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ISBN : 2207137201
Éditeur : Denoël (11/01/2018)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 106 notes)
Résumé :
Depuis l'enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. A trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n'a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s'inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille. En manque de main-d'oeuvre,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  24 février 2018
Un konbini est une supérette ouverte 24 h/24 et c'est là que travaille l'héroïne de ce très court roman japonais et ce, depuis 18 ans.
A l'âge où toutes ses amies ont des emplois stables, des maris et des enfants, Keiko, âgée de 36 ans, vit seule et continue de travailler à temps partiel, comme lorsqu'elle était étudiante.
La pression sociale a l'air très forte au Japon, et ceux qui n'ont pas choisi de vivre « comme tout le monde » semblent vraiment stigmatisés.
J'ai beaucoup aimé ce roman qui parle de différence et d'acceptation de soi, car au final, se plier aux règles du plus grand nombre ne rend pas forcément heureux et il n'y a que nous-mêmes pour savoir ce qui nous convient.
Commenter  J’apprécie          500
kuroineko
  25 mai 2018
Je découvre Murata Sayaka avec ce premier roman, Konbini, qui fut récompensé au Japon par le prestigieux prix Akutagawa (qu'on pourrait assimilé au prix Goncourt français). L'auteure a l'âge de sa narratrice, 36 ans, et travaille elle aussi dans une supérette ouverte 24h/24.
Furukura Keiko est donc employée à temps partiel chez Smilemart depuis l'ouverture de la konbini, dix-huit ans auparavant. La narratrice n'est à son âge pas mariée, grave tare aux yeux de la société nipponne. Elle mène une vie très restreinte entre son boulot et son studio minuscule, ce qui lui convient très bien. Keiko n'est pas "normale" au grand dam de sa famille depuis l'enfance. Elle a appris, comme elle dit, à remplir son rôle d'humain mais sans comprendre pourquoi faut-il s'intéresser ou se préoccuper de choses qui lui passent au-dessus de la tête.
La normalité représente l'enjeu du roman. Ou plutôt comment l'imiter pour ne pas être éliminée. le style de Murata Sayaka est volontairement sobre et neutre, ce qui doit être encore plus prégnant en japonais où les nuances et registres de langue sont des marqueurs sociaux prépondérants. le résultat en est un récit court et grinçant où paraissent les mentalités japonaises très strictes. Limite un carcan social; et gare à celui ou celle qui ne rentre pas dans les normes. Ou ne sait pas feinter. Comme le découvre l'autre marginal de l'histoire Kuraha. Sous ses discours grandiloquents qui en appellent sans cesse à l'époque Jômon (la Préhistoire quoi) se cache une blessure de ne pouvoir vivre et être accepté tél qu'il est, sans avoir à se conformer au moule social.
Court roman mais très intéressant sur la société nipponne. Et plus largement sur un conformisme généralisé où il ne fait pas bon être différent. Une belle découverte grâce à ma médiathèque.
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Commenter  J’apprécie          350
Ambages
  16 février 2019
Un joli livre qui parle de la différence. Déjà petite Keiko Furukura ne voyait pas les choses comme les autres. Plus grande, cela a continué mais consciente de cela, elle le masquait et copiait les autres. Au final, elle est devenue un kaléidoscope de personnalités. Elle ne peut être elle-même que seule. L'une de ses personnalités qui lui convenait était "la vendeuse du konbini", la petite supérette du coin. Elle s'y trouvait bien, dans un cadre immuable où tous les faits et gestes de la journée étaient encadrés, précis et récurrents. Ce qui devait être un petit job d'étudiant va devenir son repaire et elle y restera de nombreuses années, regardant passer les gérants et d'autres salariés précaires. Et puis arrive un grand dégingandé, pas vraiment dans la norme. Ca ne passe pas entre eux, elle ne comprend pas pourquoi il ne joue pas le jeu du marchant stéréotypé, s'absente, ne range pas comme il faut les marchandises dans les rayons et surtout parle tout le temps de choses bizarres. Bref lui non plus n'est pas dans le moule. Et si au fond, ils étaient de la même veine tous les deux ?
J'ai bien aimé ce roman pour les idées qu'il véhicule et la manière dont le personnage principal évoque sa différence et regarde, sans jugement ni a priori -là est toute la différence avec les autres qui la jugent différente- ses congénères vivre, rire ou mentir. Surtout elle décortique l'opinion qu'ils portent sur elle. Elle a une vue de ce qui l'entoure très réfléchie, froide, presque mathématique, qui parfois fait sourire (notamment l'épisode dans la cours de récréation alors qu'elle décide de séparer deux garçons qui bataillent) mais surtout pointe nos ambiguïtés, nécessaires au vivre en commun, mais parfois si misérables...
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Osmanthe
  14 août 2018
La narratrice, Keiko Furukura, qui a pourtant des diplômes qui lui permettraient de viser plus haut, se contente de travailler à temps partiel comme caissière dans un konbini (supérette japonaise). Dès l'enfance en décalage avec les autres, elle revendiquerait presque cette « anormalité ». Cela fait 18 ans qu'elle mène cette vie entièrement dédiée et dévouée au konbini, de sorte qu'à 36 ans elle est toujours célibataire, sans enfant, et même sans vie sexuelle, elle est même d'ailleurs vierge. Sa famille la raille, ses amis en couple, parents et bien installés professionnellement la moque, il va lui falloir agir.
Un jour, la supérette embauche un garçon de 35 ans, Shiraha, qui en plus d'avoir l'air d'un glandouilleur de première, n'a finalement d'autre but que de se trouver une femme par l'intermédiaire de ce petit boulot.
Lorsque Shiraha, qui ne fait pas l'affaire dans ce travail, est découvert importunant une cliente qu'il poursuit de ses assiduités, il est contraint à la démission par le gérant.
Mais lorsqu'il revient traîner dans les parages, Keiko et lui vont trouver une forme d'arrangement mutuel qui pourrait permettre à ses deux êtres solitaires et plus ou moins en marge de la société de donner le change aux yeux des autres. Lui est sans travail et sans toit (et avec une forte dette de loyer !), elle va le loger et le nourrir gracieusement, et pourra afficher qu'elle a un petit ami avec éventuellement possibilité de mariage à la clé.
Keiko démissionne donc un beau jour, mais se rend compte en quelques semaines que le konbini était toute sa vie…Certes elle s'avérait être un véritable esclave de son travail, mais elle le voulait bien et s'était complètement identifié à lui.
Elle apparaît pendant l'essentiel du roman comme sans personnalité, entre copiage des habitudes de vie des autres, recherche de l'adoption des codes sociaux, et décision brutale de démissionner de son boulot sur simple injonction de son hôte Shiraha. Elle ne dit rien et semble prête à se faire manipuler et dominer. Mais le paradoxe est qu'elle va prendre conscience que ce travail qui l'aliène est finalement, et décidément, la seule voie pour elle de se réaliser.
J'ai trouvé ce petit roman assez déroutant. Parmi ses quelques défauts, des passages un peu maladroits et/ou peu crédibles (pour nous montrer que l'enfant Keiko voyant un oiseau mort proposant à sa mère de le manger), ou trop rapides (sa démission au bout de 18 ans n'a pas l'air de susciter d'interrogation ou réaction de la hiérarchie et des collègues), et puis mince, Keiko n'est quand même pas un robot non plus, elle n'a donc absolument aucun désir sexuel, au point de ne jamais suggérer ne serait-ce que la chose pourrait lui venir en tête ?!
Il se lit toutefois avec plaisir, n'étant pas compliqué en termes de dialogues. L'auteur sait nous tenir en éveil voire en haleine, et finalement la fin est presque surprenante. Ce texte est aussi très instructif, car révélateur sur des traits de la société japonaise actuelle et le mal être de sa jeunesse. Travail enchaînant, pression du regard des autres (et ici en plus de la vidéosurveillance !), manies du détail, les obsessions sont partout !
La construction du récit est assez réussie, car l'enfermement de Keiko dans son monde trouve aussi sa traduction formelle par une succession de scènes qui fonctionnent comme des huis-clos : la plus longue et la plus fouillée, la vie au konbini avec les collègues de travail et supérieurs hiérarchiques, les rencontres avec ses amis et sa soeur, la vie chez elle avec Shiraha. Keiko est plus observatrice que bavarde, ce qui nous permet de cerner avec elle le jeu des rapports sociaux…Une vision qui pour paraître simple et claire n'en est pas pour autant simpliste, car malheureusement en effet, chez nous comme au Japon, et partout ailleurs, l'individu qui s'écarte un peu de la norme socialement admise est vite écarté…et l'hypocrisie règne en maîtresse !

Au final, un roman que je ne qualifierais sûrement pas de chef d'oeuvre, mais qui me semble supérieur à certaines productions littéraires de la jeune génération japonaise (je pense à Risa Wataya qui m'a beaucoup déçu), et qui pourquoi pas pourrait donner lieu à une suite des aventures de Keiko au konbini, et dans la vie ?!
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ericbo
  10 avril 2018
Une très bonne surprise ! L'intrigue est très simple : Une jeune femme va occuper un emploi précaire dans une supérette pendant une vingtaine d'années pour se fondre dans la société, en faisant abstraction de ses propres désirs. Sa famille, ses amis, lui ont toujours dit, depuis toute petite qu'il fallait faire "comme tout le monde". Seul problème, à plus de 30 ans, elle n'est toujours pas mariée.
A travers ce roman, c'est toute la problèmatique de la difficulté de vivre en s'affirmant dans son individualité, que l'on retrouve. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, cette difficulté est toujours très actuelle. Au Japon, les habitudes sociales sont très fortes et normalisent les individualités trop accentuées.
Ce court roman bien écrit se lit rapidement et décrit correctement la vie d'une petite supérette de quartier.
Commenter  J’apprécie          290

critiques presse (1)
LeJournaldeQuebec   03 avril 2018
Ce très court roman, qui a reçu au Japon de nombreux prix, est un vrai bonheur de lecture.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
Pavi33Pavi33   11 avril 2019
Furukura, tu es une chanceuse. Tu as beau cumuler un triple handicap, vierge, célibataire et travailleuse à mi-temps, grâce à moi tu vas pouvoir entrer dans la société des gens mariés, les gens te croiront sexuellement active, et rien ne te distinguera plus de ton prochain. Tu seras la meilleure version de toi aux yeux des autres. Hourra !
p. 59
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Pavi33Pavi33   11 avril 2019
Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté.
Voilà pourquoi je dois guérir, autrement je serai éliminée par les personnes normales.
J'ai enfin compris pourquoi mes parents désespéraient tellement de trouver une solution.
p. 36, moitié du récit
Commenter  J’apprécie          00
OsmantheOsmanthe   14 août 2018
- Tu ne comprends donc pas ? Les individus en marge de la communauté n'ont aucune intimité. Tout le monde vient nous marcher dessus, sans ménagement. Ceux qui ne contribuent pas, que ce soit par le mariage, en ayant des enfants, en allant chasser ou gagner de l'argent, sont des hérétiques. Voilà pourquoi nous ne pouvons mener notre vie sans être dérangés.
- Oui...
- Ouvre un peu les yeux ! Pour parler clairement, tu es au plus bas de l'échelle : tu seras bientôt trop vieille pour avoir des enfants, tu n'as pas l'air de te préoccuper de tes besoins sexuels, tu ne gagneras jamais aussi bien ta vie qu'un homme et tu n'as même pas d'emploi stable, juste un petit boulot. Tu n'es qu'un fardeau pour la communauté, un déchet humain.
- Je vois. Mais je ne peux pas travailler ailleurs qu'à la supérette. J'ai essayé, un temps, de faire autre chose, mais je suis incapable de porter un autre masque que celui de vendeuse de konbini. Alors ça m'ennuie d'entendre ce genre de critique.
- C'est bien la preuve que le monde moderne est défectueux ! On a beau prétendre qu'il existe une grande variété de modes de vie, dans le fond, rien n'a changé depuis l'ère Jômon. Le taux de natalité continue de baisser, et la vie est de plus en plus dure, pour régresser à la préhistoire sans que personne ne s'en préoccupe. On en revient à un système qui blâme tout être inutile à la communauté.
Shihara a beau m'insulter cruellement cette fois, c'est contre le monde que monte ma colère. Je ne sais pas au juste contre quoi la diriger. Ses paroles me donnent envie d'attaquer tout ce qui se trouve à proximité.
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ericboericbo   10 avril 2018
- J'ai passé ma vie à lire des manuels d'histoire pour comprendre pourquoi le monde allait si mal. Meiji, Edo, Heian, quelle que soit la période, le monde allait de travers. Même en remontant aussi loin que l'ère Jômon ! J'ai alors remarqué un truc : le monde n'a pas changé depuis l'ère Jômon. Les êtres inutiles à la communauté sont éliminés. Les hommes qui ne chassent pas, les femmes qui ne produisent pas d'enfants. La société moderne a beau mettre en avant l'individualisme, toute personne qui ne contribue pas est écartée, neutralisée, et pour finir mise au ban de la communauté.
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kuroinekokuroineko   24 mai 2018
Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté.
Voilà pourquoi je dois guérir. Autrement, je serai éliminée par les personnes normales.
J'ai enfin compris pourquoi mes parents désespéraient tellement de trouver une solution.
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