si j'avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation.

Une jeune fille a disparu.
Une jeune fille dont le narrateur avait entrepris de faire le portrait. Une jeune fille aux yeux comme une flamme gelée. Une jeune fille qui l'intrigue et qui pou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  13 mars 2019
Tout ayant été mis en place, avec force détails, dans le premier tome, nous n'avons plus qu'à nous laisser porter par la plume prolixe d'Haruki Murakami.
Le narrateur est en proie à de multiples tracas. Les questions qu'il se pose et se posera toujours concernant son mystérieux ami Menshiki, beau, riche, raffiné, cultivé, mais qui garde au sein de sa luxueuse maison une pièce interdite. Les apparitions aléatoires du Commandeur, la clochette qui joue les filles de l'air… Tout cela sans un crescendo qui arrive à son acmé avec la disparition de la jeune fille dont il tente de réaliser le portrait.

Ça, c'est pour l'action et sur les 900 pages que comptent les deux volumes, on peut dire que les rebondissements ne manquent pas. Et pourtant, tout au long de cette histoire, qui comme à l'accoutumée chez l'auteur, mêle fantastique, onirisme et réalité la plus basique : les détails du quotidien abondent, jusqu'à une sensation de trop plein. Est-il vraiment nécessaire de détailler la préparation d'un apéro de l'ouverture de la porte du frigo pour prendre des glaçons, au remplissage du verre avec tel marque de whisky, en précisant la qualité restante dans la bouteille? Est-il nécessaire de redécrire chaque personnage à chacune de leur apparition. Ou de répéter les caractéristiques techniques du moteur de la Jaguar de Menshiki? La liste pourrait s'allonger à l'infini. Et les 900 pages pourraient , sans nuire au plaisir, être condensées en 500. Il se pourrait même que cela donne plus de force au roman.

Il n'en reste pas moins que c'est un Murakami qui tient la route, en particulier pour l'analyse des mécanismes de la création artistique et pour l'art de manier le fantastique, sans que l'on puisse vraiment discerner ce qui revient à l'imagination des personnages ou à la réelle présence d'entités surnaturelles.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Bruidelo
  06 février 2019
« J'avais seulement le souvenir d'une image vague. Subsistait juste la sensation positive que j'avais éprouvée en réalisant cette peinture, ou plus exactement, mon corps en gardait le souvenir. Davantage que l'oeuvre elle-même, ce qui compte pour moi, ce sont les sensations. »
Chez Murakami priment la sensation, l'indéfini, l'incertain, l'entremêlement, le cotonneux - On est loin de toute certitude tranchante, de toute rigidité raisonnante, on est là où se mêlent la banalité du quotidien et les mystères de l'invisible, là où les rêves, les fantasmes, les créations artistiques se fondent dans le réel, abolissant les lignes de démarcation qui voudraient les séparer. Des morceaux de réalité se glissent par erreur dans le sommeil, l'ex du narrateur tombe enceinte après un rêve intense où il a l'impression d'avoir émis en elle son « vrai sperme »; la peinture de Tomohiko Amada intitulée le meurtre du Commandeur est si puissante qu'elle prend vraiment vie, créant dans la réalité un passage vers un monde fantasmatique, les frontières entre l'art et la vie « réelle » s'estompent et s'évanouissent.
Le narrateur a beau se sentir parfois cerné par une réalité complètement détraquée, cela n'a rien d'anxiogène, je trouve même qu'il y a quelque chose de doux, de serein, de bienfaisant, de chaleureux dans ce drôle d'univers où c'est si bon de perdre pieds, de se sentir à la fois un peu déboussolé et en terrain familier - d'une étrangeté familière.
Le Meurtre du Commandeur est une oeuvre profonde, originale et en même temps d'une lecture très très agréable.
Bref, je suis un peu verte quand je me dis que les Japonais ont Murakami et qu'en France on a Houellebecq - je me sens tellement plus chez moi dans l'oeuvre d'Haruki!
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Alzie
  12 janvier 2019
Est-ce la fluidité du texte, sa densité sous la clarté des mots, son rythme, la manière de traiter l'absence (la petite soeur et la femme perdue), ce jeu subtil d'apparition/disparition des personnages ou la capacité de donner corps aux idées et aux êtres invisibles comme aux fantômes en résidence dans la peinture, la musique et la littérature ? Est-ce le pouvoir suggestif d'une narration mêlant une succession peu ordinaire d'événement insolites avec des images hyper réalistes (jaguar contre break corola, mini rouge et subaru blanche !) à côté d'autres purement poétiques (à chaque chapitre sa notation atmosphérique, saisonnière) ? Est-ce la puissance d'une composition en abyme où l'art du portrait utilisé à des fins romanesques permet la décantation lente et différée d'interrogations infinies sur ce qu'est la forme et sur le sens de la création artistique, (je n'ai rien lu de mieux sur la question depuis Dorian Gray) ? Il y a aussi je ne sais quelle rare intensité émanant des dialogues. Toujours est-il qu'on entre subrepticement dans ce roman et que plus la lecture progresse plus on désire rester avec ce narrateur, peintre en instance de divorce, mari toujours, confident de son modèle (l'étonnant M. Menshiki), grand frère inconsolable d'une petite soeur morte trop tôt, professeur de dessin, ami, amant, voyant.
Au duo très réussi du peintre et M. Menshiki, le tome 2 associe le pendant féminin d'une adolescente, élève devenue également modèle, et sa tante. Ce tome 2 est plus particulièrement le lieu du dialogue entre l'oeuvre ancienne accomplie, ignorée de tous car cachée, redécouverte par le peintre dans la première partie, et la sienne en train de se réaliser à l'atelier. Le Meurtre du Commandeur, titre de cette peinture retrouvée, est aussi l'histoire de son auteur, célébré autrefois pour son retour à la tradition et dont la vie qui s'achève dans une luxueuse maison de retraite a été mêlée aux prémices de la Seconde Guerre Mondiale. Roman de transmission, d'échanges entre la tradition et la modernité, qui questionne bien sûr l'Histoire du Japon et de son ouverture à la culture occidentale. Roman miroir aux multiples facettes, tendu au peintre confronté à ses désirs et par le peintre à ses modèles, mais que l'écrivain se tend peut-être à lui-même autant qu'il le tend, souvent avec humour, à son époque (amour des bagnoles et goût des fringues) témoignant également des doutes dont celle-ci est porteuse, d'une façon épatante, à travers des sujets tels que l'amour, le couple et la paternité.
Mystère d'un cheminement artistique intérieur que le prologue anticipait déjà (Tome 1). Etrange parenthèse de quelques mois de la vie d'un artiste dont la composition évoque une boucle. Traversée de l'invisible ouverte à ce peintre par Murakami en un retour sur lui-même, inauguré par l'intrusion d'un hibou et le tintement d'une clochette en bronze dans une maison de montagne qui accroche les nuages et retient les esprits. Certaine tradition picturale (Nihonga) semble y avoir donné rendez-vous à R. Strauss et Mozart quand ce jeune portraitiste contemporain résolu à tourner le dos à sa pratique s'y installe, après avoir balancé son portable par-dessus un pont et erré obscurément quelques temps dans le nord de l'archipel. En acceptant l'offre mirobolante d'un insaisissable commanditaire et voisin à la cinquantaine avantageuse qui veut absolument se faire portraiturer, il ignore ce que ce dernier a réellement en tête… une relation improbable naît, par laquelle il renoue avec la toile. L'atelier devient alors le coeur d'une passionnante et haletante fiction/réflexion où la puissance allégorique d'une autre peinture ("Le Meurtre du Commandeur") lui dévoile (et lui transmet) l'énergie créatrice nécessaire au renouveau de son geste artistique et le sens du dialogue perdu avec la toile. Mais peut-être cette oeuvre était-elle faite pour rester inconnue et contemplée par un seul ? C'est ce que suggère l'issue de cette histoire splendide.



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Levant
  24 novembre 2018
Le meurtre du commandeur est un tableau qui ne voulait pas de contemplateur. Il a été conçu dans le secret de son créateur. En soulagement d'une blessure, comme la parole libère le coeur de celui que la vie a traumatisé.
Portraitiste de renom, le narrateur anonyme de cet ouvrage en deux tomes sera le profanateur involontaire du secret piégé sur la toile par le vieux peintre Tomohiko Amada. Les intentions du créateur prendront corps et ouvriront alors le peintre du figuratif à la vraie nature de ses modèles. Pas celle dont les traits du visage se figent sous son pinceau, mais bien l'intimité de tout un chacun, obscure à tout autre.
Un lien se crée alors entre la toile conçue pour rester dans l'ignorance du monde et la réalité. Les concepts se matérialisent quand les événements s'enchaînent. Idée, métaphore prennent corps, interpellent et guident le portraitiste dans la compréhension du monde qui l'entoure, des êtres qui y évoluent. En particulier ce voisin singulier, Wataru Menshiki, et la jeune fille secrète, Marié Akikawa, dont il a entrepris de faire les portraits. L'abstraction de leur personnalité sous le pinceau de l'artiste, en exploration de leur moi intérieur, pourrait-elle mettre à jour une filiation ?
Lorsque la jeune fille disparaît, le portraitiste est conduit sur ses traces par un environnement surnaturel dans lequel s'interpénètrent esprits, concepts et créatures de l'imaginaire. Les êtres humains quant à eux, prisonniers "de l'espace, du temps et de la probabilité", ressentent l'oppressante claustrophobie de leur propre condition. Les parois qui se resserrent sur eux sont celles de leurs souvenirs, préjugés et autre inhibitions.
À la fréquentation de l'irrationnel il faut s'attendre à être déstabilisé. Haruki Murakami est orfèvre en la matière. Avec un développement très maîtrisé de l'intrigue, il retient son lecteur dans un qui-vive permanent. Chaque personnage peut créer la surprise et être potentiellement celui qui détient la clé des énigmes, lesquelles s'additionnent, s'enchaînent, se superposent. Les rebondissements se glissent dans les banalités du quotidien. Il n'y a pas avec Haruki Murakami de mystère planté au début de l'ouvrage qui trouve sa solution en dernier chapitre. Il conçoit celui-ci comme un distillat de l'imaginaire, dans lequel logique n'a pas sa place. Une forme originale de traiter les questions qui nous obsèdent. Toujours les mêmes.
J'ai toutefois un regret dans cet ouvrage. Certaines de ces obsessions que j'aurais bien voulu voir reliées plus intimement à la trame générale, le rôle de l'homme à la Subaru blanche par exemple. Mais soit, Haruki Murakami nous dit-il pas page 352 qu'il y a "des choses que nous ne pouvons ni ne devons expliquer."
Le meurtre du commandeur ; du romanesque de haut vol, à recommander à qui ne craint pas l'irrationnel pour traiter de nos obsessions bien réelles.
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FleurDuBien
  20 octobre 2018
Ce second tome est encore meilleur que le premier.
Avis aux amateurs de Murakami, précipitez-vous pour vous procurer ces deux tomes extraordinaires, aussi bien sûr le plan littéraire, que sur le plan du fond, de l'intrigue, des intrigues.
Dans ce second opus, il est davantage question du fantastique, de l'étrange, et on est réellement plongé au coeur de la vie du narrateur, et de ce qui va lui arriver.
Je ne peux pas en dire plus c'est tellement dense, tellement fourni, que je dévoilerai trop de l'intrigue.
Ça ressemble à un thriller, mais à un thriller génial, inventif, surprenant, encore mieux que Stephen King, (d'ailleurs, rien à voir avec lui, en fait !).
Ne vous attendez surtout pas à des explications logiques ou rationnelles, il n'y en a pas, et c'est bien cela qui diffère des thrillers classiques. D'ailleurs, je m'en veux de parler de "thriller", ce serait dévaluer cette oeuvre, car on ne peut la ranger dans aucune case, c'est bien cela qui fait sa rareté, son exigence et sa valeur.
Tout le fantastique démarre lors de la découverte d'un tableau d'un grand peintre japonais, "Le meurtre du Commandeur" (oui, comme dans Dom Juan), caché dans un grenier, et de cette découverte découlera toutes les péripéties du narrateur. le pauvre...
Encore dans ce second tome, une grande réflexion sur l'Art et la Création.
Quel talent ! Quelles références ! C'est du grand art.
Je commence derechef Kafka sur le rivage, une de ces oeuvres magistrales.
Bonne lecture aux petits veinards qui n'ont pas eu encore la chance de lire ces deux tomes !
PS : Je prépare pour très bientôt un quiz concernant les deux tomes de ce roman, bien sûr il faudra les avoir lus pour y répondre.
PS 2 : J'ajoute juste que nous sommes le lendemain de la fin de ma lecture, et le plus sincèrement du monde, les personnages me manquent horriblement !
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critiques presse (1)
Bibliobs   21 novembre 2018
Murakami se montre, en somme, de plus en plus nippon par le style, le rythme et la couleur des âmes qu'il décrit. Simple, voire terne. Voire tiède. Voire fade. Simple et lent et silencieux – mais n'est-ce pas justement ce qui fait la beauté de cette œuvre que l'on ne saurait juger à l'aune des critères habituels ?
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
visagesvisages   31 octobre 2018
Plutôt que de parler de rêve, je dirais même que cela faisait penser à un morceau de réalité qui s'était glissé par erreur dans mon sommeil.
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cousin66cousin66   14 janvier 2019
... Nous est-il jamais arrivé, à nous deux, de discuter sérieusement, ne serait-ce qu'une fois, des règles du jeu que nous jouons ? Est-ce déjà arrivé ?
-nous pratiquons ce jeu en observant une sorte de règlement implicite. N'est-ce pas ?
Autrement dit, moi, je poursuis ce jeu selon les règles que je connais. Et toi, tu joues selon les règles que tu connais. Et chacun de nous respecte instinctivement les règles de l'autre. Tant que les unes et les autres ne se contredisent pas et ne causent pas de problème épineux, ce jeu se poursuivra sans encombre. Tu me suis toujours ?
-Au fond, chacun respecte les règles de l'autre.
-Mais en même temps, à mon avis, plus que de respect ou de confiance, je crois qu'il s'agit d'une question de politesse.(...) C'est très important la politesse.
Mais si tout cela - confiance, respect ou politesse - ne fonctionne plus bien, les règles respectives entrent en conflit, et à partir du moment où le jeu se déroulera sans douceur, il nous faudra interrompre la partie et établir de nouvelles règles communes. Ou bien nous devrons carrément l'abandonner et quitter le terrain. Pour laquelle des deux voies opterons-nous alors ? Là, évidemment, réside la question primordiale.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   04 octobre 2018
Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c’est comme si j’avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation.
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visagesvisages   31 octobre 2018
Mais le temps, qu'est ce que c'est au juste? Je me posai la question à moi même. Par commodité, nous mesurons le passage du temps à l'aide des aiguilles des montres ou des pendules. Est-ce vraiment approprié cependant? Le temps s'écoule-t-il bien de façon régulière, dans une direction fixe? A ce sujet, ne commettons-nous pas une énorme erreur?
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gaelimberdisgaelimberdis   29 décembre 2018
"Le dimanche fut aussi un jour de très beau temps. Il n'y avait pas de vent et le soleil automnale faisait joliment resplendir les feuilles des arbres des montagnes en leur conférant toutes sortes de nuances variées. Des petits oiseaux à gorge blanche voletaient de branche en branche, picorant des bais rouges avec habilité. Assis sur la terrasse, je ne me lassais pas de contempler ce paysage. La beauté de la nature est prodiguée impartialement aux riches comme aux pauvres. Comme le temps...Non, le temps, ce n'est pas la même chose. Avec de l'argent, je crois que les favorisés de ce monde peuvent s'acheter du temps en plus."
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Vidéo de Haruki Murakami
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---------------------- Les livres dont on vous parle dans cette vidéo : - le signal de Maxime Chattam : http://bit.ly/2yj9bnb - L'empire des Soleri de Michaël Johnston : http://bit.ly/2PAkkH2 - le Meurtre du Commandeur d'Haruki Murakami : http://bit.ly/2CENfXj
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