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Françoise Heide (Traducteur)
EAN : 9782330136970
350 pages
Éditeur : Actes Sud (07/10/2020)
4.05/5   42 notes
Résumé :
Dans un village situé au fin fond d'une vallée montagnarde norvégienne, la femme du propriétaire de la grande ferme Hekne est morte en couches après avoir donné naissance à des soeurs siamoises. Les filles, soudées par la hanche, mais joyeuses et vives d'esprit, ont peu à peu manifesté un talent hors norme, celui de tisser à quatre mains des oeuvres somptueuses et d'autant plus appréciées que, dit-on, les images et situations qu'elles ont mises en scène se sont avér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
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palamede
  15 mars 2021
En Norvège on ne détruit pas une église médiévale impunément. le pasteur Schweigaard va en faire la triste expérience qui a vendu aux Allemands l'ancestrale église en bois debout de son village pour la remplacer par un édifice plus moderne. Car si le christianisme est arrivé tard en Norvège, et que les païens l'ont combattu, tenant à leur religion d'origine fondée sur un univers de divinités belliqueuses et une foule de légendes, ses habitants font grand cas de leurs églises. Et puis il y a ces deux cloches jumelles qui ne doivent quitter l'église sous peine de déclencher la colère divine, alors même qu'elles ont été offertes en mémoire de soeurs siamoises de la famille d'Astrid Hekne. L'imprévisible, volontaire et intelligente Astrid dont le pasteur et l'architecte allemand Schönauer aimeraient tant l'un et l'autre faire leur épouse...
Magnifique et poétique est ce roman au pays où vieilles croyances norroises et protestantisme se côtoient dans d'étonnantes églises en bois debout. Des édifices du moyen âge voués pour la plupart à la destruction, victimes au XIXe siècle de la modernisation, comme l'église des cloches jumelles vendue dans une région alors confrontée aux inondations, au mildiou, à l'alcoolisme et au gel des récoltes. Bien que pauvre et surpeuplée une fascinante région où le choix de deux hommes et une femme ne peut aller de soi entre aspirations, devoir et amour.
Challenge MULTI-DÉFIS 2021
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enjie77
  01 juin 2021
« En la très chère souvenance de Halfrid et de sa mère Astrid »,
« En la très chère souvenance de Gunhild et de sa mère Astrid ».

Il était une fois en Norvège, dans la vallée du Gudbrandsdal, tapie dans le village de Butangen, une église en bois debout, véritable chef d'oeuvre édifié de la main de l'Homme, de celui que l'on appelait « oeuvrier » au temps du Moyen-Age. Au plus bas du clocher se trouvaient deux cloches jumelles, offertes par Eirik Hekne, de la ferme du même nom. Marié à Astrid, de cette union étaient nées deux soeurs siamoises par la hanche. L'accouchement, éminemment cauchemardesque, eu raison de la vie d'Astrid. La pauvre femme s'en allât rejoindre les étoiles laissant ainsi Eirick, tout seul, pour élever les jumelles, Halfrid et Gunhild.
Mais les deux jumelles, malgré leur difformité, grandissaient normalement, dans un environnement rempli d'amour. Dans l'incapacité de pratiquer les travaux des champs, leur père les avait installées devant un métier à tisser où leur renommée ne tarda pas à se répandre devant la beauté et le mystère des motifs inventés. A l'adolescence, la maladie les emporta toutes deux. Pour remercier Dieu de ne pas les avoir séparées jusque dans la mort, leur père fit fondre deux cloches qu'on appela les cloches jumelles et auxquelles on attribua le pouvoir d'avertir du danger. Halfrid et Gunhild furent enterrées sous le plancher de l'Eglise. Depuis le temps s'est écoulé, laissant ainsi le son mélancolique des cloches jumelles résonner dans la vallée pour annoncer la messe et rythmer le temps des villageois.
Jusqu'à ce jour de 1880, où un nouveau pasteur est nommé dans la paroisse et que la fidèle Klara meurt de froid au cours de l'office : on ne peut chauffer une église en bois. Il est temps de faire appel à la modernité. L'église et les deux cloches sont menacées et ce n'est pas impunément que l'on peut prétendre à disposer du sort de ce chef d'oeuvre venu de la nuit des temps.
Il vous faudra bien vous couvrir pour lire ce livre qui est dépaysant à souhait, où vous grelotterez sous la neige avec des températures de moins quarante, loin de toute rationalité. Un vrai bonheur de lecture qui vous entraîne en Norvège où l'auteur nous fait découvrir de splendides paysages norvégiens. Dans un style très délicat, il nous révèle, sur fond de légende nordique, son amour du travail du bois. Il y a des passages qui relèvent d'une vraie connaissance de cette technique. On connait l'habileté des norvégiens dans la construction navale mais allez regarder ces églises en bois debout, il n'en reste que vingt huit qui ont été sauvegardées, ce sont de véritables chefs d'oeuvre. Et pour celles et ceux qui sont sensibles au symbolisme, vous y trouverez de très beaux exemples.
Dans ce récit, l'auteur nous initie à la culture norvégienne, aux croyances issues du paganisme nordique, à l'origine des langues scandinaves. Nous remontons jusqu'à la christianisation de la Norvège. Nous touchons à la très grande misère de ces territoires du bout du monde, perdus sous la neige, où les croyances, les traditions peuvent mener à l'obscurantisme. Il faut un immense talent de conteur pour nous faire découvrir un pays en partant de simples légendes. Lars Mytting nous le prouve avec ces cloches jumelles qui nous emportent ailleurs, loin de notre quotidien tout en nous proposant de mieux connaître ce qui a structuré son pays, ce qui en fait sa richesse culturelle, son âme. Sa plume est magique, je n'ai pas cherché à résister à ce très beau voyage dans la vallée d'où est originaire l'auteur.
J'avais beaucoup aimé « Les seize arbres de la Somme », là, j'avoue avoir été envoûtée. Merci @Palamede.
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latina
  01 juillet 2021
Tout part d'une légende de soeurs siamoises, liées par la hanche. A la mort de celles-ci, leur père offrit 2 cloches à l'église, une très belle église « en bois debout » faisant partie de l'héritage architectural de la Norvège. Ces cloches jumelles sonnent…toutes seules… quand quelque chose de grave se passe.
C'était au 12e siècle, et 700 ans plus tard, la légende ressurgit.
Une jeune fille féministe avant l'heure, un jeune pasteur innovant, un jeune architecte visionnaire : tous trois se trouvent, s'affrontent et s'attirent autour du projet de démolition de l'église d'un petit village perdu dans les montagnes afin d'être reconstruite comme joyau architectural et témoignage du passé, dans la ville de Dresde.
L'histoire mâtinée d'un zeste de surnaturel (toujours ces fameuses cloches qui sonnent toutes seules et qui peut-être provoquent des accidents…) propose, outre des descriptions poétiques de la nature environnante et de l'église, une réflexion sur la destinée et la manière de s'y adapter ou de carrément la changer, une analyse de la condition paysanne et féminine au 19e siècle, celle-ci accompagnée d'un exposé précis des techniques d'accouchement difficile.
J'ai aimé être spectatrice du destin en marche d'Astrid car celle-ci est non seulement forcée de conjuguer le passé et ses croyances avec le présent et sa « modernité », mais aussi de faire face aux deux hommes déterminés à se concilier son amour.
Une légende.
Une nature imposante.
Une architecture splendide.
Une femme forte.
Une existence qui dépasse les frontières du présent.
Un roman touffu, lent et profond.
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bilodoh
  27 septembre 2021
Magnifique roman de légendes et d'architecture norvégiennes.
Un village isolé dans les montagnes norvégiennes où on raconte la légende de soeurs jumelles dont le souvenir a été immortalisé par les cloches de l'église par un ancêtre d'Astrid, une jeune fille trop curieuse pour son bien. Lorsqu'un jeune pasteur s'installe au village, Astrid ne peut s'empêcher d'être attirée par l'homme, mais aussi par l'idée d'un destin différent de celui de femme de fermier. Et lorsque le pasteur décide de vendre l'église pour en faire un musée en Allemagne, la vie du village et d'Astrid sera bouleversée et des légendes oubliées émergeront à nouveau.
Un roman où il sera question d'architecture, de ces églises en bois bâties il y a plusieurs siècles, sans clous ni scies, et dont les portails sculptés incluaient les figures des religions nordiques. À travers ces monuments, c'est aussi l'histoire de ces villages qui ont déjà été assez riches pour construire de telles merveilles, mais qui à la fin de ce 19e siècle peinent à nourrir leurs habitants.

Un roman où les protagonistes s'interrogent sur le destin. le pasteur qui hésite entre le charme d'Astrid et sa fiancée laissée en ville qui serait un meilleur choix pour faire évoluer sa carrière ecclésiastique. L'étudiant en beaux-arts envoyé pour dessiner l'église et veiller à son démantèlement tombera aussi amoureux de la jeune fille et il n'aura de cesse de visualiser leur vie ensemble, mais il s'interroge sur la route à prendre et sur ce qu'il devra sacrifier pour réaliser son rêve de devenir un grand architecte. Quant à Astrid, elle oscille entre l'avenir et la tradition familiale et se rendra compte que peu importe son choix, elle ne sera jamais que « la femme de quelqu'un ».

Une bien belle lecture, une plongée dans l'histoire et la nature spectaculaire de la Norvège.
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tynn
  16 mars 2021
Norvège 1880.
Le petit village de Butangen isolé au fond de sa vallée voit arriver un dynamique pasteur aux idées progressistes.
À l'ombre de sa vieille église en bois debout depuis des siècles, la population rurale vit pauvrement, par le difficile travail des champs et des fermes, confrontée à des hivers glacials.
Le pasteur Kai Schweigaard est déterminé à se débarrasser des traditions séculaires teintées de syncrétisme, à assister ses paroissiens dans un meilleur confort de vie et de spiritualité. Il organise la vente de la vieille chapelle ancestrale, cloches comprises, afin de financer la construction d' une nouvelle église moderne et lumineuse, où on ne meurt pas de froid pendant un office.
Investi de son rôle spirituel, il n'en reste pas moins homme, troublé par Astrid, jeune villageoise entêtée et volontaire qui rêve d'une vie au-delà du village. Il faudra compter avec l'arrivée d'un jeune architecte, mandaté pour le démontage de l'antique église aux deux cloches mythiques.
Lars Mytting produit un magnifique roman, premier opus d'une trilogie à venir, où se mêlent l'amour, la nature, l'architecture et la société du 19e dans sa diversité, entre modernité et superstitions.
En dépit de la brutalité des événements, l'atmosphère de l'histoire est délicate et poétique, la fiction souvent lyrique, les personnages ciselés, esquissés comme dans un tableau de l'Ecole du Nord et l'ambiance, très évocatrice, se tisse de quotidien âpre et de vieilles légendes.
En attente impatiente de la suite, et ravie de la découverte d'un auteur.
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critiques presse (1)
LaCroix   24 décembre 2020
Cet envoûtant conte nordique convie auprès d’une église en bois dont les cloches protègent un secret de famille.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   10 mars 2021
Le froid.
Elle le sentait déjà, invisible et implacable, dur et tranchant comme l’acier. Elle s’efforça de se recroqueviller à l’intérieur de ses vêtements, mais le courant d’air montait, passant entre les lames du plancher, se cherchait un chemin jusqu’à ses genoux, ses doigts, ses orteils engourdis.
Elle savait à quoi s’attendre. C’était le genre de froidure qui pénétrait plus loin que la peau et les muscles, qui vous glaçait jusqu’à la moelle, littéralement. La moelle, pareille à celle qu’on fait cuire pour la suçoter, quand on a abattu le cochon. Une fois qu’il s’y était infiltré, le froid gagnait tout le squelette et s’y installait, lui imprimant une raideur dont on mettrait longtemps à se débarrasser. 
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enjie77enjie77   25 mai 2021
L'église fut achevée sous le règne de Magnus V et l'on grava la date 1170 sur une poutre de soubassement. Pour les piédroits et la charpente, on avait utilisé les immenses pins qui poussaient alors dans le Gudbrandstal et comme le voulait la coutume du pays, on avait abondamment décoré l'édifice de motifs légués par les vieilles croyances païennes, ce qui donnait une sorte de christianisme repeint, façon demeure de viking. Il avait fallu aux menuisiers un été entier pour sculpter les serpents de mer et autres enjolivures qui avaient fait leurs preuves depuis l'époque norroise. L'extérieur du porche était agrémenté sur toute sa hauteur de figures léonines aux longs cous et un énorme reptile se contorsionnait autour de la porte d'entrée. De chaque côté du retable se dressaient des colonnes de bois dont les chapiteaux avaient pris la forme de masques barbus, effigies de vieilles divinités qui roulaient des yeux sans pupilles. Tout ceci avait pour but de défendre la paroisse contre les forces du mal, telles que les Norvégiens les avaient combattues depuis des centaines d'années. Les artisans avaient pris soin d'intégrer tous les dieux à leur œuvre et de leur rendre justice à égalité, pour le cas où Thor et Odin auraient pu conserver quelques pouvoirs.

page 21/22
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palamedepalamede   15 mars 2021
Faire pousser des merisiers à Butangen n’était pas chose facile, mais le propriétaire connaissait la méthode ancienne pour les semer comme il fallait. Sa famille avait été habituée à voir grand, aussi avait-il fait creuser quatre-vingt-dix trous de part et d’autre de l’allée, puis intimé l’ordre à ses gens de mélanger des baies de merisier à leur bouillie d’avoine. Les baies, légèrement toxiques, avaient un effet laxatif, et les domestiques couraient se soulager dans lesdits trous avant de les reboucher. On leur avait servi cette bouillie particulière jour après jour jusqu’à ce que la totalité des cent quatre-vingts trous eût été ensemencée et fumée de cette manière, et dès l’été suivant, on avait vu pointer les arbres. 
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palamedepalamede   14 mars 2021
Elle vibrait ici, cette autre dimension que jamais aucun enseignement de l’Académie des beaux-arts de Dresde ne saurait résumer. Sous les voûtes flottait un élément que l’air ne pouvait diluer, ni qu’on eût pu décomposer en constituants rationnels. C’était l’âme impalpable du bois consacré, l’émanation ectoplasmique de siècles d’espoirs et de chagrins. La somme des désirs de centaines d’humains disparus depuis longtemps, des désirs si forts qu’ils en avaient été insoutenables, et qui, désormais libérés par la mort, emplissaient ensemble l’atmosphère de l’église.
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palamedepalamede   11 mars 2021
Dès que la société n’est plus porteuse d’un excédent de moyens, l’histoire de l’art est la première touchée par la dépravation de la morale. Les pilleurs de tombes égyptiens bradent depuis des siècles les richesses de leur Antiquité nationale, ainsi va le cours de l’histoire, il suffit d’un seul individu à qui la faim fait perdre la tête, et pouf ! un trésor commun vieux de quatre mille ans se retrouve vendu en catimini dans le bazar.
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