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Sylvain Cardonnel (Traducteur)
ISBN : 2809700788
Éditeur : Editions Philippe Picquier (23/01/2009)
Résumé :
Love & Pop aborde une forme de prostitution propre au Japon, dont Murakami avait déjà fait le sujet troublant de son film Tokyo Decadence. Par l'intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s'acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d'une jeune fille qui, désirant absolument s'offrir une topaze impériale, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Iansougourmer
  27 mars 2013
Love & pop me laisse définitivement indécis : si j'ai aimé ce livre, il me laisse un léger sentiment d'insatisfaction, comparé à d'autres livres de Murakami Ryû beaucoup plus enthousiasmants. Cepandant ce court roman ( quelques 200 pages ), reste intéressant et ce à plusieurs titres.
Hiromi fait partie d'une bande de quatre jeunes adolescentes dont le grand centre d'intérêt est le shopping. En dépit de la totale indépendance et des sommes conséquentes que leur accordent leurs parents, les jeunes filles sont insatisfaites car rien ne semble pouvoir assouvir leurs besoins de vêtements et accessoires. Pour obtenir plus d'argent, les jeunes filles utilisent une pratique répandue chez les lycéennes japonaises : par le biais de messageries téléphoniques elles prennent des rendez-vous rémunérés avec des inconnus, allant jusqu'à se prostituer. Hiromi accepte deux rendez-vous rémunérés pour s'offrir une bague, et s'expose ainsi en toute inconscience à de graves dangers...
L'intérêt de lire Murakami Ryû est qu'il est un des rares auteurs contemporains nippons à critiquer aussi durement et systématiquement la société japonaise, vue comme une nation ultramatérialisée où les individus se font broyer par la solitude, la perte de valeurs et la folie, livrés à eux même au sein d'une société japonaise déshumanisée, en déliquescence. Une des illustrations de cette sombre vision du Japon dépeint par Murakami dans ses romans réside chez l'auteur dans la description des relations sexuelles entre individus qui sont un exemple édifiant des relations dénaturées entre individus. Les personnes n'entretiennent plus que des relations vidées de tout contenu sentimental, souvent même de tout sens, qui sont plus le résultat du hasard et de l'obligation d'un échange pour rompre une solitude croissante que de la volonté de découvrir l'autre. En dépit de la densité du tissu urbain, les individus s'isolent les uns des autres.
Ainsi dans love & pop, les jeunes filles n'ont pour seul centre d'intérêt que de dépenser leurs yens pour des articles de mode, même leur relations entre elles semblent plus basées sur des expériences personnelles et un besoin d'agir en bande que sur une amitié solide. le personnage principal, Hiromi, a un petit copain, mais celui-ci semble être plus un passe-temps qu'un véritable amour...
Plus troublant encore, Hiromi et ses amies ne semblent avoir aucun problème à se vendre à de parfaits inconnus, pour acquérir des biens matériels. Et les clients ne semblent avoir eux aussi aucun problème à s'attaquer aux lycéennes et à abuser de jeunes filles de 16 ans... C'est donc le tableau inquiétant d'une société japonaise livrée au matérialisme effréné et à l'immoralité que Murakami fait dans Love & pop.
Toutefois, ce qui fait de Love & Pop un roman particulier dans l'oeuvre de l'auteur est le fait que celui semble vouloir donner quelques sources d'espoir au lecteur. D'habitude le romancier dresse juste un tableau sombre de la société japonaise et laisse un personnage principal e naguère si ce n'est détruit. Ce n'est pas le cas dans Love & pop. En effet, même si on est navré de voir cette bécasse d'Hiromi sombrer dans les joies de l'hyperconsommation, avoir la bêtise d'accepter des rendez vous dangereux et glauques avec des inconnus pour s'acheter une bague puis finalement subir fort logiquement des attouchements sexuels et des violences, le dialogue qu'elle a à la fin de ce roman avec un personnage ainsi que ses réflexions semblent lui dessiller les yeux sur la bêtise de son comportement : même si elle ne comprend pas tout, elle parvient à la vérité salutaire que les plaisirs matériels ne doivent pas être assouvis au mépris de son bien être personnel.
NB : je tiens à mettre en garde ceux qui me lisent : il s'agit là uniquement d'une interprétation personnelle de ma part.
Toutefois, ce qui m'a déçu dans ce roman, c'est sa pauvreté stylistique. On ne trouve ici dans ce roman rien des atmosphères qui mettent d'habitude si mal à l'aise le lecteur, avec un mélange de violence et de psychologie. Pas trace non plus des digressions incongrues et si intéressantes des personnages. Peut être pour accentuer leur côté niais, Murakami ne semble pas avoir aussi bien que d'habitude construit ses personnages principaux. Quant un personnages secondaires, ils font un peu lisses...
La seule chose intéressante de ce roman est le fait que parfois l'action s'interrompt, remplacée par un flot de paroles, messages téléphoniques et publicités. Cela est intéressant dans la mesure ou le lecteur en ressent une impression d'étouffement qui illustre la pesanteur de ce Japon de la surconsommation. Mais lire dix pages de messages téléphoniques peut être un peu lassant...
Un roman de l'auteur en demi teinte, qui si il aborde un aspect du Japon intéressant et méconnu et dénonce de manière efficace les problèmes de la société japonaise, ne parvient pas à garder un rythme soutenu tout au long du livre. Au final, un Murakami Ryû plaisant, sans plus.
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SMadJ
  26 août 2013
Très étonnant ce Love & Pop, vraiment propre à la culture japonaise et en même temps très universel.
Vadrouiller dans l'esprit d'une lycéenne japonaise est une expérience réellement différente des ados occidentales.
Car les mentalités nippones sont vraiment aux antipodes et ce qu'on y apprend sur la relation homme-femme ou plutôt homme-adolescente fait froid dans le dos. Ce n'est pas tant a parler de détournement de mineur dont il s'agit ici que d'une fuite éperdue vers une jeunesse disparue qui guide ces hommes tous à moitié dingue enfermés dans les carcans de la société japonaise aux contraintes sociales étouffantes et où vivre en couple est synonyme d'ennui et de lassitude. Les femmes sont laissées pour compte et seules les ados de 13 à 17 ans ont une valeur. Marchande et fantasmagorique.
Où la société de l'immédiateté gangrène les pensées et où le désir se doit d'être instantanément assouvi de peur que le désir présent soit vite remplacé par le désir suivant. Écrit en 1996, ce roman est encore plus juste en 2013.
Perclus d'extraits de reportages radio, d'émissions de télé réalité effrayantes comme seuls les japonais oseraient, d'articles de magazines poussant à la consommation et aux désirs futiles, et de conversations éparses, ce roman nous fait voyager au coeur du néant.
Ryû a une écriture très légère, quasi-aérienne ce qui ne n'empêche pas une certaine profondeur.
3/5
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Kittiwake
  06 juillet 2014
Hiromi a seize ans. Les fringues, les parfums, les bijoux sont au centre de ses préoccupations. L'argent de poche que lui octroie sa mère n'y suffit pas. Alors, comme pour ses copines, la tentation est grande de répondre à la demande d'hommes de tous âges et de toutes conditions, qui veulent acheter sa jeunesse. Insatiables ou laissés pour compte, le danger est sous-jacent. Et le premier pas coute. L'éblouissement créé par un bijou, une bague de 1000 euros, fait tomber ses derniers scrupules. Les offres sont multiples, l'erreur peut être fatale…
Murakami Ryu aborde ici un sujet en cohérence avec la thématique de ses publications. La prostitution des jeunes filles collégiennes ou lycéennes au Japon est un phénomène courant et inquiétant au regard des motivations des jeunes filles : il ne s'agit pas de survie, de situations de détresse financière, mais juste d'un attrait quasi-pathologique pour des objets de luxe!
L'auteur dénonce ce fait de société à la manière d'une mise en garde, en soulignant les dangers potentiels du procédé. Car parmi ces messages témoignant de solitudes urbaines , se cachent aussi de véritables traquenards issus de détraqués, souvent les plus aptes à ferrer leur proie via des demandes anodines. Lorsque le pervers se dévoile, il est trop tard.
Ce roman paru en 1996 au Japon, n'aura été traduit et édité en France qu'en 2009, alors que le phénomène commence à faire parler de lui en Occident, même si la finalité qui apparaît sous nos contrées est moins futile : nécessité de financer ses études, de payer son loyer et de manger.
Le style d'écriture peut surprendre. Si les listes de DVD d'un vidéo club permettent de passer rapidement et de raccourcir le temps de lecture, l'absence de transition entre dialogues et bruits de fond, messages et intrigue principale, peut être déroutante. C'est une pseudo-modernité d'écriture qui peut agacer.
Le message est clair, bien analysé, et résonne comme une leçon de morale, sans doute insuffisante pour enrayer la tendance

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Luniver
  04 juin 2014
Jeune lycéenne japonaise, Hiromi est obsédée par la mode, comme ses trois amies. Principalement par les grandes marques, qu'elles ne peuvent se permettre de s'offrir. Pourtant, il ne faut pas tarder quand on craque sur un article : Hiromi s'en rend compte, deux jours plus tard, l'excitation est déjà retombée. Il faut donc se l'offrir immédiatement.
Pour rassembler la somme nécessaire, la solution est toute trouvée : les petites annonces par téléphone (depuis, j'imagine qu'internet a pris le relais). Les hommes y déposent leurs fantasmes, les filles proposent leur service. Et les demandes ne sont pas forcément sexuelles (sur le papier en tout cas). Certaines personnes sont prêtes à payer pour une soirée karaoké en tête à tête avec une jeune fille ou pour faire du shopping main dans la main.
Je ne connais pas assez la société japonaise pour comprendre réellement leur motivation : pression sociale intense sur les célibataires ? Culte extrême de la jeunesse (au dessus de 20 ans, les jeunes filles ne sont plus recherchées) ?
Le style de Murakami ne m'a pas enthousiasmé. Très descriptif, il se refuse à faire le tri dans ses informations, et propose trois pages de commande dans un McDonald's ou la liste complète des films proposés sur un rayon. Un style sans doute adapté au sujet, dans lequel les sentiment n'ont pas leur place et où le consumérisme est omniprésent, mais pas agréable à lire pour autant.
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Ogusta
  15 octobre 2015
Prêt d'une amie lectrice avisée. Lecture : quelques heures volées à une journée de soleil + nuit d'insomnie octobre 2015.
Assurément c'est un livre qui marque qu'on le veuille ou non, déjà par le sujet : des jeunes filles, (l'auteur va s'attacher à l'une d'entre-elles tout particulièrement, Hiromi 16 ans, mais on sent bien qu'elle n'est qu'un prétexte),se prostituent ou jouent les accompagnatrices de charme pour des hommes plus âgés, de trente à quarante ans environ, en échange de coquettes sommes d'argent voire tout simplement d'accessoires, de vêtements de marque ou de bijoux. Ainsi, pour s'offrir une bague Hiromi va compiler en quelques heures de nombreux rendez-vous assez glauques.
On ressort plutôt mal à l'aise de cette histoire. Hiromi n'est pas vraiment traumatisée (elle pourrait pourtant), elle semble juste blasée, mais prête à continuer comme si le corps avait peu d'importance face à l'argent et "aux choses". Murakami Ryu ne condamne pas la prostitution, pas dans les mots, il se contente de raconter froidement, il retranscrit les annonces laissées par les hommes sur les messageries de rencontres, les réponses des lycéennes et inversement. C'est un style très épuré qui va bien au contexte.
Si mon avis vous intéresse : j'ai aimé mais sans passion, un peu comme Hiromi aime son amoureux, c'est une société qui existe et le savoir changera peut-être mon regard sur les jeunes et jolies japonaises qui achètent tant et tant de produits de luxe. Je crois que le message peut aussi s'adresser à nous : ne soyons pas otages de nos possessions, elles peuvent nous conduire aux pires travers. Ce que nous sommes ne dépendra jamais de ce que nous avons. A bon entendeur ...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   03 juin 2014
Lorsqu'on a envie d'une chose, il faut tout faire pour l'obtenir sans tarder car les choses changent de nature après une ou deux nuits et redeviennent ordinaires. Elles le savaient très bien comme elles savaient qu'il n'existait pas une seule lycéenne capable de travailler six mois dans un McDonald's pour se payer un sac Prada.
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IansougourmerIansougourmer   24 mars 2013
La conscience et le comportement de ces filles qui ne désirent rien d'autre que de profiter du moment où, ayant eu envie d'un sac Prada, elles acceptent un rendez-vous pour obtenir l'argent nécessaire à cet achat, cristallisent à la perfection ce modèle immature d'existence que la société japonaise à su si bien raffiner qu'une littérature qui ne soit pas divertissement ou érudition, autrement dit passe-temps, est inutile.

Murakami Ryû, postface
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edwige31edwige31   26 août 2012
Moi, à la campagne, je me sens mal. J'ai horreur de la campagne au point de me sentir vraiment mal. ça me file la nausée et ce n'est pas à cause de l'odeur du fumier, c'est parce que là bas, l'autre n'existe pas. Tout le monde se connaît. il ya des gens qui soudain décident d'aller faire pousser des navets à la campagne, y en a même de plus en plus depuis quelque temps, mais en ce sont des gens au bout du rouleau, plus aucune énergie. Des gens qui ont renoncé à ce dont je te parle. Il faut de l'énergie pour rencontrer l'autre. ça fatigue vraiment. Mais moi, je pense que ne pas rencontrer l'autre, c'est la mort, c'est être mort.
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LuniverLuniver   04 juin 2014
S'il le propose, difficile de ne pas accepter mais est-ce bien raisonnable qu'un type propose 20 000 ou 30 000 yens juste pour l'accompagner au karaoké ? J'ai beau penser qu'ils sont très cons, je ne peux pas m'empêcher d'être gênée et d'en faire des tonnes pour qu'ils passent un bon moment.
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IansougourmerIansougourmer   28 mars 2013
Hiromi cru comprendre comprendre en partie pourquoi un homme aussi bien que capitaine Éo, celui qu'elle avait devant elle, utilisait les services d'une messagerie. Elle avait beau le regarder, ce n'était pas, à 25 ans, le genre de garçons à se trouver en mal de filles. Alors pourquoi achetait-il des filles ? Sans doute parce qu'avec une fille qu'il ne paierait pas, avec une fille dans une relation ordinaire, il serait difficile à un homme de se mettre à parler soudain d'une peluche. Il le cacherait, sans doute. Hiromi prit conscience pour la première fois qu'elle était une fille qu'on avait acheté avec de l'argent.
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