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EAN : 9782021377651
Éditeur : Seuil (09/01/2020)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Une petite ville post-industrielle au fin fond de la vallée des Pennines en Angleterre, où se côtoient vieilles générations, gardiennes des coutumes, secrets et légendes folkloriques du coin, et jeunes milléniaux post-hippies, adeptes du retour à la nature, venus embrasser un mode de vie alternatif.
Dans une ruelle, on retrouve le corps inanimé d'une femme, la gorge tailladée d'une oreille à l'autre. Qui pouvait en vouloir à Josephine Jenks, ancienne gloire l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
LesReveriesdIsis
  06 avril 2020
J'ai gagné ce roman lors d'un concours des Editions du Seuil que je remercie, ils m'ont laissé choisir dans leurs nouveautés… et le choix a été rude! Noir comme le jour est le premier roman que je lis de Benjamin Myers, et j'apprécie toujours de découvrir une nouvelle plume. le titre de ce livre m'a particulièrement plu, l'oxymore qui le compose pique la curiosité, allié à une belle couverture, et un résumé alléchant, il n'en faut pas beaucoup plus pour me tenter!
le récit se déroule dans une petite ville de campagne, natifs et nouveaux arrivants se côtoient, mais un jour, dans une ruelle sombre, on retrouve le corps de Josephine Jenks, elle a été tailladée. Les spéculations vont bon train : qui pouvait en vouloir à cette ancienne gloire locale du cinéma X? Bientôt d'autres agressions se succèdent, les médias s'emballent, le bouc-émissaire parfait est trouvé… Mais le journaliste Roddy Mace et l'inspecteur James Brindle n'y croient pas. Pour eux, le serial killer qui sévit n'est pas du tout celui qu'on croit.
Tout d'abord, dès les premières pages, Benjamin Myers arrive à faire cristalliser cette impression morose et désagréable des petites villes où tout le monde se connaît et s'observe, des villes figées dans le temps, où la réussite sociale n'est qu'un doux rêve, des villes rongées par la misère sociale, où les piliers de bar s'affublent du rôle de justiciers dès qu'ils ont un peu trop bu. Ici, l'amertume a gagné le coeur de beaucoup d'habitants, le mari tant aimé est finalement un rustre – parfois violent- , le journal local se meurt, étouffé peu à peu, le déclin s'amorce et s'abat sur les gens, amplifié par la tristesse du temps, fermant toujours un peu plus les coeurs, exacerbant les jalousies devant la bonne fortune de certains. L'ambiance de petit village accroît les tensions et contribue à rendre l'atmosphère poisseuse et désagréable. Chacun y va de son petit commentaire sur les événements, veut intervenir…
Tony Garner est une figure clef de ce livre, cet enfant devenu l' »idiot du village » est désormais adulte, mais, il est complètement à la marge de la bonne société, il est accepté, mais est moqué en permanence et ses activités ne l'aident pas à s'intégrer et à s'attirer la sympathie. S'il est accepté en ville, ce n'est qu'en surface, car bien vite, la populace pourrait se retourner contre lui, sans gêne. Ce personnage suscite la pitié parce qu'il est souvent victimes, mais pour autant, il ne m'a pas vraiment touchée.
En réalité, et c'est sans doute un élément qui m'a gênée, aucun personnage de ce roman n'est très sympathique. Roddy Mace, le journaliste local qui couvre les affaires, est un homme torturé, rongé par son addiction à l'alcool qu'il veut vaincre, et semble s'être enterré dans cette bourgade pour faire peau neuve. Mais il ne provoque pas d'élan du coeur, de compassion. L'enquêteur James Brindle non plus, malgré ses casseroles et ses doutes. Moi qui ai un petit faible pour les personnages cabossés par la vie, je n'arrive pas à trouver chez ces personnages- là une humanité qui me fasse vibrer. Les victimes d'ailleurs ne sont pas beaucoup plus attachantes, malheureusement.
La rythmique du récit est intéressante. D'un point de vue stylistique, nous avons de très beaux morceaux, l'attente sourde d'un événement, d'un indice est très bien mise en scène et confère une lenteur oppressante au récit. Durant un bon tiers du roman, nous attendons la deuxième victime… Puis une accélération intervient, mais le mobile des crimes est diffus, les suspects sont fantomatiques, et journalistes comme enquêteurs semblent tourner en rond. le rythme du roman se met donc au diapason des événements relatés. Si j'en comprends l'effet et l'intérêt, ce choix ne m'a pas emportée. J'ai attendu trop longtemps à mon goût les autres victimes, je me suis noyée dans les atermoiements de James Brindle ou de Roddy Mace et je me suis agacée de l'orgueil rustre du policier de la ville… Quant à la fin, elle est des plus originales, je reconnais fort bien n'avoir jamais lu une telle chute dans un polar, mais, associée à cette rythmique et aux personnages qui ne m'ont pas séduite, elle me laisse un petit goût amer d'inachevé, alors même que ce parti pris est intéressant.

Ainsi, Noir comme le jour est un polar qui propose une atmosphère sourde, une peur diffuse qui étreint une petite ville, la gangrène, attise les rumeurs et les rancoeurs. La plume de l'auteur fait parfaitement cristalliser cette atmosphère particulière et propose une chute originale, mais ce roman n'était finalement pas pour moi.
Lien : https://lesreveriesdisis.com..
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Commenter  J’apprécie          40
Ctucorrect
  28 juillet 2020
J'avais adoré Dégradation, le premier roman de cet auteur, Noir comme le jour m'a moins emballé mais je reste fan de Benjamin Myers et son écriture ciselée. Il décrit avec brio une ambiance si particulière des bourgades isolées dans la lande, où tout semble désespéré, alourdi par une pluie incessante. Socialement nous sommes chez les rebuts de la société, où tout le monde se connait, s'épie, se juge. La justice s'effectue par le peuple, à la sortie du pub, quand l'alcool ingurgité et le nombre de camarades de beuverie rend brave. L'idiot du village, Tony Garner, en fera les frais, tout le désigne comme coupable de l'attaque au couteau dont a été victime Josephine Jenks, une star locale à la vertue microscopique. D'autres victimes vont suivre, les vielles légendes resurgir, et l'hystérie collective va gagner les esprits. Les deux protagonistes du précédent roman, l'inspecteur James Brindle et le journaliste Rody Mace sont toujours aussi perturbés, et vont refuser cette fausse évidence pour découvrir une vérité plus subtile et ô combien surprenante. Une chute inédite pour ma part.
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Commenter  J’apprécie          10
MilleetunepagesLM
  19 avril 2020
Le commentaire de Lynda :
Benjamin Myers, nous présente la suite de Dégradation, c'est un excellent roman évocateur et superbement écrit. Mettant en vedette les deux mêmes protagonistes, le journaliste Roddy Mace et l'inspecteur James Brindle, que nous avons connu précédemment dans un environnement qui est le même, se déroulant dans le même terrain de prédilection, ces jours noirs resteront longtemps dans votre mémoire après la lecture. Je ne peux déjà pas attendre le prochain de Benjamin Myers.
Cette histoire d'hystérie de masse dans un village rural du Yorkshire, secoué par une série d'attaques aléatoires et violentes, est bien meilleure à mon avis. Myers crée un thriller mystérieux provoquant la réflexion, mêlant l'histoire et le folklore des Landes du Yorkshire à des peurs plus modernes suscitées par des médias de masse, sans scrupules. C'est une matière à réflexion en ces temps post-Brexit, et le lire en ce temps où la pandémie du virus de la COVID19 est d'actualité, cela l'a rendu un peu plus effrayant.
Basé sur une véritable légende, ce livre est imprégné de références à des classiques de l'horreur, du genre de "La Ligue des Gentlemen Extraordinaires".
La plume de Benjamin Myers se prête bien à l'intrigue d'un contexte social réfléchi soulevant un certain nombre de questions sociales, de la mentalité de lynchage envers la population locale mécontente et privée de ses droits, à la dégradation de la télévision. La prose est encore une fois époustouflante. J'ai hâte de lire le prochain de roman de M. Myers.
En bref, ce récit est un polar qui propose une atmosphère sombre, qui la diffuse au compte-gouttes, ce qui permet à l'intrigue de progresser lentement, de s'alimenter au coeur des rancoeurs, des rumeurs, des potins ce qui augmente les tensions. Chacun va ajouter son grain de sel.
Lien : http://lesmilleetunlivreslm...
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patriciafrancke
  12 avril 2020
C'est le premier livre que je lis de cet auteur et je me suis franchement ennuyée. J'ai eu un mal fou à rentrer dans l'histoire, j'ai espéré un dénouement explosif ou époustouflant, mais finalement je n'ai rencontré que la mollesse qui sied si bien à l'ivrogne. Et oui, le personnage principal se bat avec ses démons. J'ai souvent eu l'impression qu'il me manquait des éléments pour bien saisir le caractère des personnages principaux et l'alchimie qu'il y a entre eux, comme si plusieurs tomes avaient précédé ce roman. J'ai été vérifié et effectivement, il y en a un et je pense qu'il est indispensable de le lire pour apprécier celui-ci. C'est surement à cause de ça que je suis passée complétement à côté. C'est dommage, car l'écriture est belle.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
LesReveriesdIsisLesReveriesdIsis   06 avril 2020
Ici, Knox retrouve d'autres esclaves de la bière comme lui, des galériens du lever de coude qui éclusent les pintes en s'imposant une discipline digne des Olympiens à l'entraînement, et dont la soif est aussi inextinguible que celle des pur-sang après une course à Aintree. Des types au teint rougeaud et aux avis tranchés.
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LesReveriesdIsisLesReveriesdIsis   06 avril 2020
Mouais, le ciel est un couvercle de cercueil à moitié fermé, poursuit-il. Jamais à moitié ouvert, non; toujours en train de se refermer. Vous avez sûrement ressenti ça, quand les nuages s'amoncellent et pèsent sur la vallée, et que l'atmosphère devient lourde comme avant un orage d'été, sauf que c'est pas l'été et qu'y a pas d'orage qui se prépare - du moins, pas le genre avec éclairs et roulement de tonnerre.
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