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ISBN : 229035452X
Éditeur : J'ai Lu (17/08/2006)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Autour de la porte d'un salon, c'est le bonheur qui se joue. Le comte voudrait déclarer sa flamme, mais ne sait comment plaire. Car la marquise doute de la sincérité des hommes et ne se laisse pas conquérir sans répondre. Compliments, coups de griffes, tout est bon pour se mettre à nu. Quelle sera l'issue du combat ?
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
5Arabella
  28 janvier 2019
Après l'échec cinglant de sa première pièce, La nuit vénitienne, alors qu'il avait à peine vingt ans, Musset continue d'écrire des pièces de théâtre, mais sans les faire jouer. Elle paraissent essentiellement dans la Revue des Deux Mondes, et en 1834 il fait paraître un volume qui en rassemble un certain nombre sous le titre Un spectacle dans un fauteuil. C'est une façon d'afficher un véritable programme artistique : écrire des pièces qui n'ont pas vocation à être jouées, qui s'adressent directement à un lecteur, conçues pour être lues, et qui peuvent donc s'affranchir des conventions de la scène, des compromis consentis pour être jouées. Ainsi ses pièces les plus célèbres, qui sont ses oeuvres les plus connues aujourd'hui, ne seront données que beaucoup plus tard, certaines après la mort de leur auteur.
Les représentations du théâtre de Musset de son vivant à Paris sont dues à une actrice : Mme Allan-Despréaux, qui les a découvert en Russie, a eu envie de jouer du Musset, et a fait donner en 1847 Un caprice dans la capitale française. D'autres pièces suivront rapidement, avec un réel succès. Pas les grandes pièces très connues et jouées maintenant, plutôt les petites pièces en un acte, comme Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Publiée dans la Revue des Deux Mondes en 1845, elle est jouée dès 1848. La première n'est pas un franc succès : il faut dire qu'elle a lieu pendant la révolution et que le public a d'autres soucis. Mais très rapidement elle s'impose, et entre durablement au répertoire. Avant de connaître une éclipse, due sans doute aux changements intervenus dans les représentations théâtrales. En effet, les petites pièces en un acte, après avoir été introduites au XVIIe siècle comme un complément de programme, après la grande pièce, et avoir été utilisées au XIXe comme lever de rideau, une sorte de mise en bouche, n'ont plus vraiment de place de nos jours, une seule pièce étant devenu maintenant la règle.
Nous sommes dans le salon de la Marquise. C'est son jour, elle est censée attendre les visiteurs. Qui ne viennent pas : est-ce le temps ? Ou peut-être s'est-elle arrangée pour qu'ils ne viennent pas ? Sauf un seul : le Comte. Il vient depuis un an, il la voit presque tous les jours. Mais leurs relations restent formelles, leurs rencontres se passent toujours en présence de tiers. Une joute verbale s'amorce, le Comte hésite : partir ou rester. Entre apparence, jeu social, et une envie de dépasser tout cela pour trouver une parole véritable, sur les sentiments, sur le désir, sur le rapport à l'autre. Entre complicité et antagonisme, entre sincérité et jeu.
C'est d'une très grande finesse et intelligence, dans une langue somptueuse, toute en suggestions. La difficultés de dépasser les conventions, les règles sociales pour arriver à se trouver, à se dire et à parler véritablement à l'autre. Elégant, par moments un peu cruel sans être cynique.
Un vrai bonheur, à la lecture comme au spectacle.
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Entournantlespages
  07 novembre 2014
Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée m'a vraiment beaucoup plu ! Cet homme qui essaye tant bien que mal de faire la cour à sa voisine, qui elle ne fait que le faire fuir pour toujours le rappeler, cette pièce est vraiment très bien écrite. Là j'ai retrouvé la plume que j'aime ! de la poésie, un style lyrique, de belles phrases remplis de mots doux et d'amour.
L'évolution entre les deux personnages est très intéressante à suivre. Ce jeu entre le froid et le chaud qui détermine les actions de ces deux voisins avec cette porte qui s'ouvre et se referme est très plaisant à suivre.
Et puis la fin m'a laissé échapper un rire, me rendant compte que cette jeune femme n'est pas aussi fermée aux déclarations de cet homme comme elle veut le faire paraître.
Pour la deuxième pièce, Un caprice, j'ai eu un peu plus de mal même si j'ai réussi à apprécier ma lecture. le début m'a quelque peu freiné, pour ensuite être transportée par l'histoire de cette femme qui pense être trompée par son mari. J'ai beaucoup apprécié Mme de Léry, qui est le noyau central, car c'est elle qui débloque la situation entre les deux conjoints. le dialogue qu'elle partage avec Chavigny m'a beaucoup plu.
On cerne davantage les personnages dans la deuxième pièce, car Musset laisse paraître plus de traits de caractères, notamment avec le mari. Je ne savais pas sur quel pied danser avec lui. A-t-il vraiment une maîtresse ou reste-t-il fidèle à n'importe quel prix ? On sent aussi la détresse de la jeune femme qui se sent seule et désarmée par cette présence féminine, qu'elle soit réelle ou non.
Lien : http://entournantlespages.bl..
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Marti94
  28 mai 2017
Un badinage galant sur fond de rituel mondain assez plaisant sans plus.
J'ai lu "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée" d'Alfred de Musset après avoir vu cette pièce de théâtre dans une mise en scène d'Alberto Lombardo, à La Comédie Saint Michel à Paris.
Cette pièce en un acte à été créée en 1848.
Il s'agit d'un huis clos qui se déroule un mardi, le jour où la marquise reçoit son monde. Son voisin, le comte a choisi ce jour-là pour lui déclarer son amour. Par un heureux hasard, un violent orage, ils se retrouvent seuls. La possible venue d'un invité rend l'entrevue inconfortable. le comte ne sait pas comment plaire. La marquise feint l'insensibilité.
Peu à peu ils vont se dévoiler. Les discours sur l'amour de l'un vont rivaliser avec le jeu de séduction de l'autre.
Alfred de Musset sait mettre en avant les mouvements du coeur et de l'esprit de ce couple face aux codes et aux préjugés de leur époque, «Mais fermez donc cette porte!» répète la marquise.
Lu en mai 2017
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cheminvert7
  05 août 2011
La représentation de la pièce Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée au théâtre Essaion en 2009 (mise en scène Isabelle Andréani) m'avait réconciliée avec Alfred de Musset et j'avais hâte de relire au calme la pièce.
Avec le tempo du théâtre, on sort souvent avec l'impression d'avoir raté des répliques, manqué un trait d'esprit…
Et en effet la lecture de cette courte pièce, peu connue, est jouissive : dialogue tendu entre une fière marquise et un comte amoureux transi. La marquise critique avec brio les mondanités de l'époque et surtout la cour faite par les hommes aux jolies femmes, et ce avec un sens de la répartie réjouissant. Un vent de féminisme avant l'heure chez cette « forte tête ».
En face le comte tente de « placer » ses compliments, mais la partie est serrée.
Un dénouement inattendu nous attend.
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kathy
  01 octobre 2011
Nous sommes en septembre 1851, la servante et le cocher d"Alfred de Musset pénètrent dans son grenier pour récupérer les harnais du coche, mais la découverte de textes inédits, le récit d'anecdotes piquantes vont les conduire à jouer eux même «Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée» et se déclarer de façon singulière leur amour.
Toute la flamme De Musset jaillit de cette «comédie-proverbe» flamboyante, joyau de la littérature romantique, qui fera le régal de tous les amoureux d'un théâtre authentique et passionné.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   03 mars 2011
(Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée)

LE COMTE. -- Il n'y a rien là qui puisse vous blesser. Si vous avez le droit de nous attaquer, n'avons-nous pas raison de nous défendre ? Quand vous nous comparez à des auteurs sifflés, quel reproche croyez-vous nous faire ? Eh ! mon Dieu ! si l'amour est une comédie...

LA MARQUISE. -- Le feu ne va pas ; la bûche est de travers.

LE COMTE, arrangeant le feu. -- Si l'amour est une comédie, cette comédie, vieille comme le monde, sifflée ou non, est, au bout du compte, ce qu'on a encore trouvé de moins mauvais. Les rôles sont rebattus, j'y consens ; mais, si la pièce ne valait rien, tout l'univers ne la saurait pas par coeur ; - et je me trompe en disant qu'elle est vieille. Est-ce être vieux que d'être immortel ?

LA MARQUISE. -- Monsieur, voilà de la poésie.

LE COMTE. -- Non, madame ; mais ces fadaises, ces balivernes qui vous ennuient, ces compliments, ces déclarations, tout ce radotage, sont de très bonnes anciennes choses, convenues, si vous voulez, fatigantes, ridicules parfois, mais qui en accompagnent une autre, laquelle est toujours jeune.

LA MARQUISE. -- Vous vous embrouillez ; qu'est-ce qui est toujours vieux, et qu'est-ce qui est toujours jeune ?

LE COMTE. -- L'Amour.

LA MARQUISE. -- Monsieur, voilà de l'éloquence.

LE COMTE. -- Non, madame ; je veux dire ceci : que l'Amour est immortellement jeune, et que les façons de l'exprimer sont et demeureront éternellement vieilles. Les formes usées, les redites, ces lambeaux de romans qui vous sortent du coeur on ne sait pas pourquoi, tout cet entourage, tout cet attirail, c'est un cortège de vieux chambellans, de vieux diplomates, de vieux ministres, c'est le caquet de l'anti-chambre d'un roi ; tout cela passe, mais ce roi-là ne meurt pas. L'Amour est mort, vive l'Amour !
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5Arabella5Arabella   28 janvier 2019
Ma foi, si. Il faut supposer à une femme une tête bien vide et un grand fonds de sottise, pour se figurer qu’on la charme avec de pareils ingrédients. Croyez-vous que ce soit bien divertissant de passer sa vie au milieu d’un déluge de fadaises, et d’avoir du matin au soir les oreilles pleines de balivernes ? Il me semble, en vérité, que, si j’étais homme et si je voyais une jolie femme, je me dirais : Voilà une pauvre créature qui doit être bien assommée de compliments. Je l’épargnerais, j’aurais pitié d’elle, et, si je voulais essayer de lui plaire, je lui ferais l’honneur de lui parler d’autre chose que de son malheureux visage. Mais non, toujours : Vous êtes jolie, et puis : Vous êtes jolie, et encore jolie. Eh, mon Dieu ! on le sait bien. Voulez-vous que je vous dise ? vous autres hommes à la mode, vous n’êtes que des confiseurs déguisés.
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natlcnatlc   17 mars 2013
je veux dire ceci: que l'Amour est immortellement jeune, et que les façons de l'exprimer sont et demeureront éternellement vieilles. Les formes usées, les redites, ces lambeaux de romans qui vous sortent du coeur on ne sait pas pourquoi, tout cet entourage, tout cet attirail, c'est un cortège de vieux chambellans, de vieux diplomates, de vieux ministres, c'est le caquet de l'antichambre d'un roi; tout cela passe, mais ce roi-là ne meurt pas. L'Amour est mort, vive l'Amour!
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Marti94Marti94   28 mai 2017
LA MARQUISE
Ma foi, si. Il faut supposer à une femme une tête bien vide et un grand fonds de sottise, pour se figurer qu’on la charme avec de pareils ingrédients. Croyez-vous que ce soit bien divertissant de passer sa vie au milieu d’un déluge de fadaises, et d’avoir du matin au soir les oreilles pleines de balivernes ? Il me semble, en vérité, que, si j’étais homme et si je voyais une jolie femme, je me dirais : Voilà une pauvre créature qui doit être bien assommée de compliments ; je l’épargnerais, j’aurais pitié d’elle, et, si je voulais essayer de lui plaire, je lui ferais l’honneur de lui parler d’autre chose que de son malheureux visage. Mais non, toujours : « vous êtes jolie »et puis « vous êtes jolie », et encore jolie. Eh ! mon Dieu, on le sait bien. Voulez-vous que je vous dise ? vous autres hommes à la mode, vous êtes des confiseurs et des perruquiers.
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Marti94Marti94   28 mai 2017
LA MARQUISE
Il est vrai que c’est aujourd’hui mon jour, et je ne sais trop pourquoi j’en ai un. C’est une mode qui a pourtant sa raison. Nos mères laissaient leur porte ouverte ; la bonne compagnie n’était pas nombreuse, et se bornait, pour chaque cercle, à une fournée d’ennuyeux qu’on supportait à la rigueur. Nous sommes tombés dans la société ; dès qu’on reçoit, on reçoit tout Paris, et tout Paris, au temps où nous sommes, c’est bien réellement Paris tout entier, ville et faubourgs. Quand on est chez soi, on est dans la rue. Il fallait bien trouver un remède ; de là vient que chacun a son jour. C’est le seul moyen de se voir le moins possible, et quand on dit : Je suis chez moi le mardi, il est clair que c’est comme si on disait : Le reste du temps, laissez-moi tranquille.
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