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ISBN : 2221145739
Éditeur : Robert Laffont (21/08/2014)

Note moyenne : 3.09/5 (sur 11 notes)
Résumé :
" Trop de rituels. Vautré sur un banc, face aux murs d'une école, le coccyx malmené par la dureté du bois, les jambes écartées et le regard flou, Antoine les a énumérés. Puis il les a trouvés suspects. Trop nombreux, donc suspects. Il s'est dit qu'ils avaient lissé sa vie, qu'il avait laissé son existence s'aplatir sous leur poids. Ils ont décapité les reliefs, comblé les aspérités, ils lui ont fait une petite vie, ces rituels, toute petite et prévisible. Sans le fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
AliceFee
  22 octobre 2014
Mlle Alice: "J'ai reçu ce roman par erreur et il ne me tentait pas vraiment. Je l'ai donc offert à mon amie Caroline, qui a eu la gentillesse d'écrire son avis que voici, rien que pour vous."
Mlle Caroline, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Il bouge encore?
"Mon amie Alice a reçu ce livre très contemporain en service presse. Elle ne partage pas mon intérêt pour ces histoires sociales, actuelles et très ancrées dans notre époque "de crise de l'emploi", elle m'a donc proposé de lire pour elle et d'en tirer une chronique avant sa sortie."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire...
"Un matin, Antoine est convoqué par son supérieur, après 10 ans de bons et loyaux services dans la société, il perd son travail en une heure sans s'en douter le moins du monde. Il en ressort abasourdi et hagard. S'en suit une descente personnelle, une déchéance émotionnelle. Puis il recouvre la vue, certaines valeurs, finalement il écarquille les yeux sur le monde et les personnes qui l'entourent"
Mais que s'est-il exactement passé entre vous?
"L'auteure, Jennifer MURZEAU, m'a entraîné avec elle et Antoine dans ce gouffre, dans cette terreur que l'on peut tous ressentir en se retrouvant sans travail. J'en ai fait l'expérience récemment et je me suis reconnue dans son abattement en début de livre. La peur du regard des autres, de ne pas se conformer, de ne pas réussir à boucler ses fins de mois. L'auteur emploie des mots très durs, très cinglants, elle dissèque les moindres états d'âme d'Antoine et de sa compagne Mélanie. J'ai beaucoup apprécié d'entendre tour à tour les deux points de vue de ce couple qui n'a définitivement rien en commun. L'écriture est cuisante, cruelle, le choix des mots est blessant, tout comme la violence des échanges et des retenues du couple."
Et comment cela s'est-il fini?
"J'ai une nette préférence pour le début qui est centré sur l'abattement et le désarroi des personnages plutôt que pour la fin du livre. Antoine est comme réveillé après avoir été léthargique dans son emploi puis dans son absence de travail. Il se questionne et devient enfin capable de prendre des décisions personnelles libératrices que j'ai appréciées! Mais Antoine est aussi soudainement interpellé par des causes plus grandes comme la préservation de l'environnement, l'écologie...On est en droit de se demander s'il faut forcément être sans activité, sans projet, avec du temps à perdre pour avoir une conscience..."
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Sharon
  25 août 2014
Je serai brève : je n'ai eu aucun atome crochu avec ce livre. Il dépeint sans doute une réalité du monde du travail et des trentenaires des années 2010, mais ce monde m'est totalement étranger.
Antoine et Mélanie travaillent dans des sociétés aux langages abstraits, où il convient de faire du profit, d'écrabouiller les concurrences ou les rivaux, où il faut être "opé", quitte à employer des aides médicamenteuses pour cela. Il faut en mettre plein la vue aux autres, par son appartement, par son mariage (pourquoi se marier si on n'épate pas les amis ?), par ses enfants, aussi, preuve de sa réussite sociale : Elle s'était vue annonçant à ses copines, à son frère, à ses parents, à sa boss même, elle s'était entendue, frissonnante, prononcer les mots "j'attends un enfant", elle avait joui à l'avance de cette nouvelle inscription sociale, "être parent", dire "mon fils", ça claque "mon fils". Vous remarquerez qu'elle veut "un fils", et non "une fille". le féminisme n'a vraiment pas droit de citer pour Mélanie, qui adore parler avec une voix de petite fille, formule de protection dérisoire. Elle ne cherchait pas non plus l'amour mais "un mâle reproducteur", qu'elle a "ferré" comme un poisson. Pour ses copines, même constat : elles ne peuvent se construire seules, il leur faut un homme et un enfant. Sommes-nous vraiment en 2014 ? Mélanie ne veut rien voir, ni de son couple, ni du monde extérieur, avec l'excuse bienvenue qu'elle "bosse comme une tarée".
Pour Antoine, ce chômage lui permet de se rendre compte qu'il s'est leurré sur ses amis, qu'il les connaît moins bien qu'il le croyait. L'homme qu'il est devenu ne lui plaît pas vraiment, alors il va changer, dit-il. Ce qui est fascinant est la capacité de ce couple à ne pas se parler, mais à crier, hurler ou pleurer (pour Mélanie), s'injurier avec une intense vulgarité à chaque fois qu'ils entament une discussion. le style est d'ailleurs très souvent proche de l'oralité, entre terme cru et syntaxe relâchée.
Antoine, pendant les trois quarts du roman, n'a suscité aucune empathie chez moi (et je peux vous dire que le style m'a fait plusieurs fois tomber le livre des mains). Plus il se libère, plus il ouvre les yeux sur qui il a été, plus il devient intéressant, tout en conservant des traits à faire grincer les dents du lecteur. Il a encore bien du chemin à parcourir, ce cher Antoine.
Un roman que j'ai terminé pour écrire cet avis, mais que j'ai bien du mal à conseiller
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motspourmots
  10 novembre 2014
C'est le roman de l'impossible quête de sens dans notre société contemporaine et je défie n'importe quel lecteur âgé de 30 à 50 ans, urbain, cadre dans une société de service de ne pas s'identifier ne serait-ce qu'un peu aux personnages et à leur course effrénée. Mais vers quoi ? Vers quel but ?
Antoine et Mélanie ont toutes les apparences du bonheur. Trentenaires tous les deux, deux bons jobs en tant que Directeur des Ventes pour Antoine, Consultante dans un grand cabinet international pour Mélanie, récents propriétaires d'un joli deux pièces dans le quinzième arrondissement. Deux CDI... c'est le moment de devenir parents pense Mélanie et de cocher ainsi une nouvelle case dans leur parcours parfait affiché à la face du monde, c'est à dire de leur petit groupe de relations et d'amis parmi lesquels on s'observe et on s'évalue au fil des dîners hebdomadaires.
Alors quand Antoine est subitement et brutalement licencié - la crise, désolé mais on ne peut pas faire autrement, ton poste est supprimé - l'édifice si patiemment construit se trouve brusquement déséquilibré et en grand danger d'effondrement. A partir de là, l'auteur s'attache à décortiquer ce qui conduit au désastre : les non dits, les mensonges, les contraintes sociales, les blessures d'enfance... Obsédés par leur travail, englués dans leurs obligations professionnelles, Mélanie et Antoine ne se sont même pas aperçus des différences qui se creusaient entre eux. le licenciement d'Antoine agit comme un révélateur, un coup de tonnerre. Parce que tout à coup, il a le temps de penser, de réfléchir. de regarder autour de lui et de se rendre compte du vide. La réalité lui saute aux yeux alors qu'il observe Mélanie tenter de se débattre avec la situation qui contrarie ses projets ou ses amis éviter de parler des sujets qui fâchent. Tout le monde a peur de la contagion. Tout le monde veut rester dans le rythme, faire partie de cette course qui ne s'arrête jamais... Par peur du vide ?
C'est justement en se confrontant au vide qu'Antoine tente de se reconstruire en souhaitant laisser derrière lui les erreurs du passé. Il lui faut réapprendre à vivre et à savourer. Et Mélanie, empêtrée dans son schéma de réussite sociale ne lui est d'aucune aide, surtout attachée à sauver les apparences, atterrée à l'idée d'avoir à tout recommencer avec quelqu'un d'autre qu'Antoine qui visiblement ne peut plus jouer le rôle du père de son enfant ainsi qu'elle l'avait décidé. On ne peut rien construire sur des mensonges, et c'est peut-être une chance de le découvrir avant qu'il ne soit trop tard.
C'est un constat brutal et sans concession que nous offre Jennifer Murzeau, sur la société dans laquelle nous vivons et le type d'individus qu'elle produit. Pas très optimiste et pas très drôle mais, malheureusement très proche de la vérité. Disons que ça fait froid dans le dos d'autant plus que l'auteur livre une analyse assez crue qui ne s'embarrasse pas d'un peu de poésie. Sur le même sujet (ou presque), on pourra préférer le très beau "Ils désertent" de Thierry Beinstingel tout aussi sombre dans le propos mais plus abouti dans le style et porteur d'espoir.
Merci à Babelio et aux Editions Robert Laffont pour cette découverte ; un article lu dans L Express m'avait incitée à cocher la case lors de l'opération Masse Critique du 18 septembre, bien m'en a pris.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Nathv
  05 novembre 2014
Merci Babelio via la Masse Critique et les éditions Laffont pour cette belle découverte.
Ce livre a pas mal de qualités pour en faire un très bon livre, à savoir:
Un moment de la vie d'un homme - le licenciement d'Antoine -, point de départ potentiel d'une lente descente aux enfers. Face à cette catastrophe personnelle et professionnelle, l'homme tente de donner le change face aux autres et un chouia pour lui-même... En face de lui, une femme, Mélanie, qui ne le soutient que très (trop) peu tant elle est uniquement préoccupée de sa petite personne et de sa progression sociale.
Les personnages sont admirablement décrits, la psychologie des personnages parfaitement fouillée.
Le style général du livre est agréable; le lecteur se trouve au coeur de la tourmente, le récit est rythmé. Dès lors, on se prend au jeu et l'on désire savoir comment vont évoluer les deux protagonistes au fil des pages.
Un léger bémol quant à l'écriture; lors de certains passages, elle se fait, tout de même, très caricaturale du "jeune cadre dynamique trentenaire" rendant, pour moi, ces passages incompréhensibles à certains lecteurs (je me suis imaginée ma belle-mère le lisant! lol).
Enfin, un bémol qui n'en est pas vraiment un, l'ambiance du livre est pesante, noire, lourde et déprimante, sans oublier que les personnages principaux sont particulièrement peu attachants, infects l'un envers l'autre,, etc . Tout ceci n'en fait pas un ensemble de défauts... plutôt le contraire!
L'objectif de l'auteur, est selon moi, parfaitement atteint. Mais prendre se livre en mains, c'est s'exposer à un solide moment de déprime...
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Ira77
  02 septembre 2014
Un tableau brut et intelligent sur la difficulté d'être soi et le cheminement de chacun vers sa propre vérité. Certains le qualifieront de roman générationnel ou résolument moderne, ce qui serait, à mon sens, trop réducteur, Jennifer Murzeau nous offre le portrait de notre époque et plus encore des êtres que nous sommes et des règles qui nous régentent, ce à quoi la littérature doit s'astreindre, nous aider à comprendre nos modes de fonctionnement, mettre le doigt sur ces failles qui nous dirigent. Ce roman a tout d'un grand! Une vraie réussite.
http://insatiablecharlotte.wordpress.com/2014/08/25/il-bouge-encore-de-jennifer-murzeau-tableau-brillant-de-ce-que-nous-sommes/
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critiques presse (1)
Lexpress   15 septembre 2014
Le deuxième roman de Jennifer Murzeau chronique avec férocité une ultramoderne décrépitude.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Ira77Ira77   02 septembre 2014
Ménard ne dit plus rien, il n’a plus rien à dire. Il n’est pas particulièrement embarrassé par la situation. Il attend une réaction de la part d’Antoine, qui ne vient pas.
Car Antoine concentre toutes ses forces pour simuler la robustesse. Il veut garder sa posture, exactement, interdire à ses membres de s’affaisser, à ses yeux de se baisser, à ses mains de se joindre, à ses jambes de se croiser pour se protéger de la castration. Il tient à rester immobile. Il met tellement d’énergie dans cette entreprise qu’il en oublie tout le reste. Il ne lui vient pas à l’idée de parler. Sa bouche est sèche de surcroît, il l’a gardée légèrement entrouverte, il ne déglutit plus. Il ne cille plus.
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Ira77Ira77   02 septembre 2014
Il ne détenait pas l’ombre d’un plan ou d’une envie pour la suite, mais trouvait formidable cette faculté soudaine qu’il avait, fortement aidé par l’alcool, d’apprécier l’instant, la douceur du vent, la quiétude de ses sens, la gratuité de cette nuit absurde qu’il prenait le temps de vivre, sans objectif, sans projection. Il avait relâché ses muscles, laissé sa nuque reposer mollement sur l’appui tête et, le crâne abandonné, contemplait la nuit parisienne.
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SharonSharon   24 août 2014
Elle s'était vue annonçant à ses copines, à son frère, à ses parents, à sa boss même, elle s'était entendue, frissonnante, prononcer les mots "j'attends un enfant", elle avait joui à l'avance de cette nouvelle inscription sociale, "être parent", dire "mon fils", ça claque "mon fils". Bah ton fils, il est au fond de la cuvette des chiottes ma grande, se dit-elle.
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SharonSharon   24 août 2014
Puisque la réalité lui allait si mal, pourquoi refusait-elle d'ouvrir avec lui la porte des paradis artificiels ?
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Videos de Jennifer Murzeau (2) Voir plusAjouter une vidéo
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