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EAN : 9782251441351
176 pages
Éditeur : Les Belles Lettres (15/12/2002)
3.86/5   63 notes
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Le maître-pamphlet contre la pensée unique.

" Depuis L'empire du bien, le Bien a empiré. " nous dit Philippe Muray dans sa préface. Depuis la "fin de l'histoire", l'emprise de la bien-pensance et de l'altruisme ne cesse de grandir (et que dire d'aujourd'hui, vingt ans plus tard !) : nous vivons à l'ère des conformismes, des fausses idoles médiatiques et du vide universel au nom d'un humanisme privé d'humanités... La di... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lerital31
  04 septembre 2014
Un pamphlet dans la plus pure tradition! Philippe Muray tire sur tout ce qui bouge avec un style énergique, ravageur, plein d'ironie et foisonnant de figures de style. Sa cible: notre société moderne. le coeur de sa cible: nos pensées et comportements qui tendent à s'uniformiser par adhésion au Bien (pas clairement défini) que je définirais comme le sentimentalisme moralisant omniprésent, appelé bien-pensance actuellement sur nos télévision. Un grand responsable est au coeur de son pamphlet: le Spectacle. Les médias en prenne pour leur grade ainsi que beaucoup de milieux comme la littérature ou la musique.
Il y a du du vrai dans ses analyses mais difficile d'adhérer à tout sans se mettre une balle! On se demande à quoi se raccrocher pour vivre! de plus, le livre manque cruellement d'un début de commencement de piste de réponse... Peut être suis-je déjà trop intoxiqué par le Bien?
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karkarot
  01 janvier 2020
Je m'attendais à mieux !
Premier pamphlet de Murray que je lis, cet Empire du Bien m'a un peu déçu.
Si les critiques sont bien souvent pertinentes, l'analyse juste, on se retrouve assez souvent devant un mur.
Le polémiste expose comment sont, selon lui, les choses, puis nous laisse là et pars sur autre chose, continue à purement dénoncer.
J'ai retenu deux auteurs que Murray semble apprécier et avoir lu, Alexis de Tocqueville et Friedrich Nietzsche. J'ai été déçu de la poursuite que l'auteur ne fait pas des pensées de ces auteurs pourtant puissants et visionnaires, chacun à leur niveau. Il reprend à son compte les critiques véhémentes de l'allemand, mais avec moins de force et de style, très peu d'arguments et surtout moins de solutions (nous y reviendrons) et se sert assez partiellement du français, oubliant que si celui-ci a mis en garde contre les dérives possibles de la démocratie, il jugeait tout de même que ce système était le moins pire possible ! Murray lui semble vouloir nous en prémunir, mais en mettant quoi à la place ?
Finalement, Nietzsche se retourne assez facilement contre son citateur puisqu'il aurait sans problème étiqueté celui-ci dans les nihilistes, les mesquins.
En effet, si on ne peut qu'être d'accord avec la plupart des constats que l'auteur dresse dans ce pamphlet (la télé est débilitante, la bonne pensée libérale-pudibonde envahit tout, les lois pullulent, l'esprit critique n'a jamais autant été en danger devant l'uniformisation du monde), on ne peut aussi que lui reprocher l'absence complète de solution, d'idée alternative.
Et donc, où est l'intérêt de l'exercice, si ce n'est attisé encore la haine de ce système ?
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Henri-l-oiseleur
  20 janvier 2016
On se gardera de ne voir dans ce livre qu'un pamphlet anti-moderne, dont la lecture ne servirait qu'à jouir du mauvais esprit et de la belle langue de l'auteur. Même si Muray séduit par cet aspect-là de sa prose et de sa pensée, il propose autre chose qu'un simple amusement : il nous conduit à regarder critiquement ce qui, pour la plupart d'entre nous, intoxiqués par les médias, va de soi. En d'autres termes, une lecture de divertissement ne suffira pas, même si celui que Muray propose est des plus raffinés.
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ParoleReine
  13 février 2021
Pamphlet jubilatoire et implacable, je comprends que beaucoup n'aiment pas, ils doivent y sentir toute leur vie ridiculisée! Et ceux qui réclament des solutions, ce n'est pas le but de ce genre d'écrit. Et puis avant de constituer un programme, il faut d'abord bien savoir ce qui ne ve pas dans la société actuelle(spoiler: tout), et surtout analyser sa corruption, dresser sa généalogie, et Muray le fait admirablement, avec un mélange d'humour - grâce à sa maîtrise de la langue - et d'une incontestable profondeur intellectuelle.
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Latias
  12 décembre 2016
Emettre un avis sur l'Empire du Bien est difficile. Quelqu'un a dit à juste titre que ce qui est excessif est insignifiant ; le réflexe est donc d'arrêter rapidement de lire ce pamphlet. Je suis allé jusqu'au bout malgré les outrances. L'auteur cite Sade, Céline et Tocqueville. C'est peu dire qu'il y a beaucoup d'assertivité et guère de raisonnement et que d'une page à l'autre, l'auteur frôle souvent la contradiction.
150 ans après Tocqueville, Philippe Muray constate à son tour que les peuples démocratiques, s'ils aiment la liberté, tiennent encore plus à l'égalité, même si celle-ci s'accompagne de la domination sans frein de l'avis du plus grand nombre.
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Citations et extraits (79) Voir plus Ajouter une citation
MimimelieMimimelie   31 juillet 2015
Dans un autre domaine, celui de l’esthétique, l’une des dernières campagnes un peu violentes dont je parvienne encore à me souvenir, opposant des visions du monde au moins en apparence inconciliables, remonte à la petite affaire de ces colonnes plantées au Palais-Royal. Par la suite, les autres Grands Projets sont tous passés comme lettres à la poste. Plus d’affrontements, plus de condamnations. Neutralité bienveillante. Qui oserait encore, de nos jours, se payer le ridicule d’une colère ? D’une sanction même en paroles ? Juger, c’est consentir à être jugé. Et qui l’accepterait désormais ?

À la fin, c’est le Consensus qui gagne. L’espace esthétique ou artistique est d’ailleurs un excellent domaine pour vérifier ce que je suis en train de dire. Toute l’histoire récente de l’art, sous l’éclairage grandissant du règne des bons sentiments, redevient très instructive. Si ce qu’on appelle art contemporain peut encore faire semblant d’exister, c’est uniquement comme conséquence du martyre des impressionnistes. En réparation. In memoriam. En expiation d’un gros péché. Qu’il soit minimal, conceptuel, anti-art ou extrême-contemporain, l’artiste d’aujourd’hui survit toujours à titre d’espèce protégée, en tant que résidu caritatif. Une très grosse gaffe a été commise, du temps de Van Gogh, du temps de Cézanne, il faut continuer à payer les pots qui ont alors été cassés. Surtout ne pas recommencer, ne pas refaire les mêmes sottises, ne pas retomber dans les ornières. Après des décennies de foules furieuses ricanantes devant Courbet, devant Manet, devant les cubistes, brusquement plus rien, plus de critiques, plus de clameurs, plus de révoltes, plus de scandales. Tout se calme d’un seul coup, les galeries prospèrent, la créativité des artistes ne s’est jamais mieux portée, tout va très bien, les grosses banques investissent dans l’émotion colorée, les États s’en mêlent, les ventes records se multiplient, le marché s’envole, c’est la débâcle des hostiles. Plus de pour ni de contre. Plus personne.
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MimimelieMimimelie   31 juillet 2015
Dire ce qu’on pense est devenu périlleux. Même à titre farouchement privé. Tout ce qui ne peut pas être exposé publiquement sur un plateau ne devrait même pas être pensé. Dans les télé-débats, la formule-clé, pour arrêter en plein vol, pour stopper quiconque pourrait être sur le point de lâcher quelque chose de très vaguement non aligné, de très obscurément non consensuel, de très légèrement non identifié (et toute idée qui ne vient pas du collectif pour y retourner aussitôt appartient à cette catégorie), la formule-clé, donc, est la suivante :
« Ah ! oui, mais ça n’engage que vous, ce que vous dites là ! »
Vous. C’est-à-dire une seule personne. C’est-à-dire, en somme, personne.
L’Empire du Bien, ça tombe sous le sens, est d’abord l’Empire du combien.
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rkhettaouirkhettaoui   21 octobre 2012
L’Empire du Bien reprend sans trop les changer pas mal de traits de l’ancienne utopie, la bureaucratie, la délation, l’adoration de la jeunesse à en avoir la chair de poule, l’immatérialisation de toute pensée, l’effacement de l’esprit critique, le dressage obscène des masses, l’anéantissement de l’Histoire sous ses réactualisations forcées, l’appel kitsch au sentiment contre la raison, la haine du passé, l’uniformisation des modes de vie.
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MimimelieMimimelie   31 juillet 2015
Redécouvrons donc, cinq minutes, cet épisode d’avant le déluge : la tentative étatique, en France, il y a quelques mois à peine, de réforme de l’orthographe. Il aurait fallu des talents d’analyse dont les adversaires de ce coup de force étaient dépourvus à un degré vertigineux, hélas, pour repérer la bassesse infinie de l’idéologie sous-jacente à cette escroquerie avortée. Ce n’était pas sorcier pourtant, ça ne nécessitait pas trop d’efforts, si on voulait découvrir le bout du nez de l’Ennemi Cordicole pointant derrière les meilleurs arguments. Qu’est-ce qu’il disait donc, le « réformateur » à qui on n’avait rien demandé ? Qu’il fallait liquider l'incohérence. Les incohérences. Les exceptions. L’Exception.
L’Exception en soi. Ah ! Nous y voilà ! L’Exception ! L’adversaire mortel de la Norme. L’empêcheur de simplifier, de niveler la langue jusqu’à l’os dans le but de « résorber l’échec scolaire », et surtout dans la perspective de la grande bataille de demain, celle de « l’industrialisation informatique et de la traduction automatique par ordinateurs ». Rien de plus droits-de-l’homme que ce programme. Rien de plus Intérêt Général. Rien de plus sympathiquement liquidateur des absurdités du passé. Le Bien contre le Mal toujours. Un seul monde, une seule musique, un seul espéranto purifié, un seul mode de communication enfin utilisable par tous, accessible à tous les esclaves, au-delà des divergences et des conflits. Rien de plus en phase profondément avec ces tags épidémiques par lesquels des dizaines de milliers d’inconnus affirment, depuis quelques années, leur droit légitime à s’exprimer, à sortir en-semble, et anonymement, de la masse des anonymes. La Fontaine est dépassé : dans le zoo cordicole de maintenant, les grenouilles en sont réduites à se faire plus grosses que les grenouilles ; comme il n’y a plus de paons depuis longtemps, les geais ne peuvent plus prétendre se distinguer qu’en se parant des plumes des autres geais.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille   13 mars 2016
Voila ou nous en sommes exactement : à nous contenter de ce qu'on nous donne. A désirer ce qu'on nous permet. A nous intéresser à ce qu'on nous dévoile. A regarder ce qu'on nous montre. Et bien sûr, corrélativement, à nous refuser ce qu'on nous interdit. A ne jamais fouiller dans ce qu'on nous cache.
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Videos de Philippe Muray (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Muray
Une Vie, une œuvre : Philippe Muray (1945-2006). Par Virginie Bloch-Lainé et Clotilde Pivin. Émission diffusée sur France Culture le 19.06.2011.
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