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ISBN : 9791026814368
Éditeur : Urban Comics Editions (26/10/2018)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Dans un monde où Batman est allé trop loin, le Joker doit sauver Gotham ! Le Joker, ce maniaque, ce tueur, celui que l'on surnomme le Clown Prince du Crime… si Batman, le Chevalier Noir, sombre du côté obscur, pourquoi le Joker ne pourrait-il pas sortir de sa psychose et devenir le Chevalier Blanc ? C'est ce qui arrive après qu'un traitement inédit a guéri le Joker et le fait redevenir Jack Napier : un nouveau candidat à la mairie de Gotham !
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Oliv
  06 novembre 2018
Je me demande si le Joker n'est pas mon personnage de BD préféré, tous genres confondus. "White Knight" signé Sean Murphy, qui officie à la fois en tant que scénariste et dessinateur, part d'une idée particulièrement alléchante : faire de l'habituel ennemi de Batman le gentil de l'histoire ! Pour la première fois dans un comics, celui-ci a une identité : sous le maquillage de clown, l'homme s'appelle Jack Napier. Guéri de ses troubles mentaux grâce à des pilules miraculeuses, le génie du crime devient un génie tout court qui décide de se racheter une conduite au service de la ville de Gotham. Se découvrant une vocation politique, Napier s'érige en porte-parole de la multitude qui ne possède pas grand-chose contre la minorité des possédants, ces derniers ayant déjà leur propre héraut : Batman...
Sean Murphy prend un malin plaisir à renverser les rôles traditionnels du gentil et du méchant, et met en évidence le fait que le Joker et Batman sont des alter ego, l'un ne pouvant exister sans l'autre. Cela est illustré par la fascination du Joker pour son meilleur ennemi, l'auteur suggérant une tendance homo-érotique assumée par l'un, rejetée par l'autre. Napier tend un miroir à Gotham et à son premier protecteur en particulier, il démontre que la frontière entre le bien et le mal est plus floue qu'il n'y paraît, met le doigt sur les problèmes pratiques et moraux du vigilantisme, pose la question de la légitimité des héros se plaçant au-dessus des lois... Bien sûr, ce n'est pas la première histoire de super-héros à aborder de tels sujets, loin de là, mais c'est toujours appréciable, et il s'agit d'un des principaux atouts de "White Knight".
J'aurais toutefois aimé que Sean Murphy pousse sa logique à fond, qu'il prenne plus clairement le parti de faire de Batman un véritable ennemi du peuple, une créature des ultra-riches et de ceux qui détiennent le pouvoir (personnalités politiques, médias, police...) prospérant grâce à la détresse de ceux qu'il prétend défendre. Mais finalement, sans trop en révéler sur le cheminement de l'intrigue, on retombe sur un propos plus modéré, moins accablant pour le Chevalier Noir, comme si l'auteur (ou ses éditeurs ?) n'avait pas osé trop égratigner l'idole. Après des premiers chapitres brillants, j'ai eu l'impression de revenir petit à petit dans un schéma plus convenu : une grave menace pesant sur Gotham, le plan machiavélique d'un super-vilain, l'association de héros et de policiers pour sauver ce qui peut l'être... L'action ne faiblit pas, les derniers chapitres restent prenants, mais sont un peu décevants malgré tout au vu du postulat de départ. J'aurais préféré assister à un peu plus de manoeuvres politiques et médiatiques, et à un peu moins d'explosions et de courses-poursuites – bien que ces dernières soient sublimées par le talent de Sean Murphy, qui excelle dans la représentation de beaux véhicules en action... Et pas seulement.
Car d'un point de vue graphique, on est dans le haut du panier. Je n'avais rien lu de Sean Murphy jusqu'à présent mais il possède un sens certain de la mise en scène et n'est pas du genre à bâcler une case. Chaque planche fourmille de détails. C'est le type de BD qui se déguste plus qu'elle ne se dévore. Mais elle n'est sans doute pas une porte d'entrée idéale pour s'initier au Batverse : le récit ne manque pas de références parfois ironiques, de clins d'œil aux fans... Quel plaisir de retrouver réunis à la même table les super-vilains les plus emblématiques de Gotham ! Même si là encore, le potentiel n'est pas tout à fait exploité puisque le Pingouin, Bane, le Sphinx et les autres restent cantonnés à l'état de flingueurs interchangeables. Ce n'est pas le cas d'Harley Quinn, qui se voit octroyer un rôle de premier plan tout au long du récit, lequel apporte en outre une explication logique et astucieuse à sa transformation de l'Arlequin classique des années 90 à l'actuelle bimbo en mini-short.
Je ne suis pas suffisamment spécialiste pour savoir si "White Knight", ainsi que le prétend la quatrième de couverture, a le potentiel pour faire son entrée parmi les grands classiques de Batman. Il a assurément pour lui son esthétisme et déborde d'idées enthousiasmantes, même si la démarche n'est pas assez jusqu'au-boutiste à mon goût. En tout cas, il fait partie des comics que je relirai très volontiers.
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beklf
  31 janvier 2019
Difficile d'aborder cette BD sans à priori. Depuis qu'elle est sortie, que des critiques très bonnes, voire élogieuses. Le compliment ultime a même été fait : une aventure qui pouvait marquer l'histoire des BD/comics de Batman autant que l'avaient fait auparavant The Dark Knight et Batman Year One de Frank Miller. J'ai donc attaqué la lecture avec un petit côté "Vas-y montre-moi ce que tu as dans le ventre". Verdict ? Et bien impossible de lâcher cette histoire avant d'arriver à la fin, et pour plusieurs excellentes raisons.
Tout d'abord, l'histoire est intéressante et particulièrement bien écrite car elle fait douter en permanence : Napier ou Joker ? Gentil ou méchant ? Cette interrogation est renforcée par le double personnage d'Harley Quinn, habilement utilisé, et par un Batman qui semble perdre pied et franchir la ligne rouge en permanence. Mais n'est-ce pas ce plutôt ce que Napier veut faire croire ? Ou pas ? Tout cet aspect de l'histoire est très malin. Deuxième point qui aurait pu être très risqué mais qui fonctionne très bien, c'est l'inscription de cette histoire dans un univers qui se nourrit à la fois du Batman comics, du Batman cinématographique et du Batman télévisuel (je ne précise rien, c'est à découvrir à la lecture). Au début, on a l'impression que cela relève plus de l'hommage que d'autre chose mais, en définitive, cela donne l'image d'une oeuvre somme, qui cherche à construire du neuf sans être en rupture avec le passé, et qui donc l'assume totalement. Là ou le Dark Knight de Miller rompait avec ce qui le précédait, Sean Murphy montre à la fois son respect pour l'univers de Batman, et le plaisir qu'il a à s'en emparer, et le plaisir est sacrément communicatif ! Troisième point qui montrer la qualité de l'appropriation, le scénario propose des relectures des personnages (et il y en a un sacré paquet qui est convoqué !), de leurs relations (idée gonflée concernant celle entre le Joker et Batman) ou encore d'évènements marquants de la mythologie batmanienne (oser revenir sur l'épisode Joker / Robin Jason Todd alors que tant d'histoires en ont déjà parlé). Et que dire . Enfin et finalement, cette aventure du white et du dark knight est ancrée dans le contexte actuel et dans le réel (tout en restant à Gotham city bien sûr). Parce que franchement, qui s'était posé la question des dégâts causés par Batman avec sa Batmobile et de leur prise en charge par les impôts ? Qui avait imaginé un Batman un défenseur indirect du système économique libéral ? Il y a du fond, des petites questions posées de-ci de-là. Et quand, on reconnaît au détour d'une page, totalement intégrée à l'histoire, la célèbre photo de Jonathan Bachman prise en 2016 pendant les manifestation noires aux Etats-unis, on se dit que Sean Murphy l'air de rien, nous propose bien un Batman de la fin des années 2010, qui détonne tout en restant un Batman intemporel. Et oui, il faut quand même le dire, le dessin est très bon. Tant serait à dire encore mais stop. Lisez ce Batman, car même s'il est moins radical que ceux de Miller, il mérite sa place à leur côté.
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MassLunar
  21 mars 2019
Avec Batman :White knight, attendez-vous à une déconstruction totale du fameux duo antagoniste de l'univers DC. Bien sûr, ce qui fait la grande force de ce nouveau titre Batmanesque, c'est cette originalité scénaristique due à une simple question : et si les rôles étaient inversés ?
Cette déconstruction menée par Sean Murphy, vétéran de DC, et Matt Hollingsworth, peut paraître simpliste au premier abord telle une idée naïve, plutôt abusée et jamais assumée. Et pourtant, le scénario se révèle bien vite accrocheur malgré un léger petit écart de conduite.
Au final, c'est une version très efficace de l'univers Batman que Murphy nous donne à voir. Suite à un nouvel "accident", le joker fini par redevenir humain là ou le batman, lui, repousse les limites de son code de conduite et se bestialise. Joker devient Jack Napier, sa première identité, et met son génie au service du bien tandis que Batman s'emmure de plus en plus dans une solitude menaçante et bornée. Les rôles s'inversent, en effet, mais Murphy prend bien soin de développer la psyché de ses personnages. Par la bouche d'un "joker" repenti, le discours devient fort, pertinent et plutôt provocateur dans le sens où il fait basculer toutes ces valeurs super-héroïques. Batman n'est plus considéré comme un héros mais comme un vigilante féroce et bourrin. Bien loin d'être grotesque, le scénario de Murphy est intelligent et vient s'ancrer parfaitement dans une actualité régie par la surmédiatisation comme en témoigne la mise en valeur de l'élément perturbateur.
Mais nul doute que l'un des éléments les plus attirants de cette mini-série ( one shot chez Delcourt ) provient du Joker en lui-même. En l'humanisant, l'auteur nous fait découvrir une toute nouvelle identité de ce personnage, c'est plutôt surprenant et nous nous rendons compte à quel point le joker aurait pu être aussi héroïque si il n'était pas aussi dément. L'antagoniste bascule pour un temps dans la lumière. C'est une perspective assez intéressante même si elle sacrifie un peu de cette aura de mystère qui entoure cette fameuse Némésis de Batman. Quand à ce dernier, il est un peu plus effacé, comme souvent il est imperturbable. Cependant, alors que le joker se révèle, Batman lui s'enfonce davantage dans la noirceur. Son humanité est très peu montrée, le masque noir ainsi que le sang sur les mains lui bouffent le visage.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste et on sera touché par la romance entre Napier et Harleen Quinzel ainsi que par les doutes qui assaillent les adjuvants de Batman comme Gordon, Batgirl ou Nightwing (sans parler d'Alfred...) .
Par contre, j'ai une grosse réserve sur une bonne partie des supers-criminels qui sont très mal représentés dans ce comics. Je trouve que les auteurs les ont éclipsés grossièrement pour se concentrer uniquement sur la relation entre les personnages les plus importants de cette version. A ce compte-là, inutile de mettre en scène d'autres supers-criminels si c'est pour en faire de vulgaires marionnettes. Dommage...
Mis à part cet écart un peu grotesque et brouillon qui manque d'entacher cette version, Batman white knight est un récit prenant qui tient la route et dévoile de nouvelles pistes autour de la relation Joker / Batman et de la définition du super-héros.
Saluons la force du trait de Murphy, ce trait hachuré qui soutient parfaitement l'ambiance sinistre et instable de Gotham. J'ai particulièrement apprécié le travail autour du regard, autour des yeux (le regard vairon du joker, le regard parfois embué de Bruce...) mis en valeur de remarquables gros plans.
Batman white knight est une version audacieuse et très bien construite de la confrontation Batman / Joker. Tragique, pessimiste, brutale mais aussi profonde et réfléchie, c'est un remarquable point d'orgue dans l'univers DC. Seul regret : le traitement de certains antagonistes qui gâche un brin la lecture de l'histoire dans sa première partie.. enfin ce léger écart de conduite n'est qu'une peccadille devant l'ampleur de ce magistral Batman White Knight !
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Catilina38
  22 novembre 2018
A album exceptionnel travail éditorial aux petits oignons avec un nouveau bandeau pour la collection Black Label de DC (à l'origine destiné à publier des ouvrages matures selon les critères américains mais que l'affaire du Bat-zizi a montré comme aussi puritain que les autres comics...) et trois superbes couvertures pour l'édition couleur, la N&B et la spéciale FNAC. Un gros cahier graphique montrant les recherches de design affolantes de maîtrise (notamment pour la batmobile!!!!) en fin d'album et bien sur les couvertures originales des huit épisodes. On aurait voulu en avoir plus mais cela n'aurait pas été raisonnable...
Suite à une énième poursuite avec Batman, le Joker voit sa personnalité originale de Jack Napier prendre résolument le dessus sur son identité pathologique. Décidé à démontrer la violence et la folie de Batman, il se présente comme le héraut du peuple contre les élites corrompues de Gotham et la radicalité hors des lois du chevalier noir commence à ne plus être acceptée...
Il est toujours difficile de commencer une BD aussi attendue tant l'on craint d'être déçu. J'ai découvert Sean Murphy tardivement, sur l'exceptionnel Tokyo Ghost et autant apprécié la minutie de son trait que son côté bordélique. Les premier visuels du projet White Knight publiés l'an dernier m'ont scotché autant que le concept (j'ai toujours préféré les histoires de super-héros one-shot ou uchroniques (type Red Son) et depuis je suis Impatience... Une fois refermé cet album au format idéal (histoire conclue en huit parties avec une possibilité de prolongation... déjà confirmée avec Curse of the White Knight) l'on sent que l'on vient de lire un classique immédiat! C'est bien simple, tout est réussi dans ce projet, des dessins aux personnages en passant par la cerise sur le gâteau: l'insertion de Gotham dans l'actualité immédiate avec le dégagisme et la lutte contre les 1%. Ce dernier élément pose la référence avec le Dark Knight de Miller et Watchmen, deux monuments qui assumaient un message politique et proposaient une véritable vision d'auteur de personnages iconiques dans les années 80. On est ici dans la même veine et très sincèrement il est rare, des deux côtés de l'atlantique, de voir un projet aussi ambitieux et abouti.
Sur la partie graphique on retrouve quelques tics de Murphy comme ces sortes de bottes-porte-jarretelles de Batman (que l'on trouvait dans Tokyo Ghost), la fille qui sauve un héros brutal et torturé ou les références à d'autres oeuvres à droite à gauche. Murphy est un fan de toute éternité du Dark Knight et l'on sent dans le Joker, présenté dans la BD comme le premier fan de Batman et dont la chambre est peuplée de jouets à effigie du héros, son alter-ego de papier. Au travers des différentes Batmobiles l'auteur rappelle la généalogie majeure de Batman, de la série des années 60 au film de Tim Burton et à ceux de Nolan. Ce sont surtout des références cinéma qui pointent et aucune allusion à la série de Snyder Capullo n'est faite, la seule attache aux BD de Batman est sur le meurtre de Robin dans le Deuil dans la famille. le nombre d'éléments que nous propose Sean Murphy est assez impressionnant, outre ces multiples références subtiles il utilise les passages obligés du Batverse à savoir les méchants, l'arme fatale, Gotham comme personnage à part entière et ses secrets, l'ombre de Thomas Wayne et la relation avec Gordon... Tous les dialogues sont intéressants, permettent de développer une nouvelle thématique et rarement des personnages de comics auront été aussi travaillés. Jusqu'à la conclusion dans une grosse scène d'action tous azimuts comme Murphy en a le secret le scénario est maîtrisé et nous laisse stoïques avec l'envie de reprendre immédiatement la lecture.
Avec le dessin (la batmobile est la plus réussie de l'histoire de Batman!) l'inversion des rôles est un apport majeur à la bibliographie du super-héros. Outre de renouveler l'intérêt avec, me semble-t'il, une grande première que de présenter le Joker comme le gentil, cela permet de creuser très profond dans la psychologie et les motivations des deux personnages que sont Batman et le Joker et brisant le vernis manichéen qui recouvre l'oeuvre depuis des décennies. le Dark Knight de Frank Miller était un Vigilante bien dans l'ère du temps n'intéressait finalement moins l'auteur que son environnement socio-politique. Dans White Knight, les deux faces intéressent l'auteur et il est passionnant de voir défiler des réflexions qui sonnent toutes justes, qu'elles viennent de Nightwing, de Gordon, Napier ou Harley. Batman est finalement le moins présent dans l'intrigue et pour une fois n'est pas celui "qui a lu le scénar", schéma souvent agaçant.
D'une subtilité rare, White Knight sonne comme une oeuvre de très grande maturité scénaristique autant qu'un magnifique bijou graphique à la gloire de toute cette mythologie. Sortie la même année qu'un autre album d'auteur (le Dark Prince Charming de Marini) cette oeuvre adulte gratte les acquis en osant remettre en question beaucoup de constantes de Batman. Un album à la lecture obligatoire pour tout amateur du chevalier noir, mais aussi chaudement recommandé pour tout lecteur de BD.

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LireEnBulles
  08 novembre 2018
Batman : White Knight était sans aucun doute la sortie la plus attendue de cette fin d'année 2018. Scénarisé et illustré par le talentueux Sean Gordon Murphy (Punk Rock Jesus, Tokyo Ghost), le récit s'intègre dans la nouvelle collection DC Comics baptisée DC Black Label que l'éditeur Urban Comics a repris pour l'occasion. Jouissant de retours VO positifs, le lectorat français ne pouvait faire autrement que de croiser les doigts pour l'apprécier tout autant. L'histoire se déroule dans une continuité qui n'est pas celle utilisée actuellement par DC Comics pour ses séries Rebirth. Il peut donc être lu comme un one shot, puisque Murphy reprend uniquement des éléments du Chevalier Noir et sa psychologie tout en la développant à sa façon. Ici, après une énième course-poursuite avec le Joker, Batman va laisser parler sa rage et provoquer un incident qui guérira le Joker de sa nature de psychopathe. Murphy réintroduit l'idée de Jack Napier (vu dans le Batman de Tim Burton) pour explorer la part d'humanité du Joker. L'auteur pose aussi des questions pertinentes comme par exemple, est-on un criminel pour toujours où peut-on changer et se racheter une conduite ? Jack Napier joue bien son rôle de nouveau justicier de Gotham sans pour autant devoir enfiler un costume et une identité secrète. En lançant une campagne à l'encontre de l'utilité de Batman dans la ville, Napier exploite l'anonymat du héros contre lui. Eh oui, difficile de faire confiance à quelqu'un qui porte un masque et don on ne connaît rien, n'est-ce pas ? Surtout qu'au final les vilains et super-vilains appréhendés par le justicier finissent toujours par retrouver leur liberté. le sentiment de ne jamais voir le bout du tunnel finit par se dévoiler dans le discours de Napier, ce qui éveille la méfiance endormie de la population envers Batman. L'agressivité de ce dernier joue également contre lui, semant le doute dans l'esprit collectif mais aussi dans celui du lecteur. Au milieu de ce duel politique et social se trouve deux autres personnages qui provoqueront les principaux rebondissements du récit. Il s'agit d'Alfred Pennyworth et Harley Quinn. Sans trop en dire sur leurs rôles, Murphy joue sur le lien émotionnel qui relie Bruce à son meilleur ami et père de substitution de façon très subtile et naturelle. Quant à Harley, elle tient la place la plus centrale du récit juste après Jack Napier, voir même un peu plus. Leur relation abusive par le passé trouve enfin son équilibre grâce à l'écriture de Murphy qui évoque le sens moral, la rédemption, le sacrifice, la culpabilité et l'amour. On retrouve aussi Batgirl, Nightwing et le commissaire Gordon qui ont tous droit à un développement cohérent tout au long de l'histoire. Sous son masque Bruce Wayne apparaît ici comme l'homme mettant en doute le nouveau visage du Joker. Brutal et encore plus seul que de coutume, le Chevalier Noir est aux abois et épinglé. Sa capacité à gérer les criminels et sa relation avec la police de Gotham sont pointées férocement du doigt. À travers l'image d'un Joker renaissant de ses cendres, Sean Murphy évoque des faits actuels : brutalité policière, pauvreté, etc.
Chacun de ces points est écrit avec intelligence, c'est indéniable. Malgré ses très grandes qualités, White Knight possède quelques faiblesses, ou plutôt des facilités scénaristiques. Ne pouvant vous spoiler, j'ai trouvé que l'auteur empruntait des codes déjà usés jusqu'à la corde pour résoudre son méli-mélo d'idées de départ. de ce fait, la fin peut laisser deux impressions à la lecture : rapidité et facilité, ou quelque peu inachevée. Pour ma part c'est un mix des deux. J'ai clairement aimé le scénario dans 90% de son déroulement, mais les 10 derniers pour-cents qui représente le dernier tiers du récit m'ont paru précipité et chancelant. Néanmoins, en sachant maintenant qu'une suite a été annoncée par l'auteur, je peux me dire qu'à présent il a un champ d'action plus large. La partie graphique est impeccable. Sean Murphy est un aussi bon compteur qu'un artiste. le design des personnages est maîtrisé de la tête au pieds. L'ambiance sombre que dégage le dessin sied à merveille aux actions, avec une fluidité dans les mouvements plus que correcte. La colorisation fait ressortir certaines scènes plus que d'autres, mais on est totalement conquis par l'ensemble. En conclusion, White Knight présente l'homme sous le masque du Joker, et le fait se confronter à la menace et la brutalité d'un Batman aveuglé par sa rage. C'est rythmé, intelligent et beau, nous faisant ainsi passer un très agréable moment de lecture.
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critiques presse (7)
Auracan   24 janvier 2019
Avec un récit rythmé, un Joker bien en verve et un batman dépité, Sean Murphy fait découvrir aux lecteurs de super-héros des facettes inédites où les psychologies des personnages se révèlent au fur et à mesure des chapitres.
Lire la critique sur le site : Auracan
Bedeo   08 janvier 2019
White knight parvient à mener une passionnante réflexion sur l’essence des super-héros tout en plongeant le lecteur dans une aventure qui bouscule les codes des récits classiques de Batman.
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BoDoi   03 décembre 2018
Murphy assume la part politique de l’ouvrage et notamment son titre très chargé en VO, ne reculant pas devant la question raciale et celle des brutalités policières. L’ombre de Christopher Nolan et de sa trilogie cinéma aux accents réalistes plane évidemment sur l’ouvrage et Murphy ne le nie pas, allant jusqu’à faire figurer le design char d’assaut de la Batmobile de Batman Begins.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD   23 novembre 2018
Avec du drame, de l’action, une tension constamment palpable et un trouble à ce point rarement atteint dans l’histoire pourtant tortueuse de Batman, White Knight s’offre donc le luxe de présenter une nouvelle facette d’un héros et d’un univers pourtant largement familiers. Avec pour seule issue pour notre chevalier de parvenir, paradoxalement, à fendre l’armure.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Telerama   21 novembre 2018
Sous la plume acérée de l’auteur d’American Vampire et de Punk Rock Jesus, Batman se retrouve plongé dans l’enfer des procédures judiciaires et de la pudibonderie américaine et retrouve, malgré le titre, sa vraie couleur : le noir profond. Une réussite tant graphique que scénaristique digne de celle de Frank Miller dans les années 1980.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDZoom   19 novembre 2018
Sean Murphy use avec pertinence d’un bon Flash Forward en introduction, pour nous montrer la visite de ce nouvel édile Gothamite dans la prison d’Arkham, venant demander de l’aide à un Batman enchaîné, mais toujours masqué. Effet très cinématographique, intriguant, fonctionnant à cent pour cent, nous incitant à rentrer avec avidité dans l’histoire.
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Sceneario   05 novembre 2018
LA bande dessinée sur Batman à lire du moment. Un des meilleurs albums parus ces derniers temps, qui mérite sa place dans vos bibliothèques.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   06 novembre 2018
J'aime faire du mal aux criminels, Jim.
Je n'utilise pas d'armes à feu et je ne tue pas... Mais ça ne fait pas de moi un bon samaritain pour autant. Parfois, c'est une excuse pour laisser libre cours à ma brutalité. Et ça a rendu des criminels comme le Joker encore pires.
Je ne sais pas toujours pourquoi je porte le masque.
Pour leur faire peur ?
Ou parce que je me fais peur à moi-même ?
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OlivOliv   05 novembre 2018
Quand j'étais jeune, Gotham me faisait fantasmer. Cette ville était fascinante, débordante d'énergie... Le centre de l'univers... Du moins, c'est ce qu'on entendait avant que je fugue.
C'était un mensonge.
Gotham était aussi ennuyeuse que la ferme.
Alors, j'ai tenté de l'épicer un peu. De la faire rire.
Mais j'étais nul sur scène. Je n'arrivais pas à toucher le public. C'est dur de susciter des émotions chez des gens morts à l'intérieur.
Gotham avait besoin d'être réveillée, et pas par l'humour, mais de façon plus radicale...
La terreur.
Alors, je suis passé au crime.
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OlivOliv   05 novembre 2018
(Joker) Je ne peux pas t'aider si tu sors de ton personnage.
(Batman) M'aider ?!
(Joker) Bien sûr ! En étant toujours là pour te défier, pour faire monter les enjeux et te rendre plus fort à chaque fois. C'est pour ça que notre relation est si spéciale... Je suis ton ennemi juré parce que je suis ton plus grand fan !
(Batman) Nous n'avons pas de relation.
(Joker) Et c'est moi qui suis dingue ? On est le couple vedette de Gotham City ! Et en bon couple, on se dispute !
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CapitaineBaptCapitaineBapt   09 novembre 2018
[Batgirl] : Tu vas bien ?
[Batman] : Je n'irai jamais bien. Et le plus difficile pour moi, c'est d'essayer de faire en sorte que ça ne vous affecte pas. Un jour, quand je vous laisserai une lettre de ce genre... que dirai-je ? Sûrement quelque chose pour essayer de vous protéger. Quelque chose qui pourra vous aider lors des heures les plus sombres. Quelque chose qui compensera mes erreurs. J'expliquerai sûrement pourquoi je me suis toujours battu en tant que Batman. Que ce n'était pas pour venger la mort de mes parents. Si j'ai continué de me battre, c'était pour vous. Parce que je voulais vous laisser une Gotham plus sûre et dont vous pourriez être fiers. Pour, qu'un jour, vous enleviez vos masque.
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KmyeKmye   04 novembre 2018
J'aime Gotham et il est temps que je lui rembourse la dette du Joker. Cette ville mérite mieux que vous. Mieux que le Joker et mieux que le Chevalier noir. Aussi, je serai son Chevalier blanc.
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