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Firouz Nadji-Ghazvini (Arrangeur)Vincent Despagnet (Traducteur)
EAN : 9782207261088
160 pages
Denoël (24/04/2009)
3.42/5   6 notes
Résumé :

On est en Iran, printemps 2004. Atefeh, jeune adolescente, mène une vie mélancolique sur les bords de la mer Caspienne, dans un petit village humide balayé par les vents. Sans sa mère, morte, ni son père, disparu, elle grandit auprès d'un grand-père très âgé qui illumine sa vie de ses contes de jeune matelot du temps de la grandeur de l'Iran. Sur le dos de la fillette, on distingue un étrange trè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
kuroineko
  02 novembre 2018
Firouz Nadji-Ghazvini est un écrivain iranien qui s'est exilé à Paris. Avec le Trèfle bleu, il dénonce le totalitarisme religieux et l'hypocrisie de nombre de ses dignitaires qui règnent sur l'Iran du début des années 2000.
La jeune Atefeh, orpheline, est élevée par son grand-père, un homme de bien. Deux voisines, veuves de guerre et sachant les risques encourues par l'enfant approchant de l'âge de la puberté, jouent le rôle de protectrice. Elles lui bandent sa poitrine pour éviter que les seins naissants n'apparaissent sous le tissu du tchador et n'attisent la convoitise des hommes. Dans leur attitude, on sent la peur et le poids de naître fille dans ce pays, soumise par devoir et coupable par nature.
Le texte reste empreint de poésie tout en peignant les réalités de la dictature islamique dans ses aspects les plus sordides. Les "bassidjis" ou miliciens religieux occupent avec ostentation les rues et le domaine public, faisant planer au-dessus de tous une menace perpétuelle. Une scène m'a marquée par l'absurdité excessive des zélateurs islamiques : la lapidation de d'un chien et d'une chienne, condamnés pour conduite obscène et infamante pour avoir copuler dans la rue. On a envie de hurler au grand n'importe quoi et c'est pourtant cette réalité qui fait loi.
La lecture du Trèfle bleu se révèle fortement éprouvante et oppressante. Mais nécessaire pour mettre en lumière les méfaits d'un tel régime. J'admire toutes ces plumes, iraniennes comme ici Firouz Nadji-Ghazvini ou encore Chadhortt Djavann, ou d'autres nationalités (Boualem Sansal, Yasmina Khadra, etc) qui luttent par leurs écrits contre les oppressions du fanatisme quel qu'il soit.
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isabellelemest
  17 mars 2013
Un court roman aussi poétique que polémique, dû à un exilé iranien, réfugié politique à Paris, centré sur le contraste entre la délicatesse et la fragilité du jeune et du grand âge, de la nature omniprésente, et la brutalité hypocrite des milices d'une dictature totalitaire.
Fondé sur un fait-divers malheureusement authentique, le livre présente la vie de la fillette orpheline Âtefeh, confiée à la garde d'un grand-père très âgé, qui vit une existence encore innocente et pure dans un village maritime des bords de la mer Caspienne, sous la surveillance affectueuse de deux soeurs veuves de guerre, qui s'inquiètent de la voir grandir, et s'approcher de la puberté, sans "protecteur" et s'ingénient à dissimuler ses formes naissantes sous châles, bandages et tchador. L'enfant solitaire. privée d'une amie d'enfance partie pour la ville avec sa famille, dialogue certes avec son vieux grand-père et chacun soutient l'autre tant bien que mal. Mais les bassidjis, les milices islamiques, font la loi au village, et les cérémonies hypocritement pieuses en l'honneur des martyrs, ne brident pas leurs instincts dévoyés par une culture de la frustration, mais aussi de l'impunité. Inconsciente de ces menaces, la fillette déambule librement comme au temps de son enfance, accordant toute son attention aux beautés de la nature et aux rêveries poétiques qu'elles suscitent. le piège impitoyable se refermera sur elle dans toute son horreur.
Un très beau texte, une évocation délicate et poétique de la nature changeante et paisible de ces paysages de bords de mer, une satire désabusée de la violence bestiale de la dictature islamique mal cachée par le beau manteau de la religion (comme aurait dit Molière), une intrigue un peu statique mais où la menace sourde qui pèse sur la pré-dolescente grandit inéluctablement. On est ému par les discussions sans illusions des deux vieillards, détenteurs d'une sagesse oubliée, et nostalgiques d'un passé plus humain.
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rotko
  16 septembre 2015
Firouz Nadji-Ghazvini, le trèfle bleu.
Atefeh vit avec son grand mère et deux voisines - soeurs et veuves de guerre, s'occupent d'elle. Mais les bonnes intentions ne font pas le bonheur de la fillette à qui on coupe les cheveux et dont on dissimule la poitrine naissante pour éviter les regards concupiscents.
Le culte des ""martyrs" envahit l'école sous la forme de cérémonies mortuaires, à des fins de propagande politique.
"La présence de ces martyrs dans l'enceinte de l'école représentait une faveur divine, ils embaumeraient le bâtiment et sanctifieraient son action éducatrice. Ils seraient pour tous un un rappel constant deleurs obligations religieuses et constitueraient leur bien leplus précieux. Ils devraient par conséquent en être fiers."
Je ne parle pas de l'histoire de l'adolescente et de son grand père, dans le village occupé par les « bassidji » miliciens de la Révolution.
Voyons plutôt l'ambiance à l'école qui célèbre les martyrs de la Révolution.
"Toutes les filles durent se mettre en rang. le directeur de l'école se plaça devant elles, la professeur de religion à sa droite et celle de morale à sa gauche ( un pas en trait en signe de respect)."
Et prêtons l'oreille à l'ordinaire des sermons :
« sur la nécessité de la douleur, de la pauvreté et de la souffrance. Sur l'acte de rébellion que constituait le désir de vouloir s'affranchir de ses maux Que refuser la souffrance équivalait à tourner le dos à Dieu et qu'il fallait au contraire la considérer comme un don. le malheur était bon, le bonheur mauvais, la pauvreté était bonne, la richesse mauvaise. La maladie était bonne, la santé,,mauvaise. L'inquiétude était bonne, la quiétude, mauvaise. Il convenait de louer Dieu pour nous avoir plongés dans l'adversité et nous permettre ainsi de ne pas l'oublier. »
Tel est le menu quotidien de ceux qui sont soumis à un pouvoir totalitaire où être un opposant correspond à être un "ennemi de Dieu".
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xalatan
  27 décembre 2021
Le trêfle bleu est un roman tragique qui se passe en Iran, basé sur un fait divers. C'est une histoire absolument horrible et on pressent le drame dès les premières pages. Une petite fille orpheline vit avec son grand-père qui est âgé et qui perd un peu la tête. Deux veuves de martyrs (de soldats morts pour la patrie) l'ont prise sous leur protection, mais elles s'inquiètent de sa vulnérabilité. Elles essaient maladroitement de la protéger mais finalement, tragiquement, n'y arriveront pas.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
isabellelemestisabellelemest   17 mars 2013
Quelle est la véritable nature de l'homme ?
Le soir au dîner elle avait posé la question au grand-père, qui lui avait fait cette réponse : "L'homme est une page blanche." " Alors chacun peut écrire ce qui lui plaît dessus" avait-elle aussitôt rétorqué. "Pourquoi ?" l'avait questionné le vieil homme. Sans réfléchir la petite fille avait poursuivi : "Parce qu'il est intimidé par sa blancheur." Le grand-père avait éclaté de rire, puis, affectueusement : "Ou parce que nous sommes prêts à dire n'importe quelle ânerie pour donner un sens à notre vie."
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isabellelemestisabellelemest   17 mars 2013
Leurs larmes coulèrent de plus belle car le bruit commençait à se répandre parmi les femmes du village que le juge avait les yeux tournés vers les très jeunes filles. Cela était-il possible ? N'était-il pas un gage de la sainteté des imams ? A la fois responsables des finances publiques de la ville au nom du régime islamique, vigilant gardien des bonnes mœurs, et garant de l'honneur et de la respectabilité de la communauté des croyants ?
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isabellelemestisabellelemest   17 mars 2013
Le grand-père était tout son univers. Une source inépuisable de contes chatoyants qu'elle n'avait entendus nulle part ailleurs. Des histoires de voyages sans fin sur des océans ne figurant sur aucune mappemonde et parmi de féeriques cités imaginaires. Ces récits tant de fois contés, conservaient leur pouvoir car ils prenaient vie sous les yeux avides de rêve de la petite fille et se paraient à chaque fois de teintes plus éclatantes.
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