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EAN : 9782754807289
112 pages
Éditeur : Futuropolis (07/03/2013)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Quand tous les espoirs s’effondrent, autant tout recommencer à zéro. Pour Abel Merian, son nouveau départ dans la vie prend la forme d’un voyage en Italie à la rencontre d’une mystérieuse inconnue.
Rascal et Thierry Murat signent un road-comics mélancolique, désabusé, aux effluves d’enfance, que ne renierait sans doute pas Wim Wenders...
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  24 juillet 2018
Le ciel bleu parcouru d'une envolée d'oiseaux... Des oiseaux qui seront les seuls à l'accueillir à sa sortie de prison. Abel Merian n'a qu'une hâte : se débarrasser de ses vieilles fringues pourries et de ce pauvre sac Tati. le premier magasin sur sa route et le voilà qui en ressort tout propre et tout neuf. Ses quelques économies dépensées ne l'inquiètent pas : il sait que son butin l'attend bien sagement au fond d'une vieille usine désaffectée. Mais, une fois sur place, il se rend compte que la ville a bien changé. Des projets immobiliers qui pullulent et l'usine désaffectée s'est transformée en centre d'art moderne et contemporain. Plus qu'à dire adieu à son butin coulé sous des tonnes de béton. Assis sur un banquette, perdu dans ses pensées, il est bientôt interrompu par les Variations Goldberg. Au bout du fil, une jeune femme, la propriétaire du portable, qui lui demande de bien vouloir le lui envoyer en Italie, là où elle se rend par avion. Et pourquoi ne pas le lui remettre en main propre...
Plus rien ne retient Abel. Personne pour l'accueillir à sa sortie de prison, un butin envolé. Alors, il va suivre son instinct et retrouver la jeune femme qui a oublié son portable au centre d'art. Ce voyage, aussi inattendu qu'impromptu, va l'emmener loin de chez lui. Dans cet album, l'on suit Abel, un homme taciturne, un brin désabusé et dont on sait finalement peu de choses. Un homme qui va s'accrocher aux premières lueurs de vie, notamment en la propriétaire du portable. La voix-off, omniprésente, envoûtante, nous plonge dans une ambiance très intimiste, tantôt nostalgique, tantôt poétique. Ce récit introspectif, ponctué de silences assourdissants, fait la part belle à l'humain, à la vie, aux rencontres qui tracent notre chemin. Rascal Graphiquement, le trait profondément encré, la mise en page sobre et les couleurs bichromiques et sombres de Thierry Murat sert parfaitement ce voyage émouvant.
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Chrisdu26
  15 juillet 2013
Il y a des jours, comme ça, où rien ne se passe comme on le souhaiterait, il y a des vents contraires, des vents mauvais …
« le ciel est par-dessus le toit
Si beau, si calme… »
Tel Verlaine, Abel Mérian, observait ce monde à travers une fenêtre flanquée de trois barreaux. Il regardait la vie défiler à grande vitesse. A sa sortie de prison, je suis rentrée dans sa tête et je ne l'ai plus lâché. Peu m'importe son passé, son délit, pour moi, Abel est un homme bien que j'ai envie de connaître, de comprendre, d'aider et d'aimer. Il a cette retenue, cette mélancolie que j'admire chez les hommes et pourtant c'est un volcan prêt à entrer en éruption.
Seul et sans illusion, il se débarrasse de ses vieilles guenilles et va dépenser sa solde pour ressembler à un homme ordinaire, mais quel bel homme ! Il a un but, qu'il attend depuis sept ans, sept longues années. Il se dirige vers une vieille usine désaffectée pour récupérer son butin et tirer un trait sur son passé. Mais le vieux bâtiment a fait place à un musée flambant neuf. Envolés ses projets, ses rêves, il est dans la merde jusqu'au cou.
Submergé par ses idées noires, les «variations de Goldberg» le ramènent soudain à la réalité par le biais de la sonnerie d'un portable oublié. Il décroche quand une douce et jolie voix lui demande de lui renvoyer le portable en Italie où elle est sur le point de se rendre. Abel, séduit, accepte mais va quelque peu fouiller dans le portable de cette inconnue et va s'immiscer dans ses textos, ses photos, son ex, ses copines, ses joies, ses peines, sa vie en somme.
Lui renvoyer son portable ? Mais pourquoi ne pas lui remettre en main propre en Italie ? Il vole une voiture, au hasard de sa route, et le voilà parti seul vers l'inconnu. Seul ? Pas vraiment. Son chemin va être jalonné de rencontres inattendues et de souvenirs de son enfance.
« -Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis qu'as-tu fais, toi que voilà,
De ta jeunesse ? »
Un road-movie sublime, l'introspection délicate, douce-amère d'un homme désabusé. le graphisme sur fond de couleurs automnales nous absorbe. Une tranche de vie, authentique, douloureuse, qui laisse des traces, car parfois la vie ne fait pas de cadeau.
Il y a des jours comme ça où rien ne se passe comme on le souhaiterait, il y a des vents contraires, des vents mauvais…

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jamiK
  18 juin 2020
Trait brut mais réaliste, presque photographique, très contrasté, en noir, accompagné de lavis pâles, assez neutres, à dominante bleu ou violet, le texte est dactylographié, cela donne un aspect usé, vieux et pauvre. Les cadrages, les angles de vue font très reportage, la beauté émane d'une certaine simplicité, d'une modestie dans le choix des images, rien de grandiloquent, au contraire, visions de câbles, de vieilles usine, personnages à moitié hors cadre... C'est en totale adéquation avec le récit : un homme sort de prison, il trouve un téléphone et décide de le renvoyer à sa propriétaire en Italie. S'en suit un voyage chargé de lenteur, de mélancolie, un voyage désabusé, à l'espoir bancal et fragile. Je me suis laissé embarquer dans ce road trip, avec un côté Thelma et Louise, mais en encore plus désabusé. Ce n'est pas très gai, pourtant j'ai aimé m'immiscer dans cette ambiance, dans cette torpeur, les personnages sont touchants, même le chien qui ne dit rien, l'émotion est au rendez-vous, l'espoir, non. A travers ce voyage, on visite l'état de notre société, un peu en ruine, usé et éteinte comme cet ex-taulard. On en ressort ému et troublé, juste ce qu'il faut. Au vent mauvais est un combat poétique entre la liberté et le désespoir. Superbe.
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alouett
  06 mars 2013
Abel sort de taule après sept années passées derrière les barreaux. Personne ne l'attend et il n'a aucun point de chute…
« Je suis sorti comme j'étais entré. Mêmes fringues pourries sur le dos et sac Tati à la main. Juste plus léger, côté des illusions ».
Il n'a que de maigres économies en poche mais Abel ne s'inquiète pas. Son magot l'attend, bien planqué entre les quatre murs d'une usine désaffectée. Mais arrivé à destination, il découvre qu'un musée d'art contemporain flambant neuf a remplacé la vieille usine. Aigri, Abel a comme seule consolation le fait de pouvoir profiter de la visite, il s'arrête pour contempler un Magritte. La sonnerie d'un portable le ramène à la réalité. Abel décroche. A l'autre bout du fil, la propriétaire du mobile. Elle lui demande de lui envoyer son téléphone en recommandé, Abel accepte…
« Elle habitait en Italie. Elle aimait Bach. Et moi, j'aimais déjà sa voix ».
Finalement, faute d'avoir eu la patience de faire la queue au bureau de Poste, Abel se retrouve au volant d'une voiture volée en direction de l'Italie avec la ferme intention de remettre le portable en main propre à la belle italienne…
-
Que de nostalgie et d'amertume dans ce récit ! Ces deux ingrédients créent une atmosphère agréable, elle est propice à l'introspection que cet homme réalise sous nos yeux. On le découvre désabusé, usé par la vie mais contre toute attente, il se laisse porter par l'espoir d'une vie meilleure. Une vie qui lui sourirait enfin après des années de galères. le contraste est assez surprenant, cet homme m'a intriguée.
L'histoire se construit à l'aide d'une voix-off, donnant initialement au lecteur l'impression que le récit va être un long monologue que le héros prononcerait d'une voix monocorde. Rascal fait évoluer un personnage qui n'a pas de perspectives d'avenir, la prison s'est chargée de les anéantir. de fait, le narrateur puise essentiellement dans ses souvenirs, du moins dans ceux où il se sentait encore vivant ; ainsi l'enfance, la famille, les refrains de musique semblent être ses seuls repères. La voix intérieure du personnage nous aide à comprendre son état d'esprit, son parcours et les raisons qui le conduisent à prendre la route. On voit cet homme s'extraire lentement de son mutisme. Il cherche à retrouver le goût de la liberté.
Les dessins de Thierry Murat sont sobres. Les teintes sépia dominent et renforcent les sentiments de solitude et d'isolement d'autant plus forts que cette tranche de vie se déroule presque entièrement dans l'huis-clos d'une voiture. Les personnages secondaires se comptent sur les doigts d'une seule main…
Au vent mauvais fait moins réfléchir à la question de l'enfermement qu'à celle sur les séquelles d'une longue détention. Finalement, quoi de plus logique pour un ancien détenu que de ressentir le besoin (presque vital) de profiter de grands espaces ? Et quoi de plus pertinent qu'un road-movie pour matérialiser cette idée ? Comment expliquer son besoin inconscient de vivre libre dans l'espace étriqué d'une voiture ? Pourquoi aller chercher l'amour auprès d'une inconnue ? Pourquoi les couleurs des paysages traversés ont-ils invariablement la même couleur ? Pourquoi ??
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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Ladydede
  08 juillet 2013
Au vent mauvais est un roman graphique de Thierry Murat (au dessin) et de Rascal (au scénario). Il relate l'histoire de Abel Merian qui sort tout juste de prison. Il décide, comme prévu, de récupérer son argent, caché dans une usine désaffectée. Mais, surprise à son arrivé, Abel découvre un musée d'art contemporain. Ses plans changent alors et plus encore lorsqu'un téléphone rose sonne : Abel décide alors de voyager jusqu'en Italie...
Au vent mauvais est un roman graphique qui transporte le lecteur dans un voyage philosophique, dans une quête d'identité qui fait réfléchir sur la vie après la prison. Abel Merian est un personnage assez attachant malgré son côté sombre... Son coup de foudre pour la jeune italienne-française est d'autant plus touchant. le dessin ainsi que le scénario s'imbriquent parfaitement et créent une ambiance tout à fait particulière. J'ai lu en parallèle de Au vent mauvais un autre roman de Thierry Muscat, Les larmes de l'assassin, qui suit la même atmosphère...
Pour moi, Au vent mauvais est un petit bijou de noirceur poétique sous les codes d'un road-movie autour de la vie...
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critiques presse (6)
BoDoi   25 avril 2013
L’ensemble manque d’épaisseur. Les situations et les sentiments ne sont qu’effleurés. Difficile de prendre fait et cause pour Abel, dont les motivations profondes ne sont pas expliquées.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDSelection   12 avril 2013
Ce qui marque, touche et impressionne d'abord ici, c'est la construction et la conduite du récit. L'écriture de Rascal est sèche, austère, mais également imagée, voire lumineuse. Les dessins de Thierry Murat s'attachent aux paysages comme aux corps...
Lire la critique sur le site : BDSelection
ActuaBD   02 avril 2013
Récit de fuite et de lutte contre le vide, un voyage sans but qui s’inscrit dans la tradition du roman noir. Un beau climat, un personnage mystérieux. Manque tout de même un petit quelque chose...
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   29 mars 2013
Rascal et Thierry Murat réalisent un road-movie fluide, à la mise en page sobre, voire austère, dont la simplicité n’a d’égal que la profondeur. Sur un scénario d’une linéarité toute autoroutière, Thierry Murat pose un graphisme épuré jusqu’à l’essentiel.
Lire la critique sur le site : BDGest
Auracan   21 mars 2013
C'est dans un road-movie d'un autre genre que les auteurs nous emmènent, en nous invitant à vivre au rythme de ce jeune taulard qui aspire à tourner la page de nombre d'années de galère pour une chimère italienne.
Lire la critique sur le site : Auracan
Actualitte   18 mars 2013
Construit presque entièrement en voix off, une voix dont on imagine le ton monocorde, ce récit est une lente introspection. [...] Les cases de l'album sont autant d'images arrêtées, banales et hypnotiques. Les couleurs ternes et uniformes...
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   24 juillet 2018
J'avais envie de lignes d'horizon, de grands vents, de pluies chaudes, de nuits étoilées, d'océans, de ruisseaux, de vallons, de forêts, de déserts, de nuages tout entiers... J'avais besoin d'ailleurs. Avec l'idée de m'y égarer, surtout.
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BazartBazart   08 mars 2014
« Je suis sorti comme j'étais entré. Mêmes fringues pourries sur le dos et sac Tati à la main. Juste plus léger, côté des illusions ».
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Martin1972Martin1972   16 mai 2016
Y'avait personne pour m'accueillir à la sortie.
Me suis contenté du ciel immense et de la bande d'oiseaux qui virevoltaient par-dessus les toits en piaillant.
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somsom   17 août 2013
Y’avait plus qu’à expédier le Nokia rose en recommandé, direction l’Italie. Dans l’immédiat, c’était la promesse tenue d’une grosse heure à poireauter. Me suis barré. J’aime pas attendre pour payer.
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marina53marina53   24 juillet 2018
La vie est la farce à mener par tous.
Arthur Rimbaud
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Videos de Thierry Murat (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Murat
Le mois de novembre sera indélébile. Il marquera la sortie du nouvel ouvrage de Luz, qui revient sur toute une vie de dessin qui laisse des traces... Indélébiles ! Vous découvrirez aussi les histoires courtes de Davodeau réunies pour la première fois ou le nouveau chef d'?uvre de Thierry Murat, Animabilis... et comme les fêtes approchent, nous vous proposons aussi nos coffrets, intégrales et rééditions !
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