AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Frank Lestringant (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070412660
Éditeur : Gallimard (28/10/2001)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 577 notes)
Résumé :
Octave, bohème et libertin, plaide auprès de Marianne, sa cousine par alliance, la cause de son ami, le timide et romanesque Coelio. Mais il n'obtient d'autre résultat que d'intéresser la jeune femme en sa propre faveur.
Par "caprice," elle lui offre un rendez-vous. Octave alors s'efface au profit de Coelio, mais le fait ainsi tomber dans un guet-apens. Drame de l'amitié autant que drame de l'amour, les Caprices sont surtout le drame de l'identité perdue. Coe... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Sirenna
  23 octobre 2015
Quelle femme extraordinaire que cette Marianne!
Un personnage qui m’attendris à chaque fois que je lis et relis le passage sur la condition de la femme commençant ainsi :"Qu’est-ce après tout qu’une femme ? L’occupation d’un moment, une coupe fragile qui renferme une goutte de rosée, qu’on porte à ses lèvres et qu’on jette par-dessus son épaule. Une femme ! c’est une partie de plaisir !
Ne pourrait-on pas dire, quand on en rencontre une : voilà une belle nuit qui passe ? Et ne serait-ce pas un grand écolier en de telles matières que
celui qui baisserait les yeux devant elle, qui se dirait tout bas : «
Voilà peut-être le bonheur d’une vie entière », et qui la laisserait passer ?".
Une féministe avant l'heure,si lucide sur sa condition,qui se rebelle contre toutes les normes sociales en vigueur à son époque.
Que d'esprit,que de raffinement dans ce petit bout de femme qui fait fi de toutes les contraintes pour être elle-même dans toute sa splendeur.
Elle s'affirme,s'affiche telle qu'elle est au plus profond d'elle-même et se moque de ce que les autres peuvent penser d'elle car elle ne souffre pas,elle n'est pas triste des projections que les autres peuvent avoir sur elle..C'est une splendeur d’authenticité qui vibre et livre des messages qui ne peuvent que toucher ma sensibilité de femme.
"Les caprices de Marianne" me transporte dans un univers de liberté assumée et délicate.
Un bijou de littérature dont je ne me lasse pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          536
PiertyM
  24 avril 2014
Pour la première fois que j'ai lu cette pièce je n'ai pas pu aller plus loin je trouvais l'intrigue trop banale. Mais j'ai eu la volonté de lire à nouveau la pièce, je me suis rendu compte de mon impatience lors de sa première lecture.
C'est une pièce de théâtre bien écrite, les phrases font tellement voyager qu'on prend gout à l'histoire et on se laisse emporter par la philosophie de chaque personnage. Les personnages ici sont plus convaincants que ceux de la nuit vénitienne. On se rattache à eux un peu plus facilement, chaque pas est exploitation de nouvel horizon, aussi l'apparition brève de la mère de Coelio qui lui raconte son histoire d'amour de jeunesse dans laquelle un amoureux s'est donné la mort pour elle....
C'est alors que Coelio décide d'abandonner sa quête envers la capricieuse Marianne dont il est très épris. Mais est-il que l'histoire peut-être vengeresse contre sa mère va le rattraper, si bien que cela coûtera à sa vie...
Une petite pièce de théâtre bien intime, l'auteur ne s'y prend pas la tête, le lecteur aussi bien sûr!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          324
Bruidelo
  16 juillet 2019
Dommage, la fin est trop abrupte et plutôt ratée, mais sinon c'est une pièce agréable à lire, qui ne manque pas de charmes. Octave est un personnage séduisant, il y a de la finesse, de l'élégance dans la joie mélancolique de ce beau parleur qui aime la vie libre et joyeuse au pied du Vésuve, le vin de Chypre, les bruyants repas - qui fuit l'amour s'il n'a pas l'ivresse passagère d'un songe. Et Marianne a quelques belles répliques sur la condition de la femme.
Le mélange de légèreté et de cruauté ne serait pas fait pour me déplaire, mais le basculement de la comédie dans le drame est assez cahoteuse, ça ne fonctionne pas vraiment bien je trouve, ça aurait demandé à être plus travaillé, l'oeuvre aurait gagné à être étoffée.
Commenter  J’apprécie          2612
Meps
  09 janvier 2017
Une pièce qui délivre ses charmes au fur et à mesure de la lecture.
On passe du pastiche des comédies classiques, plutôt réussi d'ailleurs avec quelques outrances, mais plutôt bien géré... A quelque chose de beaucoup plus fin et engagé sur l'image de la femme et sa liberté dans une société d'hommes... La pièce continue ensuite à évoluer mais je preserverais les lecteurs qui ne l'ont pas encore découvert de toute révélation...
C'est MON point de reproche et il ne concerne que l'éditeur. C'est un peu un de mes chevaux de bataille sur ce site... S'il vous plaît, arrêtez de croire, vous éditeurs de classique, que tout le monde connaît forcément l'intrigue de ces oeuvres... C'est terrible de tout faire pour ne rien savoir de l'histoire avant la lecture (en évitant par exemple soigneusement de lire ce satané quatrième de couverture pourtant si visible) ... Et de se voir dévoiler la fin par la quatrième note de bas de page ! Oui je revendique le droit de recevoir des informations sur le sens du texte par ces notes sans pour autant tout apprendre de l'histoire alors qu'un auteur s'est donné du mal à construire une progression dramatique... A bon éditeur, salut !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          283
magireve
  23 avril 2019
Aussi brève soit-elle, cette pièce n'en est pas moins une réussite: cette oeuvre abrite les prémices du drame romantique, genre opposé au drame bourgeois typique du XVIIIe siècle qui privilégiait des comédies moralisantes. Coelio est sous le charme de Marianne, l'épouse de Claudio, un vieil homme borné et grotesque. Octave, un libertin insouciant, décide de prêter main forte à Coelio, mais un drame se prépare dans l'ombre. le drame romantique revendique l'héritage shakespearien et veut refléter les préoccupations de son époque, qu'elles soient sociales, culturelles ou encore politiques. Pour ce faire, il prône une créativité affranchie des modèles classiques, en faveur du mélange des genres (la farce, la comédie, la tragédie), des registres, des registres et des langages. Cela passe également par l'abandon de la règle des trois unités (unité de lieu, unité d'action et unité de temps). Cela dit, le drame romantique ne fait pas entièrement table rase de l'héritage classique, puisqu'il respecte la progression dramatique tripartite qui consiste en trois étapes au théâtre: l'exposition qui présente les protagonistes de la pièce et annonce le thème et les enjeux de l'intrigue, l'action qui comprend le déroulement de la pièce et le dénouement sur lequel elle s'achève. le drame romantique respecte également les concepts d'acte et de scène, bien qu'il altère le fonctionnement de la scène: comme c'était le cas avec le théâtre de Shakespeare, la scène peut être constituée de différents tableaux, et les entrées et sorties des personnages sont plus variées. le drame romantique s'adresse à une société meurtrie par le souvenir des guerres napoléoniennes qui a oublié les idéaux du temps des Lumières et de la Révolution française. Pouvons-nous dire que Les Caprices de Marianne appartiennent au genre du drame romantique? Plusieurs éléments nous le confirment, même si la pièce s'apparente beaucoup à une tragédie classique: on remarque le mélange des genres, le recours à un registre lyrique, la dualité entre la comédie et la tragédie. Toutefois, Musset s'y prend de manière subtile: les quelques situations propices au rire (la scène 3 de l'acte I par exemple, où l'on assiste à un dialogue de sourds entre Claudio et Tibia) servent à renforcer l'atmosphère menaçante et latente qui gagne peu à peu la pièce. le dramaturge ne tient pas compte de l'unité de lieu (les scènes se déroulent dans différents tableaux) mais respecte l'unité d'action. le statut de l'unité de temps échappe légèrement à la règle, lors de la dernière scène, mais le reste de la pièce s'inscrit bel et bien dans les vingt-quatre heures classiques.
Bien que Les Caprices de Marianne soient qualifiés de comédie, ils sont en fait une tragédie classique: tout comme les héros raciniens, Coelio est inextricablement conduit à la mort, tandis que Marianne et Octave sombrent dans des affres accablants. La pièce dénonce le monde des apparences, ainsi que les libertins avides d'enivrement. le carnaval bat son plein, nous l'apprenons au début de la pièce, mais très vite, les masques tombent; Octave découvre son âme de poète. Marianne, d'abord orgueilleuse et prude cherche à se libérer d'un mariage austère auquel sa jeunesse est sacrifiée. Coelio, l'amoureux transi, affirme très vite des tendances suicidaires, après avoir entendu le récit des amours de sa mère, laquelle lui apparaît comme une figure désirable. La pièce invite le spectateur à réfléchir sur l'absurdité de son existence, sur le fait que l'homme est condamné au malheur et à l'insatisfaction. Difficile de ne pas songer à L'École des Femmes en lisant Les Caprices de Marianne: dans son poème intitulé Une soirée perdue, Musset dit: "J'étais seul, l'autre soir, au Théâtre français, ou presque seul; l'auteur n'avait pas grand succès. Ce n'était que Molière..."
Le personnage de Marianne rappelle celui d'Agnès: toutes deux ont été éduquées au couvent puis mariées à des hommes plus âgés qu'elles. A l'instar d'Arnolphe, Claudio tente d'inculquer les règles du mariage à Marianne qui revendique le droit de faire ses propres choix. La postérité de cette pièce est immense, car elle inspira le chef-d'oeuvre de Jean Renoir, La Règle du Jeu, produit en 1939. le cinéaste avait d'ailleurs sous-titré son film "fantaisie dramatique". Tout comme Coelio, André Jurieu, un aviateur, est éperdument amoureux de Christine de la Chesnaye, une marquise qui ne s'intéresse nullement à lui. Octave, un ami commun, invite André à une partie de chasse que les de la Chesnaye donnent en Sologne. Au cours de la chasse, Christine a vent de l'infidélité de son époux. Piquée au vif, elle décide d'écouter les avances d'André, et d'un autre soupirant, M. de Saint-Aubin. Lors d'un bal costumé, André défie en duel Saint-Aubin, puis le marquis, l'époux de Christine. Pendant ce temps, Octave qui est secrètement amoureux de Christine lui révèle ses sentiments, et propose à la marquise de s'enfuir avec lui. Hélas, à la suite d'une méprise, un garde-chasse tue André. Christine est donc condamnée à mener une vie recluse à Paris, tandis qu'Octave retourne à sa solitude. Renoir dit s'être grandement inspiré de la pièce De Musset pour tourner son film: "Mon intention première fut de tourner une transposition des Caprices de Marianne à notre époque. C'est l'histoire d'une tragique méprise: l'amoureux de Marianne est pris pour un autre et est abattu dans un guet-apens. [...] Je n'ai pas eu l'intention de faire une adaptation; disons que lire et relire Les Caprices de Marianne, que je considère comme la plus belle pièce De Musset, m'a beaucoup aidé."
Aujourd'hui encore, cette pièce splendide demeure incontournable, tant par ce qu'elle nous apprend sur un théâtre subissant de lourdes évolutions au XIXe siècle, que par son intrigue dense et riche en rebondissements.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
SirennaSirenna   19 octobre 2015
OCTAVE. – Deux mots, de grâce, belle Marianne, et ma réponse sera courte. Combien de temps pensez-vous qu’il faille faire la cour à la bouteille que vous voyez pour obtenir ses faveurs ? Elle est, comme vous dites, toute pleine d’un esprit céleste et le vin du peuple lui ressemble aussi peu qu’un paysan ressemble à son seigneur. Cependant, regardez comme elle se laisse faire ! – Elle n’a reçu, j’imagine, aucune éducation, elle n’a aucun principe ; vous voyez comme elle est bonne fille ! Un mot a suffi pour la faire sortir du couvent ; toute poudreuse encore, elle s’en est échappée pour me donner un quart d’heure d’oubli, et mourir. Sa couronne virginale, empourprée de cire odorante, est aussitôt tombée en poussière, et, je ne puis vous le cacher, elle a failli passer tout entière sur mes lèvres dans la chaleur de son premier baiser.
MARIANNE. – Êtes-vous sûr qu’elle en vaut davantage ? Et si vous êtes un de ses vrais amants, n’iriez-vous pas, si la recette en était
perdue, en chercher la dernière goutte jusque
dans la bouche du volcan ?
OCTAVE. – Elle n’en vaut ni plus ni moins. Elle sait qu’elle est bonne à boire et qu’elle est faite pour être bue. Dieu n’en a pas caché la source au sommet d’un pic inabordable, au fond d’une caverne profonde ; il l’a suspendue en grappes dorées au bord de nos chemins ; elle y fait le métier des courtisanes ; elle y effleure la main du passant ; elle y étale aux rayons du soleil sa gorge rebondie, et toute une cour d’abeilles et de frelons murmure autour d’elle matin et soir. Le voyageur dévoré de soif peut se coucher sous ses rameaux verts ; jamais elle ne l’a laissé languir, jamais elle ne lui a refusé les douces larmes dont son cœur est plein. Ah ! Marianne, c’est un don fatal que la beauté ! – La sagesse dont elle se vante est sœur de l’avarice, et il y a plus de miséricorde dans le ciel pour ses
faiblesses que pour sa cruauté. Bonsoir, cousine ; puisse Coelio vous oublier ! (Il entre dans l’auberge, Marianne dans sa maison.)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
SirennaSirenna   20 octobre 2015
MARIANNE. – Encore ici, seigneur Octave ? et déjà à table ? C’est un peu triste de s’enivrer tout seul.
OCTAVE. – Le monde entier m’abandonne ; je tâche d’y voir double, afin de me servir à moi-même de compagnie.
MARIANNE. – Comment ! pas un de vos amis, pas une de vos maîtresses qui vous soulage de ce fardeau terrible, la solitude ?
OCTAVE. – Faut-il vous dire ma pensée ? J’avais envoyé chercher une certaine Rosalinde, qui me sert de maîtresse ; elle soupe en ville
comme une personne de qualité.
MARIANNE. – C’est une fâcheuse affaire sans doute, et votre cœur en doit ressentir un vide effroyable.
OCTAVE. – Un vide que je ne saurais exprimer, et que je communique en vain à cette large coupe. Le carillon des vêpres m’a fendu le
crâne pour toute l’après-dînée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
patrick75patrick75   26 juillet 2013
Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s'abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où sa chimère le mène, et s'il peut être payé de retour ! Mollement couché dans une barque, il s'éloigne peu à peu de la rive; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado. Les vents l'entraînent en silence, et quand la réalité le réveille, il est aussi loin du but où il aspire que du rivage qu'il a quitté; il ne peut plus ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
SirennaSirenna   19 octobre 2015
MARIANNE. – Comment s’appelle ce lait merveilleux ?
OCTAVE. – L’indifférence. Vous ne pouvez aimer ni haïr, et vous êtes comme les roses du Bengale, Marianne, sans épines et sans parfum.
MARIANNE. – Bien dit. Aviez-vous préparé d’avance cette comparaison ? Si vous ne brûlez pas le brouillon de vos harangues, donnez-le-moi, de grâce, que je les apprenne à ma perruche.
Commenter  J’apprécie          210
raynald66raynald66   30 mars 2014
Ah ! si vous saviez sur quel autel sacré vous êtes adorée comme un dieu ! vous, si belle, si jeune, si pure encore, livrée à un vieillard qui n'a plus de sens et qui n'a jamais eu de coeur ! Si vous saviez quel trésor de bonheur, quelle mine féconde repose en vous ! en lui ! dans cette fraîche aurore de jeunesse, dans cette rosée céleste de la vie, dans ce premier accord de deux âmes jumelles ! Je ne vous parle pas de sa souffrance, de cette douce et triste mélancolie qui ne s'est jamais lassée de vos rigueurs, et qui en mourrait sans se plaindre.
Oui, Marianne, il en mourra. Que puis-je vous dire?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Alfred de Musset (63) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Alfred de Musset
Se voir le plus possible..., Alfred de Musset dit par Claude Laydu
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Alfred de Musset

C'était, dans la nuit brune,/Sur le clocher jauni,/La lune/Comme un point sur un i. Ces vers de Musset très célèbres sont extraits de quel poème?

Lune brune
Ode à la lune
Ballade à la lune

10 questions
20 lecteurs ont répondu
Thème : Alfred de MussetCréer un quiz sur ce livre
.. ..