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EAN : 9782207137208
128 pages
Éditeur : Denoël (11/01/2018)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 295 notes)
Résumé :
Depuis l'enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. A trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n'a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s'inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille. En manque de main-d'oeuvre,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (92) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  08 juillet 2019
«  Cette boutique est remplie de minables ,c'est toujours pareil avec les Konbini, des ménagères dont le mari ne gagne pas assez......,, même les étudiants , ce sont les plus minables, ceux qui ne peuvent même pas décrocher un job de prof particulier, sans parler des travailleurs immigrés, tous des minables .... »
« Pour la société, un individu qui n'est ni marié ni salarié n'a aucune valeur , il n'est bon qu'à être banni de la communauté ... »
Deux extraits significatifs de ce court roman anticonformiste , une espèce de sushi littéraire : surprenant au début , réaliste , au coeur de la société japonaise, froid en apparence, ambigu, curieux en tout cas....
Keiko, trente- six ans , célibataire travaille dans un Konbini, supérette ouverte vingt- quatre heures sur vingt- quatre ....
Important , elle y travaille à temps partiel .
Depuis l'enfance elle s'est toujours singularisée :réaliste , à l'école , elle sépara deux enfants qui se battaient , elle pensait bien agir , on finit par convoquer sa mère , autre anecdote plutôt comique dans la salle de classe ou encore l'épisode de l'oiseau mort ....
Du coup Keiko décide de se fondre dans la masse, n'en finit pas de mettre en place des stratégies afin qu'on l'oublie , ne parle plus hors de la maison, abandonne toute initiative personnelle.
Au lycée , son mutisme continue à poser problème .
Diplômée de l'université, elle décroche un job étudiant dans un Konbini , ——-emploi et petit univers rassurant——-ne postule plus à aucun autre emploi , au grand dam de ses parents ....
L'arrivée d'un jeune homme , lui aussi célibataire ...fera basculer son existence ..
L'auteure se régale en faisant l'éloge des anticonformistes ....

Sayaka .M se livre à une critique à peine masquée et en règle de la société japonaise, ses diktats, ses devoirs et ses petitesses, sa rigidité et ses rituels désuets eu égard à notre société occidentale ...( qui n'est pas , elle non plus réjouissante, bien sûr )
L'humour noir, le cynisme dosé , infusé par petites touches , le final , quelque peu glaçant transforment cette Histoire en petit bijou dont on pourrait dire encore beaucoup de choses .....
Au Japon , pour être respecté , doit - on obéir à tout le monde ,?
La singularité a t- elle droit de cité ?
Doit- on donner des explications à tout?
Peut - on rêver ?
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LePamplemousse
  24 février 2018
Un konbini est une supérette ouverte 24 h/24 et c'est là que travaille l'héroïne de ce très court roman japonais et ce, depuis 18 ans.
A l'âge où toutes ses amies ont des emplois stables, des maris et des enfants, Keiko, âgée de 36 ans, vit seule et continue de travailler à temps partiel, comme lorsqu'elle était étudiante.
La pression sociale a l'air très forte au Japon, et ceux qui n'ont pas choisi de vivre « comme tout le monde » semblent vraiment stigmatisés.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui parle de différence et d'acceptation de soi, car au final, se plier aux règles du plus grand nombre ne rend pas forcément heureux et il n'y a que nous-mêmes pour savoir ce qui nous convient.
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sandrine57
  20 janvier 2020
Malgré ses trente-six ans et ses études supérieures, Keiko travaille à temps partiels dans un konbini, un de ces petits supermarchés de quartier ouverts 24h/24. Ses parents et ses amis s'étonnent de la voir toujours célibataire et sans emploi fixe et la pressent sans cesse de remédier à cette situation qu'ils jugent anormale. Pourtant, Keiko est heureuse chez SmileMart. Accueillir les clients, veiller au bon réapprovisionnement des rayons, passer les commandes, encaisser les achats sont autant d'actes routiniers qui la rassurent et lui donnent l'impression d'être utile à la société. Pour faire taire son entourage, elle s'est inventé des problèmes de santé ne lui permettant pas de travailler à temps plein mais reste le problème du célibat. L'arrivée d'un nouvel employé au magasin lui ouvre une nouvelle perspective. Shiraha ne rentre pas non plus dans le moule, il voudrait vivre de l'air du temps, ne pas travailler, se faire entretenir. Keiko lui propose de s'installer chez elle et de se faire passer pour son petit ami contre le gîte et le couvert. Quand elle annonce la nouvelle à son entourage, ils sont tous heureux de la voir enfin en couple, enfin ''normale''.
Un petit livre qui en dit long sur la rigidité de la société japonaise où les individus qui ne se conforment pas au modèle en vigueur sont ostracisés, rejetés, mal vus. Une femme doit occuper un emploi stable jusqu'à ce qu'elle trouve chaussure à son pied, se marie et quitte son travail pour s'occuper de son mari et de ses éventuels enfants. Un homme doit travailler dur pour subvenir aux besoins de sa famille. Sortir de ce schéma, c'est s'exposer à la curiosité et à la critique.
Mais Keiko est différente depuis l'enfance. Sans doute atteinte d'un trouble du comportement de type autistique, elle est pragmatique, réaliste et a su trouver des parades pour avoir l'air ''normale'' aux yeux des autres. Mais malgré ses efforts pour entrer dans le moule, ce n'est pas suffisant. Keiko occupe un emploi précaire, elle n'a jamais été amoureuse, quoi qu'elle fasse, elle se singularise. Pour elle, le konbini est un havre de paix, un endroit rassurant où elle peut mettre son masque de vendeuse et agir comme telle.
Shiraha est lui aussi différent. Sans ambition autre que celle de vivre aux crochets d'une femme riche, il est le mouton noir de sa famille qui ne veut plus l'entretenir.
Si la réunion de ces deux individus atypiques pourrait être bénéfiques pour l'un comme pour l'autre, il est toutefois aberrant de voir la famille et les amis de Keiko se réjouir de la voir en couple avec un homme qui se contente de profiter d'elle. le saint Graal serait de trouver un mari ? Et qu'importe si celui-ci est un tire-au-flanc acariâtre ?
Roman anti-conformiste, parfois drôle, souvent cruel, La fille de la supérette questionne sur la place de l'individu dans une société qui ne fait aucun cas des aspirations personnelles, du droit à la différence, de la liberté de penser. Déprimant mais indispensable.
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kuroineko
  25 mai 2018
Je découvre Murata Sayaka avec ce premier roman, Konbini, qui fut récompensé au Japon par le prestigieux prix Akutagawa (qu'on pourrait assimilé au prix Goncourt français). L'auteure a l'âge de sa narratrice, 36 ans, et travaille elle aussi dans une supérette ouverte 24h/24.
Furukura Keiko est donc employée à temps partiel chez Smilemart depuis l'ouverture de la konbini, dix-huit ans auparavant. La narratrice n'est à son âge pas mariée, grave tare aux yeux de la société nipponne. Elle mène une vie très restreinte entre son boulot et son studio minuscule, ce qui lui convient très bien. Keiko n'est pas "normale" au grand dam de sa famille depuis l'enfance. Elle a appris, comme elle dit, à remplir son rôle d'humain mais sans comprendre pourquoi faut-il s'intéresser ou se préoccuper de choses qui lui passent au-dessus de la tête.
La normalité représente l'enjeu du roman. Ou plutôt comment l'imiter pour ne pas être éliminée. le style de Murata Sayaka est volontairement sobre et neutre, ce qui doit être encore plus prégnant en japonais où les nuances et registres de langue sont des marqueurs sociaux prépondérants. le résultat en est un récit court et grinçant où paraissent les mentalités japonaises très strictes. Limite un carcan social; et gare à celui ou celle qui ne rentre pas dans les normes. Ou ne sait pas feinter. Comme le découvre l'autre marginal de l'histoire Kuraha. Sous ses discours grandiloquents qui en appellent sans cesse à l'époque Jômon (la Préhistoire quoi) se cache une blessure de ne pouvoir vivre et être accepté tél qu'il est, sans avoir à se conformer au moule social.
Court roman mais très intéressant sur la société nipponne. Et plus largement sur un conformisme généralisé où il ne fait pas bon être différent. Une belle découverte grâce à ma médiathèque.
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Ambages
  16 février 2019
Un joli livre qui parle de la différence. Déjà petite Keiko Furukura ne voyait pas les choses comme les autres. Plus grande, cela a continué mais consciente de cela, elle le masquait et copiait les autres. Au final, elle est devenue un kaléidoscope de personnalités. Elle ne peut être elle-même que seule. L'une de ses personnalités qui lui convenait était "la vendeuse du konbini", la petite supérette du coin. Elle s'y trouvait bien, dans un cadre immuable où tous les faits et gestes de la journée étaient encadrés, précis et récurrents. Ce qui devait être un petit job d'étudiant va devenir son repaire et elle y restera de nombreuses années, regardant passer les gérants et d'autres salariés précaires. Et puis arrive un grand dégingandé, pas vraiment dans la norme. Ca ne passe pas entre eux, elle ne comprend pas pourquoi il ne joue pas le jeu du marchant stéréotypé, s'absente, ne range pas comme il faut les marchandises dans les rayons et surtout parle tout le temps de choses bizarres. Bref lui non plus n'est pas dans le moule. Et si au fond, ils étaient de la même veine tous les deux ?
J'ai bien aimé ce roman pour les idées qu'il véhicule et la manière dont le personnage principal évoque sa différence et regarde, sans jugement ni a priori -là est toute la différence avec les autres qui la jugent différente- ses congénères vivre, rire ou mentir. Surtout elle décortique l'opinion qu'ils portent sur elle. Elle a une vue de ce qui l'entoure très réfléchie, froide, presque mathématique, qui parfois fait sourire (notamment l'épisode dans la cours de récréation alors qu'elle décide de séparer deux garçons qui bataillent) mais surtout pointe nos ambiguïtés, nécessaires au vivre en commun, mais parfois si misérables...
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critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   03 avril 2018
Ce très court roman, qui a reçu au Japon de nombreux prix, est un vrai bonheur de lecture.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   14 août 2018
- Tu ne comprends donc pas ? Les individus en marge de la communauté n'ont aucune intimité. Tout le monde vient nous marcher dessus, sans ménagement. Ceux qui ne contribuent pas, que ce soit par le mariage, en ayant des enfants, en allant chasser ou gagner de l'argent, sont des hérétiques. Voilà pourquoi nous ne pouvons mener notre vie sans être dérangés.
- Oui...
- Ouvre un peu les yeux ! Pour parler clairement, tu es au plus bas de l'échelle : tu seras bientôt trop vieille pour avoir des enfants, tu n'as pas l'air de te préoccuper de tes besoins sexuels, tu ne gagneras jamais aussi bien ta vie qu'un homme et tu n'as même pas d'emploi stable, juste un petit boulot. Tu n'es qu'un fardeau pour la communauté, un déchet humain.
- Je vois. Mais je ne peux pas travailler ailleurs qu'à la supérette. J'ai essayé, un temps, de faire autre chose, mais je suis incapable de porter un autre masque que celui de vendeuse de konbini. Alors ça m'ennuie d'entendre ce genre de critique.
- C'est bien la preuve que le monde moderne est défectueux ! On a beau prétendre qu'il existe une grande variété de modes de vie, dans le fond, rien n'a changé depuis l'ère Jômon. Le taux de natalité continue de baisser, et la vie est de plus en plus dure, pour régresser à la préhistoire sans que personne ne s'en préoccupe. On en revient à un système qui blâme tout être inutile à la communauté.
Shihara a beau m'insulter cruellement cette fois, c'est contre le monde que monte ma colère. Je ne sais pas au juste contre quoi la diriger. Ses paroles me donnent envie d'attaquer tout ce qui se trouve à proximité.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   10 avril 2018
- J'ai passé ma vie à lire des manuels d'histoire pour comprendre pourquoi le monde allait si mal. Meiji, Edo, Heian, quelle que soit la période, le monde allait de travers. Même en remontant aussi loin que l'ère Jômon ! J'ai alors remarqué un truc : le monde n'a pas changé depuis l'ère Jômon. Les êtres inutiles à la communauté sont éliminés. Les hommes qui ne chassent pas, les femmes qui ne produisent pas d'enfants. La société moderne a beau mettre en avant l'individualisme, toute personne qui ne contribue pas est écartée, neutralisée, et pour finir mise au ban de la communauté.
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MusardiseMusardise   04 mars 2020
Je ne vois pas trop pourquoi je devrais voir tel enfant plutôt qu'un autre ; à mes yeux ils se ressemblent tous, qu'il s'agisse de la fille de Miho ou de mon neveu. Enfin, je suppose que ce bébé en particulier est précieux, même si pour moi il en va d'eux comme des chats sauvages : ils ont beau présenter quelques différences, ce sont tous des membres de la même espèce, étiquetée "nourrisson".
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kuroinekokuroineko   24 mai 2018
Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté.
Voilà pourquoi je dois guérir. Autrement, je serai éliminée par les personnes normales.
J'ai enfin compris pourquoi mes parents désespéraient tellement de trouver une solution.
Commenter  J’apprécie          170
babel95babel95   18 mars 2018
Dans ce monde régit par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté.
Voilà pourquoi je dois guérir. Autrement, je serai éliminée par les personnes normales.
J'ai enfin compris pourquoi mes parents désespéraient tellement de trouver une solution.
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