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Yvonne Davet (Traducteur)Mirèse Akar (Traducteur)
ISBN : 2070384039
Éditeur : Gallimard (26/09/1991)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 71 notes)
Résumé :
Voici l'autobiographie de Vladimir Nabokov, dans l'édition révisée et augmentée parue aux États-Unis sous le titre Speak, Memory, an Autobiography revisited et comprenant la préface inédite de sa traduction russe. De toutes ses œuvres écrites en anglais, l'auteur n'a choisi de retraduire lui-même en russe que celles qui lui tenaient particulièrement à cœur : Lolita et Autres rivages. Livre nostalgique sur une Russie disparue, Autres rivages restitue avec une magie é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
chartel
  10 juin 2013
Entrer dans l'oeuvre de Vladimir Nabokov par son autobiographie, c'est un peu comme boire un grand cru sans décantation. On apprécie le style et la richesse de la composition, mais de nombreuses saveurs restent indiscernables. Mais ce manque ne fut en aucune façon source de déception. Au contraire, il a attisé l'impérieuse envie de le combler, car cette autobiographie permet de découvrir un auteur éclairé, conscient de ses qualités mais aussi de ses faiblesses. Enfin, V. Nabokov, fils aîné d'une riche famille de l'aristocratie terrienne de Saint-Pétersbourg, devenu paria de l'intelligentsia européenne après son exil pour échapper à la violence du bolchevisme, fut un formidable témoin de la terrible histoire de la première moitié du XXe siècle. Sa recherche indéfectible de liberté, lorsqu'il tentait, enfant, d'échapper à la vigilance de ses gouvernantes le long des chemins forestiers et des allées des grands parcs du domaine familial, ne pouvait qu'accroître, ultérieurement, son désespoir face à la montée des totalitarismes.
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giati
  15 mai 2016
Les après-midi où le ciel était couvert, toute seule dans la bruine, ma mère, portant un panier (que quelqu'un avait taché de bleu violacé à l'intérieur avec des myrtilles), partait faire un grand tour à la recherche de champignons. Vers l'heure du dîner, on la voyait déboucher des profondeurs brumeuses d'une allée du parc, petite silhouette enveloppée d'un manteau et encapuchonnée de laine brun verdâtre, toute constellée d'innombrables gouttelettes de bruine qui lui faisaient un nimbe de buée. Au moment où, sortant de dessous les arbres qui pleuraient, elle s'approchait et m'apercevait, son visage offrait une expression étrange, triste ; à croire qu'elle avait eu bien peu de chance ; mais je savais que c'était la béatitude tendue, jalousement contenue, du collectionneur heureux.
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Claire45
  19 juillet 2014
Lecture intéressante pour plusieurs raisons. Elle permet de connaître l'enfance russe, dans un milieu aisé, de Nabokov, ses passions ( les papillons, les échecs) et surtout les sensations, sentiments qui ont participé à la naissance de sa création littéraire. Des pages inoubliables sur ses précepteurs et gouvernantes!
Elle recadre l'histoire de cette intelligentsia russe, à travers le père, démocrate, membre du gouvernement après la révolution de 1917, puis exilé et assassiné.
Elle montre la démarche de l'écrivain sur la construction de ses mémoires : il procède par thèmes qui se répètent et donnent sens à sa vie, à son oeuvre.
Je n'avais lu que le fameux "Lolita" , son écriture me donne envie de découvrir d'autres romans.
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mguy
  22 juillet 2014
Ce livre relate l'autobiographie de l'auteur, de son enfance en Russie jusqu'à son exil en Europe après l'arrivée du communisme. Nettement mieux que le Don, on apprend beaucoup de choses sur l'enfance au sein d'une famille aisée eu début du XXième siècle. de plus, on est réellement plongé dans les pensées de l'auteur, son imaginaire et ses passions d'enfance. C'est vraiment à lire pour qui aime la Russie et la littérature !
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philcoba78
  03 janvier 2011
Son autobiographie pour éviter que d'autres ne s'attaquent à sa biographie. Un pays perdu, celui des russes blancs que Nabokov recréé magnifiquement, pleins de couleurs, de saveurs et de sensualité.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
uzunuzun   11 juin 2014
Depuis l'âge de sept ans, toutes mes sensations par rapport avec un rectangle de lumière de soleil encadré par la fenêtre, ont été commandées par une passion unique. Si mon premier regard du matin était pour le soleil, ma première pensée était pour les papillons qu'il engendrait. Il y avait eu, à l'origine de cela, un incident assez banal. Sur le chèvrefeuille surplombant le dossier sculpté d'un banc, juste en face de l'entrée principale, l'ange qui me guidait ( et dont les ailes évoquaient celles du Gabriel de Fra Angelico, moins les franges de style florentin) m'indiqua un visiteur d'une espèce rare, une splendide créature jaune pâle avec des taches noires et des crénelures bleues, et un ocelle vermillon sur chaque queue noire bordée de jaune de chrome.Tout en sondant la fleur inclinée à laquelle il était suspendu, il ne cessait d'agiter, par saccades nerveuses, ses grandes ailes, et mon désir de le posséder devint irrésistible.
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uzunuzun   10 juin 2014
Quand je me reporte en arrière, à ces années d'exil, je me vois, moi, et des milliers d'autres Russes, menant une existence bizarre, mais nullement désagréable, dans l'indigence matérielle et le luxe intellectuel, parmi des étrangers parfaitement insignifiants, Allemands et Français fantomatiques, dans les villes plus ou moins illusoires desquels nous, émigrés, venions à demeurer. Ces aborigènes étaient pour l'oeil de l'esprit aussi plats et transparents que des silhouettes découpées dans de la cellophane, et bien que nous nous servions de leurs accessoires, applaudissions leurs clowns, cueillions les prunes et les pommes sur les bords de leurs routes, aucune communication réelle, riche d'humanité de cette sorte si répandue dans notre propre milieu, n'existait entre nous et eux.
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uzunuzun   11 juin 2014
Aimer de toute son âme et, quant au reste, s'en remettre au destin, telle était la règle simple à laquelle elle obéissait. " Vot zapomni (N'oublie pas cela)", disait-elle, sur un ton de conspiratrice en attirant mon attention sur tel ou tel objet de son amour, à Vyra -- une alouette montant dans le ciel lait-caillé d'un jour couvert de printemps, des éclairs de chaleur prenant des instantanés d'une ligne d'arbres au loin dans la nuit, la palette de feuilles d'érable sur le sable brun, les empreintes cunéiformes des pas d'un petit oiseau sur la neige nouvelle. Comme si elle sentait que dans peu d'années, toute la part tangible de son univers périrait, elle cultivait un état d'attention extraordinaire...
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uzunuzun   12 juin 2014
La spirale est un cercle spiritualisé. Dans la forme hélicoïdale, le cercle, délové, déroulé, a cessé d'être vicieux; il a été rendu libre.
Plus loin :
Une spirale colorée dans une petite boule de verre, voilà comment je me représente ma propre vie.
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sweetiesweetie   27 février 2014
Aussi, je remettais encore du charbon et j'aidais les flammes à se ranimer en étalant une page du Times londonien sur les noires mâchoires fumantes de l'âtre,masquant ainsi complètement l'ouverture de sa niche. Un vrombissement commençait à se faire entendre derrière le papier roidi, qui devenait lisse comme une peau de tambour et beau comme un parchemin translucide. L'instant d'après, au moment où le vrombissement devenait rugissement, une tache couleur orange apparaissait au milieu de la feuille, et le passage imprimé à cet endroit, quel qu'il fût, ressortait avec un éclat de mauvais augure - jusqu'au moment où, soudain, la tache orange crevait. Alors, la feuille en flammes, avec le bruissement d'un phénix délivré, s'envolait dans la cheminée pour rejoindre les étoiles. Ça vous coûtait 12 shillings d'amende si cet oiseau de feu était aperçu.
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"Lolita" de Vladimir Nabokov (Alchimie d'un roman, épisode n°18)
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