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Hélène Morita (Traducteur)
EAN : 9782264046857
240 pages
Éditeur : 10-18 (05/06/2008)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 692 notes)
Résumé :
Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Eri, la sœur de Mari, dort à poings fermés, sans savoir que quelqu'un l'observe. Autour des deux sœurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (88) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  22 juillet 2017
Je viens de terminer ce roman, passagère d'une nuit d'été qui s'étire.
Tokyo by night. Les insomniaques, les acharnés du travail, les gens qui errent au hasard, fuient, mentent, se terrent.
Quatre personnages, papillons d'une nuit où ils se croisent, se confient, se cherchent, se reconnaissent. Et puis, il y a cette belle dormeuse, seule et immobile, dans une chambre...
Un roman qui peut dérouter par sa narration (ruptures de rythme, regard-caméra), par le côté absurde, sombre et mystérieux, car l'on se demande parfois où l'auteur veut nous emmener. Alors, à chacun d'y chercher / trouver le sens caché des choses, son propre chemin, sa résonance personnelle.
Moi, je me suis laissée hypnotiser par la plume de Murakami ! Emue par la poésie, la profondeur du mystère et du drame sous-jacent.
Captée par le rythme, les sons, les lumières et les ombres de cette nuit qui s'étale...
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sandrine57
  06 août 2014
Tokyo, la nuit. Mari Assaï, une jeune fille de 19 ans, est installée à une table du Denny's. C'est là qu'elle compte attendre le matin, seule avec une tasse de café, quelques toasts et un gros livre. Sa tranquillité est perturbée par l'arrivée d'un jeune homme qui la reconnaît et s'assoit avec elle. C'est Takahashi, un ami de sa soeur. Il vient prendre un café au milieu de la répétition du groupe dans lequel il joue du trombone. Plus tard encore, c'est Kaoru qui vient interrompre sa lecture. Cette gérante d'un love hotel vient d'avoir un problème avec un client parti sans payer après avoir tabassé une prostituée chinoise. Elle vient, envoyée par Takahashi qui lui a dit que Mari parle couramment le chinois et pourrait servir d'interprète auprès de la victime.
Pendant ce temps, Eri, la soeur De Mari dort paisiblement dans l'appartement parental. Paisiblement ? Rien n'est moins sûr. A y regarder de plus près, Eri semble dormir trop profondément pour que son sommeil soit naturel. D'ailleurs, dans sa chambre, d'étranges évènements se produisent...

Dans cette histoire en apparence banale, Haruki MURAKAMI propose au lecteur d'être un oeil dans la nuit, comme l'oeil d'une caméra qui survolerait Tokyo, s'attarderait dans les ruelles désertes, pour finir par se poser dans des lieux précis, pas tout à fait choisis au hasard : un bar ouvert toute la nuit, un love hotel, un bureau où, malgré l'heure tardive un informaticien travaille encore, un combini où un téléphone portable sonne au rayon frais et la chambre d'une Belle au bois dormant où la télévision, bien que débranchée, s'allume et laisse voir un homme en complet marron qui observe ou veille sur le sommeil de la jeune fille. Cela pourrait être une nuit comme toutes les autres sans cet écran qui s'anime de lui-même, sans un miroir qui conserve le reflet de ceux qui s'y regardent, sans cet étrange sommeil qui semble ne vouloir jamais finir...Ce sont ces petites touches fantastiques dans un récit où rien ne se passe qui intriguent et accrochent le lecteur. Cette nuit qui semble comme toutes les autres et pourtant ne l'est pas va transformer les protagonistes, rien de renversant mais de petites touches, fruits de leurs réflexions, de leurs discussions.
Poétique, mystérieux, envoûtant et magnétique, ce passage de la nuit emporte aux confins de l'imaginaire. La dernière page tournée, tout est encore possible, toutes les questions n'ont pas trouvé réponses mais le lecteur peut choisir de faire vivre encore les personnages dans son imagination, de leur trouver une route. Une lecture originale et énigmatique, à expérimenter.
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Eve-Yeshe
  31 mai 2016
le récit nous entraîne dans un monde particulier où on ne sait jamais si on est dans le virtuel, le rêve, la réalité car tout s'entremêle. Haruki Murakami utilise toutes les phases du sommeil : l'écran regarde Eri la soeur De Mari, en train de dormir profondément, l'espionne pendant son sommeil dans son intimité dans laquelle il nous fait pénétrer tels des voyeurs. Big Brother n'est pas loin… qui regarde qui ? Qui se cache derrière l'écran ? Pourquoi le téléviseur se met-il en marche tout seul ?
Eri dort tout le temps, d'un sommeil paisible dont elle émerge parfois brièvement (sommeil, coma, trouble de la personnalité, tout est possible) comme si elle voulait fuir quelque chose, s'abstraire du monde, alors que dans la nuit extérieure, la vie est un cauchemar, telle l'agression gratuite de la prostituée, par un homme bizarre la plupart du temps derrière son écran d'ordinateur, au travail dont il ne sort que pour les courses ou la recherche d'une prostituée.
On suit en fait plusieurs sortes de noctambules : ceux qui travaillent la nuit, ceux qui vivent leurs passions (la musique) ou qui tentent de fuir une situation familiale stressante. L'auteur nous décrit très bien les dangers de la nuit, les rencontres improbables, certaines ne font que de côtoyer quelque instants, d'autres où il y a un véritable, échange, une relation qui commence et les rencontres vont se répéter dans la nuit. Deux vies qui se croisent –elles par hasard ou nécessité ?

Dans ce roman, on côtoie l'absurde, on passe d'une situation à une autre, d'un moment de réflexion sur la vie à une situation concrète angoissante, ou on s'insinue dans le monde clos quasi schizophrène de l'informaticien. Comme on peut le vivre lorsqu'on rêve. L'auteur nous implique, et on ne sait jamais où sont les limites, ni même s'il y en a.
le rythme est tout d'abord lent, presque soporifique, puis on a des variations subtiles, des accélérations, puis un ralentissement à nouveau, comme les phases du sommeil mais aussi comme dans les improvisations de jazz, il y a une musique Murakami que j'ai retrouvée avec plaisir, la musique des mots et celle de Takahashi qui répète avec son trombone dans les sous-sols.
C'est le troisième roman de Haruki Murakami que je lis et il m'enchante toujours, je ne sais jamais où il va m'entraîner mais je me laisse guider, il me surprend toujours, il m'enchante. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire mais je vous laisse découvrir…
Note : 8,2/10
Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Laurent3375
  25 août 2020
Premiers pas dans la littérature japonaise avec ce roman, sous l'influence positive d'une charmante babélienne, inconditionnelle du genre.
C'est un roman court de 149 pages que je n'ai pas été en mesure de lire d'une traite. Les dix-huit chapitres nécessitent d'être absorbés et digérés avec délicatesse.
Nous traversons une nuit entière, sous la lumière spectrale de Tokyo, façon cinématographique.
Le lecteur devient l'oeil de la caméra pour observer le destin croisé de plusieurs personnages.
Mari, une jeune fille de 19 ans, s'installe dans un café pour lire et rencontre Takahashi, un garçon du même âge. Ils se sont déjà rencontrés, il y a plus d'un an, lui se souvient d'elle et il l'entraîne dans un fil de discussions : la vie de famille, les études, le rapport aux autres.
Ce jeune homme profite de la nuit pour ses répétitions musicales avec son groupe. Il joue du saxophone. Ce contexte musical conduit l'auteur à ponctuer ses lignes, ses pages d'une vingtaine de références musicales jazz. J'ai associé l'écoute de ces propositions musicales à ma lecture qui ont favorisé l'immersion.
Au même moment, la caméra nous conduit dans la chambre d'Eri, soeur De Mari, plongée dans un sommeil profond où la camera observe, scrute chaque détail et nous interroge sur la situation. Ce sont peut-être les passages les plus denses, les plus mystérieux de ce roman. J'ai eu l'impression d'être plongé dans un film de Jean-Luc Godard tellement l'appel à la réflexion est intense.
Enfin nous rencontrons Kaoru, gérante d'un love-hôtel, où les thèmes de la prostitution, de la violence vont être abordés, le rapport distendu avec les chinois.
« le passage de la nuit » est un voyage onirique au plus profond d'une nuit japonaise teinté de poésie et des couleurs nocturnes de cette mégalopole tentaculaire.
A lire et à relire pour en extraire sa substantifique moelle.
Une belle découverte.
Bien à vous tous amis Babéliens !
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kuroineko
  27 septembre 2019
Énigmatique et étrange roman que ce Passage de la nuit. Mais la phase nocturne n'est-elle pas, de tout temps, propices aux récits fantasmatiques? le voile entre réalité et surnaturel se caractérise déjà par une poreuse ténuité dans l'oeuvre de Murakami Haruki. Si en plus, il place son histoire la nuit, ça ne peut que renforcer cet aspect.
Déjà, et tous les insomniaques partageront, je crois, mon avis, le temps semble suivre un autre rythme, durant la nuit, plus lent et presque immobile par moments. Comme le dit le barman du Skylark, amateur de jazz sur vinyle : "(...) la nuit possède une horloge différente."
Mais de quoi parle-t-il se roman? de rencontres surtout, pour Assai Mari, étudiante en langue chinoise de dix-neuf ans qui a décidé de fuir la maison familiale où sa magnifique grande soeur Eri joue la Belle au bois dormant. Elle entend passer une nuit blanche à lire dans un resto ouvert jusqu'au petit jour.
Comme souvent dans la vie, tout ne se passe pas comme prévu et elle va ainsi rencontrer un étudiant joueur de jazz sur trombone, une ancienne catcheuse professionnelle gérante d'un love-hotel, brute de décoffrage mais au coeur grand comme le Fuji, ses deux collègues femmes de ménage dont une est en fuite depuis trois ans, une immigrée clandestine chinoise prostituée par un gang et qui s'est fait violemment tabassée. D'autres personnages fluctuent dans cette nuit étrange, certains peu recommandables, d'autres inquiétants. Sans compter une télé qui s'allume toute seule dans la chambre d'Eri.
Et nous, quel est notre rôle dans tout ça? Nous laisser porter par le point de vue caméra que l'auteur déploie tour à tour dans la chambre de la dormeuse, autour De Mari et même dans une boîte d'informatique.
Le passage de la nuit est un des romans les plus courts de l'auteur mais s'y retrouvent nombre de caractéristiques figurant  dans d'autres de ses livres :
- la musique très présente, jazz et classique surtout. Murakami, qui tint un temps une boîte de jazz, en est féru et connaisseur
- la présence de chats aussi, ici dans un rôle nettement moins crucial que ceux de Kafka sur le rivage
- des liens distendus voire conflictuels entre les principaux personnages et leur famille
- des protagonistes dits secondaires typiquement hors norme selon les critères japonais : Kaoru l'ex-catcheuse aux cheveux blonds très courts, par exemple, dont la personnalité me plaît tout particulièrement.
Cette nuit en dehors de toute zone de confort pour Mari est aussi un passage vers une phase autre, presque une transition initiatique afin d'être révélée à elle-même grâce à ces fameuses rencontres.
A lire de préférence by night, pour être en concordance avec les personnages, cette lecture a le don de nous emporter sur les ailes oniriques que l'auteur déploie au-dessus de la capitale japonaise.
Évidemment, avec Murakami, mon objectivité tend à se réduire encore plus que d'habitude. J'aime ses mondes réels qui ne le sont pas toujours complètement, et sa faculté à dépeindre caractères et événements avec beaucoup de finesse, souvent avec de surprenantes comparaisons et qui me laissent rêveuse au sortir du dernier chapitre.
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Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   19 novembre 2014
page 145
- Admettons que tu sois allé avec ma soeur dans cet hôtel, et que tu aies couché avec elle ? Admettons hein?
- Admettons
-- Et en prime , je te pose cette question ; tu es allé avec ma soeur dans cet hotel, et vous avez couché ensemble ? Admettons encore.
- Admettons encore,
- Dans ce cas m'aurais-tu répondu oui sincèrement?
Takahashi réfléchit un peu. Puis répond :
- Je ne pense pas, fait-il, Je t'aurais sans doute dit non
-Pourquoi?
-Parce que ç'aurait touché à l'intimité de ta soeur .
- Une sorte de devoir de réserve
-En quelque sorte
- Alors - Je ne peux pas répondre à ça- serait plutôt la bonne façon de répondre,non ? Si l'on invoque le devoir de réserve
Takahashi dit; -Si javais répondu - je ne peux pas répondre à ça- étant donné ce qui avait été dit plus tôt- ç'aurait comme si j'avais dit oui. Non? Une omission délibérer en somme.
- Dans tous les cas la réponse est non. Non?
-Théoriquement
Mari le regarde droit dans les yeux
- Tu sais en ce qui me concerne, l'une ou l'autre réponse me convient? Même si tu as couché avec Eri, si c'est ce qu'elle désirait
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YantchikYantchik   24 janvier 2013
J’ai lu une histoire à propos de trois frères qui s’étaient échoués sur une île, du côté de Hawaii. C’est une légende. Vieille. Je ne me souviens pas des détails parce que je l’ai lue quand j’étais petit, mais ça donne à peu près ça : trois frères partent pêcher ; ils essuient une tempête, dérivent longtemps puis échouent sur la plage d’une île déserte. Très belle, l’île, avec palmiers, et tout ; plein de fruits, et, au milieu, une très haute montagne ; le soir même, Dieu leur apparaît en rêve et leur dit : "Sur la plage, un peu plus loin, vous trouverez trois gros rochers, tout ronds. Vous les ferez rouler jusqu’où il vous plaira. Le lieu où vous vous arrêterez, ce sera là où vous devrez vivre. Plus vous monterez haut, plus votre vision du monde sera large. Vous êtes libres d’aller jusqu’où vous voulez." »
[…]
« Comme Dieu le leur avait dit, les trois frères trouvent les rochers et commencent à les déplacer. Ils sont gros et lourds. Donc très difficile à faire bouger. D’autant plus qu’il leur faut monter la côte avec. Le plus jeune abandonne le premier. "Je suis bien ici, déclare-t-il à ses frères. Je ne suis pas loin de la plage, je peux pêcher. C’est suffisant pour vivre. Ça n’est pas grave si je ne vois pas grand-chose du monde." Les deux autres continuent. A mi-pente, le deuxième s’arrête. "Bon, dit-il à l’ainé, moi, je suis bien ici. Il y a des fruits en abondance. C’est suffisant pour vivre. Ça n’est pas grave si je ne vois pas grand-chose du monde." L’ainé poursuit l’ascension. Le chemin devient de plus en plus étroit, escarpé. Mais il n’abandonne pas. Il est persévérant et il veut voir la plus grande part du monde possible. Il continue donc de pousser son rocher, de toutes ses forces, et parvient au sommet, après plusieurs mois, presque sans avoir mangé ni bu. Là, arrivé à ce point extrême, plus haut que tout homme n’a pu le faire, il s’arrête et observe le monde. Voilà où il allait vivre. Pas d’herbe. Pas d’oiseaux. De l’eau, oui, mais uniquement sous forme de glace ou de givre. Guère que de la mousse à ronger. Mais il ne le regrette pas. Car il a pu voir le monde dans son entier. Et c’est ainsi qu’encore aujourd’hui, au sommet de cette île, quelque part du côté de Hawaii, il y a un gros rocher rond. Fin de l’histoire. »
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lafilledepassagelafilledepassage   19 octobre 2017
La ville s’offre à notre regard. Ce paysage urbain, nous l’observons à travers les yeux d’un oiseau de nuit, qui volerait très haut dans le ciel. Depuis ce point de vue panoramique, la ville apparait comme une gigantesque créature. Ou même comme un agrégat de corps vivants. S’étendant jusqu’à d’insaisissables confins, des vaisseaux sanguins, innombrables, irriguent les cellules, les régénèrent inlassablement. Les vaisseaux convoient des informations nouvelles, recyclent les anciennes. Donnent naissance à des consommations nouvelles, recyclent les anciennes. Créent de nouvelles contradictions, effacent les anciennes. En tous lieux, les corps agrégés clignotent au rythme des battements du cœur, s’échauffent, se meuvent. L’heure est proche de minuit, le pic d’activité est passé mais les échanges élémentaires indispensables au fonctionnement vital restent incessants. Tel un continuo, la ville bruit. Monotone, monocorde, intégrant cependant des pressentiments.

Une zone particulièrement lumineuse attire notre regard. Lequel opère la mise au point. Effectue une descente vers l’amas lumineux. C’est une mer de néons multicolores. Un centre-ville. Les murs d’images sur les buildings se taisent avec l’arrivée de minuit ; les haut-parleurs des magasins pourtant ne relâchent par leur flot de basses, teinté de hip-hop. Un énorme game-center encombré de jeunes. Exubérance de sons électroniques. Un groupe d’étudiants, de retour de soirée. Des filles, moins de vingt ans, blond platine, exhibant leurs jambes fraîches sous leurs minijupes. Des salary-men qui se pressent sur les passages piétons, pour attraper le dernier train. Malgré l’heure, les rabatteurs des karaokés donnent de la voix. Un monospace tuné, noir, glisse lentement le long du boulevard, jaugeant la marchandise. Vitres opaques, équipées d’un film noir. On dirait une des créatures du fond des mers, pourvues d’une carapace et d’appendices respiratoires spéciaux. Deux jeunes policiers font leur ronde sur le boulevard, l’air tendu ; personne ne leur prête attention. A cette heure-là, la ville fonctionne selon des principes de base qui lui sont propres. C’est la fin de l’automne. Il n’y a pas de vent mais l’air est froid.
Encore un tout petit peu, et ce sera un autre jour.
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DamepluieDamepluie   18 avril 2010
Ce paysage urbain, nous l'observons à travers les yeux d'un oiseau de nuit qui volerait très haut dans le ciel. Depuis ce point de vue panoramique, la ville apparaît comme une gigantesque créature. Ou même comme un agrégat de corps vivants. S'étendant jusqu'à d'insaisissables confins, des vaisseaux sanguins, innombrables, irriguent les cellules, les régénèrent inlassablement. Les vaisseaux convoient des informations nouvelles recyclent les anciennes. Donnent naissance à des consommations nouvelles, recyclent les anciennes. En tous lieux, les corps agrégés clignotent au rythme des battements du coeur, s'échauffent, se meuvent.
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lafilledepassagelafilledepassage   10 novembre 2017
- Une fois qu’on commence à penser de cette façon, plein de choses nous paraissent différentes. Le tribunal, en tant que système, s’est mis à ressembler à mes yeux à un être vivant très étrange.
- Un être vivant très étrange ?
- Eh bien, mettons, un poulpe, pour te donner un exemple … Un poulpe géant qui vit dans les profondeurs sous-marines. Qui possède une énergie vitale intense. Qui se déplace dans la mer obscure en faisant onduler ses nombreux tentacules. Quand j’assistais à des procès, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ce genre de créature. Un être qui prend diverses formes. Il peut arriver que ce soit celle d’un Etat. Ou bien celle de la Loi. Il arrive même que la forme soit encore plus ambiguë, plus complexe. Tu as beau couper et couper toujours, les tentacules repoussent. Personne ne parvient à la tuer, cette créature. Parce qu’elle est tellement puissante et qu’elle vit dans un lieu tellement inaccessible. Et son cœur, où est-il ? On l’ignore. A ce moment, j’ai ressenti une immense frayeur. Puis une espèce de désespoir : tu ne lui échapperas pas, aussi loin que tu ailles. Elle est indifférente au fait que moi, je sois moi, et que toi, tu sois toi. Face à elle, tous les hommes perdent leur nom, leur visage. Nous devenons tous de simples signes. De simples numéros.
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