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Marie-Hélène Dumas (Traducteur)
ISBN : 2259198821
Éditeur : Plon (30/11/-1)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 92 notes)
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Après avoir dû démissionner de l'Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, Azar Nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes œuvres de la littérature occidentale. Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d'autres venaient de milieux progressistes et laïcs ; plusieurs avaient même fait de la pris... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  25 août 2016
Après avoir découvert par le plus grand des hasards et avec passion l'essai " La République de l'imagination" ... j'ai enchaîné avec un récit antérieur de cette dame, qui date de 2004. Nous ne pouvons être qu'époustouflés par le courage et la détermination de cette enseignante-écrivaine, qui s'est battue avec panache et courage pour la liberté d'enseigner dans son pays d'origine, l'Iran...afin de transmettre son amour de la littérature à ses étudiants. ...
Dans ce récit qui date de plus de dix années, elle relate une expérience singulière et unique avec huit de ses étudiantes les plus motivées...
Brimée à l'Université de Téhéran où elle enseigne, elle tient bon tant qu'elle peut, et finit par démissionner.
Ne pouvant pas non plus partir d'Iran pour enseigner dans un autre pays, elle concrétise une idée de séminaire à domicile autour de la littérature américaine, et plus spécifiquement autour de "Lolita" de Nabokov... La littérature comme espaces de liberté, d'apprentissage
du sens critique et de rebéllion !
Expérience originale et hautement "subversive" dans un pays sous dictature, où les interdits succèdent aux interdits, la censure à d'autres censures, où règne la forte ségrégation entre les étudiants et les étudiantes...
Les étudiants entrant quotidiennement à l'Université par la porte centrale, la "Grande porte", alors que les étudiantes doivent pénétrer par une petite porte de
côté, "honteuse"... où elles sont , chaque jour, avant leurs cours, fouillées, inspectées de pied en cap, pour vérifier que leur tenue est correcte !!!
Ce pays natal que l'auteure adore, mais qui devient à son grand désespoir, une terre de terreur !
Ce séminaire de littérature à son domicile nous montre ces jeunes étudiantes brillantes , paralysées, contraintes dans leur quotidien , dans leur famille, etc...arrivant chez leur professeur, avec les vêtements, et le voile obligatoires...Premier geste pour couronner ces cours de littérature, particuliers, à tous points de vue: le
"déshabillage"... pour faire place à des vêtements colorés, joyeux, les chevelures se défont... thé et gâteaux partagés, que chacune apporte à tour de rôle...et place à La LITTERATURE, sorte de reconquête d'un espace de liberté et d'expression spontanée
Un très beau témoignage qui fait honneur à la Littérature et au courage des femmes...dans un pays de dictature et de fanatisme religieux...
J'achève cette modeste critique (car ce récit est très dense et très riche de multiples questionnements) par deux extraits qui offrent l'essentiel de la teneur centrale de ce récit incroyable !
"Les seuls moments où elles s'ouvraient et s'animaient vraiment étaient ceux de nos discussions autour des livres. Les romans nous permettaient d'échapper à la réalité parce que nous pouvions admirer leur beauté, leur perfection, et oublier nos histoires de doyens, d'université et de milice qui arpentait les rues. (…)
Les romans dans lesquels nous nous évadions nous conduisirent finalement à remettre en question et à sonder ce que nous étions réellement, ce que nous étions si désespérément incapables d'exprimer. (p. 64-65)"
Cette pièce devint pour nous un lieu de transgression. le pays des merveilles. Installées autour de la grande table basse couverte de bouquets de fleurs, nous passions notre temps à entrer dans les romans que nous lisions et à en ressortir. Lorsque je regarde en arrière, je suis stupéfaite de tout ce que nous avons appris sans même nous en rendre compte. Nous allions, pour emprunter
les mots de Nabokov, expérimenter la façon dont les cailloux de la vie ordinaire se transforment en pierres précieuses par la magie de la fiction. (p.22-23)
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Luniver
  25 octobre 2012
Azar Nafisi nous plonge avec ce livre au coeur de la révolution qui a mené à la république islamique iranienne : le départ du Shah, le bras de fer entre communistes et religieux pour le pouvoir, et finalement la victoire de ces derniers. Pour les femmes, le choc est rude : voile obligatoire, liberté de plus en plus restreinte, … la révolution a à ce point marqué les esprits que le moindre détail insignifiant doit faire partie du combat contre l'impérialisme : des ongles trop longs, le port de la cravate, applaudir, deviennent des gestes de la culture occidentale décadente à bannir.
Face à un gouvernement qui a de moins en moins conscience de la réalité du terrain, les iraniens se scindent en deux : une personnalité publique qui s'efforce de coller à l'image qu'on attend d'eux, rappelée régulièrement par la police des moeurs ; et une privée, qui ne s'exprime qu'entre quatre murs, en présence de gens de confiance.
Azar Nafisi nous parle également de son expérience en tant que professeur de littérature anglo-saxonne, puis plus tard, après avoir démissionné, des petits séminaires organisés dans son appartement avec quelques uns de ses anciennes étudiantes. Elles y étudient ensemble Nabokov, Fitzgerald, Austen, … , des auteurs qui ne sont pas particulièrement bien vus par le pouvoir en place. Ces oeuvres les aident à la fois à mieux analyser ce qu'elles sont en train de vivre et leur donne la possibilité de rêver.
Lire Lolita à Téhéran offre un aperçu de l'Iran vécu de l'intérieur, et de la vie quotidienne, des peurs, des rêves, des espoirs de ses habitants. Il aidera aussi à mieux comprendre toute la complexité du pays, trop souvent réduit à quelques diatribes de ses dirigeants.
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IreneAdler
  25 juillet 2016
Comment parler de littérature en pleine dictature islamique, quand tout est suspect, y compris des romans d'amour ? Comment sont reçus et analysés les oeuvres de fiction ?
Ce sont 2 questions, parmi les nombreuses qui se posent dans ce récit. Que se soit parmi les étudiantes du groupe du jeudi ou lors des cours à l'université, la fiction et la complexité des personnages ne laissent personne indifférent. Et permet de comprendre pourquoi elles sont interdites et/ou très contrôlées par les régimes totalitaires : elles sont porteuses d'incertitude, alors que ces régimes ont besoin de certitude, même si pour cela il faut créer des êtres binaires.
C'est ce que Nafisi montre bien dans son récit de 18 ans en République islamique d'Iran. Heureusement, le passage par la fiction lui permet de démontrer également que même des jeunes femmes issues de milieux traditionalistes ne se sentent pas à leur place dans une théocratie imposée, et qui s'impose partout. la fiction lui permet d'aborder des sujets tabous, comme l'amour et la sexualité, si occultés qu'aucune des jeunes femmes non mariées ne sait ce qui peut se passer entre un homme et une femme.
C'est souvent poignant, révoltant, mais comme Marjane Satrapi avec Persépolis, Nafisi démontre que se couvrir des pieds à la tête pour sortir dans l'espace public, accepter de mettre un voile pour faire cours ne signifie pas que l'on accepte la politique gouvernementale. Mais à la différence de Satrapi, où la plupart des actes "séditieux" sont commis en famille, ici le risque est plus grand : des femmes issues de toutes les couches de la société, autant de risques de se faire dénoncer. Pourtant, aucune d'elles ne peut accepter de vivre dans la vie imaginée pour elle par un autre, sans avoir un seul espace de liberté.
La littérature leur a offert cet espace de liberté, pour respirer mais aussi pour enfin oser se découvrir, se penser en tant qu'être humain ayant le droit d'existence.
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Perle-de-Chine
  23 avril 2016
En tournant la dernière page de ce merveilleux livre, je me suis sentie très seule, les personnages me manquaient déjà et les histoires de leur vie aussi...
Tout en dévorant chaque mot, chaque phrase avidement, je me suis confronté à des questions que je me pose moi-même mais je nage à chaque fois dans un océan de non-réponses. Grace à cette lecture, je vais prendre quelques décisions qui ont du être prise y a déjà bien longtemps.....
On découvre l'Iran des magnifiques paysages, l'Iran de la révolution et de l'instauration d'une république islamique. La confiscation de toute liberté est réellement atroce et on se surprend à se demander comment des êtres humains peuvent-ils supporter cela et continuer de se battre?!!
L'amour avec lequel Nafisi parle de grandes oeuvres, me laisse pantois!!!!
Quand elle disserte sur "Nabokov", "Fitzgerald", "James" ou bien sur "Austen".... Je n'ai qu'une envie; celle de me jeter sur le champs sur tous leurs livres et les dévorer sans attendre, que je les ai déjà lu ou pas....
Je me rends compte que pour les oeuvres que j'ai déjà lu, que je les ai lu d'une manière superficielle, que je n'ai pas su capter les profondeurs, lire entre les lignes, que je ne les ai pas lu comme il fallait tout simplement....
Ce qui n'est pas passé sans laisser de traces, est cette amitié intellectuelle, et ces liens si forts qui se sont tissés entre Nafisi et ses braves étudiantes. Les délicieux jeudis matin que j'attends de retrouver avec impatience. J'ai tellement envie sur le coup de retrouver la trace de ses jeunes filles; en lesquels je me suis reconnue un tant soit peu, et de savoir ce qu'elles sont toutes devenus....
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keisha
  22 août 2008
"A l'automne 1995, après avoir démissionné de l'université, j'ai décidé de me faire plaisir et de réaliser un rêve. j'ai choisi sept de mes étudiantes, parmi les meilleures et les plus impliquées, et je les ai invitées à venir chez moi tous les jeudis matin pour parler littérature."
Ainsi débute cet ouvrage inclassable, pas vraiment un roman, qui nous parle de "lire, discuter des oeuvres de fiction et y réagir" ; au cours de ce séminaire de deux ans sont abordées de grandes oeuvres d'auteurs classiques (Nabokov, Fitzgerald, James, Austen,...). Ces étudiantes et leur professeur discutent aussi de leurs expériences quotidiennes. Tout cela se passe en Iran, et Azar Nafisi relate "de l'intérieur" l'histoire de ce pays entre 1979 et maintenant : le départ du Shah, la révolution islamique, l'instauration de nouvelles lois et l'évolution de la pression, bouleversant la vie des différents protagonistes.
"Il ne fallut pas longtemps au gouvernement pour faire instaurer une nouvelle réglementation qui limitait la liberté des femmes en matière d'habillement et les obligeait à porter le tchador ou la longue robe et le foulard."
Et puis :
"Je pris l'habitude de rentrer mes mains à l'intérieur de ces manches et de faire comme si je n'en avais pas. Au bout du compte, j'imaginais que sous la longue robe mon corps disparaissait petit à petit, que bras, poitrine, ventre et jambes fondaient, s'enfonçaient dans le sol, et qu'il ne restait plus qu'un morceau de tissu qui prenait le forme de mon corps et allait d'un endroit à un autre, guidé par une force invisible."
Dans ce monde là, l'"évasion" dans les oeuvres de fiction a permis à ces femmes et jeunes filles d'affronter et comprendre la réalité et aussi de se remettre en question et se connaître . Lire Lolita à téhéran devient un hymne merveilleux à l'importance de la littérature.
J'ai été "scotchée" par de nombreux passages de ce livre extrêmement riche quant aux thèmes abordés, qui peut faire réfléchir, sourire, s'émouvoir, frissonner. A lire absolument.
http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-21492728.html
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   24 octobre 2012
« Vivre dans la République islamique, c'est comme coucher avec un homme qui te dégoûte », ai-je dit à Bijan ce soir-là après le séminaire. Il m'avait trouvée en rentrant assise au salon dans mon fauteuil habituel, le dossier de Nassrin sur les genoux, ceux des autres éparpillés sur la table à côté d'un bol de glace au café en train de fondre. Il s'assit en face de moi et me dit : « Tu ne peux pas laisser cette phrase flotter comme ça dans l'air. Explique-toi clairement.
- Eh bien voilà : si tu es obligé de coucher avec quelqu'un qui te déplaît, tu fais le vide dans ta tête, tu prétends que tu es quelqu'un d'autre, tu veux oublier ton corps, tu le hais. C'est ce que nous faisons ici. Nous prétendons tout le temps être ailleurs, nous en rêvons, nous nous y préparons. Ça fait des heures que je réfléchis à ça. Je n'ai pas arrêté depuis que mes étudiantes sont parties. »
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Roxane25Roxane25   07 août 2015
Plus que n'importe laquelle de mes étudiantes, Mahshid, me disais-je, pose sur la religion des questions vraiment inquiétantes. Dans ce qu'elle écrivait pour le séminaire, avec une rage aussi contenue que son sourire, elle avait passé en revue les plus petits détails de la vie sous la loi islamique. Plus tard, elle y noterait : " Yassi et moi savons que nous sommes en train de perdre notre foi. Nous la remettons en question par chacun de nos gestes. Sous le chah, c'était différent. J'avais l'impression de faire partie d'une minorité et de devoir continuer de croire, quoi qu'il arrive. Maintenant que ma religion est au pouvoir, je me sens encore plus impuissante qu'avant, et plus aliénée. " Elle racontait comment on lui avait dit depuis toujours que la vie en terre infidèle était un pur enfer. On lui avait promis que tout allait changer quand une juste loi islamique serait instaurée. Mais quelle loi islamique ? Ce carnaval hypocrite et honteux ? Elle parlait des hommes qui à son travail ne la regardaient jamais dans les yeux, des filles de six ans obligées de porter un foulard pour aller au cinéma et qui n'avaient pas le droit de jouer avec les garçons de leur âge. Elle-même portait le voile, et c'était pourtant une véritable douleur qu'on l'y oblige. Elle n'y voyait plus qu'un masque derrière lequel les femmes étaient forcées de se cacher. Elle parlait de tout cela avec une froideur et une rage terrible, terminant chaque phrase par un point d'interrogation.
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fanfanouche24fanfanouche24   01 août 2016
Les seuls moments où elles s'ouvraient et s'animaient vraiment étaient ceux de nos discussions autour des livres. Les romans nous permettaient d'échapper à la réalité parce que nous pouvions admirer leur beauté, leur perfection, et oublier nos histoires de doyens, d'université et de milice qui arpentait les rues. (…)
Les romans dans lesquels nous nous évadions nous conduisirent finalement à remettre en question et à sonder ce que nous étions réellement, ce que nous étions si désespérément incapables d'exprimer. (p. 64-65)
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LuniverLuniver   23 octobre 2012
Pendant les premiers raids aériens, les bombardements touchèrent une maison d'un quartier chic. Le bruit courut que la guérilla antigouvernementale en avait occupé les sous-sols. Pour apaiser la population affolée, Hāchemi Rafsandjani, alors porte-parole du Parlement, annonça lors de la prière du vendredi que l'attaque n'avait pas fait de véritables dégâts, car les seuls victimes étaient « des gens riches, arrogants et subversifs » qui auraient de toute façon probablement été exécutés un jour ou l'autre. Et il profita de cette occasion pour recommander aux femmes de s'habiller de tenues correctes pour dormir afin de ne pas être « indécemment exposées aux regards d'étrangers » si leur maison devait être touchée.
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Perle-de-ChinePerle-de-Chine   20 avril 2016
Un roman, n'est pas une allégorie, ai-je conclu. C'est l'expérience, à travers nos propres sens, d'un autre monde. Si vous n'entrez pas dans ce monde, si vous ne retenez pas votre souffle en même temps que les personnages qui le peuplent, si vous ne vous impliquez pas dans ce qui va leur arriver, vous ne connaîtrez pas l'empathie, et l'empathie est au cœur du roman. Voilà comment il faut lire la fiction, en inhalant l’expérience qu'elle vous propose. Alors commencez à inspirer.
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