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EAN : 9782081217027
485 pages
Flammarion (03/10/2008)
4.26/5   57 notes
Résumé :
L'époque refait le monde, elle y met tous ses soins. Puis elle contemple son ouvrage et elle le trouve bon. Élisabeth Lévy et Philippe Muray se demandent plutôt s'il y aurait quelque chose à en sauver. De juin 2001 à décembre 2004, au fil de sept conversations mouvementées, ils confrontent leurs désaccords avec leurs divergences, comparent leurs dissensions et leurs discordes. Assez souvent aussi, ils tombent d'accord, mais sur quoi, quand on ne sait plus de quoi es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Je l'aime bien Philippe Muray et son bouquin n'est franchement pas mauvais, assaisonné de cette petite pincée de méchanceté nécessaire à toute pensée dont on ne se lasse pas en moins de trois jours. Muray parle ici de l'Homo Festivus Festivus qui est moins l'homme qui festive que l'homme qui festive de se croire festiver. Ça marche pour une foule d'autres actions caractéristiques de notre société : on bande de se voir voter pour ne pas voir que ça ne sert à rien, on exulte de manger bio pour ne pas réaliser qu'on crèvera quand même d'un cancer.


Ne succombons pas à notre tour à cette mode de l'enthousiasme hypocrite. le danger serait d'encenser cette lecture pour cacher le fait qu'elle ne changera de toute façon rien au processus qu'elle critique et qui est déjà enclenché depuis longtemps. A la limite pourra-t-elle servir à une population d'extraterrestres découvrant dans trois millénaires ce titre sous les décombres de notre civilisation. On espère alors qu'ils prendront les observations de Philippe Muray au sérieux pour éviter de connaître le même désastre que le nôtre. Sauf s'ils sont vraiment cons et qu'ils méritent eux aussi de disparaître.
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Sous ce titre un peu étrange, se cache la compilation de sept longs entretiens que le romancier et essayiste malheureusement disparu a accordé à la journaliste Elisabeth Levy de 2001 à 2004 et qui furent publiés partiellement dans la revue « Immédiatement ». S'intéressant au monde moderne et surtout à l'avenir odieux qu'il nous réserve, Muray pense que l'Occident est en train de se retrouver de l'autre côté du miroir, dans ce qu'il appelle l'après-histoire, le post historique que l'on pourrait définir comme l'inversion de toutes les valeurs et la régression vers la barbarie par le biais d'une infantilisation généralisée soigneusement mise en place par certains nocifs bien connus comme Bertrand Delanoe. Festivus festivus serait le stade ultime de la décomposition et de la décérébration de l'homme. Tout comme il y eut l'homo sapiens puis le sapiens sapiens, nous avons vu apparaître successivement l'homo festivus, c'est à dire l'humain qui n'a qu'un seul but faire la fête, festiver. puis son ultime avatar, festivus festivus, celui qui festive de festiver plus qu'il ne festive pour festiver... Muray se comportant en moraliste et en sociologue, démonte tous les mécanismes pervers que les pourrisseurs déploient pour saper toutes les bases de nos sociétés. Pour étayer son étude, il se sert d'exemples plus ou moins anecdotiques piochés dans l'actualité. Il nous décrit Paris-Plage, ces quelques mètres carrés de sable étalés sur du macadam qui n'ont de plage que le nom et ne sont donc qu'une chimère ou qu'une illusion pour gogos et bobos. Il nous montre que tout est à l'avenant. Il s'agit toujours de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous faire renoncer à tout en échange de fausses valeurs, de fausses idées, de fausses réalités. Petit à petit, de technoparade en gay pride, de quinzaine de la haine anti FN en guerre d'Irak, de Mel Gibson à Saddam Hussein, du « fabuleux destin d'Amélie Jospin au piteux destin d'Amélie Poulautre », des tenants de l'art contemporain aux intermittents du spectacle, l'actualité se transforme en véritable mine d'exemples pitoyables illustrant la coruscante démonstration que nous présente l'auteur.
On peut ne pas toujours être d'accord avec les décapantes analyses de Muray, il n'en demeure pas moins que personne ne pourra en nier leur intelligence, leur subtilité et leur justesse. Nulle doute que notre époque a de quoi inquiéter même les plus insouciants. Même si cette utilisation constante de faits divers fait déjà un peu dater ces textes, ils n'en demeurent pas moins d'une lecture instructive et surtout agréable ne serait-ce que par le style fleuri, ardent et drôle de l'auteur qui n'hésite pas à user d'oxymores, de néologismes (artistocrate, rebellocrate), de jeux de mots (maton de Panurge, mutin de panurge) et de calembours (on sent l'influence de Jarry) pour emporter l'adhésion de son lecteur. Quel esprit et quel humour !
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Peut-être davantage encore que dans les volumes précédents, Philippe Muray fait plus que décrypter notre époque et dessiner les linéaments de ce qui se prépare. Il a recours à l'outrage, qui est chez lui un outil de réflexion plus qu'une espèce de sotte transgression convenue. Il outrage les valeurs en cours, les prescripteurs, les professeurs de morale, les porte-parole des minorités, tous les nouveaux chefs et kapos de ce monde, rebelles protégés par les lois qu'ils font voter, gardiens de prison anarchistes, censeurs adeptes de la liberté d'expression : en somme, il dévoile ce qu'a de comique l'éternel sérieux de l'oxymore, figure essentielle de notre monde, et le rire qu'il provoque a les mêmes effets libérateurs que la comédie du Tartuffe en 1665.
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Attention chef d'oeuvre !
Mazette, quel livre ! Un tel essai, d'une lucidité confondante, écrit par une plume magistrale ( "La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" disait René Char... ) se devrait d'être mis entre toutes les mains. En tout cas, pour ma part, c'est mon livre de chevet ! Philippe Muray a tout compris, c'est sans doute pour cette raison qu'il ne fut pas reconnu de son vivant. La finesse, la profondeur de sa pensée dérangeait. La subtilité de ses analyses gênait. La vérité a un don particulier, elle dérange toujours... Depuis peu, donc, on commence juste à reconnaître ce grand penseur. Encore quelques dizaines d'années, et peut-être passera-t-il pour un penseur important... Qui sait... L'histoire ne garde que les grands...
En tout cas, s'il fallait ne garder qu'un livre, je garderais celui-là !
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Exorcismes spiritueux
Luchini réveille la voix de Philippe Muray

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Par PHILIPPE LANÇON

Etre d'une époque, c'est savoir la détester. Philippe Muray, le joyeux antiprophète d'Après l'Histoire et des Exorcismes spirituels, savait : il écrivait, il lisait, il fumait, le tout exclusivement et sans fin. Sa femme, Anne Sefrioui, se souvient : «Philippe a longtemps fumé des
Lien : http://www.liberation.fr/liv..
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Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
On accuse souvent la droite, quand elle gouverne, de ne satisfaire que sa propre clientèle, restaurateurs, buralistes, entrepreneurs en général, chauffeurs de taxi et ainsi de suite ; mais il faut convenir qu'elle n'a pas le nihilisme industrieux de la gauche qui, lorsqu'elle est au pouvoir, la crée, elle, sa clientèle, l'invente, la fabrique en vidant les individus de toute possibilité d'initiative personnelle, comme on sectionne les nerfs d'un animal de laboratoire, et en les rendant ainsi absolument dépendants d'elle, jusques et y compris pour les gestes les plus simples, et cela probablement sans retour. Elle poursuit d'ailleurs son ouvrage dans l'opposition, et c'est elle qui oblige la droite stupide à s'aligner sur ses exigences. 
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Lorsque les bagnoles exécrables sont remplacées par des armées d’individus grimpés sur rollers, par des intermittents sur des échasses, par des cracheurs de feu et autres adeptes des « circulations douces », il est loisible de constater que l’on n’assiste pas au retour de l’ancienne humanité sur des territoires reconquis, mais au déferlement sans frein de l’espèce post-humaine sur des territoires sans cesse plus invivables ; et pour qu’elle ne sache pas qu’elle est ‘espèce post-humaine, on lui fait croire qu’elle revient sur des territoires dont elle aurait été dépossédée, et qu’elle les reconquiert ou se les réapproprie ; mais elle ne saurait reconquérir ou se réapproprier quoi que ce soit puisqu’elle ne possédait rien […].
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J'évite, la plupart du temps, d'employer le beau mot de résistance, parce que des tas de salauds en usent et en abusent jour et nuit, mais je sais aujourd'hui que la vie privée est la seule résistance catégorique, et le seul camouflet radical, que l'on puisse infliger à la société moderne du tout-à-la-webcam, et que le secret est une critique cinglante et continue de la civilisation de l'exhibitionnisme.

p. 429
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La course au profit […] est doublée par la course aux orgies [….] mais il s’agit toujours de course et d’accumulation, c’est-à-dire de challenge, c’est-à-dire encore une fois de croissance, c’est-à-dire de nihilisme festif et d’érection fébrile du principe de plaisir contre la Loi et le réel, donc d’infantilisme gavé de sa toute-puissance postiche.
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... J'ai donc tout de même fini par voir ce film ; mais je l'ai vu chez moi, et assez tardivement, parce que je ne supporte plus depuis longtemps l'enfermement dans une salle, ni le sinistre dressage par le bruit qui y transforme n'importe quel spectacle en /rave/. Je ne vois pas pourquoi je subirais, sans y être obligé, l'ensemble des intimidations monstrueuses (vacarme systématique, montage cardiaque, récit stroboscopique, atteintes directes au système nerveux, etc) par lesquelles l'art cinématographique en perdition depuis déjà pas mal de temps essaie de retenir le spectateur en anéantissant pour commencer sa liberté critique. Entrer dans une salle obscure, c'est accepter de s'exposer à un genre de technique de l'étourdissement qui ressemble à celle précédant la mise à mort des animaux de boucherie. Or je militerais volontiers pour l'assistance aux bêtes d'abattoir que sont devenus les spectateurs, et pour le respect de la législation contre la cruauté envers ceux-ci. Il y a donc longtemps que je ne vais plus au cinéma, une dizaine d'années au moins, puisqu'il est impossible de /baisser le son/ ... Au cinéma l'horreur est un chantage et une intimidation, comme en d'autres circonstances l'argent que tel ou tel film a coûté. Tout cela relève du terrorisme, qu'il soit économique ou tératologique. Il faut qu'un film ait /coûté beaucoup/ : de l'argent ou du sang ; ou alors qu'il défende et illustre une cause incontestablement bonne, ce qui revient à peu près au même.

p. 472
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Vidéo de Philippe Muray
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Philipe Muray n'a pas eu droit de son vivant à l'attention que son talent aurait justifiée. Mais un comédien a contribué à le venger. Savez-vous de qui il s'agit ?
« Exorcismes spirituels » de Philippe Muray, c'est à lire en poche chez Tempus.
>Processus sociaux>Coordination et contrôle>Méthodes normatives : propagande (24)
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