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EAN : 9782021495805
48 pages
Seuil (07/01/2022)
3.58/5   20 notes
Résumé :
Et si la cancel culture n’était que l’avatar logique, inévitable, d’une démocratie à bout de souffle, dite désormais illibérale ? L’enfant naturelle de la pensée occidentale et du capitalisme débridé, dans une société supposément universaliste, aveugle à ses impensés et incapable de reconnaître les crimes et les conséquences sans nombre de l’esclavage et de la colonisation ? N’allez pas chercher la violence de la cancel culture ailleurs que dans la brutalité du pouv... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Aderu
  12 février 2022
Un court et intéressant texte pour entamer une réflexion sur la "cancel culture", au-delà des cris d'orfraies.
Laure Murat dans la majeure partie du livre se concentre sur une déclinaison concrète du sujet : le déboulonnage des statues. En prenant des exemples dans divers pays, elle démontre que ces actes sont toujours accompagnés de discours historiques qu'elle juge intéressant puisque, dit-elle, à chaque fois elle en a tiré des connaissances qu'elle ne possédait pas avant les polémiques liées. Dans les exemples présentés, Churchill, Lincoln ou Schoelcher sont ainsi démystifiés.
Mélangeant son expérience face à ces actions et à des réflexions sur la différence entre histoire et mémoire, l'autrice invite à la réflexion, notamment concernant le racisme et le sexisme.
Ou la "cancel culture" non comme enterrement de l'histoire, mais comme réinvestissement de celle-ci.
Un texte intéressant mais qui n'aborde qu'une dimension du sujet. Certes, vu le nombre de pages c'était attendu. Frustrant néanmoins.
Au final le titre du livre sonne comme une introduction, un appel à dresser la liste effective de QUI censure vraiment, et QUOI.
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Blok
  24 juin 2022
Ce livre ou plutôt ce trac tient les promesses de sa couverture. Il n'est pas possible de le discuter car il faudrait en réfuter les allégations page par page, étant de ceux qui disent comme Clémenceau : "Je prends tout, du baptême de Clovis au Comité de Salut Public".
Sur le Général Lee. Les cancelleurs parlent beaucoup de ne pas offenser les gens. Ne peut-on imaginer que les descendants des soldats confédérés puissent se sentir offensés du déboulonnage de statues qui représentent une part de leur identité.
Sur Gallieni : sa statue est un hommage au vainqueur de la Marne. Peut-être peut-on encore l'honorer pour cela ?
Sur Churchill. À l'aune de ce qu'on lui doit, tous les propos qu'il a pu tenir ne pèsent rien.
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Emiliec28
  18 mai 2022
Un texte court et percutant sur la notion de cancel culture, ce genre d'ouvrage qui permet d'y voir plus clair sur le sujet sans tomber dans les affres de la démagogie et de l'opportunisme politique. Définition, faits et démonstration. L'autrice propose également des pistes pour répondre à la demande populaire, être dans son temps, (re)questionner L Histoire et se l'approprier avec intelligence. Un travail court mais essentiel pour permettre une prise de recul et une lecture avisée des prises de position de chacun. L'idée c'est de faire en sorte que chacun soit dans la réflexion plus que la réaction. 4,50€ le livre pour ne plus parler sans savoir c'est peu cher payé, je le recommande à la majorité des commentateurs facebook :)
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critiques presse (1)
NonFiction   15 janvier 2022
Avec Qui annule quoi ?, Laure Murat livre ainsi un « libelle » aussi élégant dans l’écriture que nécessaire pour s’aventurer dans la pensée, pour, à l’instar d’Hannah Arendt, penser dans le monde.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AderuAderu   07 février 2022
Ce qui pose la question inévitable, et centrale, du continuum raciste des gouvernements occidentaux impérialistes, et de la façon dont l'esclavage, une fois aboli, se prolonge dans le régime de la ségrégation qui, pourtant banni, s'insinue dans mille formes de discriminations ordinaires. L'acquittement à répétition des policiers responsables de meurtres racistes a porté à son comble l'exaspération d'une jeunesse qui se tourne vers le passé et les études postcoloniales pour comprendre la persistance d'une idéologie criminelle, toujours célébrée dans l'espace public. En s'en prenant aux symboles superlatifs que sont les statues des supposés grands hommes, les activistes n'éradiquent pas tant l'histoire qu'ils attirent au contraire l'attention du public sur les leçons que les gouvernements, par choix idéologiques, n'ont pas tirées des événements du passé. Qui verrait sans sourciller une statue de Pétain sur une place de Paris ?
Le geste iconoclaste, si souvent assimilé à une annulation inculte, aiguise, contre toute attente, une sensibilité à l'histoire, et réactive une mémoire que la foule distraite des villes modernes néglige, lorsqu'elle passe tous les jours, en allant au bureau, sous le sabre d'un colonisateur. (16-17)
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AderuAderu   07 février 2022
La cancel culture est la mise en œuvre d'une pression populaire sur les sphères de pouvoir.
[...]
C'est aussi, et peut-être d'abord, la marque de la cancel culture que de remobiliser des débats cruciaux, souvent très anciens et qu'on croyait même éculés, et d'introduire, contre toute attente, plus de nuances dans le rapport entre la mémoire et l'histoire, les revendications dites identitaires et la construction du grand récit national, tout en éclairant la part du présent dans notre regard sur le passé. (11)
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CharletsjpCharletsjp   06 mars 2022
La cancel culture, c’est aussi et peut-être d’abord cela : un immense ras-le-bol d’une injustice à deux vitesses, une immense fatigue de voir le racisme et le sexisme honorés, à travers des statues supposément inamovibles ou des artistes considérés au-dessus des lois, quand les Noir.es se font tuer à bout portant par la police et les statistiques de viols et de féminicides ne cessent d’augmenter (37)
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AderuAderu   07 février 2022
Le fait de préserver l'expression en anglais dit assez la nécessité de rappeler l'origine américaine (c'est-à-dire exogène, puritaine, moraliste, etc.) du nouvel épouvantail. Menacée hier par le politically correct et le redoutable gender, voilà donc la France désormais soumise au péril de la cancel culture. (8)
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Emiliec28Emiliec28   17 mai 2022
Car qui annule qui ou quoi ? Du jour où le footballer Colin Kaepernick s'est agenouillé en 2016 pendant l'hymne américain pour protester contre les violences policières envers les minorités, il n'a plus été admis à jouer dans aucune équipe de la Nationale Football League (NFL). Et que dire de ces femmes innombrables, violées, harcelées ou qui ont été renvoyées pour avoir refusé une faveur sexuelle à leur employeur ? Annulées, elles aussi, en silence, sans autre pouvoir que de dire, un jour, sur les réseaux sociaux et en guise de dernier recours : moi aussi.
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Videos de Laure Murat (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laure Murat
Lecture de Jean-Marie Gleize: une création originale inspirée par
Une série de créations littéraires originales inspirées par les collections de la BIS. Ce cycle est proposé par la Maison des écrivains et de la littérature (Mel) en partenariat avec la BIS. Un mois avant la restitution, l'écrivain est invité à choisir un élément dans les fonds de la BIS. Lors de la rencontre publique, « le livre en question » est dévoilé.
Saison 4 / 2020 : Linda Lê, Arno Bertina, Muriel Pic, Jean-Marie Gleize, Jean-Christophe Bailly.
Chaque saison donne lieu à la publication d'un livre aux éditions de la Sorbonne "Des écrivains à la bibliothèque de la Sorbonne": * saison 1 : Pierre Bergounioux, Marianne Alphant, Arlette Farge et Eugène Durif paru en septembre 2018. * saison 2 : Jacques Rebotier, Marie Cosnay, Claudine Galea et Fanny Taillandier, paru en septembre 2019. * saison 3 : Hubert Haddad, Line Amselem, Christian Prigent, Mona Ozouf, Laure Murat, publication prévue en septembre 2020.
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