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Raymond Girard (Traducteur)Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)Mary McCarthy (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070383634
352 pages
Éditeur : Gallimard (23/04/1991)
3.82/5   97 notes
Résumé :
A l'université américaine de New Wye, Charles Kinbote, professeur de langue et de littérature zembliennes, original, misogyne, végétarien, est fasciné par son voisin, John Shade, poète et professeur. Ils se lient d'amitié. Après la disparition tragique de John Shade, Kinbote s'empare du manuscrit que Shade venait juste de terminer, un long poème intitulé Feu pâle. Il se propose de le publier en l'accompagnant de gloses et de commentaires qui en feront un ouvrage de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Ambages
  28 janvier 2018
« Vers 603 : Écouter de lointains coqs chanter
On se souviendra de l'admirable image dans un poème récent d'Edsel Ford :
--Et souvent, quand le coq chantait, faisant jaillir
--Le feu du matin et du las brumeux.
Un las (en zemblien muwan) est un champ contigu à une grange. »
« ...mais pour le meilleur ou pour le pire, c'est le commentateur qui a le dernier mot. »
A bon entendeur...
Feu pâle, ma découverte de Vladimir Nabokov avec ce roman jubilatoire. Je me suis amusée tout du long de cette lecture. C'est d'un humour explosif et j'adore ce genre pince sans rire. le narrateur, Charles Kinbote, est parfait dans son rôle, utilisé pour nous décrire l'idiotie de certains critiques qui se la jouent. Tour de force, Nabokov en rajoute et livre un scénario avec des tueurs aux trousses du roi de Zembla (pays d'origine du narrateur), une histoire dans l'histoire. Ainsi Kinbote, sous couvert d'expliciter un poème majestueux (qu'il convient de lire après avoir épluché les notes de Kinbote, selon le conseil de celui-ci en introduction -ce que j'aie fait et ne regrette pas), reprend quelques vers de ce poème et les commente à sa manière en lien avec son pays d'origine. Il fait des parallèles avec les États-Unis où il vit actuellement (dans la fabuleuse ville de New Wye), juste à côté de la maison du fameux poète Shade, professeur à l'université où tous deux travaillent. J'ai donc énormément appris sur les coutumes épatantes de Zemblia pour la joie de mes zygomatiques, tout comme sur les commentaires de lettrés et commentateurs littéraires.
« ... ce passage devrait être associé dans l'esprit du lecteur à l'extraordinaire variante donnée dans la note précédente... ». J'aime la modestie de Kinbote. Il est incroyable cet homme !
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Archie
  16 juillet 2015
Je viens de relire Feu Pâle, que j'avais découvert il y a 20 ans et qui m'avait fasciné. C'est un livre de Vladimir Nabokov, un romancier que je place au dessus de tous les autres et que ses admirateurs qualifient souvent de magicien, d'illusionniste ou d'enchanteur.
Ce livre, un roman, ne ressemble à aucun autre, en tout cas dans sa structure : il se présente comme une monographie consacrée à un long poème – 999 vers! –, comportant une introduction et 200 pages de notes de commentaires numérotées. Imaginez ma surprise quand j'avais ouvert et feuilleté le livre pour la première fois... Coup d'oeil à la page de couverture pour vérifier qu'il y avait bien inscrit : Feu Pâle, roman...
L'introduction – imprimée en italique! – m'étant apparue longue et rébarbative, je m'étais attaqué directement au poème. J'avais buté sur les 4 premiers vers :
C'était moi l'ombre du jaseur tué
Par l'azur trompeur de la vitre ;
C'était moi la tache de duvet cendré - et je
Survivais, poursuivais mon vol, dans le ciel réfléchi.
... 999 vers comme cela!... Ce n'était pas ce que j'avais envie de lire...
Déterminé à comprendre, j'avais repris consciencieusement l'introduction. Et là, il m'était apparu que cette introduction n'en est pas vraiment une. S'y dissimule le début d'une narration, laquelle trouve sa suite dans les notes de commentaires, notes dont il faut enchaîner la lecture sans trop se préoccuper du poème. L'histoire prend corps progressivement, comme un puzzle inattendu se construisant tout seul : un narrateur bizarre, un peu incohérent, raconte les aventures d'un roi (du genre roi d'opérette) en fuite à la suite d'une révolution dans son pays et sa traque par un tueur mandaté pour l'exécuter. Personnages caricaturaux et scènes cocasses, vrais-faux témoignages et mensonges par omission, digressions dont on ne mesure pas l'intérêt sur le moment et qui prennent tout leur sens 50 pages plus loin : à la fin du livre, quand toutes les pièces du puzzle sont assemblées, c'est l'enchantement ; la magie de Nabokov a opéré.
Aussitôt achevée, j'avais repris la lecture au début afin d'avoir une vision d'ensemble clarifiée de ce qu'il faut bien appeler un exercice de style parodiant certains ouvrages universitaires américains. Je voulais aussi repérer les signaux qui m'avaient échappé la première fois, mieux comprendre des passages qui m'avaient paru obscurs, bref, tenter de déceler les "trucs" du magicien Nabokov.
J'avais gardé un souvenir émerveillé de ce livre et je m'étais promis de le relire. Bien sur, la magie n'opère plus de la même façon quand on a déjà vu le spectacle et qu'on a démystifié la plupart des ficelles. Mais je reste fasciné par l'habileté de l'auteur.
Le relirai-je un jour à nouveau ? Pourquoi pas. Je découvre sur Internet que ce roman peu connu (une centaine de lecteurs sur Babelio, à comparer aux 27 000 lecteurs du Petit Prince) est considéré comme un ouvrage culte par quelques exégètes et que les actes, gestes et paroles des personnages font l'objet de multiples interprétations.
Et les 999 vers du poème doivent bien avoir du sens. Il faudra donc qu'un jour je m'y remette.

Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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stcyr04
  08 février 2021
Voici un singulier roman, dont la matrice est un poème autobiographique, augmenté d'un docte développement commis par un voisin du créateur de l'opus, comprenant une introduction, des commentaires et un index.
C'est un peu la fable du geai qui veut se parer des plumes du paon. Charles Kimbote est un universitaire inverti, misogyne et solitaire, voisin de l'auteur de l'oeuvre dont il est question, intitulée Feu pâle, John Shade. Ami autoproclamé de l'artiste, qu'il espionne impudemment, le professeur, sous couvert de travaux érudits, pérore, tire franchement et sans vergogne la couverture à lui. La masse écrasante de l'appareil critique tend à éclipser l'oeuvre d'art qu'il a pourtant vocation de servir : l'exégète pontifiant, au lieu d'agrémenter le texte de commentaires éclairants, parasite ce dernier de considérations personnelles, de jugements acerbes sur ses contemporains, d'approfondissements ayant trait à sa patrie natale de Zembla, et à la destinée du dernier de ses souverains, sans rapport évident avec le volumineux poème, si ce n'est que l'indélicat voisin n'a eu de cesse d'en importuner l'auteur pour qu'il en soit question dans ce dernier. Bref, le dénommé Charles Kimbote fait l'étalage de tout un pédantisme risible et à prime abord abscond.
Feu pâle est un exercice de style, un tour de force furieusement jubilatoire. C'est une drolatique satire de l'érudition brassant de l'air dans sa stérilité foncière, se drapant d'une certaine dignité, singeant la véritable noblesse qui n'appartient qu'au créateur, qu'à l'artiste.
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Euphemia
  28 octobre 2010
Feu pâle est une oeuvre assez déroutante. le lecteur a même du mal à décider comment la lire. En effet, la première partie est un poème et la seconde les commentaires ligne à ligne du poème. le narrateur fait de larges digressions lors des commentaires, notamment en parlant de sa vie, mais aussi de celle de l'auteur du poème qui est (soi-disant) l'un de ses amis proches. Distinguer entre divagations et digressions se révèlera ardu pour le lecteur ..
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crochette
  23 mai 2011
Brillantissime exercice de style, il faut être joueur pour s'y laisser prendre, mais c'est très stimulant et drôle, un peu à la manière d'une enquête policière.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   28 janvier 2018
--Vers 680 : Lolita

Les cyclones importants ont des noms féminins en Amérique. Le genre féminin n'est pas tellement suggéré par le sexe des furies et des vieilles mégères que par une application professionnelle générale. Ainsi, toute mécanique devient « elle » pour son usager affectueux, comme tout feu - même le plus « pâle » ! - est féminin pour le pompier et comme l'eau est féminine pour le plombier passionné. On ne voit pas trop bien pourquoi notre poète a choisi de donner à son ouragan de 1958 un nom espagnol peu usité (on le donne parfois aux perroquets) au lieu de Linda ou Loïs.
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tamara29tamara29   21 septembre 2014
La consommation d'un aliment tripoté par un de mes semblables m'est, comme je l'expliquai aux convives rubiconds, aussi répugnante que l'idée de manger une créature humaine, y compris -je baissais la voix- la plantureuse étudiante à queue de cheval qui prenait notre commande et léchait son crayon.
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AmbagesAmbages   28 janvier 2018
Je ne connais rien de plus apte à vous couper l'appétit que de n'avoir que des personnes âgées assises autour d'une table, tachant leur serviette de la détrition de leur maquillage, et essayant subrepticement, sous le couvert de sourires anodins, de déloger l'écharde d'une graine de framboise coincée entre le dentier et la gencive.
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psechpsech   01 avril 2020
We are absurdly accustomed to the miracle of a few written signs being able to contain immortal imagery, involutions of thought, new worlds with live people, speaking, weeping, laughing. We take it for granted so simply that in a sense, by the very act of brutish routine acceptance, we undo the work of the ages, the history of the gradual elaboration of poetical description and construction, from the treeman to Browning, from the caveman to Keats. What if we awake one day, all of us, and find ourselves utterly unable to read? I wish you to gasp not only at what you read but at the miracle of its being readable.
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AmbagesAmbages   16 janvier 2018
Un frisson d'alfear (peur incontrôlable causée par les elfes) courut entre ses omoplates.
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Videos de Vladimir Nabokov (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vladimir Nabokov
Merci à Margot Lecarpentier d'avoir jouer le jeu. Retrouvez-la au bar "Combat" - 63 rue de Belleville - Paris 19 - "Lolita", Vladimir Nabokov, Folio https://www.librest.com/livres/lolita-vladimir-nabokov_0-47172_9782070412082.html?ctx=21f5ce3e2687f3f50330e45122c3faa3
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