AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070357457
Éditeur : Gallimard (05/06/2008)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Nadia, la narratrice, est institutrice à Bordeaux dans la même école que son mari, Ange. Ils vivent leur profession comme un apostolat et en tirent une authentique félicité. Mais depuis quelques temps, le couple est l'objet d'une vindicte générale, harcelante et inexplicable...
Nadia tente de comprendre la nature du complot qui la broie, tandis qu'un brouillard épais ensevelit Bordeaux. Quelle faute a-t-elle commise, qui justifierait ses malheurs? Pourquoi so... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
sylvie
  20 janvier 2010
Ce texte nous promène sous les pas pesants et perdus d'une institutrice cinquantenaire qui ne sait plus où elle habite.... ou qui le sait trop...
On se pose beaucoup de questions :
Qu'est ce qui lui arrive? Délire de persécution ? Victime d'exclusion ? les deux, sans doute. Réel ? Rêve ? Fantastique ? Délirium ?
Nous voilà plongés au coeur de la part d'ombre d'une femme qui souffre à un tournant de sa vie : ses cinquante ans?
Métaphore terrible, elle ne parle que de sa ménopause, d'autres y voient une grossesse, mais quelle grossesse... silence épouvanté, approche de l'immonde, de l'horreur absolue, délire encore dans lequel elle se glisse pour finalement accoucher en cachette de cette bête qu'elle portait en elle et qui la rongeait..Quelle bête? Cause de tous ses maux, de tous ses échecs, faute sans doute inavouable, tellement indicible qu'elle ne nous est pas dite...
La honte ? Honte sociale ?
La haine de soi et des autres, les jugements et le mépris qui détruisent les êtres et les relations, quelles qu'elles soient : amoureuses, filiales, sociales, amicales...Et tout cela dans un Bordeaux brumeux, tentaculaire,qui symbolise le parcours de vie de Nadia. Elle est née aux Aubiers, a renié son quartier, ses parents, ses origines, allant jusqu'à changer sa voix, son accent, ses gestes... elle s'est donc appliquée à paraître habitante digne de la rue Fondaudège avec son fils et son premier mari, électricien... mais, l'apogée de son accomplissement de femme aura été son mariage avec Ange, enseignant lui aussi et rédacteur d'articles sur la pédagogie, habitant cette fois, la rue Esprit des lois...
Et puis, un jour, le sale regard qu'elle même avait porté sur les siens, et tous ceux qui n'avaient pas fait les mêmes choix de vie qu'elle, s'est retourné contre elle...
Alors elle souffre, elle est perdue, elle ne comprend plus rien, le sol se dérobe sous elle en même temps que son corps se transforme en gonflant d'une chair débordante qu'elle ne reconnaît pas comme la sienne...
Un livre étrange, qui mélange description minutieuse d'une petite vie quotidienne petite bourgeoise bordelaise, au plus près, et irruption du fantastique dans ce trop réel pour être vrai, jusqu'à nous immerger dans des émotions fugaces : dégoût, peur, angoisse, malaise.... Une expérience de lecture rare...
Lien : http://sylvie-lectures.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
PetiteBalabolka
  16 septembre 2018
Rarement un livre m'aura laissé aussi perplexe. Sa lecture dont je ne saurais dire si elle m'a plu ou pas s'est étalée sur un temps élastique. D'abord lentement, péniblement tant il me mettait moi aussi le coeur à l'étroit, puis à l'abandon pendant de longs mois, attendant que je m'aguerrisse avec des lectures encore plus âpres ou que je sois capable de mettre la distance nécessaire entre lui et moi, je l'ai repris assez avidement, à mon grand étonnement. Mais ce qui n'en finit pas de me laisser perplexe, c'est que ce livre n'a jamais vraiment promis d'être agréable ou facile à lire. Il ne coule pas comme du miel. Sa lecture produit exactement l'effet recherché par son auteur dont le talent n'est plus à démontrer. Dès lors, il me semble que je ne peux pas reprocher à ce livre d'être loyal à son intention. Je trouve même assez courageux de la part de l'auteur de ne pas avoir cherché à écrire un livre plaisant.
Une lecture, donc, qui perturbe, intrigue et met mal à l'aise. On a du mal à saisir le sens de cette histoire tout en symboles. Nadia et son mari Ange, respectables instituteurs vivant leur métier comme un sacerdoce sont en proie à l'opprobre de toute la ville. Pourquoi un tel acharnement qui tourne à l'agression sur la personne d'Ange ? Ce que perçoit Nadia est-il réalité ou délire paranoïaque ? Rapidement, le couple est confiné dans son appartement bordelais, visité et soigné exclusivement par un voisin qui leur impose sa présence envahissante, les engraissant de mets toujours plus riches. Cependant, dans la succession des faits anormaux qui se produisent, c'est bien Nadia, la narratrice qui est en cause. Elle comprend qu'elle doit partir mais un épais brouillard envahit la ville et modifie tous les repères... Ceux du lecteur le sont également. Vaillamment, il doit tenter d'interpréter les signaux placés ici et là comme des fanaux dans l'étrangeté d'un texte rédigé d'une plume habile, façonnée au ciseau. Une lecture exigeante, sans confort, sans douceur, mais qui sait donner du grain à moudre, un matériau pour réfléchir et ressentir.

Lien : https://leschroniquesdepetit..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
brigetoun
  17 février 2011
Récit à une voix, récit angoissant d'une angoisse, déstabilisant parce que la vérité est fuyante, vérité que dit ne pas connaître Nadia, et notre doute, qui sourd même quand nous sommes emportés par la lecture, embarqués avec elle, doute: faut-il croire Nadia ? Est-ce que, consciemment ou inconsciemment elle ne tord pas les faits ?
Et puis, parfois, et de plus en plus - et c'est voulu par l'auteur ou par le personnage - une antipathie envers elle, quand elle méprise le vieil instituteur/écrivain, avant que tout se déclenche, et soupçon que cela expliquerait que le couple déplaise mais sans expliquer la haine qu'elle nous décrit. Envie de prendre son parti quand elle parle durement des filles, après, quand le drame s'est intensifié, parce que cela peut-être réaction d'animal perdu. Et, malgré notre résolution de ne pas appliquer de jugement de bien-pensant confortable, recul devant sa fuite de ce qu'elle a été, son comportement avec ses parents, avec le premier mari.
Nous sommes perdus, comme, avec, contre elle.
Dans la crainte de tout ce qu'elle affronte, dans l'étrange. Dans la reconquête de son moi, de l'amour qu'elle avait pour son premier mari, pour ses parents, amour nié avec violence pour être acceptée par la ville, par Ange tel qu'elle l'imagine. Une passion, épreuve, et le soulagement peut être un peu décevant de l'apaisement final.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Mims02
  30 avril 2013
Je dois avouer que je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture. En ce qui concerne la forme, l'écriture est fluide et le style imagé donc c'est un livre qui se lit facilement. Par contre, le fond me laisse perplexe.
Je suis (malheureusement) du genre à aimer qu'on m'explique ce qui arrive et là, ce n'est pas le cas alors tout au long de ce livre, je n'ai pas arrêté de me poser des questions : cette femme est-elle folle ? Que se passe-t-il vraiment ? Va-t-on m'annoncer qu'elle a une grave maladie ? Mais non, on ne sait rien à la fin et ça me dérange et le pire dans tout ça, c'est que c'est sûrement fait exprès.
Pour conclure, ce livre est dérangeant mais bien écrit.
Commenter  J’apprécie          20
iulian
  10 août 2018
Une amie au Caire m'a confié un jour ce livre. Elle l'avait offert à l'une de ses proches. Celle-ci l'avait abandonné sur sa table de nuit et faisait le tour du lit sans le regarder tant ce livre l'angoissait !
En fait, la narratrice du roman nous amène sur un drôle de bateau : Elle ment ? Elle est folle ? Elle est manipulée ou bien c'est elle qui nous manipule ? Elle est prisonnière d'une réalité ? C'est pour moi une belle expression du fantastique .. l'angoisse et non la peur !
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   17 février 2011
La rancune à l'égard de parents qui vous ont correctement traitée mais dont vous détestez le mode de vie, il ne pouvait la comprendre. Mon refus de m'approcher du quartier des Aubiers, où s'est déroulée mon enfance, de ses rues aux longues barres d'immeubles, aux trottoirs défoncés, il ne pouvait le comprendre non plus. Oui, mon ex-mari est resté, malgré mes efforts, une âme simple.
Commenter  J’apprécie          50
brigetounbrigetoun   17 février 2011
Cependant, à l'instant où je pose la main sur la poignée de la porte, le tramway silencieux et rapide glisse devant la pharmacie avec, à son bord, Mme la directrice de notre école seule dans la première rame, le visage tourné vers la vitre, calme et austère visage très blanc que les fortes lampes du tram frappent de paralysie. Et c'est une expression de surprise horrifiée, d'aversion et de terreur qui dénoue soudain les traits de ce visage si figé et si blanc lorsque ses yeux croisent les miens à travers les deux parois de verre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
brigetounbrigetoun   17 février 2011
Alors il ricane, il tente de m'imiter par dérision mais, trop affaibli, doit vite renoncer et se contenter d'un coup d'oeil presque haineux, qui m'épouvante. Qu'est devenu mon mari ? Celui que j'aimais, qui ne faisait qu'un avec moi, où a-t-il disparu ?
Commenter  J’apprécie          30
KymchieKymchie   11 décembre 2016
Je souffle :
- Vous n'avez pas de rancune ?
Ils me regardent sans comprendre, souriant vaguement, le sens de ce mot ne leur est pas connu.
Commenter  J’apprécie          20
brigetounbrigetoun   17 février 2011
J'espère que ce n'est pas ton enfant, la petite, dont nous nous régalons ainsi, aimerais-je dire à mon fils sur le ton de la plaisanterie.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Marie NDiaye (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie NDiaye
Samedi 4 août 2018, dans le cadre du banquet d'été ?Dans la confusion des temps? qui s'est déroulé à Lagrasse du 4 au 10 août 2018, Marie Ndiaye lisait plusieurs textes, accompagnée de Jean-Yves Cendrey.
Le premier texte est extrait de Berlin mon garçon, une pièce que l?écrivaine vient d?achever et qui sera montée au printemps 2019 au Théâtre national de Strasbourg par Stanislas Nordey. le second est le début d?un projet en cours : un monologue, celui d?une femme qui a passé sa jeunesse à Oran et dont l?existence actuelle à Royan est rongée, travaillée par les réminiscences de ces années en Algérie
+ Lire la suite
autres livres classés : rumeursVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1871 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre