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EAN : 9782370732699
240 pages
Éditeur : Allary Editions (04/04/2019)

Note moyenne : 3.08/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Une expérience ultime à la portée de chacun : vivre une semaine dans les bois, sans eau ni nourriture.
Journal d’une immersion en pleine nature.

« La crise écologique est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations. Mais nous échouons à en prendre la pleine mesure, à la ressentir. Car nos
modes de vie n’ont jamais été aussi déconnectés de la nature.

Alors, j’ai décidé de partir plusieurs jours m’immerger en son sein avec un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
motspourmots
  08 avril 2019
Il est vrai que ces dernières années, on parle beaucoup de l'environnement autour de l'affrontement entre les scientifiques qui alertent et les climatosceptiques qui rigolent. Certains ont peur, d'autres réfléchissent à des moyens de limiter leur empreinte carbone. D'autres s'en foutent. le vert est devenu une couleur tendance, on en peinturlure les façades des politiques, des entreprises et des industries. A en croire les publicités actuelles, tout est pensé en termes de "développement durable", respect de la santé, on achète aux producteurs locaux, on vend du bio... Derrière, la réalité est bien différente. L'homme continue à se considérer "en dehors" de l'environnement et non "partie" de cet environnement. Pire, il asservit, détruit, domine. Des romanciers se sont emparés de la question. Dernièrement, l'immense Richard Powers nous a offert un fantastique roman, L'Arbre-Monde qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent. Il est l'un de ceux qui plaident pour une prise de conscience massive de l'espèce humaine qu'il convient de changer radicalement de paradigme et d'attitude. L'homme s'est exclu de ce qu'il appelle "la nature" pour mieux la saccager. Il s'en est tellement éloigné qu'il est peut-être temps de s'en rapprocher, de se rappeler qu'il n'y est pas extérieur mais l'un des éléments.
C'est un peu la démarche entreprise par Jennifer Murzeau, écrivain et journaliste, très concernée par les questions environnementales. Mais comment parler de nature quand on est une citadine de naissance, que les seuls espaces verts que l'on côtoie sont ses lieux de vacances et que l'on est habitué au confort matériel procuré par la civilisation ? L'expérience qu'elle entreprend n'a a priori rien de l'aventure du siècle. S'immerger en pleine nature pendant une semaine, se déconnecter du bruit, de la ville, de la facilité octroyée par les moyens modernes. S'éloigner des distractions et de la pollution de la société de consommation. Tenter de se reconnecter à son environnement. A la terre, à l'air, par tous les sens. Pour cela, elle contacte un "guide de survie", un certain François adepte des théories de la collapsologie et qu'elle charge de l'initier. Faire un feu, dormir à la belle étoile, se nourrir de ce que l'on cueille, chasse ou pêche... Pour la citadine habituée à appuyer sur des boutons, c'est la totale.
"Nous sommes des êtres assistés (et donc asservis) comme nul autre jamais. J'ai beau être critique, je sais bien que je ne fais pas exception à la règle. Parce que je baigne dans le monde et que, comme tout individu, je suis poreuse".
Jennifer Murzeau avance à la fois sans fard mais avec le regard de la journaliste nourrie de littérature, d'idées et d'études sur les sujets environnementaux et de société. Elle ne nous cache rien de ses difficultés, ses étonnements, son sentiment d'être complètement paumée, ni même ses peurs alors qu'elle est confrontée à la nature à l'état brut et que cela bouleverse tous ses repères. J'ai particulièrement apprécié son rejet des attitudes agressives et guerrières de son guide qu'elle finit par lâcher pour se retrouver seule dans la montagne. Ainsi que les mises en relief des situations qu'elle rencontre avec les constats des scientifiques, philosophes et sociologues ; cela permet de montrer clairement de quoi on parle quand on dit "reconnexion avec la nature". Pas mal de recoupements avec L'Arbre-Monde, justement. J'ai beaucoup pensé également à ma récente lecture de Chien-Loup de Serge Joncour qui vient de recevoir le prix du roman d'écologie et interroge judicieusement la relation de l'homme à son environnement.
La réflexion de Jennifer Murzeau est passionnante en ce qu'elle englobe la question du sens que nous donnons à nos vies. Cet éloignement de la nature, cet asservissement fruit de la société contemporaine, est-ce vraiment le but que nous poursuivons ?
"La nature, en nous éloignant des vanités de la civilisation, en nous arrachant aux automatismes de la ville, aux petites histoires qu'on s'y invente, à la vitesse, nous offre l'occasion de nous déprendre de nos conditionnements, de reconquérir un libre arbitre malmené, d'oublier un peu son nombril pour considérer quelque chose de bien plus grand que soi-même, quelque chose qui nous dépasse. La société contemporaine dicte nos désirs, exalte la compétition, produit l'insatisfaction, valorise l'agitation et condamne la contemplation. Elle fait de nous des êtres engoncés, impose des existences étriquées (...). La nature explose ces cadres, atomise ces diktats, nous rend la liberté et le temps perdu. Je crois que la nature rend moins con".
Suivre Jennifer Murzeau dans son périple, c'est s'ouvrir un vaste champ de réflexion d'autant plus intéressant qu'il est balisé par des sources variées et mêle la théorie à l'expérimentation en balayant les extrêmes, le défaitisme et les adeptes de la chute de la civilisation. Non, suivre Jennifer Murzeau c'est s'interroger profondément sur la notion de progrès et envisager de revenir à ce qui fait l'essence de l'homme, son appartenance au monde du vivant.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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red_inblue
  29 juillet 2019
J'ai choisi ce court roman pour le côté "témoignage IRL". L'auteure, un parisienne très urbaine se rend compte que sa vie très consumériste n'est plus en phase avec la Nature. L'a -t-elle été d'ailleurs? Je précise que moi-même citadine, je ne peux que la comprendre. Il nous manque le côté immersif, d'ancrage avec la Terre. Et ce n'est pas avec une marche dominicale qu'on arrive à se connecter aux arbres.
Jennifer est donc partie en Charentes, accompagnée d'un guide survivaliste, n'ayant en poche qu'un couteau et des habits chauds. Une semaine à pagayer sur la rivière, dormir à la belle étoile, chasser, manger de sa cueillette. Puis direction les Pyrénées où seule cette fois, pour découvrir l'immensité des montagnes et la sauvagerie du monde.
Son récit s'articule autour de ce périple, jour par jour et également de petits rappels sur l'éthique environnementale, les vanités de la civilisation, des chiffres, des statistiques très intéressantes (on les connait mais ça ne fait pas de mal de les relire).
Je trouve tout de même que l'auteure aurait pû mieux se préparer à ce voyage atypique (flore, animaux, plans..). le guide, François est abject et condescendant avec elle. Elle a eu beaucoup de patience, pour ma part, je l'aurais viré dès le premier soir! L'auteure a un discours humble (elle nous confie ses peurs, ses angoisses, ses défaites), bref, elle est à l'antithèse de Sylvain Besson.
J'ai beaucoup apprécié ses questionnements et surtout ses positionnements vis à vis de notre citoyenneté écologique; elles ne sont pas radicales (ni d'un coté, ni de l'autre).
Le périple "retour à la vie sauvage" était un peu court. J'aurais voulu que l'expérience se rallonge sur un mois par exemple. Car l'expérience ne peut pas être si concluante en seulement 8 jours (enfin, je trouve!).
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Chinouk
  07 août 2019
Je ressors de cette lecture — que j'ai dévorée en 3 heures —, avec un avis passablement mitigé, car j'ai l'impression de mettre fait avoir sur la marchandise. Je me suis laissé prendre dans les filets d'une quatrième de couverture quelque peu mensongère : « Jennifer est partie vivre une semaine dans les bois ; sans eau ni nourriture… »
Sans eau : OK, bien que son aventure se passe sur la Charente, donc elle ne craignait pas de manquer d'eau. Sans nourriture, en revanche, ce n'est pas vrai puisque son guide avait apporté du riz et de la farine.
J'ai quelques incompréhensions sur les choix de Jennifer. Elle décide de partir dans l'inconnu avec un guide, mais elle ne se renseigne pas sur celui-ci ? Il y a beaucoup de guides qui proposent des stages de ‘survie en forêt', mais elle opte pour un gars adepte du survivaliste qui attend la fin du monde avec impatience (et les idées qui vont avec). Un mec infâme
que je n'aurais même pas supporté trois heures. Puis quand tu pars dans ce genre d'aventure tu te renseignes un minimum avant de partir sur comment faire du feu, les plantes que tu peux manger, pourquoi être dépendante à ce point d'un guide ?
Ce que je reproche aussi à ce récit c'est que les passages qui concernent vraiment son aventure sont beaucoup trop courts; elle va chercher des orties, du plantain, elle fait du feu, elle se couche au plus vite dans son hamac pour échapper aux tirades alarmistes de son guide. Voilà tout ce que j'ai retenu de son aventure sur la Charente ! Alors oui elle a appris à filtrer naturellement de l'eau, mais ils utilisent un purificateur pour le faire. Il me semble qu'elle a appris les rudiments pour faire un abri, mais dort en Hamac.
Pendant les trois quarts du livre, la journaliste prend le dessus et nous parle d'écologie, de consumériste… on n'apprend rien, même si l'écriture de celle-ci est très agréable à lire et documentée de quelques ouvrages.
J'ai peut-être un peu plus apprécié les trois jours que Jennifer Murzeau passe seule ( forcé) sur un sentier de randonnée en montagne.
En résumé, ce livre se lit bien, l'écriture de l'auteure est maîtrisée et très agréable, mais je n'ai pas réussi à y trouver ce que j'étais venu y chercher. J'apprécie et je comprends la démarche de Jennifer Murzeau, mais elle n'a pas été assez « poussé » à mon goût.
Lien : https://www.lespassionsdechi..
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SapereAude
  19 juillet 2019
Aujourd'hui, je vous retrouve pour vous parler d'un livre reçu via la masse critique Babelio et les éditions Allary que je remercie pour cet envoi. Lors de la dernière masse critique non fiction orienté documentaire, essai, écologie etc, j'avais repéré cet ouvrage parmi d'autres qui m'intéressaient particulièrement car ils avaient pour point commun d'être tourné vers les problèmes d'écologie, de développement durable ou… de féminisme !
J'ai reçu ce livre il y a deux semaines et l'ai quasiment commencé dans la foulée ! J'avais trouvé le résultat intéressant puis qu'il prenait nos problèmes environnementaux d'une façon assez inhabituel en nous invitant à renouer directement avec la nature, notre nature, celle à laquelle nous appartenons aussi en suivant le parcours de l'auteur pendant une semaine, dans les bois, sans eau ni nourriture. Ou presque.
C'est précisément l'aspect qui m'a dérangé dans le récit, on nous promet qu'à part un guide, il n'y aura que l'auteur face à la nature, néanmoins Jennifer s'embarque tout de même avec son téléphone, sa crème solaire et son guide, avec un kilo de riz, un briquet et d'autres accessoires tout aussi intéressant mais beaucoup moins naturel. Alors, oui, la question est aussi de ne pas se mettre en danger et de survivre plutôt sainement mais j'ai quand même ressenti une grosse impression d'exagération de la part du résumé. L'auteur ne part pas seule, pas au début en tout cas et ne passera au final que trois jours complètement seule.
Ce qui m'a agacé aussi c'est qu'en plus de partir avec un guide, l'auteur n'a même pas pris la peine de se documenter un peu avant sur le sujet… On nous parle de saut dans l'inconnu et de confiance en l'autre, parce qu'elle se retrouve avec un guide masculin, survivaliste un peu édulcoré, qu'elle ne connait même pas sans même avoir prit la mesure de ce qui l'attendait.
Personnellement j'aurais fait mes propres recherches avant ne serait-ce que sur les végétaux comestibles, la façon de filtrer l'eau et de faire un feu (même si je sais déjà comment utiliser l'amadou et faire un feu…). J'ai trouvé ça totalement inconscient, et ai finalement remercier la présence du guide..; mais on est loin du parcours de Cheryl Strayed dans Wild.
Passé ce côté surjoué et vendeur de la quatrième de couverture et mon incrédulité face au choix de l'auteure, on découvre néanmoins une belle plume, riche et averti, qui maitrise parfaitement son sujet, source à l'appui. J'ai découvert pas mal de chose, de ce point de vue concernant l'éthique environnementale, l'appartenance de l'homme à l'environnement et la philosophie qui s'en dégage.
L'auteure mêle très bien le côté lyrique du retour à la nature et le sérieux de la situation catastrophique de la planète et l'impact que nous avons sur elle !
L'ouvrage est donc très intéressant d'un point de vue documentaire mais si vous voulez vous immerger dans un trail initiatique face à l'immensité de la nature, je vous dirais de passer votre chemin.
Lien : http://leboudoirbibliotheque..
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RShaka
  20 novembre 2019
Mouais, ce n'est pas vraiment un livre sur la survie, mais sur la cohabitation avec un type exécrable... le côté "survie" est très peu développé, tant du point de vue pratique que psychologique, ses états d'âme sont surtout sur François, pas sur le côté nature. Un peu plus dans la dernière partie du livre vu qu'elle se trouve toute seule mais ça reste léger.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   08 avril 2019
La nature, en nous éloignant des vanités de la civilisation, en nous arrachant aux automatismes de la ville, aux petites histoires qu'on s'y invente, à la vitesse, nous offre l'occasion de nous déprendre de nos conditionnements, de reconquérir un libre arbitre malmené, d'oublier un peu son nombril pour considérer quelque chose de bien plus grand que soi-même, quelque chose qui nous dépasse. La société contemporaine dicte nos désirs, exalte la compétition, produit l'insatisfaction, valorise l'agitation et condamne la contemplation. Elle fait de nous des êtres engoncés, impose des existences étriquées (...). La nature explose ces cadres, atomise ces diktats, nous rend la liberté et le temps perdu. Je crois que la nature rend moins con.
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jeliscurieuxjeliscurieux   05 juillet 2019
Je progresse. J'aiguise mes sens. Je touche, je manipule, J'écoute, je vois, bien sûr.
A Paris, mes sens sont peu mobilisés. Ils sont agressés. Je ne les aiguise pas là bas, j'ai tendance à les subir.
Pour rien au monde, bien entendu, je ne souhaiterais être privée de l'un de mes sens. Il n'empêche qu'ils sont les vecteurs d'agressions, d'intrusions.
Je subis l'odorat. Car à Paris on subit les émanations incessantes des pots d'échappement, les relents des poubelles, l'hystérie des enseignes de parfums, les fragrances toxiques des détergents, les haleines chargées des wagons bondés.
On avance dans ce patchwork peu engageant.
L’ouïe n'est pas mieux traitée. La cacophonie de la vie parisienne est proprement intolérable pour une paire d'oreilles venues d'un village tranquille. Vrombissement de moteurs, point-mort, première, point-mort, première, accélération vengeresse, klaxons, cris excédés, sirène de pompier, sirène de police, efforts poussifs des camions poubelles, chute assourdissante du verre dans la benne, rumeurs d'escalators... Le silence est si rare...
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