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ISBN : 2268061957
Éditeur : Les Editions du Rocher (29/03/2007)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :

"Tant le débraillé et le manque de classe d'O. Chiyo dans son kimono que la lourde chaleur dégagée par son corps aux fesses rebondies procuraient à Keizô une sensation de liberté et d'opulence que ne donnent guère les geishas, mais qui lui rappelaient étrangement le corps dénudé des actrices occidentales entraperçu au cinéma. Ainsi, tout ce qu'une geisha traditionnelle, soucieuse avant tout ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
purplevelvet
  09 mars 2015
Scènes d'été est une nouvelle, écrite en 1914, publiée en 1915 dans des circonstances assez comiques comme nous l'explique la postface: l'auteur savait qu'il risquait d'être censuré et a donc décidé de faire paraitre sa nouvelle un samedi, pendant les jours de fermeture du service chargé de surveiller les publications. Lorsque le travail a repris le lundi, et que les censeurs ont voulu faire interdire la publication, trop tard! L'intégralité des volumes imprimés avait été déjà vendue.
Celà donne une idée du genre d'électron libre qu'était Nagai: un anti conformiste à tous les niveaux qui a envoyé bouler le carcan social et familial dès qu'il en a eu l'occasion, divorçant 'une femme imposée par sa famille pour se mettre à la colle avec une demi-mondaine.
Et c'est cette expérience qu'on retrouve dans la nouvelle à travers l'aventure un peu ridicule de Keizô, bon bourgeois bien comme il faut qui, à l'instar de l'auteur, fréquente assidument les quartiers des plaisirs de Tôkyô. Il s'est en particulier entiché de Chiyoka, qui porte le titre ronflant de Geisha, mais est loin de l'idéal de raffinement et de classe qui est au coeur du métier. Disons-le carrément: Chiyoka est simplement une prostituée, et pas du meilleur niveau: plutôt laide de l'avis de ses consoeurs, et surtout débraillée, nonchalante, bordélique, volontiers négligée et d'une hygiène parfois douteuse. Et pourtant elle ne manque pas de clients. Ce sont même tous ces défauts qui lui attirent un certain succès dans la profession: au milieu des filles tirées à quatre épingles, on ne voit qu'elle, et sa rusticité est au final son principal atout. Et comme elle n'est pas de première jeunesse ( comprendre 25 ans), elle a déjà remboursé une bonne partie de la dette qu'elle doit à l'établissement où elle officie, et c'est donc l'occasion pour Keizô d'en faire sa maitresse officielle à peu de frais en finissant de rembourser la dette et en l'installant dans un petit appartement avec une petite pension mensuelle. La chose était monnaie courante et même une marque de richesse, un peu comme les riches européens qui avaient "leur" danseuse. Mais Keizô est radin, et la petite pension est vraiment trop petite: qu'a celà ne tienne Chiyoka, rebaptisée O-chiyo, a maintenant un endroit à elle pour continuer à tapiner tranquillement en douce de son protecteur.
J'ai bien aimé cette histoire, souvent drôle, la nonchalance d'O-Chiyo est vraiment aux antipodes de la grâce mise en avant dans le monde de l'Ukiyo-e, et, entre le protecteur et la protégée, le plus malin n'est pas celui qu'on croit, le rapport de domination finit par s'inverser du fait de l'inertie absolue d'O-Chiyo sur qui les engueulades n'ont aucune prise et c'est Keizô qui finit par avoir l'impression d'être au service rémunéré de cette femme.
Nagai n'était pas seulement un trublion excentrique, mais aussi un fin connaisseur de littérature européenne, et ça se sent bien dans ce texte. Il a notamment lu Zola et Maupassant, et il y a quelque chose de l'auteur de la Maison Tellier et de Boule de suif dans cette histoire de demi-mondaine. Contemporain d'Akutagawa, un autre adepte de littérature européenne, c'est vraiment ce genre d'auteurs que je conseillerait à quelqu'un qui voudrait faire une première expérience de littérature japonaise, sans trop savoir par où commencer. Les deux sont volontiers ironiques, Akutagawa est plus sombre, Ce titre de Nagai est plus léger. En tout cas, je continuerai à découvrir cet auteur, dont la découverte m'a bien plu.
Lien : http://purplenosekai.blogspo..
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kevindio
  15 juillet 2017
Un moment de lecture qui nous plonge en quelques pages dans la chaleur du milieu des geishas et de la passion entre un homme marié qui vient de se faire plaisir en s'appropriant la femme de ses désirs. le tout avec une plume agréable, que demander de plus pour une scène d'été !
Lien : https://comaujapon.wordpress..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   29 juillet 2017
Depuis ses années d’études, il était un fin connaisseur du monde des plaisirs  ; il lui était même arrivé à l’occasion de juger vertement ceux qui rachetaient une professionnelle pour en faire leur concubine, car il y avait, disait-il, bien d’autres manières de s’amuser à sa guise avec des femmes sans procéder de la sorte, et il fallait être un parfait imbécile pour gaspiller aussi ridiculement son argent. Mais maintenant qu’il en tentait pour la première fois l’expérience, il y découvrait une saveur à laquelle les mots ne sauraient rendre justice. C’était pourtant une femme dont il avait acheté régulièrement les services pendant plus de six mois, mais depuis qu’il en avait la jouissance exclusive, certaines situations auxquelles il n’avait jamais particulièrement pensé auparavant lui faisaient curieusement éprouver des sensations inédites, comme lorsque, lui ayant demandé de se faire un chignon marumage{11}, il retrouvait le lendemain matin la chevelure soigneusement nouée la veille sauvagement défaite  ; il se sentait alors incapable de s’éloigner d’elle, ne serait-ce qu’un instant.
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nounours36nounours36   09 mars 2017
Tant le débraillé et le manque de classe d’O.Chiyo dans son kimono que la lourde chaleur dégagée par son corps aux fesses rebondies procuraient à Keizô une sensation de liberté et d’opulence que ne donnent guère les geishas, mais qui lui rappelait étrangement le corps dénudé des actrices occidentales entraperçu au cinéma
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rkhettaouirkhettaoui   29 juillet 2017
Autant d’impressions savoureuses et ineffables qui, l’espace d’un instant, lui firent oublier complètement sa femme, ses enfants et même son commerce  –  ne pensant plus qu’au plaisir qu’il connaîtrait dorénavant chaque soir avec sa concubine Chiyoka, un plaisir fou et presque douloureux. Deux ou trois coupelles de saké chaud avalées coup sur coup emplirent Keizô, dont l’esprit était déjà bien enflammé, d’une exaltation nouvelle  : son corps assoupli par le bain fut parcouru d’ondes de désir qui l’agitaient tout entier, du bout des doigts à la pointe des orteils, comme une brûlante démangeaison  ; il eut alors le sentiment qu’il ne parviendrait jamais à attendre tranquillement la fin des préparatifs et de l’installation de Chiyoka.
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nounours36nounours36   09 mars 2017
Personne probablement n’était mieux faite qu’elle pour devenir à ce point le jouet des hommes. Être traitée de la sorte ne provoquait apparemment chez elle aucune réaction particulière, ni honte ni souffrance, ni quoi que ce soit d’autre, et, à l’occasion, elle donnait même au contraire l’impression de prendre une curieuse satisfaction à n’être qu’un simple objet de plaisir. Putain, O.Chiyo l’était de la tête aux pieds. Livrée corps et âme à tout venant, elle était la femme la plus facile au monde à aborder ; en revanche, elle était aussi la plus difficile à se laisser monopoliser.
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rkhettaouirkhettaoui   29 juillet 2017
Il paraît qu’on a ouvert des maisons de geishas à Hakusan  : que dirais-tu d’y aller  ? En fin de compte, ces quartiers-là sont bien pratiques, car on y trouve tout ce qu’il faut avec des commerces qui livrent à domicile.
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Video de Kafū Nagai (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kafū Nagai
Ryoko Sekiguchi Patrick Honoré le Club des gourmets et autres cuisines japonaises. Traduire. Où Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré tentent de dire de quoi est composé "Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises", présenté par Ryoko Sekiguchi, et comment a été traduit du japonais ce recueil de Kôzaburô Arashiyama, Osamu Dazai, Rosanjin Kitaôji, Shiki Masaoka, Kenji Miyazawa, Kafû Nagai, Kanoko Okamoto, Jun?ichirô Tanizaki traduits par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honoré, à l'occasion de sa parutuion en #formatpoche aux éditions P.O.L et où il est question notamment de la traduction à deux mains, de Patrick Chamoiseau et de mangas,et des mots pour dire la nourriture et la cuisine. "Si le Japon est connu comme un pays de fine gastronomie, sa littérature porte elle aussi très haut l'acte de manger et de boire. Qu'est-ce qu'on mange dans les romans japonais?! Parfois merveilleusement, parfois terriblement, et ainsi font leurs auteurs, Tanizaki, Dazai, Kafû du XIIe siècle à nos jours, dix gourmets littéraires vous racontent leur histoire de cuisine."
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