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Suzanne V. Mayoux (Traducteur)
ISBN : 2070287017
Éditeur : Gallimard (18/04/1979)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes)
Résumé :
L'élégance ironique du ton, la précision du trait et l'inventivité de ce roman en font une satire sociale des grands de ce monde et une satire morale des sentiments amoureux. Iris Murdoch y fait à la fois leçon d'absurde et de lucidité. Et avec quel humour !
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
veronique-mveronique-m12 novembre 2012
"N'abandonne jamais un texte avant d'en avoir compris à fond chaque mot, chaque cas, chaque détail de grammaire." Une vague compréhension n'était pas suffisante au goût de M. Osmand. Les manuels de grammaire me servaient de livres de prière. Chercher des mots dans le dictionnaire, c'était pour moi une image du bien. La tâche sans fin d'apprendre des mots, c'était pour moi une image de la vie.
La violence est une sorte de magie, on y puise le sentiment que le monde vous cédera toujours. Quand je comprenais la structure grammaticale, je comprenais quelque chose que je respectais et qui ne me céderait pas. L'exaltation de cette découverte, sans me "guérir", anima mes études et les éclaira d'un jour qui n'était pas purement académique. J'appris le français, le latin et le grec à l'école. M. Osmand m'enseigna l'allemand à ses moments perdus. J'appris l'italien tout seul. Je n'étais pas un prodige en philologie. Il me manquait ce sens mystérieux, que certains possèdent, de la structure du langage, qui ressemble au don pour la musique ou le calcul. Jamais je ne me sentis concerné par les aspects métaphysiques de la langue. (Chomsy ne m'intéresse pas. Cette indication doit suffire à me situer.) Je ne me suis jamais non plus envisagé comme un "écrivain", je n'ai jamais essayé de le devenir. Je n'étais qu'un bûcheur brillant, doté d'une aptitude pour la grammaire et d'une sorte de vénération des mots. J'étais naturellement l'élève favori et favorisé. Je soupçonne que M. Osmand me considéra d'abord comme un défi professionnel, après que tout le monde eût "renoncé en ce qui me concernait. Par la suite, il en vînt à m'aimer. M. Osmand n'était pas marié. Sa manche usée caressait souvent mon poignet, et il aimait appuyer son bras contre le mien lorsque nous nous penchions ensemble sur un texte. Il ne passa jamais rien de plus. Mais à travers la pression brûlante, électrique de ce bras, je reçus un autre enseignement sur le monde. (p.33)
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veronique-mveronique-m12 novembre 2012
Avant de relater les événements de vendredi, il me faut (pendant mon sommeil, en quelque sorte) parler de moi-même plus en détail. J'ai mentionné mon travail, mon âge (quarante-deux ans), ma sœur, la couleur de mes yeux. Je suis né dans une ville du nord de l'Angleterre que ne je nommerai pas, car pour moi sa mémoire est maudite. Que sa terre demeure sacrée pour qui elle pourra. Je ne sais pas qui fut mon père, ni celui de Crystal. Vraisemblablement, et même à coup sûr, ce ne fut pas le même homme. Je fus informé, avant que le vocable eût un sens pour moi, que ma mère était une "grue". C'est étrange à penser, que mon père n'a sans doute jamais su mon existence. J'allais avoir sept ans et Crystal était encore un bébé lorsque ma mère mourut. Je n'ai d'elle aucun souvenir, sinon comme d'un état, en quelque sorte, une manière de mémoire platonique. Je crois que cet état dont j'ai le souvenir est celui d'être aimé, c'est en tout cas le sentiment d'une luminosité perdue, une ère de lumière avant que commencent les ténèbres. Des zones immenses de mon enfance sont inaccessibles à ma mémoire, et je ne peux pas me rappeler un seul incident de ces premières années. Crystal possédait jadis une photographie représenter notre mère, mais je l'ai déchirée, non par ressentiment, bien entendu. (p. 27)
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veronique-mveronique-m12 novembre 2012
Au commencement fut le verbe. Amo, Amas, amat me servit de Sésame, ouvre-toi: "apprendre ces verbes d'ici vendredi" fut l'essence de mon éducation; peut-être que cela constitue d'ailleurs, mutatis mutandis, l'essence de toute éducation. J'appris aussi, bien entendu, ma propre langue, demeurée jusque-là idiome étranger dans une certaine mesure. J'appris de M. Osmond comment écrire la meilleure langue du monde avec précision, clarté et, pour finir, une élégance sans faiblesse. Je découvris les mots, et les mots firent mon salut. Je n'étais pas un enfant de l'amour, sinon dans une acception très altérée de ce terme ambigu. Je fus un enfant du verbe. (p. 32.)
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Iris Murdoch on Philosophy and Literature (en anglais)
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