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Sylvain Cardonnel (Traducteur)
ISBN : 2877306720
Éditeur : Editions Philippe Picquier (18/08/2003)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Mukai, Junko, Yukari, Takayama, Akemi, Kaoru, Sugino, Chiharu... et les autres. Dans ce roman polyphonique, à la structure éclatée, Murakami déroule inexorablement les destins d'êtres enfermés dans leur solitude et qui n'ont que leur désespoir à échanger. De petits drames en vraies détresses, de confessions en soliloques balbutiés, les personnages disparaissent les uns après les autres, comme dans une course de relais après le passage du témoin. L'espace d'une nuit,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Iansougourmer
  11 mai 2013
Lignes est un roman captivant et très maîtrisé de Murakami Ryû qui, fidèle à lui même, y expose une société japonaise où les individus sont marginalisés, livrés à eux mêmes et incapables de communiquer avec autrui.
Lignes est un roman polyphonique : chaque chapitre est dédié à un personnage différent qui a la fin du chapitre rencontre le plus souvent de manière fortuite le personnage du chapitre suivant ( qui lui est le plus souvent inconnu ). Ces personnages forment donc les maillons d'une chaîne de rencontres. Leur point commun est de vivre une existence en marge de la société et d'avoir vécu une enfance malheureuse et déstabilisante ; tous connaissent la violence subie ou administrée selon les cas.
Le premier aspect qui frappe dans Lignes est la maîtrise stylistique de Murakami Ryû. Tout d'abord les passages entre les différents personnages de ce roman polyphonique sont bien réalisés. Ce type de roman est en effet difficile à bien écrire, les changements de personnage ou de narrateur donnant souvent l'impression d'être artificiels. Dans Lignes, rien de tel. Les transitions paraissent plausibles et on se prend au dynamisme entretenu par ce mouvement continuel entre des individus différents. On subit une sorte de frénésie de lecture car on est sans cesse relancé par l'apparition d'un nouveau personnage dont on est impatient de suivre un court moment de son existence.
En outre Murakami rend ses personnages interrassants car il dépeint des personnes instables et en marge de la société, ce qui provoque de fortes émotions chez le lecteur. Ce sont tous des individus marqués par une enfance vécue sans amour de la part de l'entourage et aussi d'une violence subieet intériorisée. de plus, le comportement de ces personnage intrigue le lecteur qui s'efforce de comprendre ces individus. Certains sont fous ( en particulier un homme qui souffre de paranoïa aiguë ), d'autres commettent des actes violents gratuitement ou subissent des sévices sans protester. Murakami pousse le lecteur dans ses retranchement émotionnels, on est tantôt compatissant, indigné, révulsé mais jamais indifférent face à ces personnages dont le parcours est imprégné de violence et d'instabilité.
L'art de Murakami est aussi de nous surprendre en créant de l'insolite : on est pour le moins déstabilise mais nullement ennuyé lorsque un des personnages qui est chauffeur de taxi se met à nous parlerendant cinq pages de chimie moléculaire en nous faisant une sorte de cours ! le lecteur, face à ces digressions insolites, s'interroge : ont-elles une signification dans le récit ou est-ce une manière pour l'auteur de déstabiliser le lecteur, de rompre la continuité de l'action ?
Aussi, le pari de Murakami de nous monter les errances d'individus dans une société déshumanisée est des plus réussis. Pris dans leur propres folie et problèmes, les hommes et les femmes de ce roman survivent dans cette véritable jungle urbaine Tokyoite et les rencontres qu'il font avec les autres personnages de Lignes ne débouchent sur aucun liens humain sympathique : au mieux les individus se manifestent de l'indifférence en s'écoutant parler sans s'écouter, au pire ils s'agressent les uns les autres. Une fois encore, Murakami, comme il l'a fit dès Bleu presque transparent, dépeint une société japonaise contemporaine sans liens humain qui laissent les individus livrés à eux même et à leurs maux insolubles.
Au final, Murakami Ryû livre ici un roman d'une puissance étonnante et parvient à dénoncer la déliquescence d'un Japon qui brise les individus qui subissent la violence physique et psychologique, ce qui les conduit à la folie. Une fois encore, la lecture de ce récit laisse un goût d'amertume et le lecteur reste pensif après cette lecture frénétique, qui nous laisse exsangue et pessimiste.
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le_Bison
  21 mars 2012
« Lignes », le roman pourrait également s'intituler « une nuit dans le Tokyo underground en compagnie des SDF, des marginaux, des drogués, des lycéennes « accompagnatrices », et de tous ces laissés-pour-compte que la société japonaise semble ne plus voir ».
La structure du roman est intéressante. Ici pas de héros récurrent. On croise simplement les personnages d'un chapitre à l'autre. On ne les suit souvent que quelques minutes avant que le destin ou le hasard nous amène à croiser un nouvel anonyme qui va devenir le « héros » des prochaines pages. Une vingtaine de personnes vont ainsi défiler en autant de chapitres. Elles se rencontrent dans la rue, dans les lingeries-bars, dans les clubs sado-masos. Elles s'aiment, se déchirent, se bastonnent… Il y est question souvent de baise, et toujours de violence, physique et morale. C'est brutal et c'est le portrait d'une jeunesse désenchantée vue par Murakami. de confessions impudiques en scènes de bondage, « Lignes » déroule l'espace d'une simple nuit le destin de simples êtres enfermés dans leur solitude, en marge d'une société qui laisse à l'abandon ceux qui ne rentrent pas dans le moule. C'est beau une ville la nuit, mais décrite par Murakami cela devient vite étouffant, nauséeux, une nuit de sexe et de violence dans une belle mégalopole.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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zorazur
  17 novembre 2011
"Lignes" de Murakami, l'"autre" Murakami, c'est LE roman que j'aurais aimé écrire. C'est un roman relativement court, qui peut se lire relativement vite et relativement facilement. Et pourtant ... on en sort secoué, bouleversé, halluciné. Chacune de ces courtes histoires, brève tranche de vie, porte un lot insupportable de douleur et de solitude. "Lignes", c'est plein de silences et plein de cris, plein de violence et de désespoir. Ce sont des parcours qui se croisent dans la nuit sans s'entrecroiser, des rencontres qui ne se font pas, des solitudes qui se heurtent et çà fait très mal. La communication est impossible à établir, d'autant que le seul moyen de l'établir est la violence. On referme le livre victime de sa propre solitude, accablé par celle des autres, frustré des lignes qu'on n'a pas réussi à tracer, des rencontres qu'on n'a pas réussi à faire. Et on ne regarde plus jamais les autres de la même façon, se demandant ce que eux aussi peuvent bien traîner de souffrance et attendre des autres. "Lignes", en fait, c'est le récit des occasions manquées.
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Dasazi
  26 juillet 2008
Un ami m'a fait découvrir cet auteur contemporain avec ce roman il y a de ça 6 ou 7 ans. La 1ère lecture m'avait laissé une bonne impression, le passage d'un personnage à un autre (il y en a 20) m'avait particulièrement plu. Je l'ai donc acheté récemment et relu.
Il s'agit donc d'une courte tranche de vie rattachée à une personne dans le japon d'aujourd'hui. Chaque personnage traîne avec lui ses souffrances, en fait subir ou vit ses pulsions (sexuelles, de violence,…). Aucune communication entre ces homes et ces femmes détruits par… La réponse n'est pas donnée mais des pistes sont données : pour chaque personnage nous avons droit à un descriptif de son enfance. Tous ont vécu un traumatisme, une expérience qui les a écartée de la voie de citoyens ordinaires pour celle de la marginalité. Ou peut être est ce la faute à cette société de plus en plus inhumaine qui jette chacun de nous dans un anonymat indolore mais dévastateur du point de vue de la compréhension mutuelle.
C'est un roman qui parle de violence, de sexe et de mal être (thèmes cher à Murakami) mais on n'en sort pas déprimé, juste étourdi par tout ce que peut réserver la vie. Vous ne croiserez plus les gens sans vous demander ce qu'ils cachent au fond d'eux-mêmes.
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Mero
  28 mai 2016
J'avais adoré Miso Soup, et j'ai été terriblement déçu par Lignes. La surenchère de violence est beaucoup trop présente et totalement inutile pour qu'on finisse par l'apprécier. Elle gave et finit même par écoeurer. J'avais l'impression de toujours lire la même chose au travers de la pléthore de personnages que l'on rencontre. Ils sont tous fait du même corps de boue et animé d'un seul esprit. On ne les distingue pas autrement que par leurs noms. Je trouve ça dommage car on se rend compte qu'ils servent juste de prétexte à l'auteur pour nous faire partager ses anecdotes et ses pensées personnelles sur la société japonaise au travers de souvenirs égarés. Ryu Murakami a toujours des points de vue que j'aime découvrir, d'autant plus qu'il a le don de savoir les exprimer. Entrecoupés par d'innombrables scènes de meurtres, de séances de sado-masochisme, de fétichisme débraillé, de fascination sur la capture d'insectes, on se demande l'intérêt de ce qu'on lit. Tant et si bien que j'ai lâché ma lecture à de nombreuses reprises, la terminant avec peine et lassitude. le fil conducteur, ou plutôt la ligne conductrice qui m'avait intrigué dès le début, cette étrange fille qui lit dans les câbles électroniques n'est même pas assez exploité pour qu'on puisse s'en délecter.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
IansougourmerIansougourmer   02 mai 2013
Mukai se souvient parfaitement de la première fois ou il a rencontré Akiko Mochizuki. Lorsqu'il lui avait présenté une sélection d'une cinquantaine de diapos et une centaine de photos noir et blanc sur planches-contact, elle avait déclaré : " C'est différent !". Elle n'avait pas dit " c'est bon " ou " c'est mauvais ", mais " c'est différent. ". " C'est différent.". Mukai n'avait pas compris ce qu'elle voulait dire et lui avait demandé des explications. Il avait une appréciation très personnelle de ses photos et s'entendre dire " c'est différent " l'irritation profondément. Un choc.
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IansougourmerIansougourmer   04 mai 2013
Fumi adorait cet instant. L'instant où l'interlocuteur se rendait compte qu'elle ne s'intéressait pas à ce qu'il disait. Non pas la déception qu'il pouvait éprouver, mais la sensation d'avoir réussi à disparaître sans que son interlocuteur se rende compte de rien.
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IansougourmerIansougourmer   03 mai 2013
Les personnes qui ont été maltraitées durant leur enfance éprouvent de grosses difficultés à s'accepter telles qu'elles sont. Elles se détestent et cherchent toujours inconsciemment à se punir.
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le_Bisonle_Bison   21 mars 2012
A cause de cette femme, Toshihiko était arrivé à la conclusion que toutes les femmes aimaient sucer. Par la suite, il avait dû déchanter à plusieurs reprises. La fille qu’il avait connu avant Yoshiki, une lycéenne, une gosse de riches qui donnait l’impression de faire ses études à Hawaï, détestait sucer sans préservatif et c’était pour cette raison qu’il l’avait tellement frappée au visage qu’elle avait perdu l’usage d’un œil. Il lui avait déchiré l’œil avec son index légèrement tendu et se souvenait parfaitement du plaisir qu’il avait éprouvé et de la sensation quand il avait crevé la chair du globe oculaire. Toshihiko recherche depuis ce jour l’excitation qu’a provoquée en lui cet acte : il drague une fille dans la rue et après l’avoir emmenée dans un parc pour la baiser, sous le prétexte que la fille a dit ou fait quelque chose de travers, il se met à la rouer de coups, toujours au visage et en s’efforçant d’atteindre ses yeux. Enfant, Toshihiko s’amusait souvent à tuer des insectes, mais écraser un insecte ne lui avait jamais procuré la sensation qu’il avait éprouvée en crevant l’œil d’un être humain…
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SeijoliverSeijoliver   09 novembre 2018
page 93, après que le personnage d'Akemi se demande si elle va tuer la souris de l'homme qui l'héberge, je me suis dit - excusez moi d'être trivial - "mais qu'est ce que c'est que cette bande de taré-e-s ?" !
Les portraits photographique de Murakami Ryu montrent un homme sérieux, limite austère, presqu'en colère.
Il est vrai qu'on ne rit ni ne sourit à lire ses livres : "on n'est pas là pour rigoler".
Comprenez les personnages de ce roman ont tous eu une enfance difficile, abandonnés, frappés, maltraités. Alors, forcément...

Si la construction du roman est intéressante, on passe d'un personnage à un autre comme une course de relais, la complaisance pour la violence et le sexe est au bout du compte pénible, répétitive : personne qui ne sache ou martyriser son propre corps ou celui des autres.
Un écrivain a bien sûr tous les droits, entr'autres celui obsessionnel de ses sujets, mais, ne peut-on y voir aussi des œillères ? Depuis 40 ans Murakami ne voit-il (ne veut voir) qu'une seule jeunesse ?
Comme dirait ... "c'est un peu court jeune homme !"
Avis bien sûr non définitif ! Juste quelques questions et d'autres livres de Murakami Ryu à lire !
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