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EAN : 9782742765584
132 pages
Éditeur : Actes Sud (30/01/2007)
3.45/5   32 notes
Résumé :
Un jeune homme retrouve ses esprits au fond d’une cellule, en garde à vue. Que s’est-il passé ? Mireille, son grand amour, l’a quitté brusquement, il a beaucoup bu… Comment se rappeler ? Un policier le bouscule, l’interroge, mais les vraies questions viennent d’ailleurs : dans le brouillard de ses pensées, c’est la voix des ancêtres qui résonne soudain, comme un chant intérieur venu d’Afrique, invoquant les valeurs du partage, de l’honneur, de l’héritage et de l’esp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  21 octobre 2012
Du fond d'une cellule où il a été placé en garde à vue, un jeune parisien d'origine africaine, tente de rassembler ses souvenirs embrumés par l'excès d'alcool et de défonce.
Parfois, un policier l'interroge, le malmène, le tabasse pour le faire parler.
La plupart du temps il est seul, l'esprit chaviré, ravagé, chargé de rage tout autant que de culpabilité.
La mémoire libère alors son flot de souvenirs : l'arrivée en France, les copains de la cité, la volonté d'intégration, les espoirs, les échecs, l'amour brisé avec Mireille…
Et puis les récits des ancêtres, les esprits africains, les chants venus de loin s'invitent en une complainte des origines dans les brumes éthérées de l'esprit, comme une voix de griot passeur de traditions, paroles de la transmission tantôt apaisantes, tantôt provocatrices ou inquisitrices.
Les contours du drame se dessinent enfin, acte fou, brutal, insensé, commis dans un violent état d'égarement.
Ce roman est un cri, un chant, une voix qui se fait entendre par-delà les murs des prisons.
C'est l'âme d'un jeune noir dont le sort a basculé le jour où il a tué un policier, qui se dévoile peu à peu.
Réalité grise, avenir bouché, l'Afrique comme un fantasme lointain, l'amour qui s'en va, les questions obsessionnelles, la résignation, la révolte...C'est ce lent processus, opprimant, déprimant, tragique, menant à l'acte irréparable, que Wilfried N'Sondé appréhende avec une force et une intensité remarquables, dans une langue chaloupée, poétique, enivrante.
Quelque chose entre rap et slam émerge de ses lignes aux tempos hypnotiques, quelque chose comme un lointain écho des tam-tams africains au coeur de la jungle urbaine, quelque chose comme un chant de brousse qu'on « écoute avec la peau pour entendre les images ».
C'est sans doute parce que Wilfried N'Sondé est aussi musicien et chanteur qu'il réussit à faire des mots des notes qui percutent, qui pulsent, qui s'accordent dans un cri de détresse, de mal-être, de rage impuissante, dans ce chant de débâcle, dans ce roman poignant et singulier, récompensé en 2007 par le Prix des Cinq Continents de la Francophonie et par le Prix Senghor de la création littéraire.
L'auteur d'origine africaine esquisse ici les courbes d'un univers très original empreint d'une musicalité qui saisie et qui remue.
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carre
  26 janvier 2012
Un jeune homme, tue un policier après une nuit d'alcool et de défonce. de sa cellule en garde à vue entre deux interrogatoires musclés, il revoit sa vie passée dans une banlieue parisienne ou se sont perdus ces espoirs et ces rêves. Ou entend la douce musique des sages africains qui lui rappelle ce continent oublié et pourtant si présent dans cette cellule. Avec une grande justesse de ton, Wilfried N'Sondé nous livre un texte magnifique de musicalité qui se lit d'une traite, comme son personnage le texte est habité d'une fièvre qui vous emmène de façon implacable vers les désirs perdus. la rythmique des phrases donne le tempo d'un chant de colère, d'amour et de violence contenue. Très beau premier roman.
Commenter  J’apprécie          160
fragglec1974
  05 août 2012
Wilfried N'sondé est originaire du Congo-Brazzaville, après avoir vécu en France, il vit désormais à Berlin où il vit de sa musique. Ce roman là était son premier, d'autres ont suivi depuis.
Publié en 2007 chez Actes Sud, il a reçu le Prix des Cinq Continents de la Francophonie. Ce texte a été adapté au théatre l'année dernière, au Tarmac.
L'auteur met ici en scène un jeune homme, banlieusard, qui au début du livre est en garde à vue, on ne sait pas pourquoi. Au fil du livre, on va dérouler le fil de l'histoire et revenir aux raisons de cette incarcération. le narrateur va nous livrer son histoire, celle d'un jeune homme arrivé en France d'Afrique alors qu'il est enfant et confronté aux difficultés de s'intégrer. A travers son histoire, on découvre surtout son amour perdu.
« Tu viens d'Afrique ? Tu as pensé à ton avenir ? Tu n'as plus aucune raison d'avoir peur, je suis maintenant menotté entre quatre uniformes, à me battre tout seul avec ma défonce, j'avance tel un zombie, rancard chez la charogne à toute heure du jour ou de la nuit. La police, pourquoi je te dérange autant que ça ? »
« Elle me parle rarement d'elle et de sa famille, seulement de cette cascade de vers, de strophes, des kilos de prose qu'elle veut absolument partager avec moi, assis sur un banc ou parfois à même le sol, main dans la main. Quand les mots étaient trop beaux, le sens infiniment profond, nous nous embrassions, du magma dans la bouche. »
C'est un livre court (130 pages) mais dense, plein de rage et de puissance. Il nous parle avec beaucoup de force et de justesse de l'exil, de la différence, de l'immigration et des difficultés de l'intégration.
Un texte original et fort. A découvrir.
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Norlane
  19 février 2021
Une écriture fiévreuse de qualité mais que le Coeur des enfants léopards est lugubre... Aux premières pages très agressives, je me suis demandée si j'allais tenir le long de ce récit pourtant court... Et puis par le hasard des challenges j'ai intercalé une lecture et j'y suis revenue, découvrant un peu plus de variations dans le soliloque et un suspense. Mais même les scènes d'amour sont tristes...
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Malice
  07 juillet 2013
Premier roman assez surprenant à reçu entre autre le Prix des 5 Continents en 2007 .
Information concernant l'auteur : Wilfried N'Sondé, 38 ans, est né au Congo. Il passe son enfance et grandit en région parisienne avant de migrer vers Berlin. Installé dans la capitale allemande, il devient un musicien et compositeur reconnu de la scène berlinoise.
Cette l' histoire tragique d'un premier amour avec Mireille, elle vient de le quitter. Perdu, il sombre dans l'alcool et, dans un état second, commet l'irréparable.
Du fond d'une cellule où il est en garde à vue, sa mémoire s'enroule et se déroule comme un chant intérieur. La voix des ancêtres résonne, elle s' impose, elle réinvente l'Afrique sublimée - mensonge des exilés -, elle croit encore à la conscience du peuple noir. Mais cette Afrique n'existe pas pour ce jeune homme. Sa vie est dans la région parisienne, ce pays est devenu pour lui une réalité de métissage . Une vie d'amitiés , de cités, de quartiers et de voisinages, de fêtes d'enfance et de sensualité, de violence aussi mais jusqu'alors maintenue à distance comme peut l'être la peur.
Le style est étonnant très urbain c'est à la fois du slam, du rap, de la poésie c'est un mélange de tout cela à la fois. C'est un style très rythmé c'est difficile de s'arrêter dans sa lecture. Pour moi ce livre parle admirablement bien de l'actualité sociale en France, le métissage de la langue. Aussi ce n'est pas un livre Africain mais bien Francophone écrit en Français et qui parle d'ici la France et ailleurs l'Afrique. Bravo pour la couverture qui résume bien l'ambiance la force percutante qui se dégage à la lecture de ce livre.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
MedelieMedelie   19 février 2013
Madame la policière tu n’as rien trouvé de mieux à faire que de torturer le citoyen ? Elle est pourtant jolie, coincée dans son pantalon bleu qui ne lui va pas du tout, ça lui fait un espèce de carré informe et plat là où commencent les jambes. Je la fixe comme me l’a appris l’ancêtre, essayer de sonder son cœur, de l’autre côté de ce qu’elle veut donner. Allez vas-y la flic, sors de ton masque violence légale. C’est pas comme le capitaine, il jubile, il a l’âme toute sèche dans ses fringues mal choisies. Je te vomis l’agent. Aujourd’hui et demain sont jours de fête pour lui, il sort de sa tanière médiocre, dans la rue tu n’existes pas, je passe sans te voir, maintenant il me tient, il réajuste sa cravate, ça doit même l’exciter. L’heure des loups a sonné.
Toi aussi mon capitaine, j’arrive à t’apercevoir quelque part dans l’espace, tu sais mon ami j’ai quelques commerces avec les pouvoirs occultes. Je t’aperçois déjà enfant timide et maladroit, tu as longtemps souffert de ta petite taille, de ton corps aussi, ce compagnon aux couleurs ternes constamment à tes côtés. Tes gémissements dans ta nuit solitaire, tes doigts calés entre tes jambes, tes draps souillés, tes pleurs. Tu fus ce genre d’enfants qui prend son pied en torturant sournoisement des insectes inoffensifs, j’ai ta jubilation malsaine plein le cerveau. Je décroche. Une brève image, ton aigreur alors que tu mâchais ta revanche, courbé sur les traités de droit privé. Exclu, mal-aimé, ta méchanceté te fait honte, elle t’isole, elle arrive à distiller en toi cette étrange satisfaction. La jouissance du bourreau. Tu as construit autrui, comme une meute méprisante et moqueuse. Tu es seul au premier rang, le plus virulent de tous. Tu t’enfuis chaque matin aussi loin que tu peux, rassuré de sentir le confort froid de l’acier de ton arme battre sur ta hanche le rythme parfait de tes jours.
Pour être dur à ce point, il doit me craindre ce bonhomme là ! Il essaie de parler de moi ou de quelqu’un qui devrait me ressembler. Il dit des tas de choses qu’il a dû apprendre par cœur, il insiste, préjuge, et je n’y comprends rien. Fous-moi la paix, j’ai mal à la tête. Tu m’ennuies policier, ton disque est rayé. C’est pas que ça le monde, pas seulement ton Code pénal, ta Bible, tes informations quotidiennes à 13 heures, pendant l’apéritif, et, entre le foot et la météo, le brouhaha inquiétant de jeunes sombres et frisés. Sans oublier l’insoutenable, les petites filles qui se prostituent un peu partout, sans que ça t’empêche de déguster le rôti du dimanche avec la belle-mère. Regarde, c’est moi j’ai une famille. Demande-moi comment ça va, un sourire.
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carrecarre   26 octobre 2012
Tu peux partir l'ancêtre, je ne porte pas de colère, j'ai avec moi des diables et des esprits de grandes bontés, ne manque que la force de retrouver l'amour et la volonté de bâtir pour demain.
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carrecarre   03 novembre 2012
Quand les mots de l'ancêtre sonnaient fort dans ma petite poitrine, à m'en faire titiber, l'école c'est essentiel !
N'oublie jamais que tu n'est pas chez toi, le fardeau de l'étranger. Sois toujours meilleur que le blanc, autrement il te méprisera.
Commenter  J’apprécie          160
MalauraMalaura   26 août 2011
De Vancouver à Brasilia, parmi les gangsters new-yorkais, à Bahia ou à Lagos, derrière les barreaux de Fleury-Mérogis ou sur les bancs des amphithéâtres de la Sorbonne, chez certains junkies de la gare centrale d'Amsterdam, pour les orphelins sidéens de Mombassa, pour un grand nombre de passagers pressés et serrés du RER A à Paris, dans la mémoire des défunts qui veillent sur le Kongo, sur tous les visages des participants des cérémonies vaudou en Haïti, pour ceux enfouis depuis des siècles sous le sol du continent africain, sous l'uniforme des tirailleurs coupeurs d'oreilles, drogués, enragés, embourbés dans les tranchées des Flandres pendant la guerre 14-18, sur les ossements qui jonchent le fond de l'Atlantique, chez les demandeurs d'asile aux autorités de l'Union européenne, pour les vendeuses du marché de Brixton, dans la liesse des Sounds Systems à Kingston, et surtout pour les génocidés du Rwanda,
....Afrique erre sur nos peaux noires.
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MedelieMedelie   20 février 2013
Mireille, ah Mireille, rancard place Saint-Michel avec ta robe à fleurs, en dessous tes parfums, je m’y noyais. Tes lèvres goût tiède d’eau de pluie, du bon venin, une bise veloutée quand elles taquinent les miennes. C’est le vin des amants. Paris, notre royaume conquis à la seule force d’être bien ensemble, la ville s’ouvrait à nous. Mireille, ah Mireille, je suis tombé Mireille, un faucon aux ailes cassées, un fauve en captivité. Je suis en prison Mireille, souillé, je suis tombé très bas. Ma chérie, mon secret. Mireille, ah Mireille c’est quoi l’amour Mireille ? C’est ma langue sur ta fleur mouillée, quand tu souffles non pas là, tu fermes un peu les yeux, tes lèvres tremblent aussi, puis tu retiens ma tête de tes doigts qui se crispent passionnément sur mon visage prisonnier.
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Festival "Un auteur au bistrot" Entrevue avec Wilfried N'Sondé
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