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Marc Mécréant (Traducteur)
EAN : 9782877303538
162 pages
Editions Philippe Picquier (19/05/1998)
3.67/5   24 notes
Résumé :
Dans un ton mélancolique, Kafû brosse un tableau sans fards des moeurs dans le quartier de plaisir de Tokyo: des hommes jaloux qui se battent entre eux pour dépenser les plus grosses fortunes, des clients furtifs, des prostituées égoïstes et des plaisirs `meurtriers'.

Le caractère principal, la jeune barmaid Kimie, vit d'un soir à l'autre en vendant sans la moindre honte ses services au premier venu. A un certain moment, elle se trompe et réserve quat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Osmanthe
  05 avril 2021
Avec ce roman publié en 1931, Nagai nous dresse un double portrait, de femme, à travers son héroïne Kimie, mais aussi d'un Tokyo qui se modernise et vit encore un peu au gré des quartiers de plaisirs de l'ancienne Edo. On sent bien que l'auteur regrette les transformations à l'oeuvre, et le monde des geishas qui commence à s'éloigner…
Kimie est le symbole de cette évolution. D'abord recrutée pour exercer en maison de geishas, elle fait le choix quelques années plus tard, au moment où nous la découvrons, de l'émancipation en devenant barmaid. Tout en étant la maîtresse d'un écrivain marié, Kiyooka, elle ne se prive pas de nouer des relations avec d'autres hommes, sans jamais s'engager. Au fil de ses aventures à travers cette ville déjà tentaculaire, nous la voyons très active, au bras de l'un, se cacher et esquiver un autre, retrouver des amies barmaid, à la fois consciente des problèmes qu'elle peut créer et se créer, mais finalement assez désinvolte…Car la belle Kimie ne laisse pas indifférents les hommes qu'elle côtoie, ici ce sont eux qui la cherchent et dont elle titille la jalousie. Oh, de là à dire qu'ils souffrent, ce serait aller un peu loin, à cette époque les filles sont là pour divertir et donner du plaisir, ils ne sont pas vitalement attachés. Disons que Kimie a une attitude de femme libre et indépendante, espiègle, qui se joue des hommes. Nagai n'en fait pas un portrait de femme admirable et désintéressée, il semble bien à le lire qu'elle aime le sexe et la frivolité.
J'ai quelque peu regretté que l'histoire ne soit qu'une succession de ce type de rencontres et de jeux de cache-cache, sans véritablement de progression. La fin est assez ouverte et laisse comme un goût d'inachevé. Mais il n'en reste pas moins vrai que la psychologie des personnages et notamment de Kimie est remarquablement explorée, et les dernières pages sont comme une parabole d'un changement d'époque, lorsque Kimie réfléchit à abandonner purement et simplement cette vie pour repartir à la campagne, et que son vieux patron de la maison de geishas qu'elle a revu par hasard décide de se donner la mort, comme un symbole de la fin de cette époque « Edo-niste ».
Nagai est véritablement le spécialiste du « monde des fleurs et des saules », comme l'imagerie populaire appelle les quartiers de plaisirs avec leurs maisons de geishas. Ses livres sont précieux pour ce qu'ils nous rapportent de ce monde déjà déclinant à son époque, ce dont il avait la nostalgie, monde aujourd'hui quasi disparu, même si une poignée d'authentiques geishas perpétuent la tradition à Kyôto. Sa lecture est aussi un grand plaisir, tant il nous offre de belles pages d'écriture au style classique, recherché et soigné. Une expérience à faire serait également de lire ce roman avec à portée de main un plan détaillé de Tokyo, tellement les noms de ses quartiers défilent au gré des pérégrinations de cette virevoltante Kimie ! Même si les transformations incessantes de cette agglomération gigantesque ont dû en faire disparaître...
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mh17
  09 février 2020
Magnifique portrait de femme
Le livre est une chronique des quartiers de plaisirs durant une saison, à Tokyo, au début des années 30. Nous suivons surtout Kimie, jeune serveuse de bar ( entraîneuse, prostituée) dans ses déambulations : tramways, ruelles infestés de rats, bars à enseignes lumineuses, taxis criards, garnis miteux, hôtels de passe, maisons de rendez-vous où se côtoient geishas de toutes catégories, serveuses, bourgeois, nouveaux riches etc. Kimie a choisi de fuir sa famille provinciale qui voulait la marier, elle refuse d'être entretenue par Kiyooka, riche écrivain populaire, Elle n'éprouve aucune honte et brûle la chandelle par les deux bouts tout en étant très pragmatique. Le narrateur adopte aussi par séquences le point de vue de Kiyooka, jaloux comme un pou et de la fiancée flouée de celui-ci, une femme moderne, occidentalisée, mais dépendante...
Le style est élégant, jamais vulgaire, plein de finesse et de sensibilité.
J'ai lu ce livre dans l'édition Picquier poche, traduit par Marc Mécréant.
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Unhomosapiens
  13 octobre 2017
Avec ce récit, on est bien loin de la nostalgie qui imprègne les personnages de "La Sumida". Nous sommes plongés dans les années 30 et les temps ne sont plus au regret d'une "époque enchanteresse". On entre dans la vie de Kumie, serveuse de bar fréquentant le monde de la nuit, celui des geishas, de la violence et de l'alcool. Avec ses compagnes, elles enchaînent les relations sans lendemain.
Inutile de chercher la tendresse et la mélancolie que l'on retrouve dans d'autres romans de Kafu. Ici, l'époque est sombre, tous comme le monde qui nous est dépeint. Les relations y sont triviales et sans espoir.
A lire pour la description de l'ambiance de cette époque.
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Mimeko
  11 janvier 2015
Ce court roman évoque les destins croisés de plusieurs personnes, toutes liées à la nuit, barmaids, geishas, protecteurs, tout un petit peuple qui s'anime.
Il y a un côté "Balzac" dans les situations et surtout dans les descriptions des personnages, dans leur médiocrité, leur lâcheté, dans les stratagèmes mis en place (par Susumu) écrivain qui se repose sur ses lauriers et veut conserver Kimie, la barmaid comme maîtresse.
On passe quelquefois d'un personnage à l'autre comme du coq à l'âne, s'intéressant provisoirement à un personnage qui disparaît 3 pages plus loin ou au contraire en faisant sortir du bois un personnage surgi du passé, bref, j'ai trouvé ce récit un peu fouillis avec l'avantage certain de nous faire découvrir la vie d'un quartier de plaisir et de s'apercevoir que les japonais peuvent se révéler bien médiocres.
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ASAI
  08 février 2020
Cette lecture a été une belle pause dans un Japon maintenant très ancien (1920-1930). Je ne veux pas raconter l'histoire (il n'y en pas vraiment). Pour aimer ce petit livre, il est indispensable de vouloir aimer et comprendre le Japon, sa culture et son histoire. le personnage principal est très intéressant mais à remettre dans le contexte et de son époque et de son pays. C'est bien écrit.
Personnellement, j'ai vraiment aimé cette lecture, mais je concevrai que ce ne soit pas le cas de tout le monde.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OsmantheOsmanthe   23 janvier 2021
L'allée centrale frangée d'herbes aux turquoises était bordée d'un côté par des arbres fruitiers luxuriants : pruniers, châtaigniers, plaqueminiers, jujubiers, et de l'autre par un bosquet de bambous à épis comestibles dont les pousses vigoureuses prenaient la tournure de jeunes sujets d'un beau vert, tandis que les branches des vieux troncs laissaient continuellement choir leurs fines feuilles voltigeantes. C'était l'époque où les corolles épanouies des fleurs des châtaigniers exhalaient leur entêtante odeur, où les jeunes feuilles des plaqueminiers, surpassant même les érables, offraient le vert le plus tendre. A mesure que la cime des arbres laissait filtrer des rayons de soleil dont le chatoiement dansait sur la mousse épaisse, le murmure du vent vous parvenait comme celui d'un ruisseau tout proche et le ramage d'on ne savait quel oiseau s'élançait avec une vigueur plus grande que celle de la pie grièche qui se fait entendre au matin des beaux jours d'automne.
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OsmantheOsmanthe   10 janvier 2021
Ce disant, Kimie défit et rejeta son pagne, et cambrée en arrière, se renversa complètement sur les genoux de Yata.
- Enlevez-moi tout, même mes socquettes.
Dans ce genre de situation, quand elle se trouvait pour la première fois en tête à tête avec un homme, et plus qu'avec un amant maintes fois rencontré, son plaisir était multiplié par deux et elle ne se sentait pas satisfaite tant qu'elle n'essayait pas d'envoûter son partenaire autant qu'elle le voulait. A quel moment ce penchant singulier lui était-il venu ? De cela elle prenait de temps à autre conscience au beau milieu des câlineries et voulût-elle y mettre fin en cours de route qu'elle n'y pouvait pas parvenir ; plus encore qu'avec un beau gars, quand elle avait pour partenaire un vieux bonhomme repoussant ou quelqu'un dont elle n'avait pas voulu d'abord, l'instant critique arrivé, Kimie retombait dans son tic habituel, mais amplifié jusqu'au déchaînement, quitte après coup à frémir intérieurement de tant de dépravation ; elle n'eût su dire combien de fois cela lui était arrivé.
Ce soir-là encore, harcelé par ce Yata dont l'affectation lui était d'ordinaire odieuse, Kimie, happée en cours d'opérations par cette frénésie-là, se laissa une fois de plus glisser sur la pente perverse.
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OsmantheOsmanthe   07 avril 2021
Kimie, simple serveuse de bar, voulait bien tout ce qu'on voulait en matière d'esthétique ; elle voyait des jeunes hommes et des jeunes femmes nus s'étreindre parfois en présence de la multitude et, ce faisant, dessiner toutes sortes de figures, et elle s'était demandé quel genre de personnage se révèlerait, si elle pouvait avoir un rendez-vous avec lui, l'homme qui faisait commerce de ce genre de chose. Son état d'esprit ne différait en rien de celui d'une geisha débauchée patronnant un lutteur de sumô, ou d'une étudiante amoureuse d'un champion de base-ball.
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OsmantheOsmanthe   03 janvier 2015
Elle se serra contre Kiyooka sur le point de s'engager dans l'escalier, approcha tout près son visage comme pour l'embrasser, en fermant à demi ses paupières aux longs cils. Il jugea le procédé exécrable; mais en présence de cette femme qu'il ne détestait pas foncièrement et qui était si troublante avec ses gestes de grande passionnée, il sentit à cette minute précise se perdre dans les airs le sourd ressentiment qui ne le quittait pas; face à une pareille fille née pour être une parfaite prostituée, tous les blâmes formulés au nom de la morale s'avéraient peut-être d'une dureté excessive. Si l'on voyait en elle une sorte d'instrument à allumer les bas instincts des hommes, encore moins était-il fondé à lui reprocher ce qu'elle pouvait faire quand il ne la voyait pas; ses amants n'étaient pour elle que des jouets et qu'elle mettait au rancart selon son bon plaisir ? Pourquoi pas, après tout ?
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UnhomosapiensUnhomosapiens   13 octobre 2017
En ce temps-là, malgré sa dépravation, ses épaules, ses reins conservaient encore quelque chose d'une fille vierge ; aujourd'hui, avec cet ovale du visage qui, des pommettes à la pointe du menton, était la grâce même, avec cette plénitude luxuriante des chairs que le peignoir entrouvert et la position assise en tailleur laissaient voir de la poitrine à la région des cuisses alors que les épaules et la nuque semblaient plus minces et plus flexibles que par le passé, ce qui retenait l'attention, c'était un charme ensorceleur qu'on ne trouve nulle part dans toute la personne d'une femme qui gagne honnêtement sa vie.
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Video de Kafū Nagai (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kafū Nagai
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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