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EAN : 9782072718496
Gallimard (09/03/2017)
3.83/5   49 notes
Résumé :
Le génocide voilé
Enquête historique
Cette étude éclaire un drame passé à peu près inaperçu : la traite des Noirs d'Afrique par le monde arabo-musulman. Cette traite a concerné dix-sept millions de victimes tuées, castrées ou asservies, pendant plus de treize siècles sans interruption. Les razziés étaient contraints de traverser le désert à pied pour rejoindre le Maghreb, l'Égypte ou la péninsule Arabique via Zanzibar, par bateaux... Pourtant, cette tr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Luniver
  27 juin 2013
L'esclavage en Afrique peut se décomposer en trois parties : un esclavage internet, assimilé par l'auteur au servage, la traite transatlantique occidentale, et la traite arabo-musulmane.
C'est cette dernière partie que Tidiane N'Diaye va développer dans son essai. Paradoxalement elle est la moins connue et la moins étudiée, alors qu'elle a été la plus meurtrière, et que ses effets se font toujours sentir de nos jours (pays du golfe, Mauritanie, Darfour, ...).
Les prélèvements de populations, envoyées vers l'Ottoman se font de plus en plus fréquents avec l'expansion de l'islam : dès le 7ème siècle, les vaincus s'engagent à verser au vainqueur un certain nombre d'habitants en bonne santé. L'islam a d'ailleurs une relation ambiguë avec l'esclavage : si plusieurs versets du Coran et des hadiths montrent bien que la pratique en était répandue à l'époque du prophète, d'autres rapportent qu'aucun musulman ne peut être réduit en esclavage. Ceci dit, pour un esclave converti, ce n'est pas rétroactif : à lui de prouver qu'il était bien musulman au moment de sa capture. L'auteur explique l'absence de population noire dans les pays du golfe à notre époque par la pratique de la castration systématique des captifs, pratique réalisée dans des conditions d'hygiène inexistante, ce qui vient encore gonfler le nombre de cadavres.
Plusieurs points me laissent sceptiques cependant : l'absence de documents pour les périodes plus lointaines, et le recours à la tradition orale africaine pour combler les trous, ce qui ne me paraît pas particulièrement fiable. L'emploi du terme « génocide » est aussi contestable, puisqu'il implique une extermination intentionnelle d'un groupe, et il me semble que les esclavagistes avaient tout intérêt à conserver malgré tout un réservoir de main-d'oeuvre bon marché sous la main.
J'ai trouvé la structure un peu confuse également, et j'ai un peu de mal à me faire une idée d'ensemble du phénomène. de nombreuses anecdotes viennent couper les explications, pas inintéressantes en soi (j'ai appris que les nubiens avaient conquis l'Égypte et donné naissance à une dynastie de pharaons noirs par exemple), mais qui ne concernent pas vraiment l'esclavage.
L'essai vient secouer les mentalités, mais il me semble plus politique qu'historique. Il a au moins le mérite de relancer les débats. On peut toutefois regretter que les premières réactions qui ont accueilli la sortie du livre ne brillent pas par leur intelligence, les uns s'estimant exonérés de toute responsabilité puisqu'il y a eu pire ailleurs, les autres criant à l'islamophobie.
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Alcapone
  19 juillet 2017
Le Génocide voilé dont il est ici question, se rapporte à la traite négrière menée par les arabes lors les conquêtes arabo-musulmanes de l'Arabie et de l'Afrique subsaharienne du Moyen-Âge jusqu'au début du XXème siècle. S'il est vrai que l'esclavagisme a sévi dans toutes les civilisations depuis des temps immémoriaux (on parlera plutôt de servage dans les civilisations d'Afrique noire ou en Égypte avant les conquêtes arabo-musulmanes), cette "enquête historique" de Tidiane N'Diaye (expression utilisée par l'éditeur), nous apprend que l'expansion à grande échelle, voire industrielle de la traite négrière en revient sous couvert d'une islamisation aux desseins civilisateurs, aux arabes. L'idée n'étant pas de dédouaner les horreurs du commerce triangulaire mais de démontrer que l'esclavage n'est pas une exclusivité européenne, l'auteur met l'accent sur le trafic d'humains que les arabes ont initié et entrepris de façon commerciale pendant près de treize siècles au delà même de l'abolition de l'esclavage liées aux traites occidentales. Ainsi, les razzias organisées par les peuples arabo-musulmans dans les tribus africaines concernaient non seulement les biens matériels comme le bétail, les récoltes, etc., mais également les populations qui étaient ensuite vendues comme esclaves. Fondée sur des théories raciales, la traite négrière transsaharienne est mal connue, presque occultée par ce que l'auteur désigne comme le "Syndrome de Stockholm à l'africaine"...

La traite négrière transsaharienne, un génocide voilé ?
Souhaitant ouvrir la voie vers de nouvelles études sur le sujet, Tidiane N'Diaye déclare au sujet de la traite transsaharienne "qu'il est donc difficile de ne pas qualifier cette traite de génocide de peuples noirs par massacre, razzias sanglantes puis castration massive. Chose curieuse pourtant, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient la voir recouverte à jamais du voile de l'oubli, souvent au nom d'une certaine solidarité religieuse, voire idéologique. C'est en fait un pacte virtuel scellé entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux qui aboutit à ce déni." (p. 271). Lourdes de sens, ces conclusions qui s'appuient sur un riche travail de documentation, sur d'importants travaux de recherches, sur une bibliographie fouillée et sur des témoignages, questionnent. Pour la lectrice "naïve" que je suis, il m'a été difficile de passer sur cette lecture sans être bousculée par mon ignorance du sujet. Pour peu, on penserait "presque" que la traite transatlantique a été "moins pire" que celle des arabes et c'est là toute l’ambiguïté du propos : si la démarche reste intéressante, la liberté de ton de l'auteur dérange car le discours (audacieux et polémique s'il en est) frise plus d'une fois le règlement de comptes et s'éloigne de l'essai historique. Dommage, car ce livre est riche de contenus historiques. Dans tous les cas, il mérite de relancer le débat et offre de belles pistes de lectures pour approfondir les connaissances sur le sujet. À découvrir pour vous faire votre propre avis sur la question !
Lien : https://embuscades-alcapone...
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lilianelafond
  21 décembre 2019
Ce livre dérange car il remet en cause bon nombre d'idées reçues sur un sujet encore sensible : l'esclavage en Afrique, principalement vu du côté arabo-musulman.
Son auteur, Tidiane N'Diaye, est un anthropologue et un économiste de renom franco-sénégalais travaillant pour l'INSEE et auteur de nombreuses études et publications scientifiques.
Son ouvrage au titre sulfureux et intrigant, paru en 2008, ne pouvait que présenter une vérité forte et troublante.
Tout commence en 652, date à laquelle un traité de paix, connu sous le nom de Bakht, entre l'émir Abdallah ben Saïd et le roi de Nubie Khalidurat stipule, entre autres avantages, la livraison chaque année de 360 esclaves des deux sexes en échange de l'absence de guerre.
Ce fut le début d'un long processus pendant lequel l'Afrique fut mis à sac, ponctionné par des prélèvements réguliers de populations emmenées en esclavage dans les pays du Golfe jusque dans l'empire Ottoman.
Cette traite des noirs par des arabo-musulmans ne s'acheva - officiellement - qu'au XXe siècle, ce qui nous donne l'ampleur du massacre.
Car massacre il y eût. Il fut de taille et toute tentative de le quantifier s'avère impressionnante : « du VIIe au XVI siècle, pendant près de mille ans, … , [furent déportés] près de dix millions d'Africains avant l'entrée en scène des Européens. ».
Le poids de ces captures fut lourd. Stanley, le tristement célèbre explorateur, le constata lors de ses voyages : « La capture des 10 000 esclaves par cinq expéditions d'Arabes n'a pas coûté la vie à moins de 33 000 personnes ».
Il s'agit là de personne qui périrent en se défendant et en protégeant leur village lors des razias. Il faut y ajouter celles qui moururent sur le bord de la route de la captivité faute de soin et de nourriture, route balisée, selon les dires, par les ossements des laissés pour compte et de tous ceux qui n'étaient pas jugés suffisamment intéressant commercialement parlant.
Selon l'auteur, du VIIe au XXe siècle, l'une des études les plus sérieuses estime à plus de 9 millions le nombre d'individus déportés à travers le Sahara auxquels il faut ajouter 8 autres millions de personnes déportées en Afrique de l'Est (Mer Rouge et Océan Indien) soit un total de 17 millions d'individus.
Une question se pose alors. Compte tenu de l'importance de ces flux, comment se fait-il que l'on ne conserve pas trace aujourd'hui dans les pays arabes de descendants de ces esclaves comme cela est le cas en Amérique ?
On peut estimer à 13 millions le nombre d'esclaves déportés outre-atlantique entre 1451 et 1870. le résultat est aujourd'hui une diaspora noire dynamique et forte de plus de 70 millions de personnes aux États-Unis, dans les Caraïbes et au Brésil.
Comment se fait-il que l'on ne retrouve pas l'équivalent dans les pays arabo-musulmans ?
La réponse est à la fois simple et terrifiante : les esclaves mâles étaient systématiquement émasculés afin d'empêcher toute procréation. Compte tenu des soins et de l'hygiène de l'époque, il s'agissait là encore d'un vrai massacre car on estime que seuls 30% de ces torturés restaient en vie.
Quant aux femmes – qui jouaient le rôle de servantes et d'objets sexuels – il était facile de faire en sorte que leur progéniture ait une espérance de vie très limitée.
C'est en cela qu'il s'agit d'un véritable génocide : un massacre délibéré de populations noires en grande quantité et, ce, pendant plusieurs siècles afin de profiter d'une main d'oeuvre économique.
Si l'Occident a reconnu la traite négrière comme étant un crime contre l'humanité, un grand silence règne dans le même temps du côté arabe. D'autant que ces exactions ne sont pas aujourd'hui totalement éradiquées mais adoptent d'autres formes de traite plus contemporaines.
C'est le sens de ce livre que de continuer de lutter et de dénoncer ces pratiques inhumaines en espérant que la triste formule de l'historien arabe du XIVe siècle, Ibn-Khaldum, finisse par être définitivement abolie : "Les seuls peuples à accepter l'esclavage sont les nègres, en raison d'un degré inférieur d'humanité, leur place étant plus proche du stade animal."
Lien : https://www.africavivre.com/..
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tristantristan
  29 septembre 2022
Intéressant et didactique, ce document, malgré des redites et quelques digressions plutôt hors sujet, fait le point sur la traite ds Noirs par les arabo-musulmans. Méfait qui dura pendant treize siècles et fit plus de dix-sept millions de victimes. Voilà un ouvrage qui pourrait être étudié à l'école, pour chasser de l'esprit de certains que seul Le Blanc européen est mauvais.
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cat58
  12 octobre 2017
« Coran d'une main, le couteau à eunuque de l'autre, menant hypocritement une « vie de prière », ne prononçant pas une parole sans invoquer Allah et les hadiths de son Prophète. Beaux et nobles principes en vérité, mais que foulèrent aux pieds – avec quelle allégresse, quelle indignité et quelle mauvaise foi! – ces négriers arabes, qui mettaient l'Afrique à feu et à sang ». Car, derrière ce prétexte religieux, ils commettaient les crimes les plus révoltants et les cruautés les plus atroces «
Tout est dit, l'arrivée des négriers en terre Africaine et le malheur qui s'installe et perdure, la domination de l'homme par l'homme une des caractéristiques de l'histoire de l'humanité, un véritable génocide de l'homme noir que l'on castra en masse dans le but d'exterminer sa race durant quatorze siècles, puis la violence de cette traite arabo-musulmane et orientale avec les témoignages accablants d'européens voyageurs au cours du temps, et toujours un parallèle avec la traite négrière transatlantique dont on parle bien davantage.
Le raciste envers les Noirs a la peau dure, ainsi que la pratique de l'esclavage des Noirs en Libye, en Syrie, en Arabie Saoudite… et que dire de la négrophobie au Maroc et des actes de violences… Une lecture fort intéressante que je conseille vivement, une enquête documentée et courageuse qui déclenchera ou déclenche déjà la polémique, c'est certain…

Lien : https://chroniquesaigues.com..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
tristantristantristantristan   28 septembre 2022
Ainsi, la triste réalité est bien que des Noirs ont livré d'autres Noirs. Parce que aucun peuple n'est différent d'un autre dans les vertus ou dans le crime. Quand les chasseurs d'hommes arabes ne faisaient pas le travail eux-mêmes, la plupart des rabatteurs qui livraient des captifs noirs aux négriers étaient bien des Noirs.
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tristantristantristantristan   27 septembre 2022
Avant l'arrivée des Arabo-Musulmans, chaque communauté africaine avait sa propre culture, un système original de croyances et de coutumes. (...) C'est parce qu'il avait conscience du caractère éphémère et fragile de l'existence que l'Africain évoluait dans une profonde religiosité. (...)L'univers spirituel de l'Africain est composé de trois mondes relativement lié entre eux. Le premier est son environnement immédiat (...) Le deuxième est celui d'un être immatériel associé à un ancêtre défunt. (...) Enfin, le troisième est le royaume des esprits.
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tristantristantristantristan   27 septembre 2022
Saïd ben Ahmad Saïd - probable inspirateur d'Ibn Khaldun-, auteur de plusieurs ouvrages sur la "question raciale" entre 1050 et 1060 (...) Dans le climat du "pays des Noirs" dit-il - mais pas celui des Bédouins évidemment-, "l'air est brûlant et le climat extérieur subtil. Ainsi le tempéramaent des Sûdans (Noirs) devient-il ardent et les humeurs s'échauffent; c'est aussi pourquoi ils sont noirs de couleur et leurs cheveux crépus. Pour cette raison sont anéantis tout équilibre des jugements et toute sûreté dans les appréciations. En eux, c'est la légèreté qui l'emporte et la stupidité et l'ignorance qui dominent".
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tristantristantristantristan   27 septembre 2022
La plupart de ces savants arabes n'hésitaient pas à citer les médecins de la Grèce antique. Ils rappelaient que Galien avait défini chez les Noirs dix caractères absents chez les Blancs, à savoir: cheveux crépus, fins sourcils, larges narines, lèvres épaisses, dents saillantes, mauvaise odeur de peau, basse mortalité, pieds fendus, long pénis, humeur joyeuse.
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tristantristantristantristan   27 septembre 2022
La conquête arabe de l'Afrique et l'islamisation de ses peuples ne changeront rien à l'image du Noir dans le monde arabo-musulman. La conversion des peuples africains ne les préservera nullement de l'état de "proie" en dépit de leur statut d'"étrangers" et de" récents convertis". Allait apparaître chez les Arabes une "absolutoire" commode, qui est la version arabo-musulmane de la malédiction de Cham.
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Vidéo de Tidiane N'Diaye
"Le voile qui entoure la traite arabo-musulmane est due à une sorte de solidarité religieuse"
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