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ISBN : 2070756718
Éditeur : Gallimard (19/10/1999)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Et si le XIXe siècle était la matrice de notre modernité ?

En exergue, Muray cite une phrase de Flaubert qui résume assez bien sa thèse : « La Magie croit aux transformations immédiates par la vertu des formules, exactement comme le Socialisme ».

C’est au XIXe s que se forme le socialoccultisme, ce mélange détonnant et inouï de socialisme et d’occultisme, et c’est le XXe s qui fait un triomphe éternel à cette idéologie, comme lors de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
coconut
  16 mai 2016
Le XIXème à travers les âges
Philippe Muray
(1984)
Philippe Muray entreprend l'écriture de ce livre monumental pour lutter contre « le sommeil de l'esprit critique » de son époque. Il s'agit de mesurer les liens tissés entre le socialisme et l'occultisme à travers les oeuvres littéraires et philosophiques du XIXème voire du XXème siècle donc de la modernité c'est –à-dire le «progrès » et le « positivisme ».
Muray place les origines de cette modernité en 1786, date à laquelle le cimetière des Saints-Innocents , devenu lieu de débauche, situé au coeur de Paris, est rasé par « l'esprit des Lumières », au nom de l'hygiène et pour préserver les petits enfants des images de la corruption (des corps vivants comme de celle des corps morts). Ce cimetière est transféré dans les Catacombes. C'est un spectacle particulier que tous ces morceaux de cadavres déversés dans une ancienne carrière de pierres calcaires. Ces visions de cadavres rappellent (ou se superposent avec) les scènes des romans noirs qui sont à la mode à ce moment-là (Horace Walpole et Ann Radcliffe). La conception de la mort chez les chrétiens n'est scandaleuse pour les modernes que par le fait que la mort pour eux est temporaire et en attente de la résurrection des corps et que par conséquent, elle ne réalise pas l'objectif d'unification de tous les êtres dans une même destinée. Elle n'est pas un moment que l'on respecte. Pour les catholiques, la mort n'est pas égalitaire. Les catacombes vont donc marquer le début de la fin du christianisme.
C'est à cette même époque, d'ailleurs, que sont inventés les musées, « cimetières à oeuvres d'art ».
• le dogme de la résurrection des morts des chrétiens étant jeté aux orties, les « modernes » aux idées sociales vont se précipiter vers une religion de la mort éternelle et des morts qui interpellent les vivants. C'est la fascination de l'époque pour les tables tournantes. « Peu à peu le catholicisme [est…] progressivement expulsé au profit d'une religion démocratique, instinctivement humanitaire ». La religion vraie des temps modernes est celle de « l'Harmonie totale ». le mort est désormais survalorisé, au point que l'on se met à détester l'ancienne manière d'ensevelir les défunts et que l'on décide de redonner une « virginité » aux cadavres, grâce au feu purificateur de l'incinération. On le préserve ainsi des vers et de la putréfaction.
• Au XIXème siècle, on invente le concept d'Histoire c'est-à-dire « l'étude exploratrice du passé pour comprendre l'avenir ». C'est une invention géniale qui permet de faire croire à une cohérence linéaire. On commence aussi à considérer que les masses ont toujours raison, que « le peuple ne saurait errer, [qu'] il a l'instinct, l'intelligence animale »…. Toute cette philosophie, issue de l'Illuminisme, mènera inexorablement au marxisme. le siècle se passionne pour les commémorations d'événements dont on entretient la nostalgie.
• L'illuminisme considère qu'à l'origine de tout est l'unité, que « les êtres sont plus ou moins parents dans les racines sombres des temps ». Parmi les Illuministes, on trouve Swedenborg qui influence Fourier, Rétif de la Bretonne, Bonneville, Eckartshausen... Cette philosophie a une influence considérable sur les écrivains du XIXème siècle. Soudain, on décrète que tout ce qui est vivant est cousin. Hugo écrit « bête, caillou, homme, buisson, tout vit au même titre. » Quant à Nerval, on lui doit les vers suivants :
« Respecte dans la bête un esprit agissant ;
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d'amour dans le métal repose ».
C'est donc dans la métempsychose que les valeurs socialistes prennent leur source. On en finit par conséquent définitivement avec la séparation des espèces propre au christianisme.
• L'époque (le philosophe Auguste Comte) souhaite d'ailleurs que l'église revienne à l'authenticité des débuts du christianisme « plus pauvre, plus naturel, socialiste comme l'étaient ainsi que chacun le sait, les premières communautés chrétiennes. Il est un des premiers à s'intéresser aux discours des morts et à prétendre qu'il n'y a « plus de séparation morts vivants ». Par conséquent, la nouvelle religion, celle de l'Humanité va être d'abord « une religion des ancêtres ». Pour lui, il n'y a « pas de coupure entre le positivisme scientifique » et « la religion positiviste ».
• Autre scandale qui éloigne le XIXème du catholicisme: l'église a commis l'erreur, sous Pie IX, de définir deux dogmes qui choquent : l'Immaculée conception et l'infaillibilité du pape en 1870. Avant Pie IX, Grégoire XVI avait déjà commis une première « gaffe » qui était taxée d' « indifférentisme » et qui consistait à prétendre que chaque individu était maitre de son salut et qu'il pouvait l'obtenir de la manière qui lui convenait le mieux.
• A partir de là, tout ce qui est chrétien ou catholique est rejeté, critiqué, moqué par le siècle.
• En revanche, dans cette nouvelle religion qui s'insinue, l'occulte surgit. C'est l'idée que se cache quelque chose qui aurait été connu et qui serait à retrouver pour donner du sens à sa vie. Ce quelque chose qui se cache serait une sorte de « paradis des idées » perdu. Au fond, l'idée récurrente est que toutes les religions ne font qu'une. On recherche une religion « sans obstacles », sans « sélection », sans « hiérarchie », sans « jugement de valeur ». La Bible est partout : « on ne cherche pas à la supprimer, plutôt à la découper, la corriger, l'harmoniser »
• Partout se faufile l'obsession de la justice et de l'égalité. Léon Denis, disciple d'Allan Kardec écrit : « ou les âmes à leur naissance sont égales, ou elles sont inégales, cela n'est pas douteux. Si elles sont égales, pourquoi ces aptitudes si diverses ? Si elles sont inégales, c'est que Dieu les a créées ainsi, mais alors pourquoi cette supériorité innée accordée à quelques-uns ? Cette partialité est-elle conforme à l'égal d'amour qu'il porte à toutes ses créatures ? Admettons au contraire une succession d'existences antérieures progressives et tout est expliqué »….La métempsychose est l'évidence. Papus d'ailleurs dit : « Sans la notion de réincarnation, la vie sociale est une iniquité ».
• Au XIXème, « le socialisme rencontre le juif spectre errant comme un scandale à liquider. » le juif incarne l' « argent mobile ». D'ailleurs Marx écrit : « l'époque doit s'émanciper du judaïsme, c'est-à-dire du trafic et de l'argent ». Dans cette optique, Muray considère que le nazisme a été « un marxisme non perverti ».
• La question de la place de la femme et de l'enfant est aussi au coeur du XIXème siècle. Ainsi, en 1874, Hugo prophétise : « L'homme a été le problème du XVIIIème siècle ; la femme est le problème du XIXème. Et qui dit la femme, dit l'enfant c'est-à-dire l'avenir… ». Nerval d'ailleurs « croyait comme presque tout le monde que les femmes détenaient le secret des premiers mysticismes instinctifs, les premiers druidismes sauvages, les chamanismes pétrifiants ».
• La littérature explore ces nouvelles croyances (Michelet, Renan, Hugo, Balzac, Zola, Sand, Nerval) : les « écrivains font entrer le monde dans l'histoire des idées religieuses. Et moins le monde se dit religieux et plus les écrivains sont nécessaires. Et plus les sociétés donnent l'impression de balancer leurs cultes et leurs dieux et plus les écrivains insistent sur la piété autour d'eux qui ne cesse de croître et d'embellir […] c'est par eux qu'on voit se succéder les figures du sacré moderne ». Muray reproche aux écrivains et en particulier à Victor Hugo, d'avoir « socialocculté » Shakespeare et aux critiques et commentateurs d'avoir « marxisé » Balzac, ce dont s'indignait déjà Baudelaire en son temps. En revanche, Muray met Flaubert à part « L'Education Sentimentale n'est peut-être rien d'autre que la plus formidable mise à plat jamais tentée des romans nécromans. Leur dévalorisation par le génie banalisateur de Flaubert ». Remarque originale aussi sur le fait que Flaubert aurait saisi le lien « l'homogénéité des guéridons et des barricades, ou leur surgissement synoptique » .Il est ici question des barricades de la commune, évidement.
• En outre, ce siècle cherche à abolir le mal, à domestiquer Satan pour le transformer en repenti à qui l'on peut pardonner et que l'on peut rééduquer. Muray s'interroge sur ce que l'on cherche à éliminer en éliminant Satan « Pas Satan bien sûr, mais tout ce qu'on a groupé longtemps sous ce mot-là. L'hybride, l'innommable, l'étranger, le copulant, les incubes, les succubes, l'inquiétant soupçon que l'on pourrait jouir, c'est-à-dire prendre du plaisir avec autre chose que les fils et les filles des hommes… »
• Par opposition à toutes ces thèses, Murray choisit Baudelaire, sans qui il n'aurait sans doute pas écrit ce livre. Baudelaire, en effet est du côté de l'illégitimité, de « l'enfer, l'éternité des peines, le péché aux origines. La pure doctrine catholique » contre les élucubrations sociales-occultes. Et pour Baudelaire, il n'y a pas d'unité, bien au contraire : du séparé. En effet « La crudité scandaleuse des Fleurs du Mal affirme qu'il ne peut y avoir de plaisir qu'à travers le rappel permanent, rythmé, rimé, verbalisé de ce principe de division ». Baudelaire a tout critiqué de ses contemporains : leur panthéisme, leur fascination pour la science et le progrès social, leur idéalisme égalitaire, leur rejet du péché originel, « leur culte de la Nature, leur amour du corps, de la Femme, de «l'Enfant, de la jeune Fille ». Il hait tout ce qu'aujourd'hui on qualifierait de bisounourserie et cela réjouit Muray qui choisit son camp du côté de Baudelaire, l'aphasique qui à la fin de sa vie « jette sa langue aux chiens » écoeuré par Paris, devenu son enfer.
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Tibere
  26 janvier 2012
Une petite merveille. Il y a du génie dans ces lignes. On regrettera cependant certains passages assez longuets. La pensée de Muray n'est pas linéaire et c'est très bien comme cela. En fin de compte, pour Muray, nous sommes dans un éternel retour du XIXe siècle. Nous incarnons tous des petits papes en puissance, voulant créer notre propre spiritualité en nous enorgueillissant de rendre plus belle l'Humanité - mais pas l'humain.Bien sûr, pour cela, il a fallu détruire l'ancien régime et ses aristocrates, s'acharner sur les juifs et leurs élitismes, et tenter de faire mourir une bonne fois pour toute le catholicisme et ses prêtres afin de faire triompher cet idéal... Il s'agit clairement de tout égaliser (socialiser!) afin de créer une sorte d'harmonie, de syncrétisme, de progrès pour un futur plein de bonheurs. Bien sûr, tout cela n'est qu'un écran de fumée. Écran repéré par certain esprits réellement libre, comme Baudelaire. Une prestidigitation. Voilà ce qu'est le XIXe siècle. Voilà ce que nous sommes devenus. Des morts qui dansent autour d'un idéal vide que nous appelons Modernisme. Un livre à lire et à relire, ne serais ce que pour les descriptions féroces de certains personnages comme Auguste Comte en fin de vie, Victor Hugo et ses fantomes, Baudelaire et Saint-Loup de Namur...
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Henri-l-oiseleur
  04 octobre 2015
A vrai dire, il faudrait prévoir une touche "à relire" pour certains ouvrages de Philippe Muray, comme celui-ci ou bien son Céline. La pensée y est tellement nouvelle et confondante, et méprise tellement les habitudes universitaires de la référence, de la bibliographie, de la discussion érudite ou seulement précautionneuse, qu'après la première lecture fascinée de ce livre, une seconde, attentive et calmée, devrait suivre, comme l'étude soigneuse d'une surprise.
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Caligari
  19 juin 2011
Sans doute l'essai le plus ambitieux et le plus stimulant de Philippe Muray, qui ne se contente pas ici de tempêter contre l'homo festivus mais nous invite à un voyage érudit à travers le XIXe siècle pour comprendre la matrice de notre modernité. le parallèle entre occultisme et utopie socialiste est surprenant, sans doute excessif, mais soulève de vraies questions.
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PierredeLaCoste
  02 août 2013
Un chef d'oeuvre d'humour réactionnaire, servi par une culture et un travail gigantesques. On dirait une thèse de doctorat réécrite par LF Céline.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   03 août 2016
Le groupe, la communauté réclament une politique d'urgence, un programme de politique culturelle médicale. Faire sortir la maladie. Au besoin brutalement. Le christianisme n'en a jamais proposé tant. Rien ou presque, sinon la connaissance de cette "masse de boue qu'on pare d'un léger ornement, à cause de l'âme qui y demeure", comme chantait la voix de Bossuet du haut de la chaire, longtemps avant notre ère. La théologie ne promettait qu'une sorte de résurrection des corps à laquelle finalement on ne comprend pas grand-chose. On sait surtout ce qu'elle n'est pas et ça suffit amplement. Elle ne ressemble que de très loin à la seule résurrection que pourrait accepter le genre humain. L'intégrale, corps et organes avec les poils, l'estomac, les intestins. Ou alors l'autre, éthérée, transparente, ectoplasme, passe-muraille. Le boudin fécal ou les esprits. Le corps astral ou la pesanteur intestinale. Le périsprit ou le péristaltique. La substance intacte ou bien l'âme. Rien de ce que l'Eglise proposait. Savait-elle elle-même d'ailleurs ce qu'elle voulait? On en doute encore. On en a beaucoup discuté. Par exemple Origène, d'après ce que rapporte saint Jérome, disait qu'il y a une double erreur à ne pas commettre : celle des "amis de la chair" et celle des hérétiques. La première consiste à penser qu'on ressuscitera avec les mêmes os, la même chair, le même sang, un ventre insatiable et des oreilles, qu'on mangera et déféquera et qu'on aura des dents. La seconde est celle des hérétiques qui n'accordent le salut qu'à l'âme et qui pensent que "le Seigneur est ressuscité à la manière d'un fantôme"... C'est la conviction de Marcion, d'Apelle et de Valentin. Qui peuvent donc figurer parmi les saints patrons de l'espérance occulte. Ainsi que quelqu'un qui, dit encore saint Jérôme, porte un nom de fou puisqu'il s'appelle Mani. Ici l'illustre docteur se permet un jeu de mots superbe sur le nom de Mani rapproché de mania, folie. L'hérésie manichéenne ou monomanichéenne... Ou encore : la psychose manichéeno-dépressive... Ni fantôme ni vraiment organisme, dit le christianisme, et saint Jérome poursuit : dans chaque semence, Dieu "a inséré un certain "génie" qui contient les matière futures dans les principes de la moelle". Dans le "génie" des corps, subsistent les principes de résurrection. Car "on sème de la honte et il lèvera de la gloire, on sème de la faiblesse et il lèvera un corps spirituel", ainsi qu'il est dit dans I Co 15, 42-43. Il y aura transfiguration, mais sûrement pas répétition du même, qu'il soit opaque ou transparent.
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hupomnematahupomnemata   31 juillet 2016
Le 11 mars 1862, les Goncourt visitent les Catacombes avec Flaubert et se plaignent dans leur Journal de ces "os si bien rangés, qu'ils rappellent les caves de Bercy. Il y a un ordre administratif qui ôte tout effet à cette exhibition. Il faudrait, pour la montre, des montagnes, des pêle-mêlées d'ossements et des rayons. Cela devrait montrer tout le long des voûtes immenses et se perdre en haut dans la nuit, ainsi que toutes ces têtes se perdent dans l'anonymat". Les Goncourt trouvent l'art officiel de leur époque trop mesquin. Des rayons? Des rangements? Mais justement, précisément! Naissance de l'art du grand magasin. Style grande surface et mort du petit commerce. Macchabées-design. Shopping-centers. Le Bon Marché des morts. Au Bonheur des Dames comme art de masses. Ce sont les masses de mort qui font l'Histoire, comme ne diront pas tout à fait les marxistes bientôt. Avec un côté déjà art conceptuel d'avant-garde en tant que la pratique artistique y est ouvertement absente. Et aussi bien sûr parce qu'il s'agit d'objets détournés de leur usage habituel (en l'occurrence leur valeur d'usage consistant à aller pourrir sous terre ou à s'envoler dans le feu, ou quelque chose de ce genre) pour devenir de simples représentations d'eux-mêmes. Ready-made. Bones... Hyper-ultime-réalisme de la fin des fins de tout. Architectures de l'utopie, masques nègres, magmas, placentas.
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hupomnematahupomnemata   31 juillet 2016
"Représentez-vous un vaste portique circulaire, à jour. D'un pilastre à l'autre, autant d'arcades, et sous chacune est une urne qui contient les cendres. Au centre, une grande pyramide, qui fume au sommet et aux quatre coins. Immense appareil chimique, qui, sans dégoût, sans horreur, abrégeant le procédé de la nature, eût pris une nation entière, au besoin, et de l'état maladif, orageux, souillé, qu'on appelle la vie, l'eût transmise, par la flamme pure, à l'état paisible de repos définitif."
Sans dégoût, sans horreur, voilà. Sans jouissance inutile au-delà de ce plaisir que donne une réalité parfaite. Ni mal ni bien. Neutralité incinérante. Il faut entendre la précision friande de Michelet et sa délectation refroidie au moment où il revit cet épisode en l'écrivant. Où il sauve de l'oubli ce projet de chef-d'oeuvre révolutionnaire, cette mécanique chimique capable de consumer au besoin "une nation entière"... Le monument n'a pas été réalisé en 1793? Qu'aurait pensé Michelet apprenant que ce projet rejeté par les instances de la Terreur ne s'était nullement perdu et qu'on devait au contraire le retrouver amplifié et généralisé cent cinquante ans plus tard chez les spécialistes nazis de la transmutation de "nations entières" de l'état maladif de la vie à celui paisible du repos?
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hupomnematahupomnemata   20 novembre 2016
La dernière étape de sa vie, pathétique et désarmée, commence par une préface de 1868 pour l'Histoire de la révolution. Façon de se donner du courage : la Révolution encore "innocente", l' "élan le plus unanime que l'on ait vu parmi les hommes", "pas moins qu'un Évangile"... Comme c'est loin maintenant pourtant à ses yeux! Il expédie ensuite rapidement une étude intitulée Le Tyran et qui concerne Robespierre. Il écrit qu'il ne se fait plus d'illusions sur celui qu'on appelait l'Incorruptible. Incarnation sans générosité de la pureté, voilà son compte réglé en quelques pages. Mais comme le mot incarnation lui rappelle tout de suite autre chose, il saute immédiatement les étapes, retrouve un instant sa bonne humeur et le texte fini en chanson de marche. Tout espoir n'est pas perdu. Incarnation... Robespierre... Voilà, il croit toucher le coeur du problème. De l'incarnation vient tout le mal, et par conséquent du christianisme.
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   17 octobre 2015
Mais les foules qui défilaient en mai 1885 autour de l'urne géante de l'Arc de Triomphe sur son velours violet, qui se ruaient émues aux larmes sous les écussons et les trophées et devenaient peu à peu océan en approchant du Panthéon, ne savaient sûrement pas qu'elles célébraient les retrouvailles de la civilisation avec une obsession nécromante vieille comme le monde et comme la mort. Celle de Saül essayant de tripoter l'ombre se Samuel, mais aussi bien celle de Gilgamesh faisant revenir Enkidu ou celle de la veuve de Darius rappelant son mari du royaume des esprits ... Le 19° proprement dit est ce temps marqué sur le calendrier de tout le monde où le genre "dialogue des morts" a recommencé à se manifester dans un langage qui prétendait apparaître comme l'expression littéraire naturelle de la nouvelle humanité religieuse.
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Videos de Philippe Muray (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Muray
Une Vie, une œuvre : Philippe Muray (1945-2006). Par Virginie Bloch-Lainé et Clotilde Pivin. Émission diffusée sur France Culture le 19.06.2011.
Dans la catégorie : Histoire : 1800-1899Voir plus
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