AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2754811974
Éditeur : Futuropolis (16/06/2016)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 58 notes)
Résumé :
13 juin 1867. Joseph Wallace est photographe à Pittsburgh. Marié à Marjorie, il a deux beaux enfants et son quotidien de portraitiste de notables et de leurs familles, lui assure un revenu confortable. Et pourtant, le voilà dans le train pour Saint-Louis rejoindre une mission d'exploration scientifique qui prendra route vers les immenses territoires à l'ouest du Mississipi, afin de gagner les Montagnes Rocheuses. L'expédition, dirigée par le Docteur Walter, est fina... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  30 août 2016
En juillet 1867, une expédition scientifique, financée par le gouvernement fédéral des Etats-Unis, part de St-Louis (Missouri) pour explorer l'ouest américain jusqu'aux Montagnes rocheuses. Montée sur des chariots bâchés tirés par des chevaux, elle sillonne d'interminables prairies et zones caillouteuses avant d'entrer dans des forêts de conifères coupées par des cascades vertigineuses. Sur des milliers de kilomètres.
Joseph Wallace, personnage fictif, photographe de studio, se joint à la mission et côtoie sur cette longue route, topographes, minéralogistes, biologistes et ethnologues, dont le but est de cartographier ces immenses espaces (à coloniser) et, si possible, de situer au plus près les gisements d'or, de charbon et de minerais. Il tient un carnet de route qui commence par ces mots : « Puisse mon âme, à l'heure où je rédige ces premières lignes, être aussi légère et insouciante que celle d'un enfant qui découvre le monde ».
Sa rencontre fortuite avec une tribu de Sioux Oglalas le pousse à revenir planter son trépied, à ses frais, pour portraiturer d'autres Indiens, sitôt son engagement terminé.
C'est ainsi que les enfants le totémisent Etunwan, celui qui regarde. En ce temps-là, la photographie était une technique émergente et au fil des pages, nous suivons les progrès du collodion instantané, du temps d'exposition et de pose, du dosage du sulfate de fer dans le bain de rinçage.
Ce qui fait de cette BD une oeuvre originale et exceptionnelle, c'est que Thierry Murat présente ses dessins comme des négatifs de photos argentiques. Des ombres chinoises sur fond sépia, gris, bleu, orange. Il rend hommage à ces « yeux » qui ont fixé pour toujours un peuple en voie de disparition, comme Edward S. Curtis, et à la richesse de ce peuple « né dans les prairies, là où les vents soufflent librement et où rien n'arrête la lumière du soleil, là où il n'y a pas de clôtures » (Géronimo).
Ce qui est important pour Etunwan, c'est de mettre les choses et les gens en scène, de les sublimer, de les raconter avec le regard et non pas de les saisir d'un simple clic. D'autant plus que les Indiens « savent depuis longtemps que leur monde est en équilibre au bord du vide. Et que ce vide ne sera bientôt plus que la trace effacée de ce qu'ils ont été. Aujourd'hui, je crois pouvoir affirmer humblement qu'ils ont compris que mon travail de « faiseur d'images » était en train d'empêcher peu à peu que cette trace disparaisse à tout jamais » (p. 114).
Thierry Murat nous offre 158 pages de grand art, de questionnement sur le besoin de s'approprier « le Territoire » comme on appelait l'Ouest en cette fin de XIXe siècle, et de la nécessité de garder la mémoire des traditions et de la sagesse indienne.
Merci, CrazyMan, de m'avoir permis de découvrir ce talentueux auteur de BD et de me replonger de manière très sensuelle dans le monde des Amérindiens.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          638
Titania
  14 juin 2017
C'est l'histoire d'un photographe embarqué dans une expédition géographique dans l'ouest des Etats-Unis juste après la guerre de Sécession. Il photographie des paysages sublimes, ses camarades, mais ce sont les Indiens des plaines, qui pour lui, sont la rencontre la plus émouvante. Tout le fascine, la langue complexe et métaphorique, la vie simple . Pour eux, il devient "celui qui regarde" Etunwan . Conscient de voir un monde disparaître, au fil de l'extermination des bisons, puis des hommes, il n'a de cesse de vouloir monter une nouvelle expédition plus légère uniquement pour témoigner à travers son art d'une civilisation menacée , pour publier à son retour un livre sur les " natives americans".
Ce roman graphique original est soit un journal intime, soit un échange épistolaire . le texte dactylographié est en dehors de l'image magnifique en tons sépias ou bleu nuit. le tracé en noir fait l'effet de plaques photographiques anciennes. Ce roman graphique a vraiment une originalité esthétique dans l'image, le texte et le sujet abordé .
J'ai beaucoup aimé ce récit qui est un hommage à un art naissant au service de la conservation d'un patrimoine . Il nous raconte que dans la marche vers l'ouest, une population a presque totalement disparu entre la pose des rails du chemin de fer et la ruée vers l'or.
J'ai rouvert mon album de photos " native american portraits " réalisées à peu près à cette époque par de nombreux photographes américains qui ont sillonné l'ouest de leur pays pour réaliser des portraits magnifiques et paisibles, ces regards intenses qui traversent le temps et nous rappellent à travers leur disparition, notre fragilité à tous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
blandine5674
  26 septembre 2017
Une belle histoire de passion, de découvertes des indiens, de l'ouest américain, dans cette époque de 1867 où le lecteur voyage avec un photographe. Des couleurs et dessins aux couleurs chaudes façon photo, des références à Thoreau et Baudelaire. Des massacres de bisons et d'indiens où ma pensée est allée vers ces écrivains de Nature Writing et bien sûr Harrison. Et encore plein d'autres belles choses. Une BD pour l'évasion et l'histoire, et surtout pour le bonheur que l'on ressent dans la lecture et dans l'oeil. En arrêt sur la dernière phrase des remerciements de Murat, toute simple, juste et vraie. Je cite : Désormais, cette histoire est vraie, puisque je l'ai inventée. T.M.
Lu grâce à la critique de ClaireG
Commenter  J’apprécie          180
alouett
  22 juin 2016
« 1867. Pittsburgh, États-Unis d'Amérique. Dans la ville industrielle grouillante et riche, Joseph Wallace, 33 ans, est photographe et tire le portrait des nombreux notables, ce qui lui assure une vie confortable mais sans possible fantaisie artistique. Il s'engage à suivre l'expédition dans les Montagnes Rocheuses. le programme dirigé par le Docteur Walter est financé par le Gouvernement américain afin d'explorer de nouvelles zones à cartographier et découvrir si de nouveaux gisements d'or ou de charbon sont exploitables, s'il existe, toujours plus loin, d'autres terres à coloniser. Parmi les plus éminents scientifiques de la côte Est, Joseph Wallace a pour mission de photographier les régions traversées, le relief, la végétation, et aider à cartographier le territoire. Mais l'expédition se révèle être un voyage intime sans retour. Suivant le dédale géographique, Wallace entame un cheminement artistique. le tranquille époux et père de famille rencontre les Indiens Sioux Oglalas et sa vie va s'en trouver changée. Il est désormais Etunwan, Celui-qui-regarde. » (extrait synopsis éditeur).

« Désormais, cette histoire est vraie, puisque je l'ai inventée »… c'est avec ces mots que Thierry Murat termine ses remerciements. Comme si ces mots nous rassuraient, nous raccrochaient à quelque chose de concret… comme pour nous dire qu'on ne l'a pas rêvée. Ce sont ces derniers mots qui nous permettent de quitter un album durant lequel nous nous sommes imprégnés des mots d'un homme en quête de sa propre identité. de façon indécente, nous avons parcouru son journal intime… le carnet de bord qui l'a accompagné durant ses longs voyages au-delà des frontières de son monde. Il a osé pénétrer dans un territoire qui n'est pas celui qui a été façonné par ses pairs. Il est allé à la rencontre d'un peuple aux moeurs et aux coutumes différentes des siennes. Il a regardé au-delà des apparences et a fait fi des rumeurs colportées par les gens de son « espèce » pour comprendre ces hommes et ces femmes d'une autre culture que la sienne, a dépassé sa peur de l'inconnu.
En imaginant ce récit, Thierry Murat revient sur le destin des amérindiens. La petite histoire d'un homme s'imbrique dans la grande histoire de l'humanité. On retrouve la même ambiance que celle des « Larmes de l'assassin » ; elle s'appuie en grande partie sur une voix-off qui décrit le cheminement et la réflexion du personnages. le témoignage apparaît tantôt en dessous des illustrations, tantôt il se glisse dans les dessins, marquant chaque page d'une certaine nostalgie… celle d'un ailleurs rêvé, fantasmé… l'endroit-même où la véritable personnalité de quelqu'un a la possibilité de s'épanouir. Les mots semblent être tapés à la machine à écrire et grâce aux teintes chaudes de l'album, le lecteur a bien peu d'effort à faire pour s'imprégner de cette atmosphère et emboîter le pas du personnage. Malgré les risques qu'il prend, on ne sent jamais en danger. Bien au contraire, on a cette soif de liberté, on a cette envie démesurée qu'il aille toujours de l'avant, à la rencontre d'un peuple aujourd'hui éteint, fondu dans la masse et complètement absorbé par cette folie occidentale qui ravage tout sur son passage.
Dans ce voyage vers l'inconnu, le héros se met à nu et livre ses réflexions les plus intimes.
(...) Lire l'article complet sur le blog : https://chezmo.wordpress.com/2016/06/22/etunwan-celui-qui-regarde-murat/
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
trust_me
  22 juin 2016
Pittsburgh, 1867. le photographe Joseph Wallace, décide d'abandonner les rémunérateurs portraits des notables locaux pour se joindre à une mission d'exploration scientifique dans les montagnes rocheuses. Chargé de photographier les régions traversées, Wallace se passionne plutôt pour les autochtones après avoir passé plusieurs jours dans un camp sioux. Rentré auprès de sa famille, il imagine déjà une nouvelle expédition entièrement consacrée aux indiens. Expédition qu'il mènera en solitaire et dont il reviendra profondément bouleversé.
Un récit qui vous happe. Par sa beauté, sa lenteur, sa puissance. Par son propos aussi, sa réflexion sur l'image, qui fait le lien entre dessin et photographie, notamment à travers la relation au sujet, les questions de cadrages, la posture : « Qu'est-ce qu'une image, sinon un fac-similé de la réalité ? Cela ne sert à rien de vouloir à tout prix représenter les choses telles qu'elles sont. Il faut les mettre en scène, les sublimer ». le questionnement sur l'image et son pouvoir se double d'une interrogation existentielle pour Wallace. Face à la quiétude et l'harmonie trouvées auprès des indiens, ses certitudes vacillent et lui font connaître « un détachement lent, progressif, physique et cérébral » qui va peu à peu l'éloigner de son milieu d'origine.
« Les indiens savent depuis longtemps que leur monde est en équilibre au bord du vide. Et que ce vide ne sera bientôt plus que la trace effacée de ce qu'ils ont été ». Un monde bientôt perdu dans lequel le photographe va peu à peu se dissoudre. le dessin est, comme toujours avec Thierry Murat, totalement envoûtant. Couleurs crépusculaires, lumière blafarde, hommes, bisons et végétation réduits à l'état d'ombres… des choix graphiques annonciateurs de la disparition à venir. Disparition d'un peuple, de sa culture, de ses traditions. Ou comment décrire tout en sobriété une inéluctable agonie.
Magnifique album, un de plus dans la bibliographie de Thierry Murat. Beaucoup plus personnel que ses adaptations de romans mais tout aussi réussi.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130

critiques presse (4)
ActuaBD   19 octobre 2016
Bel hommage à l'art du portrait et à la mémoire des indiens d'Amérique, porté par un graphisme qui conjugue sobriété et art du contraste.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   04 octobre 2016
Album charnière dans la bibliographie de Thierry Murat, Etunwan est remarquable par la symbiose opérée entre le propos et l’image. Quasiment indispensable.
Lire la critique sur le site : BDGest
BoDoi   25 juillet 2016
Le crayon propose alors mieux que la plume, qui alourdit des subtilités et grossit des symboles jusque-là tranchants.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom   20 juin 2016
Un beau récit sur le rôle de l’ethno-photographe et une belle virée dans les Rocheuses.
Lire la critique sur le site : BDZoom
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
ArthoreArthore   10 février 2019
Peut être est il vain de vouloir à tout prix saisir les choses et d'en arrêter, même l'espace d'un instant, le mouvement, - ou même de donner l'illusion de cet arrêt - parce qu'au bout du compte tout continue sans nous, inévitablement.
Commenter  J’apprécie          20
ArthoreArthore   09 février 2019
C'est en ce 13eme jour du mois de juin 1867 que je me décide à ouvrir la première page de ce carnet afin de commencer à écrire ce qui deviendra peut-être un récit. Je ne suis pourtant pas écrivain, ni philosophe ou naturaliste, et encore moins poète.....
Puisse mon âme, à l'heure où je rédige ces premières lignes, être aussi légère et insouciante que celle d'un enfant qui découvre le monde.
Commenter  J’apprécie          00
ArthoreArthore   10 février 2019
-Sais-tu que les indiens utilisaient le même mot pour dire lumière et transparence?
-C'est quel mot?
-Ozagzag
Commenter  J’apprécie          00
ArthoreArthore   09 février 2019
Contrairement à la peinture,la photographie offre cet avantage incommensurable de ne pas fatiguer la bonne volonté de ses modèles trop longtemps. Et, de surcroît, celle du portraitiste, non plus.....
Commenter  J’apprécie          00
okkaokka   03 mai 2017
p.112-3.

Alors pourquoi ne pas envisager la photographie comme la peinture ?
Je vois une action se dérouler sous mes yeux, elle me touche, alors je la note dans mon carnet… Par la suite, je fais « rejouer » la scène par « mes modèles » comme au théâtre ou comme dans l’atelier d’un peintre, mais en pleine nature.
Si l’on met du cœur à l’ouvrage et si l’on fait preuve de sincérité, la séance de pose peut se teinter d’un naturel incroyablement vrai. Qu’est-ce qu’une image, sinon un fac-similé de la réalité ? Cela ne sert à rien de vouloir à tout prix représenter les choses telles qu’elles sont. Il faut les mettre en scène ; les sublimer.
Si on se contente de retranscrire le réel, même dans le meilleur des cas, on n’obtient qu’une pâle copie des sensations que nos yeux ont perçues.
Alors il ne faut pas uniquement montrer. Il faut raconter avec le regard.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Lire un extrait
Videos de Thierry Murat (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thierry Murat
Le mois de novembre sera indélébile. Il marquera la sortie du nouvel ouvrage de Luz, qui revient sur toute une vie de dessin qui laisse des traces... Indélébiles ! Vous découvrirez aussi les histoires courtes de Davodeau réunies pour la première fois ou le nouveau chef d'?uvre de Thierry Murat, Animabilis... et comme les fêtes approchent, nous vous proposons aussi nos coffrets, intégrales et rééditions !
autres livres classés : indiens d'amériqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les personnages de Tintin

Je suis un physicien tête-en-l'air et un peu dur d'oreille. J'apparais pour la première fois dans "Le Trésor de Rackham le Rouge". Mon personnage est inspiré d'Auguste Piccard (un physicien suisse concepteur du bathyscaphe) à qui je ressemble physiquement, mais j'ai fait mieux que mon modèle : je suis à l'origine d'un ambitieux programme d'exploration lunaire.

Tintin
Milou
Le Capitaine Haddock
Le Professeur Tournesol
Dupond et Dupont
Le Général Alcazar
L'émir Ben Kalish Ezab
La Castafiore
Oliveira da Figueira
Séraphin Lampion
Le docteur Müller
Nestor
Rastapopoulos
Le colonel Sponsz
Tchang

15 questions
3265 lecteurs ont répondu
Thèmes : bd franco-belge , bande dessinée , bd jeunesse , bd belge , bande dessinée aventure , aventure jeunesse , tintinophile , ligne claire , personnages , Personnages fictifsCréer un quiz sur ce livre